‹ Abrégé de géologieChapitre 139 sur 175 · MINERAIS DE PLOMB · texte numérisé non relu

MINERAIS DE PLOMB

cuivre se sont fait jour. Elles ont été particulièrement abondantes aux époques permienne et triasique, donnant naissance à des dépôts de sulfures (cuivre pyriteux, cuivre panaché), parfois d'arséniures et d'antimoniures (cuivre gris), transformés près de la surface en carbonates, carbonate bleu (azurite ou vert (malachite). Parfois les sels de cuivre se sont épanchés au milieu des sédiments contemporains, comme dans le Mansfeld, où le cuivre pyriteux, argentifère, imprègne un schiste bitumineux permien, riche en poissons,et dans leVar,où les carbonates de cuivre servent de ciment à un poudingue triasique.

Minerais de plomb argentifère et de zinc. — Les gisements de minerais de plomb^ généralement argentifères et très souvent associés aux minerais de zinc, parfois à ceux de cuivre, réalisent par excellence le type des filons concrétionnés ou d'ÎAicrustation (fig. 152), c'est-à-dire formés par le dépôt régulier, sur les parois d'une fente, de bandes alternatives de gangues et de minerais, se répétant symétriquement à droite et à gauche.

Les minerais sont : la galène ou sulfure de plomb, la blende ou sulfure de zinc, le cuivre pyriteux ou sulfure de fer et de cuivre, quelquefois Vargent rouge, combinaison de l'argent avec le soufre et Tantimoine ou l'arsenic. Les gangues dominantes sont le quartz, la calcite ou carbonate de chaux, le carbonate de fer, la barytine ou sulfate de baryte et quelquefois la fluorine ou fluorure de calcium.

Pour plusieurs filons plombifères, on a la preuve que

Schitte Quartz Galène Sidérose ^ (PbsJ

Fig, 15J. — Kcliautiilon d'un dlon du Ilartz, avec zones concrétionDÔes et fragments do schiste (d'après M. de Launay).

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leur remplissage date du trias ou du lias inférieur.

Richesse des filons. Gîtes calamlnaires. — Il s'en faut de beaucoup que la richesse d'un filon soit la même dans toutes ses parties. Les circonstances de cette distribution sont ass^ï capricieuses, ce qui se comprend si Ton réfléchit à la natnr? des réactions multiples qui ont dû influencer le dépôt des minerais. On constate, dans bien des cas, un rapport étroit entre la richesse d'un filon et la qualité des roches qui forment les parois ou épontes. De la sorte, si un filon traverse successivement plusieurs terrains, sa richesse ne demeure pas constante. On se rend aisément compte de ce résultat en remarquant, d'abord que le mode de formation des fentes et leur bonne conservation, si nécessaire à la circulation des dissolutions métallifères, dépendent au plus haut degré de l'espèce des roches; ensuite que les réactions chimiques qui provoquent le dépôt des minerais ne peuvent manquer d'être influencées, soit par la composition, soit par l'état physique et la conductibilité des terrains encaissants.

Par exemple, lorsqu'un filon de blende passe d'un schiste dans un calcaire, il s'élargit brusquement et se change en un amas irrégulier, parfois très puissant, de carbonate et de silicate de zinc (calamine). Il est évident que les eaux, qui traversaient sans pouvoir l'attaquer la masse schisteuse, ont dissous et corrodé de proche en proche le calcaire, dont les fissures les mettaient en outre en contact avec des éléments oxydants. On donne le nom de gîtes calaminaires à ces filons élargis, dont il existe de beaux exemples à la Vieille-Montagne ainsi qu'au Laurium.

PHÉNOMÈNES OROGÉNIQUES

Principe des phénomènes. — L'étude des périodes géologiques successives nous a montré qu'à bien des reprises, des modifications plus ou moins considérables s'étaient produites dans la distribution relative des terres et des mers. De tels changements accusent, de la part de l'écorce terrestre, une mobilité dont la cause semble facile à indiquer, si Ton accepte l'hypothèse de la masse ignée interne. En efl'et, avec

DEFOR»iATIONS DE L*ÉCORCÊ 397

le temps, le noyau igné doit se contracter, parce qu'il perd de la chaleur et qu'une partie de sa substance est rejetée au dehors par les éruptions. Mais si épaisse que puisse être la croûte solide, il est vraisemblable qu'elle ne correspond qu'à une petite fraction du rayon terrestre, dont la longueur dépasse 6 000 kilomètres. Elle garde donc, dans l'ensemble, assez de flexibilité pour avoir besoin d'être soutenue, et lorsque son support vient à faiblir, il faut qu'elle se déforme en conséquence.

Allure générale des déformations. ■— Cette déformation, comme l'a indiqué Élie de Beaumont, doit être analogue à

Fig. 153. — Allure générale des déformations de l'écorce.

celle qui se produit dans une étoffe primitivement bien tendue, et dont une cause quelconque diminue la tension.

Dans ce cas, l'excès d'ampleur détermine la formation d'un rempli, c'est-à-dire d'une juxtaposition de deux rides, l'une saillante, l'autre rentrante, dont la première tend à se renverser sur la seconde. 11 y a donc à la fois soulèvement d'une partie de l'étoffe et affaissement de la portion immédiatement contiguë.

Telle paraît bien être, en effet, l'allure générale des dislocations terrestres. Presque partout on observe que les plus fortes lignes de relief, préparées par des ondulations successivement croissantes, occupent une situation littorale, regardant par leur flanc le plus abrupt une dépression océanique, qui reproduit la même disposition en sens inverse (fig. 153). Si donc les déformations de l'écorce résultent d'un mouve* ment général centripète, provoqué par la contraction progressive du noyau fluide, il n'en est pas moins vrai que les montagnes représentent des portions de Técorce soulevées relativement au niveau moyen primitif, tandis que les

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dépressions océaniques correspondent à des portions affaissées. Le tout résulte de mouvements latéraux de refoulement qui peuvent avoir des composantes à la fois suivant rhorizonlaie et suivant la verticale, et dont les effets déterminent les traits principaux du relief terrestre, en premier lieu les montagnes, ce qui permet de les ranger sous la dénomination générale de phénomènes orogéniques. Chaque modification dt ce relief influe sur le jeu des puissances extérieures; mais ces dernières se bornent à découper, d'une manière plus oc moins capricieuse, les parties de Técorce que les mouvements orogéniques ont fait surgir en les disloquant.

Formes diverses des dislocations. — La tendance à la déformation, dont le principe vient d'être indiqué, produit des effets très différents, suivant Tétat particulier des terrains qui en subissent l'influence. Les massifs d'ancienne consolidation, trop rigides pour se plisser, tels que les premiers îlots de terrain archéen, se brisent en compartiments limités par des failles, le long desquelles ces compartiments Jouent les uns par rapport aux autres, comme on le voit dans le Morvan et le Plateau Central. Des systèmes épais de sédiments solides, lorsque le refoulement ne les pousse pas contre un noyau résistant, se soulèvent en masse (parfois en plusieurs parties limitées par des cassures ou de brusques inflexions) et font naître de hauts plateaux à stratification régulière, comme ceux où l'érosion a creusé les célèbres gorges ou canyons du Colorado. Si des assises sédimentaires relativement plastiques sont refoulées contre un obstacle rigide, comme l'ont été les couches secondaires et tertiaires du Jura contre le massif souterrain de terrain archéen qui relie le Plateau Central aux Vosges, elles se plissent en ondulations parallèles, les unes saillantes ou anticlinales, les autres rentrantes ou synclinales.

On a cru longtemps que la forme principale des dislocations orogéniques devait être celle de plis anticlinaux à peu près symétriques (fig. 154), de part et d'autre desquels les couches plongeaient en sens inverse, la surrection de Taxe du pli étant l'effet d'une impulsion verticale directe.

Mais on n'a pas tardé à reconnaître que, le plus souvent,

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