LE SEQUANIEN EN EUROPE
oolithique se manifester à plusieurs reprises, notamment au sommet du séquanien, dans la pierre de Tonnerre, et mieux encore dans l'Yonne, à la hauteur du rauracien, représenté par les beaux calcaires oolithiques à Diceras et nérinées de Châtel-Censoir, Coulanges-sur-Yonne et Merry-sur-Yonne.
Il n*en est plus ainsi dans le Berry, où, sauf la pierre de Bourges et celle de Sancerre, accidents coralligènes du séquanien supérieur, on ne voit que calcaires marneux et calcaires lithographiques, dont les affleurements, jonchés de petits cailloux blancs, engendrent les plaines monotones de la Champagne berrichonne. Encore calcaire dans la Sarthe, le séquanien, dans le Calvados, devient en partie sableux, et on y observe à Glos une couche très riche en trigonies bien conservées. C'est la préparation du faciès du nord, que nous avons déjà étudié.
Bassin du Rhône. Suisse. Allemagne. — Il est fort difficile, en Franche-Comté, d'indiquer où commence le rauracien, intimement fondu avec l'argovien. En revanche, les marnes et les plaquettes du séquanien supérieur, criblées d'Astarte minima, sont bien caractérisées, et quelques accidents coralligènes s'y montrent, comme ceux qui donnent les calcaires marmoréens à nérinées des environs de Dôle.
Le séquanien est entièrement calcaire et surtout compact dans la Côte-d'Or. Mais, dans le Bugey, sa partie supérieure redevient presque tout entière coralligène. C'est en ce point d'ailleurs que commence à se montrer la faune méridionale, bien caractérisée à Crussol dans les calcaires à Perisphinctes polyplocus et Oppelia tenuilobata, non moins développés dans le Gard, au mont Ventoux, en Provence, en un mot dans toute la région subalpine. L'ancien synclinal subsistait, excluant par son régime la formation des récifs.
Le séquanien a sa place dans la partie inférieure du calcaire des hautes montagnes de Suisse. Dépourvu de couches oolithiques en Argovie, il redevient partiellement coralligène en Souabe et en Franconie, grâce au voisinage des anciens massifs. On en retrouve des traces jusqu'en Poméranie.
Mais dans les Carpathes comme dans les Alpes orientales, les calcaires compacts dominent à ce niveau, n'offrant ^ou-
vent dans leur masse que des silex à radiolaires et des Apty chus (fig. 107). 11 en est ainsi au Frioul.
Russie. Régions arctiques. Pays divers. -— En revanche, dans le bras de riier qui unissait le centre de la Russie à la Petchora, le régime boréal des argiles noires, avec grosses bélemnites (B. Panderi) continuait à prévaloir. Cette mer atteignait la Terre François-Joseph, où un schiste bitumineux riche en Aucella a fourni le Cardioceras alternans du séquanien russe.
Des calcaires séquaniens existent en Syrie, en Inde dans le district de Catch, en Algérie, où ils sont rouges, en Abyssinie où leurs fossiles sont ceux de l'Europe, et à Madagascar.
Dans la Cordillère argentine, la place de Tétage est le plus souvent occupée par des conglomérats à éléments porphyritiques, déposés dans un golfe fermé au sud, et que limitaient, à l'est le massif argentino-brésilien, à l'ouest une terre aujourd'hui effondrée dans le Pacifique.
Enfin des fossiles séquaniens, recueillis au Mexique, en Californie et dans l'Alaska, permettent de restituer au Pacifique septentrional de cette époque un contour peu différent du rivage actuel de l'Amérique du Nord.
Fig. 107. — Aptyehus.
SÉRIE NËO JURASSIQUE 4''ÉTAGE KIMERIDGIEN
Données générales sur le kimeridgien. — Dès le début de l'époque kimer.dgienne, la sédimentation devient franchement argileuse dans le nord de l'Europe, qui ne reverra plus ni constructions de polypiers, ni même, au moins pour longtemps, de dépôts calcaires. Le massif armoricain ne tardera pas à se souder au Plateau Central, et le détroit de la Côte-d'Or, par où s'établissait la communication du bassin de Paris avec la mer rhodanienne, se rétrécit peu à peu. Les calcaires ooli-