TYPES DIVERS DU LUTÉTIEN
lits d'eau douce, tantôt des intercalations gypseuses, attestant Tévaporation qui se faisait dans les lagunes parisiennes.
France occidentale et méridionale. Région alpine. — Très fossilifère et riche en gastropodes au Gotentin (Valognes) comme près de l'embouchure de la Loire, autour de Saffré,' le lutétien change de caractères dans la Ghalosse, où, devenu un calcaire ou un grès calcaire, il abonde en nummulites, assilines, operculines, orbitolites et alvéolines. On le retrouve, représenté par son sommet, à la base des couches de Biarritz, puis au sommet du Mont Perdu. Seulement, à partir des Pyrénées centrales, les couches marines à operculines supportent un calcaire qui contient le gastropode d*eau douce Planorbis pseudo-ammonius^ et constitue dans le midi la forme lacustre du lutétien supérieur. Ce calcaire s'intercale au milieu de poudingues spéciaux à la région, témoignage du mouvement qui allait dresser dans les airs la chaîne des Pyrénées. Le grès de Garcassonne est une mollasse contemporaine de ces poudingues lutétiens.
G'est seulement sous la forme de calcaires lacustres, offrant toujours en haut Planorbis pseudo-ammonius, que le lutétien se présente dans le Languedoc, en Provence et dans la dépression du Rhône. Au contraire, dans le synclinal alpin, à partir de Nice, on retrouve, en transgression manifeste, les calcaires à nummulites, qui se continuent par la Suisse jusque dans les Alpes bavaroises, pour faire place ensuite à du grès, la partie lutétienne du grès de Vienne, à nummulites et assilines.
Régions diverses. — La mer nummulitique passait en Belgique, où elle a laissé les dépôts dits bruxelliens et laekéniens. Elle couvrait largement la région hongroise et l'Italie (flg. 137). Elle submergeait l'Algérie, la Tunisie, où les phosphates de Gafsa paraissent se rapporter à ce niveau, puis le désert libyque (parfois jonché de grandes nummulites, N, Gizehensis) ; et tandis que d'un côté, par l'Egypte et le pays des Somalis, elle rejoignait Madagascar, de l'autre par Rhodes, l'Asie mineure, la Perse et le Baloutchistan, elle atteignait le Sind et l'Himalaya. L'éocène à nummulites se retrouve encore à Sumatra, à Java, à Bornéo, à Manille. Ainsi, à l'époque luté-
5VSTEUR ÉOGENE : SÊRrE ioCÈNB
tienne, une larj^e dépression se poursuivait du Maroc anPaci^ fique, procurant à rturcpe, avec une température eicep-l tionnelïement élevée, un climat qni s'est traduit par raspect] africain de la flore.
Fig. 137. — L Europe à 1 épûqiiû latétiemie.
En Amérique, la mer continuait à ne se montrer que suri* bord atlantique des États-Unis*
SÉRIE ÉOGÉNE 4« ÉTAGE BARTONIEN
Données générales sur le bartonien. — Avec le bartonien, un retour offensif de la mer sur le bassin de Paris, dans des limites peu différentes de celles du lutétien, se traduit par un épisode de sédimentation plus troublée, sableuse en France»
L'IÔTAGE BARTONIEN 347
argileuse en Angleterre (notamment à Barton). Cependant le régime marin n'est pas tellement franc qu*il ne soit, à plus d'une reprise, accidenté par des retours de l'élément lacustre.
C'est dans le midi que cet élément se prononce, le soulèvement des Pyrénées ayant fermé définitivement le détroit languedocien. Mais, dans la fosse de l'Adour comme dans le synclinal alpin, les couches marines du bartonien succèdent sans interruption à celles de Fétage précédent, à tel point qu'il est malaisé d'établir avec précision leur limite commune.
Dans le nord, Nummulites variolarius (avec iV. Heberti) est l'espèce caractéristique du bartonien inférieur, tandis qu'en haut se montre N. wemmelensis.
Dans les pays méditerranéens domine le couple formé par N. contortus — N. striatus. Les Orihophragmîna persistent, avec prédominance des formes minces. Les formations lacustres de l'âge offrent l'association de Lophiodon avec Palœotherium,
Types divers du bartonien. — Le bartonien de la région parisienne a été longtemps désigné sous le nom d'assise des sables de Beauchamp ou sables moyens^. Ces sables, en plus d'un point, sont remarquablement fossilifères et riches en cérithes, tels que Cerîthium (Potamides) tricarinatum, C. mutabile, etc. Plusieurs calcaires lacustres s'y intercalent; le plus connu est le calcaire de Saint-Oueriy à Planorbis goniobasis et Limnœa longiscata, La formation se termine par l'épisode marin des sables de Cresne et des marnes à Pholadomya ludensis, avec lesquelles commence le régime des dépôts de gypse.
En Angleterre, k Barton, l'argile à fossiles marins contient aussi des restes de végétaux, lauriers, figuiers, palmiers, qui attestent que, jusqu'à cette latitude, le climat demeurait très chaud.
Les symptômes d'émersion à la fin du bartonien se reproduisent dans le Médoc. Mais il n'en est plus ainsi à Biarritz^ où les marnes bleues de la côte des Basques, à Serpula
i. Le nom de sables inférieurs était appliqué aux sables nummulitiques du Soissonnais, et celui de sables supérieurs à la formation oligocène de Fontainebleau.
348 SYSTEME ÉOGÈNE
spiruUea, pentacrines et nummulites, ménagent une transh tion progressive du lutétieD à l'oligocène.
C'est au bartonien que revient la majeure partie du po^ dingue de PalassoUj formation d'origine torrentielle, qui s es: constituée lors de la surrection des Pyrénées, comme nni sorte de cuirasse au pied de la chaîne, et qu'oa peut suivra jusque dans le Tarn, dessinant le rivage contre lequel Ie> galets pyrénéens s'accumulaient, refoulés au nord à mesure que se soulevait l'isthme languedocien. Ce conglomérat pass: latéralement à la mollasse du Castrais, avec Lophiodon e; Palxotherinm.
11 faut aller jusqu'à Nice pour retrouver le bartoniec marin. On le suit alors, dans le synclinal alpin, à Faudon, ani Diablerets, à Interlaken, enfin jusque dans les Carpathes. Mais, au Vicentin, l'étage, tout en demeurant numniulitîque, revêt parfois la forme d'une brèche à éléments basaltiques, qui prouve qu'à cette époque la région extérieure aux Alpes était le siège d'une notable activité éruptive. Il convient de lui attribuer les marnes de Priabona, équivalent de celles de Biarritz.
Sans doute le bartonien existe en Algérie, en Libye et dans l'Inde ; mais la place qui lui revient dans les sables et calcaires nummulitiques de ces régions demanderait à être fixée avec plus de précision qu'on ne peut le faire aujourd'hui.
§7 OÉNÉRALZTÉS SUR LA SÉRIE GLIGOGËNE
Traits généraux de la période oligocène. — La période oligocène est encadrée entre le principal soulèvement des Pyrénées et les changements géographiques qui ont inauguré la surrection définitive de la grande chaîne alpine. Ses débuts sont marqués, dans les latitudes tempérées froides, par une invasion marine venant du nord, qui découpe l'Europe en golfes profonds. Cette invasion se fait sentir, en France jusque dans le Gâtinais et même en Limagne, dans la vallée du Rhin jusqu'à Bâle, tandis que dans les régions méridio-
SÉRIB OUGOCÂNE 349
nales, le domaine maritime semble plutôt reculer vers le sud. En Russie, une mer dont le rivage nord court de la Baltique à Kiew, contourne TOural à Test et va rejoindre la zone arctique. Sous rinfluence de cette mer septentrionale, le climat européen devient plus tempéré et moins extrême. Les types végétaux africains et austro-indiens commencent à rétrograder, pendant que les nappes lacustres de Téocène supérieur gagnent en étendue.
Ce qui caractérise les mammifères oligocènes, c*est la coexistence du pachyderme Palœotherium avec le ruminant Anthracotherinm. Les ruminants de la période sont dépourvus de cornes et les proboscidiens n'ont point encore paru en Europe. Parmi les mammifères nageurs, les Siréniens tels qu' Halitherium sont nombreux. En outre, les dents de squales abondent dans les dépôts littoraux, et le genre Poiamides se développe près des estuaires.
La flore oligocène étale une incomparable richesse, associant, sur remplacement actuel du lac de Genève, les palmiers aux lauriers, aux figuiers, aux camphriers, aux cannelliers, aux chênes, aux acacias et aux érables.
Ajoutons que c'est probablement à l'époque oligocène qu'a eu lieu la fermeture définitive du bras de mer qui, pendant si longtemps, avait permis à la Méditerranée européenne de communiquer par la région himalayenne avec le Pacifique.
Divisions de la série. — Des deux étages de la série oligocène, le premier ou tongrien (de Tongres en lâmbourg), dit aussi sannoisien de (Sannois près Paris), correspond à l'invasion marine qui s'est fait sentir sur toute l'Europe septentrionale. Sans doute, cette invasion a été le contre-coup du soulèvement pyrénéen et de l'émersion provoquée par cet événement dans les contrées méridionales, où seuls le golfe de l'Aquitaine et quelques points de la Provence laissent apercevoir des dépôts marins de cet âge.
Le second étage ou stampien marque, dans le nord, un progrès de la mer qui la fait avancer, vers le sud, plus loin que jamais, tandis qu'à ce même moment toute l'Aquitaine paraît émergée.
On distinguait autrefois dans l'oligocène un étage supérieur
350 SYSTEME itooiNE : SÉRIE OLIGOCENE
OU aquitanien. Mais la plupart des géologues d^accordent aujourd'hui pour Fattribuer au système néogène.
Palseotherium et Anoplotherium sont les mammifères caractéristiques de Toligocène inférieur. Ils disparaissent dans le stampien, où domine Anthraeotherium.
Parmi les foraminifères, les nummulites deviennent très petites. Le couple Nummulites intermedius-Fichteli caractérise roligocène inférieur, tandis que N. Bezançoni occupe le stampien. Le genre Orthophragmina a disparu, et les orbitoïdes ne fréquentent plus TEurope, ne se montrant que dans la zone subtropicale, sous la forme de Lepidooyelina.
OLIOOCANE XKF£RIBX7R
Nord de l'Europe. — L'invasion marine oligocène est bien marquée dans le nord de FAllemagne, où elle s'est traduite par le dépôt des sables glauconieux de Latdorf à Oztrea verdilabrum. Dans le Samland, ces sables sont riches en nodules d'ambre, où abondent les insectes, et qui ont été sécrétés par le Pinus succinifer, La mer s'avançait jusqu'à Leipzig et à Halle* sur-Saale, où le fond des golfes s'est tapissé de lignites.
A la même assise appartiennent les sables tongriens du Limbourg belge, notamment ceux de Grimmertingen et de Neerrepen, avec Numm, Boucheri. Mais cette incursion marine s'est terminée par l'épisode saumâtre des glaises vertes de Henis.
Le régime marin était encore moins franc dans le sud de l'Angleterre, au Hampshire, où des couches d'eau douce à Palseotherium alternent avec les lits saumÂtres de la série de Headon» surmontés par l'assise mi-partie lacustre et mi-partie saumâtre de Bembridge.
Bassin de Paris. — La même indécision de régime se reproduit dans le bassin de Paris. Des lagunes, qui s'avancent assez loin vers le sud, y sont le siège d'une active évaporation, donnant lieu au dépôt des masses supérieures du gypse parisien, formation dont les débuts avaient eu lieu lors du barto-
L*OLIGOGENB INPiRIBUR EN FRANCE 351
lien supérieur. Tandis que les cours d'eau amenaient dans es lagunes des ossements de Palœotherium et jautres mammièreSy des incursions marines momentanées s'y traduiraient )ar le dépôt de minces couches de marnes à lucines et à iérithes. D'autre part, à Champigny comme dans le Tardenois, i la hauteur du gypse supérieur se formait un travertin, souirent bréchiforme et imprégné de calcédoine.
Le régime d'eau douce a un moment triomphé avec les
marnes blanches supragypseuses de Pantin, à limnées et
ossements de Xiphodon, Mais, outre que la base de ces marnes
renferme un crustacé de marais-salants, Sphœroma margarum^
\e retour des lagunes saumâtres s'annonce par-dessus avec les
glaises à cyrènes^ qui débordent au sud les marnes du gypse,
et sont couronnées par une assise très constante de glaises
vertes. Il est vrai que l'eau douce reprend un instant le
dessus, faisant nsdtre au sud de Paris le grand lac de la Brie.
Là se déposent, avec des marnes, des calcaires siliceux et des
meulières (meulières de Brie), des travertins compacts, comme
le beau calcaire de Ghâteau-Landon et de Souppes, auquel se
rattachent les travertins de Briare et de Gosne, sur la Loire.
L'influence saumâtre persiste dans le nord, se révélant à
Sannois, près de Paris, par une couche à cérithes.
Gisements français divers. — Dans l'ouest de la France s'observent quelques lambeaux saumâtres d'oligocène inférieur. La formation ne devient franchement marine que sous la forme du calcaire grossier de Rennes, relié au bassin de VÀquitaine où se produisait, à cette époque, une lutte entre le régime continental et le régime marin; le premier affirmé par des mollasses à Palœotherium du Fronsadais, les gypses de Sainte^Sabine, les calcaires lacustres de Fumel et de Beaumont-de-Périgord ; le second accusé par le calcaire à oursins de Saînt-Estèphe, les marnes à anomies du Médoc, enfin le cakaire à astéries du Bordelais, qui termine l'étage. On trouve dans ce calcaire, avec des articles d'étoiles de mer, Afafica angixstata, Turbo Parkinsoni, etc. Cet horizon se revoit en Ghalosse, dans les marnes de Gaas.
A Biarritz, tout l'oligocène inférieur est marin, embrassant les couches à Euspatangus ornatus qui forment les falaises du
352 STsriiiE ioaiNE : série ougocâns
Port yieax jusqu'au phare, et se montrent riches en petites nummulites, N. intermediusFichtelij N. vascuSy N. Bouillei.
Dans la plus grande partie du Languedoc et de la région sous-pyrénéenne, il n'y a à ce niveau que des formations d'eau douce ; mais le gypse reparaît à Mas Saintes-Puelles, près de Gastelnaudary, et aussi dans le bassin d'Alais, où une couche saumâtre à Melanoides et Striatella semble indiquer, par ses fossiles, qu'il y avait alors communication entre les lagunes du Gard et celles du Plateau Central.
La dépression rhodanienne accuse un progrès des eaui lagunaires dans le bassin d'Aix, à la place des anciens lacs éocènes. Le gypse s'y montre près d'Apt, ainsi que des lignites renfermant les mammifères caractéristiques de l'époque.
Au même moment se formaient en Limagne des grès et arkoses avec cyrènes, Palœotheriam et striatelles, ainsi que des calcaires à potamides. Les marnes à mammifères de Ronzon (Velay) appartiennent à cet horizon.
Dépôts sidérolithiques. — C'est à l'oligocène et principalement à sa partie inférieure, que doivent être attribués la plupart des dépôts de minerais de fer en grains et de calcaire, parfois entremêlés de gypse, qui constituent le terrain sidérolithique du Jura, du Berry, du Poitou, etc. Ce sont des dépôts de sources, dont Tâge est souvent fixé avec certitude par leur position au-dessous d'un travertin identique avec celui de la Brie (Saint-Florent et la Chapelle, près de Bourges).
On y doit rattacher aussi les gisements de phosphorite ou phosphate de chaux concrétionné du Quercy, qui occupent, dans les calcaires jurassiques sous-jacents, des poches et des fentes souvent riches en ossements, où les genres Palœoiherinm et Anthracotherium se montrent associés.
Flysch alpin. — La plus grande partie du flysch de la région subalpine et de la Suisse appartient à l'oligocène inférieur, ainsi que le prouve la fréquente intercalation dans sa masse de lits à petites nummulites {N* intermedius-Fichtelij^ comme à Allons, Annot et le Dévoluy.
Le flysch typique est un ensemble de schistes marneux et de grès schisteux, avec empreintes rapportées à des algues
TYPES DIVERS DE l'OLIGOCÈNE INFÉRIEUR 353
{Chondrites) et quelquefois écailles de poissons. Les grès de Menton et ceux d'Annot en font partie. Ces grès sont souvent mouchetés, comme le grès de Taveyannaz des Diablerets, qui se suit de Grenoble au Sentis. Dans la région du Léman, la partie supérieure du flysch est rouge. Cet ensemble détritique paraît devoir être considéré comme le produit de la destruction progressive d'un premier relief alpin, qui tendait à se dessiller.
Le flysch se retrouve dans les Carpathes, où une assise à empreintes problématiques porte le nom de flysch à hiéroglyphes, tandis qu'une autre constitue les schistes à ménilUe. Des couches à petites nummulites y apparaissent en Moravie et en Hongrie.
Types divers de l'oligooène inférieur. — La mer oligocène a couvert le sud de la Russie, jusqu'à Simbirsk et Riga, par des sables glauconieux, suite de ceux de l'Allemagne du nord et du Limbourg. Cette mer couvrait la dépression aralocaspienne et le flanc oriental de l'Oural.
On retrouve en Arménie, en Perse et dans le Sind indien des couches contemporaines de celles des assises supérieures de Biarritz, et l'étage existe aussi à Java et à Bornéo. On le revoit en Algérie dans les grès de Numidie, et en Egypte, où la mer s'arrêtait alors au Fayoum, laissant se former en ce point des dépôts d'eau douce avec de curieux mammifères, précurseurs des proboscidiens du miocène.
Dans la région de la Floride et des Antilles, l'oligocène, à l'état calcaire, se signale par la présence des foraminifères du genre Lepidocyclina. Ainsi les orbitoïdes,- qui font défaut en Europe dans l'oligocène inférieur, prospéraient alors dans la zone voisine des tropiques. Tel est probablement aussi l'âge des couches à Pyrotherium de la Patagonie, avec leurs mammifères si différents de ceux de l'Euçope et de l'Amérique du nord, comme s'ils étaient originaires d'une ancienne terre antarctique.
OLIGOCÈNE SUPÉRIEUR
Nord de TEurope. — Les dépôts marins de l'oligocène
DB LAPPARENT. — ABRioé, d" ÉDIT. 23
354 SYSTEME EOGENE : SERIE OLIGOCENE
supérieur couvrent une grande partie de TAliemagne du nord, sous la forme sableuse (sables de Stettin) ou argileuse (argile à concrétions cloisonnées dites Septaria^ avec Leda Deshayesi),
Cette mer s'est avancée, vers le sud, beaucoup plus loin que la précédente. Elle a submergé le bassin de Mayence, où les sables marins et Targile à septaria sont surmontés de marnes saumâtres à cyrènes. La même chose a eu lieu en Alsace et jusqu'à Bâle. L'invasion y a débuté par la formation de puissants conglomérats.
La même invasion déposait au Limbourg belge les sables rupéliens, avec argile à Leda, sables qui recouvrent la Garapine. Elle s'est également fait sentir à l'île de Wight, dans les couches de Hempstead.
Quelques-uns des ligni tes allemands, par exemple ceux du Meissner, paraissent devoir être placés à cette hauteur.
Bassin de Paris. — C'est aussi par une invasion marine bien caractérisée que débute le stampien dans la région parisienne.
La mer arrive par le nord et, cette fois, atteint les confins de l'Orléanais. Sur son fond, depuis la Beauce jusqu'au delà du Soissonnais, se déposent d'abord des marnes remplies d'huîtres (O. cyathnla), niveau d'eau le plus habituel des coteaux de la campagne parisienne, ou des grès marneux fossilifères (Étrechy), gisement de la grande Natica crassatina. Une petite nummulite, iV. Bezançoni, survit dans cette faune. Ensuite viennent les sables de Fontainebleau, masse puissante et régulière de sables tantôt blancs, tantôt jaunes, couronnée dans le sud par une couche de grès à pavés, dont les blocs, jonchant les pentes sableuses aux environs d'Étampes et de Fontainebleau, impriment au paysage un aspect particulièrement pittoresque.
Mais la mer va quitter définitivement le bassin de Paris. Un moment elle se retire, laissant se former une couche d'eau douce ou saumâtre à Poiamides Lamarcki (fîg. 138). Puis elle revient un instant, déposant la couche marine d'Ormoy, après
TYPES DE l'oligocène SUPERIEUR 355
laquelle le régime marin fait place à celui du lac de la Beauce, que nous décrirons avec Taquitanien.
La couche d'Ormoy se retrouve à Tétat siliceux à Sannois. Les sables stampiens se terminent au sud près de Château- Landon.
Types français divers. — L'influence saumâtre persistait en Limagne, où le gypse accompagne à Gannat les calcaires à potamides, bien développés aussi à Issoire et à Aurillac, en compagnie de marnes lacustres à carapaces de Cypris.
En Aquitaine, on observe à cette hauteur les mollasses de l'Agenais et du Castrais, offrant l'association de Paloplotherium avec Anthracotheriam. Les mollasses de l'Albigeois sont entremêlées de lits calcaires, tendant à se fondre en une seule masse, celle du calcaire à hélices de Gieurac, Cordes et Briatexte.
Saumâtre à Narbonne, et lacustre dans le Gard, le stampien redevient saumâtre en Provence, où il comprend la série calcaréo-gypseuse d'Aix, avec marnes à nombreux poissons (Lebias, Smerdis), Les mêmes poissons se retrouvent à Céreste (Basses- Alpes), avec insectes et une riche flore à Sabal major.
Types étrangers. — C'est probablement au stampien que doivent être attribués les calcaires à Natica crassatina et à polypiers de Castel Gomberto en Vicentin. Cette faune se retrouve en Carinthie et près de Vienne. En Hongrie, près de Gran, des marnes à cyrènes accompagnent des lignites à Anthracotheriam.
La formation est plus franchement marine en Transylvanie, où les marnes et grès à oursins du genre Scutella surmontent les couches à cyrènes, tandis que, tout près de là, des schistes vaseux de mer profonde, avec poissons {Meletta) ramènent des circonstances analogues à celles de l'argile à septaria.
Dans la région indienne et indo-chinoise persiste à ce niveau l'association des dernières nummulites avec Lepidocyclina, association qui se reproduit en Floride dans le calcaire de Vicksburg, ainsi qu'à Panama.
D'autre part, la faune à polypiers de Castel Gomberto et de l'île de Malte se retrouve aux Antilles, donnant à penser
356 SYSTÈME N^OOÂNE .* SÉRIE MIOCENE
qu'une chaîne d*îles devait établir une jonction facile entre cet archipel et la Méditerranée européenne.
Dans les Montagnes Rocheuses se sont formés des dépôts d'eau douce (White River) avec les genres Mesofdppus et Protoceras.