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TYPES DIVERS DU NÉOCOMIEN

Aptychus^ Hokosiephanusy Hoplites, montrent la place que le néocomien y peut réclamer. Un calcaire semblable, massif, souvent à silex, se montre dans V Apennin, mais subordonné à des couches schisteuses. La même chose a lieu en Sicile, où le genre méditerranéen Phylloceras accompagne toujours les Aptychus et les Duvalia.

En Andalousie, c'est le faciès vaseux à céphalopodes qui prévaut, dans le détroit largement ouvert qui mettait alors la Méditerranée en communication avec l'Atlantique. Mais au Portugal, le voisinage du littoral se fait sentir par des intercalations de grès à végétaux terrestres. Au contraire, c*est le type alpin vaseux qui règne dans le Tell algérien.

Afrique, Asie, Amérique. — Le néocomien existe dans l'Afrique orientale, au Gap, à Madagascar, à Catch en Inde. Dans toute cette zone, il est assez riche en bélemnites et en ammonites ; mais c'est l'abondance des trigonies qui imprime à cette province tropico-australe son caractère particulier.

Enfin le néocomien a probablement sa représentation, sur le bord atlantique des États-Unis, dans les couches à végétaux du Potomac, où abondent les conifères et les cycadées, avec les premières angiospermes. Une flore semblable se revoit dans les Montagnes Rocheuses au-dessus des couches à grands dinosauriens. La mer passait donc au sud des États-Unis; mais on retrouve ses traces, sous forme de couches à criocères, en Nouvelle-Grenade comme au Ghili. Elle contournait le massif brésilien et atteignait la Cordillère argentine, où la présence des trigonies du Gap fait soupçonner une liaison par le sud avec la région africaine.

SÉRIE ËOGRÉTAGIQUE 2'' ÉTAGE BARRËMIEN

Généralités sur le barrémien. — Au-dessus du néocomien du bassin du Rhône se développe en Provence un ensemble d'assises où les accidents coralligènes, avec chamidés du genre i^e^uienia, deviennent fréquents, ayant leur type à Orgon

300 SYSTÈME CRéTACIQUE

(Vaucluse). D'Orbigny en avait fait son étage urgonien; mais il s'est produit à ce propos la même chose qu'avec le corallien du néojurassique; c'est-à-dire que Turgonien s'est révélé comme un faciès, capable d'embrasser des horizons différents, et peu propre de sa nature à indiquer un âge déternainé. La considération des ammonites, à laquelle il convient de rester fidèle, conduit à prendre dans les Basses-Alpes, à Barrême, le type du nouvel étage, qui devient ainsi le bar rémien. caractérisé : à sa base par Crioceras Emerici et Pulchellia cornpressissima ; au milieu par Desmoceras difficile, Costidiscus reciicostatas, Macroscaphites Yvani; au sommet par un niveau à Heteroceras,

Provence, Dauphiné. -- Lorsque, de Barrême et de la Montagne de Lure, où prévaut le type à céphalopodes dont la composition vient d'être indiquée, on s'éloigne, soit vers Orgon, soit dans la direction de la Grande-Chartreuse, on voit le faciès coralligène envahir divers horizons du barrémien, mais surtout la partie moyenne, engendrant le calcaire blanc crayeux à Requienia ammonia et Agria (ancien calcaire à caprotines des auteurs). A Orgon, comme dans le Vercors, ce premier calcaire urgonien est surmonté, à la hauteur du barrémien supérieur, par un autre calcaire semblable, à petites Toucasia carinata, sans préjudice d'une nouvelle assise qui appartient à l'étage suivant et qui peut-être renferme les gisements les plus fossilifères d'Orgon.

Mais, dans le Vivarais, ces accidents s'effacent, laissant reparaître le type vaseux, sous la forme des calcaires à chaux hydraulique de Cruas; et, en plus d'un point, l'assise à Toucasia se transforme en une marne, riche en petits foraminifères du genre Orbitolina et en oursins {Heteraster oblongus).

Région alpine et méditerranéenne. — En s'éloignant vers le nord, on voit, dans le Chablais et la Suisse, les calcaires à requiénies jouer un rôle important. Ce sont des masses blanches compactes (Schrattenkalk de la Suisse allemande), sur lesquelles se dessinent bien les sections de Requienia, mais qui, comme à Orgon, doivent se partager stratigraphiquement entre le barrémien et l'étage suivant. A plus d'une reprise, elles sont associées à des couches avec criocères. A coup sûr

LE BARREMIEN ALPIN

ces bandes calcaires se sont formées, grâce à Tactivité zoogène, en bordure des îlots qui constituaient alors Tarcliipel alpin. Il en est encore ainsi dans les Alpes bavaroises, à partir desquelles le faciès carpaihique apparaît à cette hauteur. Mais, à Wernsdorf, où l'on touche un rivage septentrional de la mer, attesté par des schistes bitumineux à végétaux

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Fig. 116. — L'Europe à l'époque barrémienno.

terrestres, on retrouve tous les céphalopodes du barrémien provençal, parvenus là au terme le plus septentrional qu'ils aient atteint vers l'est (fig. 116).

Au contraire, au sud, par exemple en Lombardie, c'est le faciès du biancone qui se reproduit ; et il est bien probable que le barrémien a sa place dans une bonne partie des calcaires à nérinées et à chamidés qu'on observe à plus d'une reprise entre Rome, la Galabre et même la Sicile. Toute cette région devait former un archipel, où les îles servaient d'appui à des constructions de calcaires zoogènes.

302 SYSTEME CRETACIQUE

Des circonstances analogues se produisaient dans les PyKnées, où les calcaires à Toucasia (urgo-aptien des auteurs paraissent à cheval sur le barrémien et sur l'étage suivant Mais, dans le sud de TEspagne comme en Algérie, reparaît I faciès vaseux à c^'phalopodes, avec grand développement d'r: Phylloceras, comme P. infundibulum, et des Pnlchellia.

Europe septentrionale. — La mer du barrémien, commr celle du néocomien, a réussi à s'avancer par la Haute-Marne e: TAube jusqu'au Berry, mais avec de fréquents retours d!i régime continental. Aussi voit-on des couches marines, comm- V argile osiréenne à Osirea Leymeriei et la couche rouge & Wassy, à Heterasier oblongus, s'enchevêtrer avec des sable* versicolores, une argile rose marbrée et un minerai de fer ooli thique à fossiles d'eau douce.

Les incursions marines, qui ne dépassaient pas à l'ouest le méridien de Bourges, et n'ont jamais atteint le bord du massit armoricain, ont été de moins en moins franches dans la direc i tion du nord-ouest; aussi ne voit-on, dans le Bray, que des \ grès ferrugineux avec argiles à poteries. Mais en Angleterre, 1 au-dessus des couches wealdiennes, le grès vert inférieur ramène par endroits des lits à coquilles marines, notamment Ostrea Leymeriei, qui montrent qu'en ce point on se rapprochait de la mer.

En effet, à Speeton, des argiles à ammonites boréales {Simbirskiies) et bélemnites {Bel. Jacalam), suite naturelle de celles du néocomien septentrional, contiennent des criocères. La même série s'étend sur Helgoland ainsi que sur le Hanovre, où certains gisements d'argile abondent en Crioceras et Ancyloceras.

Ici, comme pour le néocomien, on peut se demander si la mer du Hanovre était fermée à l'est, comme l'indique la figure 116, ou si elle communiquait avec le bras qu'envoyait tout le long de l'Oural la mer boréale à Simbirskites et bélemnites, dont on suit les traces jusqu'à Moscou.

Amérique, Afrique, Régions arctiques. — On sait peu de choses sur le barrémien asiatique, et s'il est probable que l'étage est représenté au Texas et au Mexique, on n'en a pas encore l'absolue certitude. En revanche, la Nouvelle-Grenade

l'étage aptien 303

montre un tel développement des couches à Pulckellia, qu'on doit vraisemblablement y chercher le principal centre de dispersion de cette famille d'ammonites, qu'un rivage continu ou une chaîne d'îles atlantiques aurait amenée de là jusque dans la Méditerranée.

D'autre part, la mer continuait à empiéter légèrement sur l'Afrique orientale. Quant aux régions arctiques, le barrémien marin n'y est pas connu ; mais une flore terrestre semblable à celle de Wernsdorf a laissé ses débris au Groenland comme au Spitzberg. Seulement, aux espèces typiques des Carpathes sont ici associés des sapins et des peupliers, comme si le climat des régions polaires avait déjà commencé à différer un peu de celui des latitudes moyennes.

SÉRIE ÉOCRÊTACIOnE 3° ÉTAGE APTIEN

Données générales sur Paptien. — Avec l'aptien se dessine; dans l'Europe occidentale, un certain progrès de la mer, accusé à la fois dans les Pyrénées, alors complètement envahies, et dans le nord de la France, où le régime marin du grès vert, léchant le massif des Ardennes, s'étend par le Boulonnais jusqu'au sud-est de l'Angleterre.

Dans le sud comme autour des Alpes, des calcaires à requiénies continuent à accuser une certaine activité coralligène. Au contraire, sur le territoire de la mer du Nord, c'est l'influence boréale qui prévaut toujours, exprimée cette fois par des argiles à Belemnites brunsvicensis.

La zone inférieure de l'aptien, bien caractérisée à la Bedoule en Provence (d'où le nom de bedoulien), est l'horizon des grands Ancyloceras {A. Maiheroni). C'est à Gargas, près d'Apt, que se montre la zone supérieure (gargasien), k Hoplites Dufrenoyij Ostrea aquila, Plîcatula placunea, avec des belemnites (Bel. semicanaliculatus) très diff'érentes de celles du nord.

Europe septentrionale. — Par la Gôte-d'Or, la mer aptienne a atteint la partie nord-orientale du bassin de Paris

304 SYSTEME CRÉTACIQUE

OÙ, excluant cette fois les épisodes d'eau douce ou saumâtre, elle a déposé les argiles à plicalales et à Ostrea aquila de Sainl- Dizier, transformées en grès vert dans les Ardennes, en sables et grès ferrugineux dans le Berry.

Le dernier effort occidental de la mer aptienae paraît indiqué par le poudingue ferrugineux du Gap de la Hève, à Ostrea aquila et Acanthoceras Milletianum. Mais, dans le sud-est de l'Angleterre comme au Boulonnais, c'est le type franc du grès vert inférieur qui se montre, et les fossiles habituels du Bassin de Paris commencent à s'y mélanger avec quelques bélemnites de type plus boréal.

Aussi doit-on penser qu'il y avait communication entre le golfe du lower green sand et la mer septentrionale qui, à Speeton, à Helgoland et au Hanovre, déposait les argiles à Bélemnites brunsvicensis et Ancyloceras gigas.

Les Ancyloceras se retrouvent entre Moscou et Simbirsk; mais il semble quei'aptien russe ait été plutôt déposé dans un golfe ouvert au sud : car au Caucase le caractère de l'étage est essentiellement méditerranéen et provençal. • Régions méditerranéennes. — La Provence appartient toujours au type vaseux à céphalopodes, avec calcaires marneux à la base, et marnes noires à bélemnites au sommet Mais, à Orgon, le faciès coralligène se montre, dans la partie supérieure du calcaire dit urgonien, où Toucasia carinata est associée à de grands individus de Requienia ammonia, mais surtout aux premiers représentants de la famille des Caprina. Le même fait se reproduit dans le Vercors. Au Rimet, une marne à orbitolines s'intercale au milieu de l'aptien.

Marneux au Teil, où il donne les calcaires à chaux hydraulique de cette localité, Taptien passe, à la Perte du Rhône, à l'état de grès vert, accusant une émersion de la plus grande partie du Jura. Il est plus pélagique en Suisse, où nous avons dit qu'une partie du Schraitenkalk devait lui appartenir. Enfin, à l'est, il revêt le faciès du grès carpathique, sans exclure, jusqu'en Bucovine, le retour accidentel de calcaires à requiénies, toujours collés aux anciens massifs de la région.

Le biancone lombard renferme aussi une partie aptiennc;

l'étage albi&n 805

et ce peut élare également le cas pecir beaiiiCMi^ 4t» fOftlcaivee à requiénies de l'Apennin, de la Sicile et des Balkams, taniMs qu'en Algérie, le type coralligène alterne arec des Baames à céphalopodes méditerranéens.

Améxique, Afrique. — La mer, continoasitÀ eavaliir par le sud le territoire des Ëtaits-Unis, a dé|>osé, à l'époque aptienne, au Texas, les couches dites de Trâify, avec orbllolines, et peut-être celles de Fredericksburg, Plus au sud, dans la région mexicaine, il se construisait à cette époque des masses importantes de calcaires arec Ce^ina et Requîenia. Il y avait donc alors une Méditerranée améiicaine, jouant le même rôle que la Méditerranée européenne, et au delà de laquelle les Ostrea aquila et Acanthoceras Martini dessinent en Colombie Tancien rivage, si longtemps stable, du massif brésilien.

Ajoutons que Taptien marin est connu sur la baie de Delagoa, dans l'Afrique orientale, comme à Madagascar, et que ses traces ont été signalées au détroit de Magellan.

SÉRIE ÊaCRÉTAGiaVE 4<' ÉTAGE AI.BIEN

Données générales sur l'aïbien. — A l'époque albienne, la mer accentue en Europe le mouvement d'invasion qui, timidement esquissé aux époques précédentes, deviendra la caractéristique des temps néocrétaciques. Si le plateau central de la France demeure encore largement soudé au massif armoricain (fig. 117), du moins la mer s'avance visiblement vers l'ouest; et, de plus, le régime essentiellement littoral des grès verts ne tarde pas à faire place, dans presque tout le bassin anglo-parisien, à une sédimentation argileuse. C'est ïargile téguline de l'Aube (d'où le nom d'albîe/i), ou encore cette argile bleue, connue en Angleterre sous le nom de gauU, désignation bien souvent employée comme synonyme d'albien. La faune devient aussi plus uniforme et les ammonites reparaissent en grand nombre dans des régions qu'elles

DB LAP PARENT. — ABRÉGé^ 6« ÉDIT. 20

306 SYSTÈME CRÉTACIQUE

ne fréquentaient pour ainsi dire plus depuis la fin des temps jurassiques.

On peut distinguer dans l'étage une zone inférieure à Acanthoceras Lyelli et A. mamillare; une zone moyenne à Desmoceras Beudanti et Hoplites interruptus; enfln une zone supérieure k Schloenhachia inflata (rostrata). Ce dernier horizon est souvent présenté, sous le nom de vraconrUen (de la Vra-

Fig. 1 17. — La France à Tëpoquo albionno.

conne), comme une zone de passage entre Talbien et le néocrétacique, auquel plusieurs auteurs Tattribuent,

Bassin parisien. — La Champagne est la terre classique de Talbien français, qui débute par une assise de sables verts d'une réelle importance économique ; car c'est dans ces sables que se concentre la nappe d'eau souterraine qui alimente les puits artésiens de Paris. L'argile téguline, tien développée et fossilifère à Montierender et à Brienne, fournit à sa base. dans les Ardennes, un horizon de nodules phosphatés pré-

LALBIEN EN EUROPE 307

cieux pour ragriculture. Ces nodules trahissent un rivage, sur lequel les ammonites brisées et autres débris fossiles, remués par le flot en compagnie de matières organiques en décomposition, ont servi à fixer le phosphate. Dans l'Argonne, l'assise à Schloenbachia inflata reçoit une remarquable extension sous la forme de la gaize, roche de grès argileux, imprégné de silice hydratée, et qui, grâce à sa résistance, dessine à l'extérieur du bassin parisien le rempart des Crêtes de CArgonne,

Sur l'autre bord du bassin, de la Bourgogne au Berry, la sédimentation albienne a été beaucoup plus troublée. Des sables verts de Saint-Florentin, on passe aux graviers ferrugineux de la Puisaye, entremêlés d'ocrés, et qui se retrouvent dans le Sancerrois. Enfin, sur la bordure occidentale du bassin, dans l'Orne, l'étage n'est représenté que par une argile glauconieuse à Ostrea vesiculosa, équivalente à la gaize, et témoignant, par son application directe sur les terrains plus anciens, du progrès continu de la mer vers l'ouest.

Hainauty Europe septentrionale. — Dans le Hainaut, la gaize devient plus siliceuse encore que dans les Ardennes et forme la meule de Bracquegnies, qu'on retrouve en Angleterre dans les couches de Blackdown, tandis que le gault argir leux de Folkestone, riche en ammonites et en Belemnites minimus, repose sur une assise à Acanthoceras mamillare qui, par sa composition, fait encore partie du grès vert inférieur. Les nodules phosphatés du Boulonnais lui sont subordonnés. Si nous cherchons à suivre en Angleterre le prolongement septentrional des dépôts albiens, nous constaterons que l'extension vers le sud du régime marin a eu pour effet de supprimer à Speeton la différence si tranchée qui jusqu'alors avait séparé la province boréale du bassin anglo-parisien. On remarque seulement que les belemnites (B. minimus) sont plus fréquentes dans cette zone du nord, qui embrasse Helgoland, le Hanovre et la Poméranie, et où le gault revêt souvent le faciès de marnes flambées (Flammenmergel), pour devenir tout à fait littoral à Greifswald.

Europe centrale, région méditerranéenne. — Le faciès

308 SYSTÈME GRÉTAGIQOE

sableux du gault, à la Perte du Rhône, où il est riche et fossiles et en nodules phosphatés, montre que le Jara septes trional alors émergé devait être longé au sud par la me: albienne. L'étage est plus calcaire dans la Suisse centiale mais il redevient arénacé dans les Gai^athes, où ii forme i^ grès du Godala. Plus d'une fois, en Transylvanie, il apparai: sous la forme de conglomérats à éléments très variés, acen sant Tinvasion du bord d'un massif insulaire. Il n^est goèn douteux qu'un bras étroit ait réuni la mer albienne d'Europe avec celle qui, s'étendant aux entirons de Moscou et de ^imbirsk, contournait une grande île de la Hongrie 4 l'Oural pour immerger, sous des grès verts et des marnes, le pour tour du Caucase, dont l'axe était déjà hors des eaux.

Un changement remarquable s'est produit avec l'albies dans les régions subalpines où, jusqu'alors, la sédimentation vaseuse avait régné sans partage. La fréquence, dans la Drôme et le Gard, des sables et graviers à nodules phos^ phatés, accuse la formation de hauts fonds, sinon d'îlots, entre la Provence et les Gévennes. Mais à partir des Corbières, on voit se reproduire, dans la région pyrénéenne et en divers points de l'Espagne, le type «oogène déjà connu des calcaires à Toucasia, contenant cette fois toute une faune de chamacés et de rudistes qui déjà présage le néocrétacique.

Seulement, à partir du milieu de l'Espagne, ce type alterne avec un autre, arénacé, et caractérisé par des huîtres qu'on retrouve en Algérie. Là, comme en Portugal, la zone supé rieure de l'albien est très développée, étant caractérisée par l'ammonite Placenticeras Uhligi et par les oursins du genre Enallaster. Mais en Italie, comme en Sicile, se poursuivait le faciès calcaire à Teucasia et Caprina,

Afrique, Asie, Amérique. — L'albien supérieur à Enallaster existe en Tunisie et au Liban. D'autre part on le retrouve en Colombie, au Pérou, où il contient encore Placenticeras Uhligi, et même en Bolivie. Il y a donc une remarquable continuité de cette faune depuis l'Amérique jusqu'à l'Asie. D'ailleurs, à ce moment, le morcellement de l'ancienne terre australe devait avoir fait des progrès ; car l'albien supérieur est signalé au Gabon et, en face, on le retrouve non

SERIE NÉOCRÉTACIQUE ^09

loin de Pernambuco sur la c6te du Brésil. Enfin sa présence n'est pas douteuse dans le Texas, où se montre le contact du faciès à céphalopodes et à huîtres avec le type à rudistes, dont la vraie place doit se trouver dans les épaisses masses calcaires des Sierras mexicaines.

§6 8£kie n£ogrétagique

eÉNÊRAI^ITËS

Traits généraux de la période néocrétacique. — L*ouver^ ture de la période néocrétacique accentue, dans les latitudes moyennes de Thémisphère boréal, le mouvement de transgression qui n'avait cessé de se poursuivre depuis le néoco< mien y et dont Tapogée se produit au moment du dépôt de la craie blanche. En même temps, la mer vient visiter, en Afrique comme sur le bord oriental de PAmérique du Sud, des parages où depuis longtemps elle ne s'était pas montrée. Par contre, les régions arctiques, si largement baignées par la mer lors de la transition du jurassique au crétacique, sont abandonnées par elle et il se dessine une grande terre qui, du Groenland oriental, semble se poursuivre sans discontinuité, par le Spitzberg et la Sibérie, jusqu'aux approches du Japon.

Après l'invasion de l'Europe et de rAmérique du Nord par la mer de la craie, invasion la plus complète que l'histoire géologique ait enregistrée sur ces territoires depuis les temps primaires, la mer se retire rapidement, sans laisser de lagunes. La famille des ammonites disparaît, tandis que, sur les continents, l'épanouissement déûnîtif des dicotylédones angiospermes prépare le régime tertiaire, à la faveur duquel la classe des mammifères pourra enfin prendre son essor.

Le sédiment caractéristique de cette période est la craie, roche blanche friable, composée de menus débris d'organismes calcaires, globigérines, polypiers, échinodermes, bryozoaires, etc., devenus plus ou moins méconnaissables par l'action dissolvante qu'a exercée la circulation prolongée des

3l0f SYSTÈME CRÉTACIQUE

eaux dans cette masse poreuse. La silice originairement mélangée à la boue crayeuse, sous forme de spicules d'épongés et de radiolaires, s'en est peu à peu séparée, en donnant naissance aux rognons de silex^ si abondants d'ordinaire dans les assises de craie.

Très analogue aux vases actuelles à globigérines, la craie blanche n'est cependant pas une formation abyssale. Les fossiles qu'elle abrite dénotent une profondeur ne dépassant pas un petit nombre de centaines de mètres. Mais les mers au fond desquelles elle s'est déposée devaient être exemptes de trouble, et les rivages voisins n'ajoutaient presque aucun élément aux organismes calcaires dont les conditions physiques régnantes favorisaient le développement.

Pendant que la craie se dépose dans les latitudes moyennes, les régions méditerranéennes, demeurées plus pélagiques, voient se produire un nouveau mode d'activité organique. Les rudisieSy héritiers des chamidés, deviennent les principaux artisans de la formation des assises calcaires, qui du reste s'éloignent de plus en plus du type normal des calcaires construits par les coraux pour prendre la forme d'amas lenticulaires, engendrés par la juxtaposition des cornets d'hippurites. Mais les rudistes eux-mêmes meurent avec la fin de la période et cèdent la placé à d'autres organismes beaucoup plus petits, les foraminijeres, dont le travail caractérisera la forme méditerranéenne des sédiments tertiaires.

Faune et flore néocrétaci<iues. — La rareté des dépôts néocrétaciques d'origine continentale explique qu'on sache peu de chose sur les vertébrés terrestres de l'époque. Cependant, grâce à l'Amérique, on constate une nouvelle acquisition dans l'embranchement : celle des grands oiseaux marcheurs, encore alliés par leurs dents aux reptiles, comme Hesperornis (fig. 118). Le premier serpent connu appartient à la période, à la fin de laquelle se montre aussi le grand Mosasaurus de Maëstricht.

Les genres Actinocamax et Belemniiella {ûg, 119) ont succédé aux bélemnites proprement dites. Les ammonites, avant de s'éteindre, déploient encore une grande richesse de fornies, d'abord avec Schlœnbachia^ Acanihoceras (fig. 120), puis avec

FAUNE NÉOCRÉTACIQUE ail

Tissotia, Placenticeras, Pachydiscus ; il y a encore des ammonîtidés à tours déroulés, Scaphites (fîg. 121), ou hélicoïdaux,,

Fig. 118. — ffesperonis regalis.

Fig 119. — Belemn tella quadrata.

Fig. l'W. — Ammonites {Acanthoceras) rotomayensis.

Heteroceras, Turriliies; enfin d'autres à coquille entièrement droite, Baculites (fig. 122).

Les oursins sont nombreux dans la craie, spécialement les genres Micraster (fig. 123, 124), Hemiaster^ etc. Enfin, parmi

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Le car»<:>f« 4^ U flore ^rfViTr* .los^istiç àxms

Fig. 122. — A^ Fig. 124. — Mieraster culUa aneep». eortettudinarium ( Jf . dedpient).

Flg. 126. — SphMrmBiet aiatus.

feuilles caduques, qui annoncent le jeu des saisons. Dès lors la flore de nos contrées présente la juxtaposition de deux catégories de types, les uns destinés à disparaiU*e ou à être refoulés vers le sud, les autres devant former le fonds de notre végétation indigène. Ainsi les peupliers, les hêtres, les UerreS| les châtai^iers et les platanes y sont associés aux

l'étage cénomanien 313

palmiers^ aux lauriers, aux pandaiiées. D'ailleurs l'ampleur presque générale des formes de la période* indique un ensemble de conditions très favorable au développement du inonde des plantes.

De plus, quand on voit au Groenland» par 70^45' Lat. N., une flore terrestre avec platanes, ebénes et DiospyroSy intercalée dans des couches marines à fossiles du néocrétacique supérieur, on ne peut mettre en doute la douceur du climat qui devait alors régner dans les plus hautes latitudes.

Divisions de la péziode. — Les divisions du néocrétacique, fondées au début sur la nature dominante dé!s sédiments dans le bassin de Paris, étaient : la craie gktuconieusey la craie marneuse, la craie blanche, enfin le càleaire pisoUtkique, A ces dénominations, d'Orbigny a substitué celles d'étage cénomanien (du Mans), d'étage tunuiieny pour la craie marneuse bien représentée en Touraine, d'étage sénonien (de Sens); enfm d'élage danien^ le type du néocrétacique supérieur paraissant réalisé au Danemark.

Nous conserverons ces divisions, mais en partageant le sénonien lui-même en deux étages : Yemschérien (de TErnscher Grund en Westphalie) à la base, et Vaturien (de FAdour), correspondant à la partie de la craie blanche que caractérisent dans le nord les bélemnitelles.

SÉRIE NÉOCRÉTACIQUE lo ÉTAQE CÉNOMANIEN

Domiéei génétales sur le cénomanien. — L'invasion dont les diverses phases des temps éocrétaciques avaient marqué les étapes devient, avec Fépoque cénomanienne, un fait accompli. Partout en Europe la mer est en progrès et de nouveau la partie médiane du continent est réduite à la condition d'archipel. A peine si, en France, le Plateau Central émerge avec une partie du massif armoricain (fîg. 127), tandis que l'Ardenne se laisse entamer. L*invasion n'est pas moins nette dans l'Amérique du nord. Aussi la transgression eénomanienne

314 SYSTÈME CRÉTACIQUE

a-t-elle été plus d*une fois présentée comme un des grands faits de l'histoire géologique. Cependant elle a un peu perdu de cette signification depuis qu'on connaît mieux la façon graduelle dont elle s'était préparée longtemps à ravance, ainsi que l'absence de tout mouvement de même nature sur la majeure partie du continent asiatique.

Dans le cénomanien dominent, en fait d'ammonites, les

Fig. 127. — La France à l'époque cônomanionne.

genres Acanihoceras et Schlœnbachia, La région méditerranéenne voit prospérer les genres alliés aux chamacés, Caprina^ Caprotinay ainsi que les premiers représentants des rudistes, tels que Sauvagesia et Sphœrulites. Le foraminifère Orbitolina joue encore un grand rôle. La llore européenne est déjà riche en angiospermes, telles que les magnolias, les lauriers et le lierre.

Bassin de Paris. — Dans le bassin de Paris, le cénomanien a préparé la clarification des eaux et l'avènement du régime

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