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FORMATION DES FILONS

cle diverses substances. C'est à des émanations du même genre, survenues à la suite des anciennes périodes éruptives, qu'est due la formation de la plupart des gîtes métallifères. Leur allure ordinaire est celle de filons, c'est-à-dire de fentes ouvertes à travers les terrains de l'écorce terrestre et remplies après coup par des minerais métalliques^ le plus souvent des sulfures, associés à des gangues pierreuses.

Formation des filons. — Les fentes où s'établissent les filons métallifères sont généralement très inclinées et voisines de la verticale. Elles résultent des efforts de tension et surtout de torsion, auxquels les parties les plus résistantes de l'écorce ont été soumises lors de la formation des montagnes.

Toutes les fois que ces fentes se sont produites dans des roches suffisamment solides, elles sont restées assez ouvertes pour permettre la lente circulation, à la fois des eaux d'infiltration venant de la surface, et des eaux chaudes ascendantes venant de la profondeur. Ces dernières entraînaient en général, au milieu de gaz chlorurés, sulfurés et hydrocarbonés, empruntés au réservoir interne, des sulfures alcalins et, à la faveur de ceux-ci, divers sulfures métalliques. De plus, elles dissolvaient sur leur passage à l'état de silicates et de carbonates, une peirtie des éléments des roches qu'elles traversaient. Près du jour, la pression et la température étant moins élevées, il se produisait, sous des influences à la fois physiques, chimiques et électriques, des réactions qui amenaient le dépôt, sur les parois des fentes, soit par évaporation, soit par précipitation, de substances concrétionnées ou cristallisées. Partout où l'air extérieur n'avait pas accès, le dépôt se faisait au sein d'un milieu réducteur et il se formait, avec les gangues, des sulfures métalliques cristallisés. Mais plus haut, les réactions se compliquaient par le mélange des eaux ascendantes avec les eaux froides superficielles, ces dernières amenant avec elles de l'air et diverses substances dissoutes dans la traversée des roches, enfin, si les fentes débouchaient sous la mer, des sels, chlorures, brçmures, sulfates, etc. Aussi trouve-t-on la partie supérieure des filons notablement oxydée. La limonite ou peroxyde de fer hydraté y domine, d'où le nom de chapeau de fer qu'on lui donne.

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En général, entre le chapeau de fer, qui caractérise la zone doxydation^ et les régions profondes occupées par les minerais sulfurés, il existe une zone intermédiaire, dite zone de cémentation. L'accès moins facile de Tair s'y traduit par des réactions spéciales, qui mettent en jeu des différences de solubilité des sulfates et des carbonates engendrés par raltération des minerais. Ceux-ci peuvent alors être précipités à Tétat natifs ou se trouver engagés dans de nouvelles combinaisons sulfurées. D'ordinaire, la zone de cémentation est caractérisée par un notable enrichissement en métaux précieux. C'est dans son domaine que s'accomplit la transformation de la pyrite de cuivre en cuivre sulfuré et cuivre panaché.

Minerais d'étain. — Les minerais d'étain ont toujours accompagné, plutôt que suivi, la sortie des granaliles à mica blanc et tourmaline. Ils remplissent moins des fentes définies que des réseaux de veinules, formant comme une auréole à la périphérie des noyaux granulitiques (Cornouailles, Bretagne, Limousin). La facilité avec laquelle l'étain s'oxyde a déterminé son dépôt à l'état d'étain oxydé ou cdssitérite, disséminé en cristaux bruns dans le quartz, souvent avec émeraude et apatite (phosphate de chaux).

Minerais d'op. — L'or paraît être venu en compagnie de la pyrite de fer, au moment de l'éruption de roches dioritiques. Mais les dissolutions qui déposaient dans la profondeur, avec du quartz, une pyrite aurifère, ont dû, près de la surface, abandonner le fer à l'état d'oxyde, tandis que l'or natif se précipitait, en grains ou en pépites, au sein du quartz. Ou bien encore la décomposition des pyrites aurifères a pu être le résultat de l'infiltration des eaux oxydantes superficielles. Les têtes des filons ayant été enlevées par érosion, l'or est souvent resté intact parmi les alluvions. Ainsi se sont formés les gisements riches ou placers de Californie et d'Australie.

Dans le Gard, la venue de l'or est antérieure au terrain houiller, dont les conglomérats contiennent du quartz aurifère. Mais il y a eu aussi une venue d'or moderne, comme celle qui a formé au Nevada le célèbre filon dit Comstock Iode,

Minerais de cuivre. — C'est aussi avec des roches basiques, surtout des mélaphyres ou des diorites, que les émanations de

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