ANCIENS GLACIERS
Auvergne, ainsi que les Montagnes Rocheuses, étaient envahis par de grands glaciers, qui semaient tout à Tentour un terrain analogue au précédent, à des distances parfois considérables du massif d'où les matériaux étaient dérivés. A ce moment, les glaces couvraient dans les Alpes 150 000 kilomètres carrés, au lieu de 4 000 qu'elles occupent aujourd'hui.
Fig. 145. — Carte du terrain occupé en Europe par les glaces pleistocènes au moment de leur plus grande extension.
Non seulement la composition du terrain erratique ne laisse aucun doute sur son origine glaciaire, mais l'abondance, à sa base, des surfaces polies et cannelées, atteste que c'est sous le poids de véritables glaciers que le terrain s'est formé, de sorte qu'il est impossible d*en attribuer le dépôt à des glaces flottantes.
Vicissitudes du phénomène glaciaire. — Nous avons dit que le phénomène de l'extension des glaces s'était produit à plusieurs reprises, deux phases successives d'extension ayant été séparées par une époque interglaciaire. Pour ce motif, il serait inexact de vouloir appliquer aux temps pleistocènes la
qualification d'époque glaciaire, puisque la formation des glaces y a été souvent interrompue.
Si, dans les contrées boréales, occupées par le dépôt erratique, Scandinave ou laurentien, il est facile de distingue: deux époques de progression, l'analyse peut être poussée plus loin autour d*un massif montagneux, tel que celui des Alpeou des Pyrénées.
Les études de MM. Penck, Briickner et Obermaier ont
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Fig. 146. — Carte des deux dernières extensions glaciaires en Suisse (d'après M. Briickner) : 1, ancien delta de la Drance ; 2 à 6, gisements interglaciaires classiques.
montré que, pour ces deux massifs, où pouvait reconnaître les traces de quatre extensions glaciaires. Cette distinction est fondée sur les rapports de composition et de situation des caillouiis fluvio-glaciaires ou schotter, qu'engendrait, à chaque époque, le stationnement des lobes glaciaires, la moraine frontale de chacun d'eux passant progressivement à des alluvions torrentielles.
Principales phases d'extension. — En appliquant ce dia. gnostic, on a reconnu que les anciens cailloutis fluvioglaciaires pouvaient être répartis en deux groupes principaux :