TYPES DIVERS DU PORTLANDIEN
calcaires à Aptychns, le portlandien prend, dans les Carpathes, tantôt cette même forme, tantôt celle de calcaires bréchoïdes, aujourd'hui isolés en petits massifs (Klippenkalk), avec une faune nettement tithonique. Dans les Alpes méridionales, la couleur rouge reparaît, engendrant Vammonitico rosso superiore, à Pygope Janitor, tandis que, plus au sud, les calcaires, dont les Phylloceras et Lytoceras affirment le caractère méditerranéen, renferment plutôt Pygope diphya, déjà connue de ce niveau dans les Alpes bavaroises.
Le même type se retrouve en Andalousie, en Sicile et en Crimée. Ainsi la province méditerranéenne du jurassique est mieux caractérisée et plus homogène que jamais, au moment où le bassin anglo-parisien va être momentanément abandonné par la mer.
Bégions septentrionales. Pays étrangers divers. — Pendant que régnait dans la Méditerranée le régime des calcaires à Aptychas et à térébratules perforées, les eaux marines con. tinuaient à occuper, d'une part le bassin de la mer du Nord, d'autre part la Russie orientale depuis la mer Glaciale jusqu'à la Caspienne. Dans ce dernier district se sont déposés les argiles foncées et les grès glauconieux du volgien, avec bélemnites spéciales (B, lateralis, B, russiensis), nombreux mollusques du genre Aucella, et ammonites des genres Virgatites, Craspedites, etc. La partie supérieure de cet ensemble est Vaquilonien ou faciès marin du purbeckien.
Ce même faciès se retrouve en Angleterre, à Speeton dans \e Yorkshire, tandis que, sur le Hanovre, le portlandien n'a rien de boréal; ce qui donne à penser que la mer russe se reliait à celle de Speeton en faisant le tour de la Scandinavie. De là, poussant au sud, elle faisait sentir son influence jusqu'au Boulonnais, où des Virgatites et des bélemnites de type russe ont été trouvés dans le portlanc^en supérieur des falaises de Boulogne.
La mer à Aucella du volgien a sensiblement empiété sur la Sibérie, arrivant jusqu'à Jakoutsk. D'un côté, elle a baigné la Terre François-Joseph, de l'autre elle s'est étendue sur l'Alaska et la Colombie anglaise, mais sans atteindre la région des Montagnes Rocheuses, oii se déposaient, dans des lacs
d'eau douce, les couches à ossements de grands dinosaurîens, Atlantasaurus^ Brontosaurus, avec des restes végétaux (Cycadeoidea) et des mammifères comme ceux de Purbeck. C'est à la même époque qu'un océan ou au moins un golfe atlantique venait baigner la côte orientale de l'Amérique et recevait des dépôts d'estuaire comme celui du Potomac, où apparaissent les plantes dicotylédones angiospermes. Mais il est possible que ces dépôts app^irtiennent au crétacique.
En revanche, Tinfluence boréale, léchant la côte californienne, arrivait jusqu'au Mexique.
Enfin le tithonique ou portlandien, de type européen méridional, est bien caractérisé entre le Chili et l'Argentine, où ses sédiments sont en association intime avec des conglomérats porphyritiques, attestant la permanence des éruptions en ce point.
D'ailleurs la faune poi*tlandienne n'est pas moins nettement développée dans l'Afrique orientale et à Madagascar, où certaines formes d'ammonites sont très voisines de celles du Boulonnais.