‹ Abrégé de géologieChapitre 132 sur 175 · FAUNE ET INDUSTRIE PLEISTOCENES · texte numérisé non relu

FAUNE ET INDUSTRIE PLEISTOCENES

de grands animaux que caractérise surtout Elephas meridionalis.

Lorsque le régime pleistocène s'est établi, les vallées, creusées à une profondeur très peu différente de celle qu'elles ont aujourd'hui, ont commencé à voir leur fond se tapisser d'alluvions, en rapport avec les variations successives du niveau de la mer ou du régime météorologique.

Dans les vallées de la Somme et de la Marne, on constate que, vers la base de ces alluvions anciennes, dominent les Elephas antiquas, Hippopotamus major, Rhinocéros Merckii. La présence des hippopotames, jointe à celle d'un mollusque aujourd'hui relégué dans les rivières méridionales, Corbicula Jluminalis, permet d'affirmer que la température était alors plus élevée que de nos jours. Cet ensemble mérite donc le nom de fawie chaude.

Or c'est en compagnie des débris de cette faune, et roulés avec eux dans les alluvions, qu'on trouve les plus anciens silex taillés, c'est-à-dire le coup de poing amygdaloïde de Ghelles-sur-Mame, caractéristique de l'industrie chelléenne.

Faunes froides. Industries acheuléenne , moustérienne, magdalénienne. — Un peu plus tard apparaissent des outils, moins grossiers et moins roulés, où le coup de poing est déjà accompagné de râcloirs. En même temps la faune se modifie ; les hippopotames ont disparu; on voit dominer le mammouth [Elephas primigenius), avec Rhinocéros tichorhinus, c'est-à-dire des espèces pourvues de poils ou de toison laineuse, accusant le refroidissement du climat. C'est donc une faune froide qui s'associe aux restes de l'industrie acheuléenne (de St. Acheul près d'Amiens).

A celle-ci succède l'industrie moustérienne, des silex taillés sur une seule face, avec coup de poing nettement lancéolé, râcloirs et grattoirs. Les instruments de silex ont généralement une patine blanchâtre bien marquée. Le mammouth persiste et le caractère froid de la faune s'accuse par la présence du renne {Cervus ou Rangifer iarandus).

Vient ensuite, par l'intermédiaire d'une phase solutréenne (de Solutré en Bourgogne), où abondent les lames de silex très bien taillées en feuille de laurier, l'industrie magdor

Unienne, celle des cayernes et des abris sous roche. Les silex y sont mêlés à des instraments sculptés d^ivoire ou de bois. Si le mammouth subsiste, il est en voie d^extinction. L^animal caractéristique est le rennCf accompagné d'une faune de rongeurs caractéristiques des steppes. Le froid sec de l'époque oblige rhomme à chercher un abri dans les grottes.

Enfin le retour de Thumidité amène une faune de forêts, où se montre le cerf. En même temps Tindustrie paléolithique prend fin, cédant la place à celle de la pierre polie (néolithique), contemporaine des tourbières qui s'établissent dans les vallées à la faveur des nouvelles conditions climatériques.

Ancienne extension des glaciers. Terrain erratiq[ue. — En parallèle avec les divisions qui viennent d'être établies, il convient de mettre celles auxquelles peut conduire l'examen des dépôts qui se sont formés, sous l'influence des glaces, autour des massifs que celles-ci occupaient, pendant que, dans la partie inférieure des vallées, se déposaient les alluvions fluviales.

L'invasion des glaces n'a pas été un phénomène unique, caractérisant une phase déterminée des temps pleistocènes. Elle s'est reproduite à plusieurs reprises, et il y a eu des moments où elle a eu assez d'ampleur pour étaler sur toutes les contrées boréales un terrain de transport dit erratique. Ce terrain couvre en Europe (fig. i45) plus de six millions et, dans l'Amérique du nord, au moins quinze millions de kilomètres carrés.

Le dépôt erratique, mélange d'argile et de blocs anguleux souvent striés, est le produit de la trituration du terrain sous-jacent par d'immenses lobes de glace. Ceux-ci, prenant leur origine en Amérique dans la région des lacs laurentiens, en Europe sur le centre de la Scandinavie, ont construit une ligne plus ou moins continue et sinueuse de moraines terminales, à l'endroit où se dessine aujourd'hui la limite méridionale du terrain erratique.

En même temps que se formait ce dépôt, essentiellement septentrional, et dont certains blocs ont accompli un parcours vers le sud d'au moins 1500 kilomètres, tous les massifs montagneux de l'Europe, Alpes, Caucase, Pyrénées, Vosges,

Page 1