‹ Abrégé de géographie [microforme]Chapitre 352 sur 597 · À. GR ART PRE · texte numérisé non relu

À. GR ART PRE

Dans un rayon de 86 milles on trouve: Men- 3a le, petite ville, pres de la vaste lagune à elle donne son nom; ses environs et les îles sont habités par une race abrutie qu'on pourtait appeler ichthyophage, parce 1 vit presque exclusivement des produits de l'abondante pêche qu'on y fait. C'est sur un de ces llots qu'étaitsituée l'ancienne ThennesusouTennis, qui dans le x° siècle florissait par ses nombreuses manufactures, et qui ne comptait pas moins de 30,000 habitans chrétiens. San, village habité par des pêcheurs, dont les cabanes s'élévent au milieu des débris d'une ancienne ville aommée Zoan par les Juifs, et J'unis par les Grecs. C'est de cette ville qu’une des principales branches du Nil prenait le nom de Tanitique.

Tanis était le Lo des rois des xxi° et 11117 dynasties de Manethon, et, selon quelques savans, te lieu où Moïse vint au monde, et le theatre des prodiges opérés par ce prophète pour délivrer les Juifs de l'esclavage, On y voit encore les débris de sept obélisques, de quelques monolilhes, st d'autres anciens monumens. Tmay-el- Emd): d, lieu remarquable par son beau empie monolithe de granit, décrit par M. Jomard et par lord Valentia , et posé sur un piédestal de la même pierre. Mansoural, zur la rive droite de la branche de Damiette, dans un canton regardé comme le plus fertile et un des mieux cultivés de l'Egypte. C'est une des principales villes du Delta et le chef-lieu d'une préfecture ; M. Michaud y a encore vu le bdtiment où saint Louis fut mis en captivité après la perte de la bataille donnée dans les environs de cette ville. Koum-Zalat, misérable endroit que nous eitons pour signaler l'emplacement de Yu lis, ou Ruto, une des villes les plus remarquables de l'ancienne Egypte par son immense {ernple monolithe dédié à Zälone, et par son oracle qui était le plus vénéré de cette contrée; le temple avait, selon les auteurs anciens, 40 coudées de haut sur autant de long; une pierre immense, dont les rebords avaient quatre coudées, lui servait de «ouverture. Les habitans de ses environs et de l’espace marécageux compris entre Rosette et Damieite , pariaient antiencement le dialecte bachmourique . et se distinguaient de leurs voisins par leur rusticité ; leurs descendans paraissent être aussisauvages que leurs ancètres. Au sud-est de Tennis, mais hors du rayon de Damiette , on trouve Tyne L, autre lieu misévable , mais assez important par la petite forteresse turque qui défend l’entrée-du canal bour: veux , autrefois nommé branche Pélusiaque du nom de Pelusium, dont on voit encore dans le voisinage les anciennes murailles-assez bien

conservées. C'était une place forte que les monar-

ques de ‘Egypte regardatent comme la cief de leur royaume du còtè de la Syrie; pour mieuxla défendre , ils avaient meme fait construire une épaisse muraille d'environ 90 milles, qui-s'étendait depuis cette forteresse jusqu'à Héliopalis. Pelusium n'est pas, comme on ba cru, la parie va célèbre Ptolémée, dont les ouvrages sur la géographie et l'astronomie sont les plus importans que l'antiquité nous ait légués. Plus au nurd.

ct sur les bords de la Méditerranée , on voit & / Arich, chateau fort, environné de jardids potagers et de palmiers; il correspond à l'ancienne Rhinocorura, dont le nom, qui signifie nez coupé, a donné lieu à plusieurs d'écrire que c'était un établissement formé par une troupe de brigands, à qui un certain roj avait fait couper le nez. Du temps des Romuins, c'élait un grand entrepôt pour les marchandises qui, de l'Arabie, venaient en Europe.

ALexaNdaie (dlexañdria) dite Iscannenifn par les Arabes et par les Turks, place forte, située sur. une langue de terre sablonneuse , fermée par la Méditerranée et le lat Mariout (Mardotis). Elle a deux ports, et on doit y distinguer deux parties entièrement différentes : la Fille-Moderne ei la Ville-Ancienne. Les constructions modernes sont irrégulières et les rues qu'elles forment malpropres. Le nouveau palais, la douane, la mosquée des mille et une colonnes, et surtout les fortifications et l'arsenal de la marine sont tes constructions modernes les plus importantes, Le canalde Rahmanyeh fait communiquer cette ville avec Le Caire par la branche du Nil qui débouche 5 milles au-dessous de Rosette. Alexandrie estl’entrenôt du commerce au l'Egypte fait avec Constantinople, Livourne, Venise , Trieste et Marseille; c'estune des s{ations principales de la navigalion à vapeur sur la Méditerranée; on y a établi, en 1842, le bureau central de communication accélérée entre Londres et Bombay, par Le Caire et Suez. Sa population a considérablement augmenté depuis le commencement de ce siècle, puisque, au lieu de 17,000 âmes qu'elle comptait alors, on lui en donne aujourd'hui 50, 000, Plusicurs ruines et quelques monumens iitteslent encore la magnificence et la richesse de la résidence des Ptolémées et de la capitale de l'Egypte pendant la longue domination des Romains. Cette métropole superbe, bâtie par, Alexandre, qui en donna lui-même le plan et le fit exécuter par le célèbre architecte Dinocrates, avait 96 sta. des de circonférence , et sa population, sous le règne d’Auguste, parait avoir dépassé 700,000 âmes. Une rue droite de 100 pieds de large la traversait dans toute sa longueur ; elle formait une suite de portiques, de temples et d’autres œagnifiques édifices ; une autre rue non moius belle la coupait à angles droits; leur intersection formait une vaste place carrée, du milieu de laquelle on voyait deux ports et les vaisseaux qui à pleines voiles arrivaient de la Méditerranée et du lac Maréotis. Un male magnifique et artificiel nommé Meptastade, parce qu'il avait 7 stades de long, réunissait l'ile de Phare au continent, el séparait les deux ports qu'Alexandrie possédait sur la Méditerranée. A l'entrée du grand port, et sur un rocher, s#élevait la fameuse tour du Phare, au sommet de laquelle on allumait des feux toutes les nuits pour guider les vaisseaux ; on)

avait pratiqué divers étages entourés de galeries {

soutenues par des colonnes de marbre ; sa hauteur parait avoir dépassé 400 pieds ; on la ran- |

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était partagée en plusieurs quartiers , dont le Bruchion, nommé aussi le quartier des palais,

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était le magçuifique et le plus étendu. Outre le pa bâti par ordre d'Alexandre, on en voyait urs autres construits par les Ptolé- — s ces communiquaient ensemble. C'est dans ce quartier qu'était le tetre, le stade ei le . Ce dernier était orné de portiques de 600 delong, soutenus par plusieurs rangs de colonnes de marbre , dont

cinq subsistent encore. Dans le temp

ou Sema reposait le corps d'Alexandre , que le premier des Ptolémées y avait déposé dans un cercueil d'or massif. Dans ce même quartier on voyait la fameuse bibliothèque et le musée ; la première doit être regardée comme la plus grande collection de livres qui ait été faite par les anciens; avant l'incendie, qui en réduisit en cendres la plus gfande partie, du temps de Jules César, elle ne comptait pas moins de 700, 00 volumes, ou pour mieux dire rouleaux , qui contenaient beat coup moins de matière que nos volumes imprimés. Le musée élait une véritable académie de savans ; elite différait cependant de ‘ nosacadémies, en ce que ses membres vivaient ensemble dans un magnifique édifice aux frais des rois d'Egypte et ensuite à ceux des empereurs romains. C'est à cet établissement qu'Alexandrie est redevable d'avoir été pendant tant de siècles à la dete de la civilisation des peuples anciens et du moyen àge, et d'avoir produit tant de grands hommes dans les sciences et les belles-lettres. Plus tard elle posséda une célèbre école qui pourrait être regardée comme le derceau de la théologie chrétienne - elle donna à l'église plusieurs pères illustres par leur doctrine. Dans le quartier de Rachotis, ainsi appelé du village de ce nom qui existait avant la fondation de la ville, on voyait le vaste’ et magnifique temple de Sérapis, bati en marbre, au milieu d'une immense cour environnée de galeries et d'appartemens destinés à loger ses nombreux desservans ; la statue du dieu était d'une grandeur énorme ; ce temple a été-détruit par ordre de l'empereur Théodose. Les restes de la fameuse bibliothèque déposés dans un bel édifice annexé au bâtiment principal ſormèrent, avec la riche bibliothèque de Pergame , donnéepar Marc-Antoine à Cléopàtre , et par les augmentations successives qui eurent lieu pendant la domination romaine, la seconde bibliothèque, presque aussi considérable que la première ; elle fut détruite par le fanatisme du calife Omar. C'est dans ce même quartier qu'était la superbecolonne de granit rouge, qu'on uomme communément la colonne de Pompée; sa hauteur totale est de 114 pieds; le ſat, quoique d'un seul bloc, n’a pas moins de 90 pieds de long sur 9 de diamètre; ce monument subsiste encore; il domine la ville et sert de signal aux vaisseaux. Un canal navigable, nomme fossa Alexandrina, traversait ce quartier et mettait en communication le lac Maréotis avec le port d Eunostę sur Ja Méditerrânée; il fournissait aussi l'eau aux citernes de la ville; ces dernières étaient en si grand nombre, que presque toutes les maisons Elaient bâties sur des voütes ; ces constructions superbes, dues aux Grecs et aux Romains, subsistent encore presqu'en entier. Alexandrie avait

deux faubeurgs Nécropolisils ville des morts), ble aombreuses grottes sépuirrales,

très

ques, dits aiguilles de Cléopâtre, 6oet l'un est debout et a été donné au roi de France par le vice-roi Mohammed-Ali, et l'autre, qui est resversé, appartient aux Anglais, he ne l'ont pas

s du transport; superbes sont en granit et chargés de Mérogiyphes:

sur 7 de large

observer qu'Alexandrie 8 été pendant 600 ans la

première place commerçante du monde; que c'est dans cette ville qu'environ 285 ans avant Jésus-

Christ l'on a fait en grec la première traduction de la Bible, et que c'est en fouillant dans ses

ruines , qui n ont jamais été bien explorées , qu'on trouvera peut-être des monumens eu deux ou trois langues qui compléteront la mémorable décou-

M de l'interprétation de l'écriture hieruglyphique. ,

Dans les environs d'Alexandrie on trouve: F/

Æheryt, où l'on voit encore les débris de l’ancienne Marea et de son immense quai, ainsi que les restes d’une espèce de bassin où l'on conservaitles vaisseaux. fboukir, village avec uneforteresse qui en défend le port; dans son voisinage s'élevait jadis Canopus, si célèbre par son temple de Sérapis, auquel on se rendait en foule pour assister aux fêtes qu'on y célébraitet dans lesquelles la dissolution était portée au dernier excès.

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