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CAUSES DES PHÉNOMÈNES GLACIAIRES

Hypothèses astronomiques. — L'invasion des glaces ayant été le fait saillant de l'époque pleistocène, on a cherché naturellement à l'expliquer par des combinaisons de circonstances astronomiques, qu'on jugeait propres à augmenter la différence de température moyenne entre les deux hémisphères. C'est ainsi qu'en supposant l'excentricité terrestre beaucoup plus grande, et en admettant que le petit axe de l'orbite terrestre vînt à coïncider avec la ligne des solstices, on a cru pouvoir établir que chaque hémisphère pourrait, à son tour, subir des hivers si rigoureux, que l'influence de l'été ne suffirait pas à fondre les neiges tombées, d'où résulteraient des états glaciaires alternatifs.

Mais, d'une part, d'éminents physiciens ont dû reconnaître que les circonstances invoquées ne semblaient pas de nature à provoquer une augmentation dans la chute des neiges.

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D'autre part, pour retrouver dans Je passé des conditions astronomiques conformes, il faudrait remonter à pins de deux cent mille ans. Or les observations concordantes de divers géologues semblent avoir établi bien clairement qu'il ne s'est pas écoulé beaucoup plus de huit mille ou dix mille ans depuis le départ des dernières glaces américaines, et la fraîcheur remarquable des formes topographiques, dans les pays atteints par la dernière invasion, ne permet pas de supposer qu'une longue suite de siècleè ait passé sur ce terrain. Autrement ces caractères eussent été en grande partie obli-« térés.

Conditions nécessaires à l'établissement des glaciers. — 11 importe d'ailleurs de remarquer que ce n'est pas le froid qui engendre les grands glaciers, mais bien Une augmentation notable de la quantité de neige. Or ce qui tombe en neige, sur les montagnes ou dans les hautes latitudes, tombe en pluie sur les régions tempérées. Donc, pour obtenir de grands glaciers, il faut une cause puissante d'évaporation, combinée avec des causes également puissantes de condensation. En un mot, c'est à une exagération momentanée des précipitations atmosphériques qu'il faut, demander l'explication du phénomène.

Du reste, il ne s'agit pas là d'une simple hypothèse. En Amérique, dans le territoire aujourd'hui si sec du Grand Bassin, on retrouve les traces de deux lacs considérables, qui occupaient le pays à l'époque pleistocène. Des terrasses de tufs, que ces lacs ont laissées sur leurs bords, à diverses altitudes, permettent de se rendre compte de leurs variations de niveau, et fournissent la preuve qu'à deux reprises, coïncidant justement avec les deux extensions glaciaires, la hauteur des lacs, véritables pluviomètres de l'époque, a passé par un maximum.

L'activité souvent déployée pat les cours d'eau pleistocènes, et dont témoignent d'importants dépôts d'alluvions, vient encore à l'appui de cette manière de voir.

Considérations géographiques. — - D'un autre côté, il suffît de jeter les yeux sur des cartes du terrain erratique pour voir à quel point la répartition de ce terrain est indépen-

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dante de la latitude. C'est ainsi qu'il n'en existe aucune trace en Sibérie, le pays le plus froid du monde; dans rHimalaya, le plus puissant de tous les massifs montagneux, on n'observe rien qui trahisse une ancienne extension tant soit peu notable des glaciers de la chaîne. De tels faits doivent suffire pour exclure les hypothèses cosmiques.

Dans cet état, il ne reste à invoquer que des raisons géographiques. On se convaincra de suite de Fimportance de ces dernières, si l'on réfléchit que le phénomène glaciaire sévit dans toute sa force sur le Groenland, où il est incomparablement plus intense que sur les terres plus voisines du pôle, ce qui ne peut être expliqué que par l'altitude et la position particulière qu'occupe File groenlandaise, au point de rencontre de plusiemrs courants d'air, dont quelques-uns y arrivent fortement chargés de vapeur d'eau.

L'idée vient alors d'étudier de plus près les limites du terrain erratique du nord. On ne peut manquer, en réunissant à ce point de vue l'Europe et l'Amérique, de s'apercevoir que la limite méridionale du grand dépôt glaciaire dessine un cercle dont le centre est dans l'Atlantique nord, et que c'est suivant l'axe môme de cet océan que le phénomène a eu le plus d'intensité.

Si l'on se rappelle que la fin des temps tertiaires a été précisément marquée par l'écroulement définitif des terres qui barraient l'Atlantique nord, si bien que c'est seulement avec la terminaison du pliocène, lors du sicilien, que des colonies de mollusques arctiques ont pu pénétrer dans la Méditerrannée, il paraîtra raisonnable de s'arrêter à l'hypothèse suivante :

Hypothèse atlantique. — Avant la surrection des Alpes, une terre se dressait à la place de l'Atlantique nord, empêchant tout mélange entre les eaux froides du pôle et les eaux subtropicales du golfe des Antilles ou de la Méditerranée. Quand cette Atlantide a été assez morcelée pour permettre le mélange en question, un grand trouble a dû survenir dans la distribution des courants. Des vents issus de la région tropicale ont pu arriver avec les courants marins jusque dans les pays circumpolaires et y décharger brusquement leur

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vapeur d*eau. De là des chutes extraordinaires de pluie et de neige dans les parages atlantiques. Les terres qui s'effondraient alors, tantôt abaissées, tantôt relevées, devaient offrir à de certains moments une altitude particulièrement propice à ces condensations. Et comme Téquilibre définitif n'a pu s'établir sans que la mesure ait été plus d'une fois dépassée dans un sens ou dans l'autre, on s'explique que le phénomène ait eu des alternatives, et que plusieurs invasions glaciaires aient été séparées par des intervalles d'un tout autre régime.

Quant aux conditions actuelles, elles pourraient trouver leur explication, non seulement dans l'assiette définitivement . acquise par les terres boréales, mais dans l'établissement tardif du courant du Gulf Stream, dont l'influence assure à nos régions une douceur de climat que leur latitude semble* rait devoir interdire.

ÉRUPTIONS PLEISTOCENES

AuTorgne. — En Auvergne, les éruptions pleistocènes ont suivi sans discontinuité celles de la fin du pliocène. C'est à cette époque que s'est formé, sur le flanc du Mont-Dore, le cratère du Tartaret, et que se sont épanchées, sur le fond des vallées de Besse et de Gompains, de belles coulées de lave à surface déchiquetée. En même temps, une ancienne fente, qui avait autrefois livré passage à du granité, s'est ouverte de nouveau sur le plateau qui domine la Limagne. Les projections y ont édifié les remarquables cônes de la chaîne du Puy de Dôme, dont la formation paraît avoir coïncidé avec l'âge du renne. De ces cratères sont sorties des laves, les unes andésitiquesy par exemple celle de Yolvic, les autres basaltiqueSy comme celle qui, divisée en beaux prismes verticaux, occupe la vallée de la Sioule, près de Pontgibaud.

Pendant ce temps, le Velay voyait s'accumuler des iafs^ où l'on a trouvé, à la Denise, des ossements humains.

Région méditerranéenne, Islande. — Tandis que les éruptions d'Auvergne cessaient avec la période historique, celles

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d'Italie, qui n'avaient commencé qu'à la fin du pliocène, se sont poursuivies jusqu'à nos jours..

C'est au début du quaternaire qu'on rapporte les eélèbres tufs des Champs Phlégréens, près de Naples, tufs sousmarins, mais aujourd'hui soulevés à une grande hauteur. Sur ces tufs, essentiellement trachytiquesy s'est édifié le volcan de la Somma, au centre duquel le Vésuve proprement dit a pris naissance par explosion en Tan 79 de notre ère.

Les tufs palagonitiques de Sicile, qui servent de hase à FEtna, datent de la fin du pliocène ou du commencement du quaternaire. C'est donc à cette dernière période qu'appartient en entier la formation du volcan, qui n'a cessé de rejeter des laves basaltiques riches en labrador, mais dépourvues de péridot.

Les volcans de l'Archipel grec, comme celui de Santorin, ont également commencé leurs manifestations à la an du pliocène, et leurs éruptions coïncident avec les mouvements du sol qui ont déterminé l'ouverture tardive de la mer Egée.

Enfin les éruptions pleistocènes ont été considérables en Islande, dans cette terre qui a dû se ressentir si fortement des effondrements atlantiques.

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