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TYPES DIVERS DU CALLOVIEN

neux du Merlefault. Ceux-ci sont nettement transgressifs sur les diverses assises du bathonien, ce qui indique que la période callovienne a été inaugurée dans le nord par des mouvements de Fécorce, suffisants pour expliquer Tarrêt des constructions coralliennes.

Au sud du massif vosgien, l'étage est surtout marneux, et essentiellement caractérisé par les marnes à ammonites pyriteuses {Crenîceras Renggeri) du Jura. Mais, dans le Jura méridional, commence à apparaître la faune méditerranéenne, qui se développe dans les marnes noires à Posidonia Dalmasi des Basses-Alpes, si facilement ravinées par les torrents. Ici c'est le synclinal subalpin, qui continue à se garnir de dépôts vaseux, tandis qu'au même moment, contre le rivage du Plateau Central, se dépose en face l'oolithe ferrugineuse de la Voulte, si riche en ammonites de la zone à Reineckeia anceps. Là aussi, l'absence locale de diverses zones accuse des variations dans le niveau de la mer.

Région méditerranéenne. Asie, Afrique, Amérique. — Le callovien est marneux en Portugal, où sa faune offre, avec la province méditerranéenne, des affinités que marque l'abondance des Phylloceras. Le peu que l'on connaît de l'étage, dans les Apennins et les Alpes méridionales, indique la persistance du type calcaire, depuis si longtemps propre à cette province méridionale.

Les affinités méditerranéennes se révèlent encore en Crimée et au Caucase, tandis que, sur la rive orientale de la Caspienne, c'est le type de l'Europe occidentale qui reparaît; et pareille chose a lieu en Syrie.

La mer callovienne a passé sur la Boukkarie, le Baloutchistan et l'Himalaya, semant dans cette contrée des couches à Belemnites Gerardi, qu'on retrouve à Timor comme dans les Moluques, en même temps que des ammonites de type européen existent en Nouvelle-Guinée et en Australie occidentale.

Mais un bras de cette mer asiatique devait se détacher de Perse pour mordre au golfe de Catch sur la terre de Gondwana, et continuer vers le sud, entre l'Abyssinie et Zanzibar, d'un côté, Madagascar de l'autre. Les Macrocephalites et Cosmo-

ceras ont été recueillis dans cette île. En contournant le nord de l'Egypte, le bras de mer en question se reliait à la Méditerranée, q[ui submergeait aussi le nord de TAlgérie.

D'autre part, la mer boréale, passant sur l'Alaska, débordait en transgression sur la Californie, peut-être même sur le Wyoming.

Quant à l'Amérique du Sud, elle laisse voir à Caracoles en Bolivie, comme au Chili et en Argentine, les couches à Macrocephalites et à Reineckeia, dont la faune est liée à la fois à celle de l'Europe et à celle de l'Inde. Comme d'ailleurs le callovien des Andes méridionales semble s'être déposé dans un golfe étroit, fermé au sud, c'est vers le nord, en contournant le massif du Brésil et la Colombie, que paraît devoir être cherchée la communication du Pacifique méridional avec la Méditerranée européenne; communication que masquerait aujourd'hui la dépression des Antilles.

SÉRIE NÉOJURASSIQUE 2'' ÉTAGE OXFORDIEN

Données générales sur l'oxfordien. — Avec l'époque .oxfordienne se prépare, dans le nord-ouest de l'Europe, le retour des conditions qu'avait interrompues l'établissement du régime vaseux. Encore argileuse au début, la sédimentation se clarifie peu à peu et finit par permettre en certains points la reprise des constructions coralliennes, tandis qu'en d'autres domine le faciès des marnes calcaires riches en spongiaires.

L'oxfordien peut être partagé en deux sous-étages : à la base, le neuvizyen, de Neuvizy aux Ardennes, ou zone à Cardioceras cordaium ; au sommet Vargovien (de l'Argovie) ou zone à Perisphinctes Martelli et Ochetoceras canaliculatum, Peltoceras transversarium, développé surtout dans la région méditerranéenne avec les Phylloceras (P. tortisulcatum)^ est plutôt concentré dans le sous-étage inférieur. C'est dans l'oxfordien que prospère Belemnites hastatus.

L*OXFORDIEN EN EUROPE 279

Surope septentrionale et régions boréales. — L^oxfordien, tel qu'il est ici compris, doit embrasser en Angleterre, avec la partie supérieure de VOxford-clay, Fassise du grès calcaire inférieur^ qui marque par sa constitution un changement sensible de la sédimentation. Même il peut être convenable d'y faire rentrer aussi Toolithe corallienne (coralline ooliie) d'Osmington, qui par ses ammonites est au moins à cheval sur Toxfordien et le séquanien, et trouve son équivalent en Normandie, près de Trouville, au sommet de Toxfordien marneux.

Du reste, dans les Ardennes françaises, les assises régulières à polypiers, oursins et nérinées, dont on avait sans hésitation fait l'équivalent de l'ancien corallien, se rattachent par leurs ammonites (Perisphinctes Martelli) à l'argovien, étant d'ailleurs immédiatement superposées au minerai oolithique de Neuvizy à CardUoceras cordatum. Cette conclusion s'applique au glypticien de la Meuse, ou calcaire oolithique à oursins de l'espèce Glypticus hieroglyphicus, -qu'on voit passer l^jitéralement à un faciès vaseux avec Ochetoceras canaliculatum.

Dès la Côte-d'Or apparaissent, à cette hauteur, les marnes à spongiaires, bien développées de l'Armançon à l'Yonne, et se fondant insensiblement vers le bas avec les couches à CardOo*ceras cordatum. Mais ces dernières sont souvent très rudimentaires et il y a certainement des lacunes dans la série.

Le faciès à spongiaires s'étend sur tout le Berry et va jusqu'en Poitou; après quoi l'apparition d'argiles et de sables roussâtres gréseux (Courtomer) prépare le faciès normand et anglais.

En Franche-Comté, les marnes à Creniceras Renggeri, dont nous avons parlé à propos du callovien, empiètent en partie sur l'oxfordien et supportent des calcaires marneux, avec spongiaires à la base, que recouvrent les calcaires de l'étage suivant.

En raison de la prédominance des éléments argileux, l'oxfordien de Franche-Comté a moins bien résisté à l'érosion que les calcaires bathoniens et rauraciens, entre lesquels il est intercalé. Aussi de nombreuses dépressions ou combes y sontelles creusées, dominées à droite et à gauche par des crêts ou

crêtes en calcaire. Ces combes sont occupées par des prairies et le sommet de Toxfordien sert de surface d'émergence aux eaux qui ont circulé à travers les calcaires.

Les calcaires marneux à spongiaires, dont nous avons parlé, établissent le passage de Toxfordien franc-comtois au faciès typique des couches de Birmensdorf on spongitien d'Argovie, qui dénote des conditions spéciales de sédimentation et de vie marine. Ces couches sont surmontées par les marnes dCEjyUigen, à Waldheimia impressa, équivalent des argiles à impressa de la Souabe. Ces dernières deviennent de plus en plus calcaires vers le haut et préparent Tavènement du Jura blanc. Mais Télément calcaire diminue au voisinage de la Bohême, envahie par la mer oxfordienne, qui a laissé, près des sources de l'Elbe, des marnes noires, souvent bitumineuses, à Ochetoceras canaliculatum,

La mer passait sur la Pologne et déposait en Russie, comme à l'époque précédente, de minces couches d*argiles noires à concrétions, avec nombreux Cardioceras et bélemnites {B, Panderi) de type boréal. Un genre nouveau de bivalves, Aucella, ifait son apparition k cette hauteur et deviendra caractéristique du néojurassique dans les régions voisines du cercle polaire. Le Spitzberg, jusqu'alors émergé depuis le trias, s'est laissé envahir par la mer de l'oxfordien supérieur, qui au même moment s'étendait sur la Nouvelle-Zemble.

Région méditerranéenne. Afrique. Inde. Amérique. — Dans la vallée du Rhône et ses dépendances, l'oxfordien est à l'état de calcaires marneux, à Phylloceras tortisulcatum, se changeant dans les Hautes-Alpes en marnes noires, intimement liées à celles du callovien. Plus au sud, cet ensemble est dolomitique. Au contraire, dans le voisinage des Alpes suisses, l'oxfordien trouve sa place dans les barres calcaires du malm, comme aussi, dans l'Oberland, à la base du calcaire des hautes montagnes.

Le régime méditerranéen s'étend à l'Algérie, où les assises à Phylloceras tortisulcaium sont tantôt argileuses, tantôt à l'état de calcaires rouges à silex. Comme précédemment, la mer passait d'Algérie en Syrie, puis sur l'Afrique orientale et à Madagascar, où les environs de TuUéar montrent un calcaire

L*ÉTAOE SÉQUANIEN 281

oolithiqu^ à Perisphinctes Martelli, Elle envoyait un de ses bras jusqu'à Catch en Hindoustan.

Il est probable qu'il y a lieu de rapporter à l'époque oxfor-jdieime l'invasion marine tout à fait exceptionnelle qui s'est produite dans l'Amérique du Nord, amenant un golfe du Pacifique jusqu'au cœur de la région des Montagnes Rocheuses. Les traces en sont restées sous la forme de calcaires sableux, de grès et d'argiles à Cardioceras, avec Belemnites densus, directement superposés aux red beds du permien ou du trias, tandis qu'ils supportent les couches à grands dinosaùriens du jurassique tout à fait supérieur.

Cette invasion a été de courte durée, et les vestiges qu'elle a laissés, depuis la Colombie britannique jusqu'aux Black Hills et au fleuve Colorado, sont caractérisés par une faune très uniforme, mais dont l'âge précis demeure, jusqu'à nouvel ordre, assez difficile à affirmer.

SÉRIE NÉOJURASSIQUE 3» ÉTAGE SÉQUANIEN

Données générales sur le séquanlen. — C'est pendant l'époque séquanienne que les eaux marines de l'Europe septentrionale ont peu à peu et pour toujours perdu le privilège des constructions coralliennes, pendant que s'y préparait le retour de la sédimentation argileuse. Au début, les vrais récifs se montrent encore, au moins par places, jusque dans le Yorkshire ; mais, quand la période s'achève, il faut, pour en rencontrer, redescendre jusque dans la Haute-Marne. Ici encore, l'argile n'apparaît qu'au nord, et dans toutes les régions du midi, bassin de la Loire, bassin du Rhône ou Aquitaine, on ne voit que des calcaires, tantôt plus ou moins marneux, tantôt à grain lithographique, c'est-à-dire résultant de la consolidation d'une vase calcaire très fine.

Deux sous-étages se partagent le séquanien : l'inférieur ou rauracien (de l'ancien nom latin de la région jurassienne) est la zone à Peltoceras bimammatum, où commence à se montrer

282 SYSTÈME J17BASSIQUE

Perisphînctes Achilles; dans le sous-étage supérieur, appelé astartien, à cause de la fréquence des bancs pétris de petites coquilles bivalves du genre Astarte, Perisphinctes Achilles prévaut, en compagnie du brachiopode ZeUleria humeralis. Dans la région méditerranéenne, cette dernière zone, se fondant en haut avec l'étage suivant, voit le début d'une autre ammonite spéciale à la région, Oppelia tenuilobata.

C'est aussi avec le séquanien que coïncide rapparition de l'importante famille des chamidés, représentés par le genre DiceraSf toujours cantonné au voisinage immédiat des récifs.

Angleterre, Normandie, Boulonnais. — Le coral~rag anglais, calcaire bréchiforme, presque entièrement composé de polypiers, de coquilles brisées et d'oursins, notamment de Cidaris JU>rigemma, passe pour le type du rauracien. Il se pourrait cependant que la considération des ammonites infirmât cette assimilation, en faisant rentrer le coral-rag dans l'argovien; auquel cas le séquanien serait représenté par le grès calcaire supérieur, à Cardioceras alternans. La présence, dans cette assise, de Belemnites nitidus trahit le voisinage de la province boréale.

De la même façon, au coral-rag de Trouville succède un calcaire jaunâtre à silex, avec Perisphinctes, que surmontent des argiles également pourvues de Bel. nitidus, La même série est extrêmement variable dans le Boulonnais, où l'élément argileux s'y intercale à plus d'une reprise, le principal fossile étant une grande huître plate, Osirea deUoidea,

De la Lorraine à la Normandie par le Berry. — La formation se régularise en Lorraine, où elle engendre la belle oolithe corallienne à Diceras de Saint-Mihiel, ainsi que les assises à entroques qui donnent les pierres estimées d'Eu ville et de Lérouville. Ce faciès oolithique finit dans la Haute- Marne, où domine, à la même hauteur, un calcaire marneux à Peltoceras bimammatum. Ce calcaire s'est formé sur le passage de courants, chargés de vase corallienne fine, qui s'établissaient entre le bassin de Paris et celui du Rhône, tandis que les assises oolithiques se constituaient en bordure des récifs appuyés contre l'Ardenne et les îlots vosgiens.

En effet, dès qu'on approche du Morvan, on voit la tendance

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