DÉPENDANCES POLITIQUES DE L'EGYPTE
Nous comprenons sous cette dénomination les vastes espaces qui s'étendent à l'est et à l’ouest de l'étroite vailée du Nil et de son large della. Sihonnés par de petites chaines de montagnes peu élevées et arides que séparent d'immenses déserts encore plus arides, au milieu desquels s'élèvent des oasis plus ou moins fertiles, comme des Nes au milieu d'une mer de sable, ces vastes espaces sont parcourus dans toutes les directions par ‘plusieurs tribus d'Arabes et par quelques tribus des Ababdés qui appartienuent à la famille troglodytique. Les uns et les autres vivent errans, habitant sous des tentes, toujours armés, et campant, selon leurs besoins ou l'intérêt de leur sûreté , tantôt sur les bords du Nil, tantôt dans le désert. Avant que Mohammed-Ali fut parvenu à établir sa domination en Egypte , ces nombreuses hordes de brigands en étaient le fléau, dépouillant impunément les voyageurs et les Egyptiens eux-mêmes au milieu de leurs champs. Aujourd'hui ils sont presque tous entièrement soumis ; la plus grande sûreté règne dans les villes et les campagnes, et même plusieurs de ces nomades sont devenus agriculteurs. Voici les tribus les plus nombreuses et les plus remarquables: les Oualad:
Ali, que M. Cailliaud croit être la tribu la plus forte de toutes celles qui cempent sur la lisière de l'Eper elle escorte les voyageurs qui vont dans la
bye; ses campemenssont V sépare d'un cold Alexandrie de Syout, et de l'autre Alexandrie de la frontière vrientale de l'état de Tripoli, latribu des Bycharis fourait des pour les déserts de l'est et jusqu'au mont Sinaï; celle des Aouazem, à l'est de Thèbes, se distiague, dit M. Rifaud, par son honnètelé, sa bravoure et son hospitalité. Les Æbabdés, compris daus Ja famille troglodytique : ils parcourent tout le
ys qui s'étend de les environs de Cosseir Jusqu'à la frontière de la Nubie; plusieurs se sont établis le long du Nil, entre Assouan et Edfou, dans la Haute-Egypte. Ils sont pillards, et escortent les voyageurs vers la Nubie. M. Cailliaud a retrouvé sur leur territoire les célèbres mines d’émeraudes exploitées par les anciens,
Voici les lieux les plus remarquables qu'offre cette contrée en allant du sudau nord; nous les partageons en deux parties d'après leur position à l'est ou à l’ouest du Nil; nous les nommerons Cohtrée Occidentale. et Contrée Orientale.
Dans la Contrée Occidentale on trouve:
EL-Kuanogu, petit endroit, chef-lieu de laGrande-Oasis, nommée aussi Oasis de Thebes ou d' I- Karge. En 1818 on a découvert daus son voisinage les ruines de trois beaux temples et une nécropolis;le grand temple avait trois caceintes comme celui de Jupiter Ammon; le toit, dont il subsiste encore une partie, était formé par d'immenses blocs; on en a mesuré un de 35 pieds de long sur 19 de large et2 et un quart d'épaisseur; ce temple a des statues colossales et des hiéroglyphes. La nécropolis offre 2 à 800 édifices construits en briques non cuites; les figures de saints peintes sur les murs indiquent qu'ils ont servi de demeures a des chrétiens. Cette oasis est traversée par les caravanes qui vont au Dar-Four. à
Meoynert-eL-Qassa, petite ville de 2000 âmes, assez bien bâtie, chef-lieu de l'oasis de Dakhel, situéc à l’ouest de la grande. Elle a des bains sulfureux très fréquentés par ses habitans,
Qassa, gros village de 800 habitans, chef-lieu de la Petite-Oasis, nommée F Oude l- Bahryeh par les Arabes. Dans ses environs on trouve les ruines de. bains romains et d'une église grecque.
Les Lacs ne Nar non, sont très remarquables par la grande quantité de cette substance qu'on en retire depuis un temps immémorial ; ils sont situés dans le desert de Nitre, qui formaitpar-
tie de la Région Scithiaque (Scithiaca .
regio) de Ptolémée; elle s’élendait dans la direction du nord-ouest du Caire; elle est très renommée dans les annales de l'église par le grand nombre de saints solitaires qui l’habitèrent dès le ive siècle: c'est là qu'était le couvent dé St-Macaire.
Al-Banzrouvx, misérable lieu, que nous citons pour signaler la position de Paugroxiun; son vaste port sur la Méditerranée, et les fortifications élevées par les Ptoléméés, l'avaient rendu une place importante de leur royaume; il en
élait le boulevard à l'occident :omme Pelusium l'était du côté opposé, On y a découvert quelques ru ins importenles.
Susan, cheflieu de ode de 8 i à le Région
ui, géographiquement, a nt du Maghreb (Sahara-Allas), et qui à Se a célèbre p
. Ammonium des anciens, per ler des extrémités
parses du sokeil,
oliviers, et ga basse flalterie de ses prêtres ne rougit pas
y saluer fils de Jupiter. Mais cette oasis, jadis si riche et centre d'un commerce, n'offre maistehant que sa source célèbre , les débris de ses superbes monumens, et n'est plus que le triste séjour d'une petite peuplade aussi misérable que corrompue. Elle vit au nombre d'environ 2000 individus à Syoush, petite ville dent la construction est une des plus singulières et des plus bizarres qu'on puisse voir. Sa forme coni-
ue, ses divisions intérieures et l’agglomération
es individus que renferme cet obscur séjour, pourraient la faire comparer à une ruche.
Dans les environs immédiais, de Syouah, on a découvert à Qoum-al-Beyda ( Omm- Beydah) les ruines du célèbre temple de Jupiter Ammon, et reconau les vestiges de sa triple enceinte. A moins d'un mille de distance de ces ruines vers le sud-est, on a trouvé dans un bois de palmiers la célèbre fonfaine du soleil, encoré douée des alternatives de température qui l'avaient rendue si célèbre; et, dans une colline voisine nom Diebel Där-Aboubeker, on voit de vastes catacombes, dont une partie sert aujourd'hui d'habitation aux Arabes; leur construction doit être attribuée en partie aux Egyptiens et en partie aux Grecs. Nous ajouterons que le grand temple de Jupiter Ammon était composé de blocs enormes; que les décuralionis, les ures et les scènes qu'elles représentent sont, selon MM. Drovetti, Cailliaud et Minutoli, entièrement égyptiennes, La statue du dieu, faite d'émeraudes et d'autres pierres précieuses, avait la forme d'un bélier depuis la tête jusqu’au mi lieu du corps. A environ 60 milles au nord-ouest de Syouah est situé un lac, où l'on voit une %, que personne n'a encore pu visiter et sur laquelle les naturels débitent les contes les plus extraordinaires.
Dans la Contrée Orientale nous nommerons : Bérénice, ruinée et entièrement déserte, sur la mer Rouge, et découverte par Cailliaud et Belzoni; on reconnaît encore, dit ce voyageur, la direction de ses rues, et, au milieu, on voit un petit temple égyptien couvert de hiéroglyphes el de sculptures; il est presque entièrement recouvert de sable. C'est à son port qu'arrivaient les marchandises de l'Arabie et de l'Inde destinées pouf Coptos. Le moxr Zananan (Smaratzdus mons), si célèbre dans l'antiquité par ses mines d’émeraudes, qui, retrouvées de nos jours par M. Cailliaud, et de nouveau exploitées par ordre du vice-roi, furent abandonnées comme ne rendant pas autant que coûte leur exploitation. Qo-
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sons et de de ns qu'occupent les marchands des caravanes de Kous et de Kénéh; He un petit port sur la mer , et comme nous
l'avons vu à la page 663, il — fecture de Kénéh; M. Jomard accorde 1300 habilans, C'est à milles de ce lieu et
proprement à l’e .
ben a, que, d’après M. Letronne , on doit placer le port Leucos ou Abus; c'est plus au nord,
dans la grande anfractuosité qu'abrite le cap Rasabou-Somer, que, selon les mêmes savans, était
situé MV o Hormos en un ee MM. Burton et Wilkinson ont découvert uines considérables. Myos Hormos (h Souris ) était le le plus célèbre et le plu té ile cette edle par les marins de l'antiqui tue celui de Bérénice avaitété abandonn points
de la géographie comparée qui a e la sagacité des savahset des commentateurs des géographes anciens; les nouvelles recherches le pla cent au lieu que d' Anville avait déjà deviné,
Au milieu des rochers escarpés et très élevés qui longent la rive droite du Nil, depuis Assouan jusqu'à quelques milles au nord d Antinopolis, on voit une multitude de grottes taillées dans le roc; à l'est de ces mêmes rochers, on ne trouve que les vastes déserts sablonneux qui s'étendent jusqu'èàla mer Rouge. C’est dans cet horrible sé jour que vivaient ces saints solilaires de da Thdbatde, si célèbres dans l'histoire des
POSITION ASTRONOMIQUE, Longitude , entre 19° occidentale et 26° orientale environ. Latitude boréale, entre 15° et 37° environ. à
cowrixs. Au nord, le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée. À est, la Région du Nil. Au sud, la Nigritie. A l’ouest, l’Océan-Atlantique.
rzauvss. A l'exception du versant boréal de PAtlas, peu de pays au monde, offrent une plus grande aridité èt moins de fleuves. Ceux qui arrosent et fertilisent la partie cultivable de l’état de Tunis, du ci-devant état d’Alger et de l'empire de Marok ont un cours très borné lorsqu’on les compare aux fleuves des autres régions de cette partie du monde. Nous citerons seulement les Le ao d’après les mers différentes auxquelles ils aboutissent.
La MÉDITERRANÉE reçoit :
Le MevJERDAB, qui prend sa source aux montanes de Hanälak, dans Atlas, ou ci-devant état
REGION DU MAGHREB. en
siècles de l'église. Plus ou nord, et des limites de l'ancienne Thébaïde, au milieu d'outres déserts, étaient le célèbre couvent de , la grotte de St-Paul, consacrées par ls pénitence + 0e
, per 0 anachorètes. I parait que des
religieux dans ph ee eng ces solitudes par leur
Suez ou Souars, situé au fond du golfe qui en le dénomiaation , et dépendant de la predu Caire, misérable petite vifle à «131115 ruinée, qui fait encore quelque commerce à ca de son port, où it y a un petit chantier, ! . mard ne lui accorde que 1000 habilan*. ‘+ lu important du temps des Ptolémées,portai: ces fs nom d'Ansinot, puis de C/éopatride. À son port aboutissait le fameux canal exécuté par liécos, réparé par Plolémée Philsdelphe, par Trijan, puis par les Arahes, et qui à ces diverses énouues, selon M. Letronne, servit à la navigation, Cet immense ouvrage hydraulique, dont on a veulu douter, faisait communiquer la branche orientale du Nil avec la mer Rouge ; il avait, selon d'Anville, 78, 009 toises de long, 28 et demie de large, et sa profondeur était, selon Pline, de 40 pieds Lg blissement des bateaux à vapeur: entre l'Inde etl'Angleterre donnera une nouvelle vie à Suez, qui ne peut manquer de devenir une ville tres commerçante, si on réalise le projet conçu par Méhémet-Ali d'y faire aboutir le chemin de fer qui doit commencer au Caire.
MDG.
d' Alger, traverse la partie principale de celui de Tunis, où il se jeite dans la Méditerranée, au sud de Porto-Farina.
Le Cnxi is, qui est le plus grand courant du ci-devant état d'Alger, dont il arrose la partie occidentale. 11 nait dans les hautes vallées de l'Atlas, aux montagnes de Ouanascherysch, traverse le lac de Tiltery, et, près de Mostaghänem, entre dans la Méditerranée.
Le‘MoLouyan (Malouia). C'est le plus grand des fleuves de la Barbarie qui se jettent dans la Méditerranée et dans l'Océan, quoique pendant l'été il soit souvent sans eau, Il naît dans l'Atlas au pied du Scha'bat-bény-O'bayd, traverse la partie orientale de l'empire de Marok, reçoit le Ssäa’ à la droite; et à plusieurs milles au-dessous de Qala’t-el-Ouädi, il entre dans la Méditerranée.
L'OCÉAN ATLANTIQUE reçoit les suivans ; ils appartiennent tous à l'empire de Marok :
L'Aouzxos ou Luccos , dont le cours n'est pas très considérable, mais dont la masse d'eau est très grande relativement aux autres fleuves de cette région. C'est près de l’A’raysch (Larache) qu il se jette dans l'Océan.
Le Sous (Seboun); il prend sa source dans une forêt, au pied de l'Atlas dans le royaume de Fez, qu'il traverse de l’est à l’oucst; à Ma’muu-