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surmaricis,. A la page 607, nous avons déjà relevé l'erreur d’après laquelle l'Amérique serait la plus grande de toutes les parties du monde. On a maintenant des mesures bien autrement exactes que celles que firent des savans estimables sur de mauvaises cartes et à une époque où l’on connaissait si imparfaitement cet hémisphère. D’après nos calculs , qui nous ont donnédes résultats presque identiques avec ceux qu'a obtenus M. le baron de Humboldt, la surface de cette partie du monde
y compris les Îles que nous regardons comme ses dépendances géographiques, ne s'élève qu'à 11,146,000 milles carrés.
POPULATION, Nous avons vu à la page 37, que la population de l'Amérique, malgré l’immense étendue de ce continent, ne s’élève qu'à 30 millions. Cette population égale à peine les populations rénnies de la France et du ci-devant royaume des Pays-Bas. En divisant ce nombre par sa surface, que nous venons d'évaluer à 11,146,000 milies carrées, on aura une
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population relative de 3.5, c’est-à-dire que chaque mille carré de cette monde n'offre que trois habitans et demi.
rn n:. Malgré sa faible popalation et l'état encore si * de l’ethnographie , l’Amériqne encore un plus grand nombre de peuples differens que toutes Îles autres parties du monde. Dix millions environ d'individus y parlent plus de 428 différentes el plus de 2000 dialectes. Ce phénomène pe bur le globe, quelque incroyable
wi sse n'en est pas moins vrai. Les aits incontestables recueillis et classés dans l’Aflas ethnogruphique du globe ne laissent plus aucun doute raisonnable sur ce point. Le cadre de cet Abrégé ne permet pas de les désigner tous ; d’ailleurs nous n'avons pas même assez d'espace pour décrire , d’une manière suffisante, seulement les familles ethnographiques et les langues qu’on regarde comme absolument indépendantes les unes des autres.
Nous nous bornerons donc à classer, d'après leurs idiomes, seulement les principales nations du Nouveau-Monde. Considérés sous ce point de vue, tous les peuples de cette partie du globe offrent deux grandes divisions : peuples américains ou indigènes ; et peuples d'origine étrangère. Ces derniers, quoique divisés en un petit nombre de peuples , offrent néanmoins la plus grande masse de la population de l’Amérique ; et, à l'exception des Nègres, qui presque partout sont esclaves , ces peuples étrangers ont mème l'avantage d’être , à quelques exceptions près, les nations dominantes du Nouveau-
U vons signaler un autre phénomène unique sur le globe, offert par cette partie du monde; c’est que sa population indigène forme à peine le quart de sa population totale. Voici quelques faits qui viennent à l'appui de notre assertion. En prenant pour base les importans résultats des recherches difficiles auxquelles M. de Humboldt s’est livré pour connaître les rapports numériques des différentes races qui peuplaient le Nouveau-Monde au commencement de 1822, et en y ajoutant les faitsnouveaux que nousavons pu recueillir aprèsleur publication, nous trouvons que ponr la fin de l’année 1826, époque à laquelle s’arrétent tous nos calculs relatifs à la statistique du globe, les différentes races qui habitent l'Amérique „ peuvent étre représentées par les nombres suivans :
Blancs Européens ou descendans d' Européens établis en Amérique ... 14,600,000 Indiens ou Américains indigènes. . 10,000,000 Nègres ou Africains sans mélange; esclaves et libres Races mélangées de noir, blanc et indien (mulâtres, mestizos , zambos et mélange des mélanges). . . . 7,000,000
Le tableau ci-dessous offre tous les peuples d’origine étrangère, et les peuples indigènes les plus remarquables. Pour éviter les répétitions, nous avons mis deux ** devañt le nom de tous les peuples qui conservent leur indépendance. Dans cette longue énumération, nous suivrons l'ordre de l’Atlas ethnographique du obe, en commençant par l'extrémité méridionale de l'Amèrique-du-Sud; nous irons ensuite en remontant vers le nord, d’un côté jusqu’au Groënland, de l’autre jusqu’au détroit de Bering.
TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE D'APRÈS LES LANGUES.
NATIONS INDIGÈNES. Parmi le grand nombre de nations comprises dans cette section nous nous bornerons à citer les suivantes :
Les PECRERAIS ou YACANACUS , nation très peu nombreuse, mais qui est remarquable en ce qu'elle est la plus australe de toute la terre connue ; elle habite l'archipel de Magellan ou de la Terre-de-Feu, et, à ce qu'il parait, même quelques localités le long de la côte occidentale du continent opposé à cet archipel. Les rapports des capitaines King et Fitzroy, commandans de l'expédition anglaise envoyée il y a quelques années à l'exploration des côtes de l'extrémits
méridionale de l’Amérique-du-Sud, ont confirmé les détails donnés par Cook concernant la vie misérable menée par ces sauvages, dont l’abrutissement ne peut être comparé qu’à celui des nalurels des côtes Nord-ouest de l'Australie (Nouvelle-Hollande); ils se nourrissent de coquillages et s'accroupissent par famille sur la plage ,.où ils trouvent la plus ample moisson de péloncles et d'autres mollusques, et changent de place seulement quand elle est épuisée.
* THHAUELHETS, nation assez nombreuse de la Patagonie, subdivisée en plusieurs tribus, qui sous différens noms errent dans les vastes soli-
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tudes de cette région, depuis le détroit de Megellas jusqu'aux environs du Rio Camaroues.
Quelques-unes de ses hordes offrent des peuplades d'une haute taille, parmi lesquelles , quelques individus peuvent étre de véritables géans : c'est la seule raisonna-
un peuple de cette contrée, qui parait avoir appartenu à cette souche ethnographique. Nous iavoquoss à l'appui de notre opinion l'auilorité d'un juge compétent, M. d'Orbigny, auquel la gtographie sera redevable d'avoir élé purgée de celte erreur et d’une foule d'autres , qui déparent les meilleures descriplions des vastes régions qu'il a parcourues.
La Fanti L Cuil ian comprend plusieurs peuples dont quelques-uns sont assez nombreux ; ils habitent les hautes vallées du Chili-Septentrional et celles du Chili-Oriental au-delà des Andes, et s'étendent ensuite dans le Chili-Méridional et dans la Patagonie. Lesplus nombreux et les plus remarquables sont: les Aucas ou Molouches proprement dits, nommés Araucans par les Espagnols; ceux qui habitent à l'ouest des Andes forment la puissante “ conſedération des Araucans. Cette nation belliqueuse, après avoir fait une longue guerre aux Espagnols, vivait en paix avec eux , lorsque, à l'époque de la révolution, ayant pris le parti des royalistes, elle tourmenta beaucoup les républicains, dont elle détruisit plusieurs villes: celle de Concepcion en conserve encore les traces affreuses. Le territoire de cette confédératior, que les géographes appellent Æraucanie , s'étend à l'ouest des Andes entre le Biobio , le Valdivia et le Grand-Océan. Il est partugè en quatre gouvernemens ou tétrarchies; chaque gouvernement est subdivisé en 9 provinces, qui sont elles-mêmes partagées en neuf regues ou districts. Les quatre ulm mapus ou tétrarchies sont gouvernées par quatre {oquis ou tétrarques , indépendans l’un de l’autre dans l’administration civile de leurs territoires respeetiſs, mais néanmoins confédérés pour le bien général de la contrée. Ces quatre chefs ainsi que leurs gouverneurs subordonnés des provinces et des districts respectifs sont héréditaires dans la ligne masculine. Le gouvernement de ce pays offre la plus frappante ressemblance avec l'aristocratie militaire des ducs, des comtes et des marquis du nord de l’Ancien-Continent , quoique son existence soit de beaucoup antérieure à l’arrivée des Espagnols dans cette partie reculée du Nouveau-Monde. Les Araucans passent justement pour être la nation indigène indépendante la plus policée de l'Amérique , et paraissent ètre le premier peuple de ce Continent, qui, en se procurant par un heureux hasard de nombreuses et bonnes races de clievaux , s’accoutuma de bonne heure à l'équitation et forma des corps de cavaliers; dès l’année 1568 il eut déjà plusieurs escadrons de cavalerie dans son armée. Comme plusieurs autres nations de l'Amerique , il conserve
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