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TYPES SEPTENTRIONAUX DU LANDBNIEN

Types Beptentrionauz du landénien. — Le thanétien de rile de Thanet et du nord de la France ou îandénien inférieur de la Belgique est un sable glauconieux, parfois aggloméré en tuffeauy qui souvent repose sur la craie par l'intermédiaire d'une couche de silex à peine roulés, à patine verte* Très riches en fossiles à Bracheux, près de Beauvais, ces sables deviennent blancs en Champagne, à Châlons-sur-Vesle, où ils sont encore très fossilifères. Mais à Rilly, le voisinage de la côte est attesté par des cordons de galets et un calcaire d'eau douce avec gastropodes du genre Physa. Non loin de là, au Mont de Berru, près de Reims, l'assise, devenue lacustre, est couronnée par le conglomérat argileux de Gernay, où abon'» dent les restes de la faune de vertébrés dont nous avons parlé. Enfin, à Sézanne, un travertin du même âge, engendré par une cascade qui traversait la craie, est riche en empreintes de plantes dicotylédones offrant quelques affinités tropicales. Vers la fin du Iandénien, toute la surface du golfe angloparisien fait place à des lagunes saumâtres, et le régime marin franc est rejeté assez loin pour qu'on n'en observe aucun vestige dans le nord de l'Europe. Les lagunes, où les huîtres réussissent parfois à s'établir jusqu'à la latitude de Gompiègne, sont d'ailleurs entourées par une ceinture d'étangs, où se forment des dépôts d'eau douce qui, à diverses reprises, empiètent plus ou moins sur le régime lagunaire du sparnacien.

Le type du sparnacien est Vargile plastique de la région parisienne, tantôt franchement d'eau douce, avec physes et paludines, tantôt saumâtre avec cyrènes (Cyrena caneiformis), cérithes, mélanies (Melania inquinata), potamides et parfois Ostrea bellovacina. Les ligniies pyriteux du Soissonnais font partie de cette formation, où apparaissent des lentilles de calcaire lacustre ou travertin. Vers le nord, les lits sableux y prédominent (Iandénien supérieur de la Belgique). Cet ensemble est représenté dans le bassin de Londres par les couches à galets de Woolwich et d'Oldhaven. Dans le nord, vers son sommet, le sparnacien s'enrichit en types marins, annonçant le régime qui va prévaloir avec l'étage suivant. Le poudingue à gros galets de silex de Nemours, et les

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argiles bariolées de Montereau, sont une forme du spamacien lacustre. De même, la fin de l'époque a vu se former, dans les lacs ou les lagunes de la Picardie et de la Normandie, des argiles bariolées et des sables, souvent agglomérés en blocs de grès à pavés, aujourd'hui épars à la base du limon des plateaux. Quelques-uns de ces grès sont assez ferrugineux pour qu*on ait pu les exploiter comme minerais.

Types européens divers du landénien. — Le landénien est marin dans le golfe de TAquitaine, où il est représenté par les calcaires à miliolites qui surmontent les couches à Micraster tercensis. Mais le régime marin, venant de l'ouest, s'affaiblissait progressivement du côté du Languedoc. Dès TAriège, des bancs lacustres à Physa prisca s'intercalent dans les calcaires à miliolites, et, si Ton revoit près de Narbonne, dans les calcaires à physes, un horizon saumâtre à mélaniens, tout redevient lacustre dans le Bas-Languedoc comme en Provence.

Dans ces mêmes contrées, Tinfluence saumâtre a persisté pendant le sparnacien jusqu'à la Montagne Noire. Au delà, des calcaires à physes columnaires, comme celui de Laugesse, succèdent aux assises à Physa prisca^ associées à des argiles rouges (Vitrolles).

Le faciès marin du landénien reparaît dans le Frioul et le Bellunais, sous la forme de calcaires à miliolites, auxquels se mélangent dans le haut des formations d'eau saumâtre.

Le landénien en Afrique, Asie, Amérique. — Le landénien est mal défini en Algérie et au Maroc, où l'éocène inférieur offre un faciès assez uniforme de calcaires à silex. On doit lui attribuer la partie inférieure du libyen, ainsi nommé du désert de Lybie, avec Numm, RoUandi^ auquel correspond le calcaire à échinides et à Cardita d'Assouan (Egypte). On retrouve la formation dans le Baloutchistan, le Sind et l'Assam, où le néocrétacique supporte sans discordance des couches à alvéolines, assilines et nummulites. Il n'est donc pas douteux qu'une Méditerranée assez largement ouverte ne continuât à se poursuivre, empiétant à la fois sur l'Europe et l'Afrique, jusque dans le Sud de l'Asie où, passant au nord de l'Hindoustan proprement dit, elle allait rejoindre le Pacifique.

l'étage yprésien 341

Il n'y a pas de traces du thanétien marin dans PAmérique du nord, sinon peut-être au New-Jersey. Dans les montagnes Rocheuses, des couches lacustres à coquilles du genre Unio succèdent graduellement aux assises daniennes de Laramie ; et la base de Téocène est également représentée au Nouveau- Mexique par les dépôts dits de Paerco, avec restes de mammifères très analogues à ceux de la faune cernaysienne; tandis qu'au Wasatch, la série de ce nom contient des pachydermes, tels que Coryphodoriy qui la classent dans le sparnacien. C'est là que se rencontre le plus ancien des équidés, Heptodon ou Eohippus.

SÉRIE ÉOGÉNE a* ÉTAGE TPRÉSIEN

Données générales sur l'yprésien. — L'yprésien est, pour l'Europe, une époque d'invasion marine, bien marquée dans le bassin anglo-parisien, où la mer s'avance jusque tout près de Paris, et aussi dans le golfe de l'Aquitaine, où les dépôts de cet âge viennent s'appliquer directement sur la craie de Royan.

Ce qui rend cette invasion marine particulièrement intéressante, c'est qu'elle détermine l'arrivée, jusque dans le domaine de la mer du Nord, des nummulites, antérieurement cantonnées dans les régions méditerranéennes. Ce n'est que par l'Atlantique, en contournant le massif espagnol, que cette communication a pu s'établir. Les nummulites deviennent assez abondantes au Soissonnais pour que les sables qui les renferment aient été qualifiés de sables nummaliiiques. Le groupe des Nummulites planulatus et N. elegans est caractéristique de l'étage.

C'est aussi à la môme époque que paraît se rétablir, en bordure des tles qui jalonnent la future chaîne des Alpes, un synclinal semi-circulaire où pénètre la mer nummulitique. Sur la terre ferme, avec Lophiodon, on voit apparaître Hyra-^ coiheriam et Paàhynolophus^ précurseurs des équidés.

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Types divers de l'yprésien. — Les sables du Soissormais,

si riches en fossiles à Guise-la-Motte et à Pierrefonds, offrent le type de Typrésien dans le bassin de Paris. Du même âge sont les sables de Mons-en-Pévèle, reposant sur Vargile (TYpreSy laquelle, synchronique de Vargile de Londres^ peut être regardée comme une assise de passage entre le sparnacien et Typrésien. Une circonstance intéressante est la présence, dans ce London clay, de restes appartenant à des végétaux d'affinités subtropicales, tels que les Nipadiies, fruits analogues aux noix de coco.

Aux environs de Royan et près de Blaye, à Saiut*Palais, on constate la superposition directe à la craie de sables gréseux à Nummulites planulatus, que les sondages retrouvent près de Bordeaux et jusque dans le Gers.

Ce golfe yprésien de l'Aquitaine, accidenté de quelques îles, couvrait la Chalosse de couches à alvéolines et à nummulites. La mer s'est avancée sur le nord des Corbières et a presque atteint Saint-Ghinian, où le golfe se fermait, le Languedoc et toute la Provence continuant à subir le régime continental.

Au contraire, de l'autre côté d'un éperon pyrénéen venant de l'ouest et s'avançant jusqu'aux sources de l'Adour, la mer couvrait la Gatalogne et le nord de l'Espagne. Elle déposait sur l'Apennin des schistes argileux versicolores et des jaspes avec nummulites et alvéolines; et un de ses bras pénétrait jusqu'aux Alpes vénitiennes, où il a laissé comme traces les calcaires à nummulites de Spilecoo.

Dans le sud, la mer à Nummulites planulatus s'étendait sur le Tell algérien, les hauts plateaux de Gonstantine, la Libye et l'Egypte septentrionale. On en retrouve les traces au Baloutchistan, à Gatch, dans le Sind et même en Bir-manie.

Une bande de dépôts marins, qui paraissent synehroniques de Typrésien, accompagne, depuis le New-Jersey jusqu'au Texas, le bord atlantique des États-Unis. Mais, dans les Montagnes Rocheuses, l'étage n'est représenté que par des dépôts d'eau douce, où apparaissent les mammifères Hyraehyus et PachynolophuSj ce dernier allié aux équidés.

l'étage lutétien 343

SiRZS AOCâNB a*" ÉTAGE LUTÉTZBN

Données générales sur le lutétien. — L'époque lutétienne a vu d'abord l'apogée, puis le déclin de la conquête opérée par la mer éocène sur le bassin anglo-parisien. Au début, la submersion dépasse notablement au sud la latitude de Paris, en même temps qu'elle atteint le bord du Cotentin et l'embouchure de la Loire (fig. 136). Les calcaires à nummulites s'installent en plein cœur du Soissonnais. Dans le midi, une large bande est inondée entre l'Atlantique et la Montagne Noire, et le synclinal extérieur aux Alpes permet aux calcaires nummulitiques de se poursuivre depuis la Méditerranée jusqu'au delà des Carpathes.

Mais, à la fin, tout le bassin dç Paris à fait place à des lagunes ou à des lacs d'eau douce, tandis que, dans la région pyrénéenne, à l'exception de la fosse de l'Adour, des formations lacustres annoncent une émersion qui n'est autre que le prélude du soulèvement des Pyrénées.

Le couple de Nummulites laevigatus et N. Lamarcki est, dans le nord et l'ouest, avec Assilina granulosa, caractéristique du lutétien inférieur. Dans les Alpes, les formes habituellement désignées sous les noms de iV. complanatus et N. perforatus se montrent surtout au sommet de l'étage. Là oii la formation est d'eau douce, on constate l'association de Lophiodon avec les précurseurs des pachydermes de l'éocène supérieur et de l'oligocène, tels que Paloplotherium.

Bassin de Paris. — Le bassin de Paris a fourni dans le calcaire grossier, si fort employé pour les constructions de la capitale, le type du lutétien. Dans le centre du bassin, au Soissonnais, la base de l'étage est un calcaire à nummulites (pierre à liards). Mais, plus au sud, la transgression qui amène les dépôts lutétiens à reposer directement sur le sparnacien se traduit d'ordinaire par un gravier glauconieux à échantillons roulés de Numm. laevigatus.

STSTÈME ÉOGÈNE : SÉRIE ioCENE

A ce gravier succède une assise, souvent glauconieuse, et très fossilifère à Grignon; c'e^t la zone à Cerithium giganteum. Elle marque un progrès dans la clarification des eaux, qui bientôt, devenues propres au développement des foraminifères et des petites algues calcaires, déposent le calcaire grossier à miliolites (pierre tendre ou vergelé de Chantilly). Cest alors qu'un changement de régime est annoncé par Fappari-

Fig. 136. — La France à Tépoque lutétienne.

tion d'un banc saumâtre ou lacustre, à Poiamides lapidum^ avec empreintes végétales où Ton reconnaît des palmiers- éventails et d'autres plantes de type africain.

Muis un retour des eaux marines provoque la formation de couches saumâtres à nombreux cérithes ou potamides et turritclles (Turritellafasciata). Ces couches, ultérieurement durcies, fournissent les bancs de roche, autrefois exploités dans les catacombes parisiennes, et auxquels succèdent les caillasses du lutétien supérieur. Dans ces caillasses apparaissent, tantôt des

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