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LE CALLOVIEN EN EUROPE Ô

En effet, le gain de la mer sur l'Europe du nord-est, qui s'était déjà fait sentir avec le bathonien, se prononce de plus en plus. Le massif Scandinave et finlandais est entouré par la mer (fig. 106), dont un bras, passant sur la Russie orientale, unit largement les eaux européennes avec une mer polaire, où prospèrent les grosses bélemnites, ainsi que les ammonites des genres Cadoceras, Macrocephalites, Cardioceras (Quendstedticeras), C'est le maximum d'amplitude que les eaux marines aient atteint en Europe, et cette transgression callovienne est si accusée qu'on a pu être parfois tenté d'en exagérer la signification, quand on ne connaissait pas encore les étapes préalables qui l'avaient successivement préparée en divers points.

Le callovien, tel qu'on le comprend aujourd'hui, c'est-àdire avec adjonction d'une partie de l'ancien Oxjbrd-clay, se divise en quatre zones d'ammonites. La première est caractérisée par Macrocephalites macrocephalus; dans la seconde dominent Reineckeia anceps et Stephanoceras coronatum; la troisième est la zone à Cardioceras Lamberti et Peltoceras athleta; enfin la quatrième voit dominer Cardioceras Mariœ. Ces deux dernières ensemble forment le divésien (de Dives au Calvados).

Europe septentrionale. — Ainsi que nous Pavons dit, le fait saillant de l'époque callovienne est le changement qui s'opère dans les régions du nord-ouest de l'Europe où, durant le bathonien moyen, l'activité coralligène s'était donné libre carrière jusqu'au cœur de l'Angleterre. On voit d'abord se former, du Jura et de la Lorraine aux Ardennes, des calcaires en plaquettes oolithiques avec nombreuses valves d'huîtres (dalle nacrée); puis apparaît une oolithe ferrugineuse à gangue argileuse (minerai de Poix), formation littorale avec laquelle les ammonites reviennent en abondance. Enfin se dépose l'argile franche à Gryphœa dilatata, terminée par une assise dure d'un grès argilo-siliceux ou gaize, à Cardioceras Mariœ et Ostrea gregaria; cette dernière assise, grâce à sa résistance, formant à son affleurement le rempart des crêtes de Poix.

Le faciès argileux qui s'introduit ainsi règne, dès le callo-

vien le plus inférieur, en Souabe et en Angleterre; en Souabe, où se dépose Vargile à Ornati, ainsi nommée de la famille d'ammonites qui domine à ce niveau, en Angleterre dans VOxford-clay, avec la couche rognonneuse de sa base (Kelloway-rock), où se rencontrent, en compagnie des Cosmoceras et Macrocephcliies, de nombreux squelettes d*ichthyosaures et de plésiosaures. Le même faciès apparaît au Boulonnais, ainsi que dans les falaises du Calvados.

L'influence septentrionale se trahit par les grosses bélemnites (fî. Oweni), qu'on trouve à ce niveau dès le Boulonnais, et dont la fréquence augmente dans le Yorkshire. Les mêmes bélemnites se rencontrent en Pologne et, quand on arrive aux environs de Moscou, on les trouve, avec les ammonites caractéristiques de l'étage, dans des argiles de couleur foncée, toujours très peu épaisses. La transgression se manifeste par le fait que les diverses zones peuvent se déborder les unes les autres, en s'appuyant directement sur le carboniférien.

Ënfln on sait aujourd'hui que la même faune d'ammonites et de bélemnites habite les argiles noires du cap Flora, dans la terre de François-Joseph. Le caractère septentrional de ce type n'est donc pas douteux.

Régions françaises diverses. — Cependant l'influence du nord diminue assez vite quand on s'éloigne de la Franche- Comté. Tandis que le callovien inférieur reste à l'état d'oolithe ferrugineuse, son sommet revêt la forme de marnes à concrétions siliceuses, dites chailles, pour devenir, en Nivernais, le calcaire blanc à silex de Fougues, en attendant que le Berry et le Poitou ramènent des masses de calcaire blanc oolithique, succédant sans discontinuité apparente aux calcaires bathoniens (pierre de Lourdines près Poitiers). Cette continuité est d'autant plus curieuse, que précisément en ces points la zone paléontologique inférieure du callovien paraît complètement absente.

C'est en remontant du Poitou vers le nord, le long du massif armoricain, qu'on assiste à une transformation inverse, d'abord dans les oolithes ferrugineuses si fossilifères de Montreuil-Beflay et de Pécheseul, ensuite, dans les calcaires mar-

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