‹ Abrégé de géologieChapitre 140 sur 175 · VARIETES DE PLIS · texte numérisé non relu

VARIETES DE PLIS

il y avait au moins dyssymétrie des versants (fig. 155), accusant une poussée tangentUllef et même que, dans bien des cas, cette poussée avait été assez forte pour incliner les deux

Fig. 154.

flancs du pli dans le même sens (fig. 156), de manière à engendrer ce qu'on appelle des plis couchés ou isoclinaux. Ce cas est le plus fréquent dans les Alpes, où il a pour

Fig. 155.

conséquence habituelle le laminage et Tamincissement de Taile renversée ou flanc inverse du pli (fig. 157). Parfois ce laminage va jusqu'à la suppression par rupture

Fig. 156.

du flanc inverse, de sorte que le flanc normal ou direct, avec son support, se trouve poussé en montant le long de la surface de rupture ou plan de charriage. Et quand cet effet se répète plusieurs fois de suite, il en résulte ce qu'on appelle une structure imbriquée ou en écailles, qui semblent posées les unes sur les autres comme les tuiles d'un toit (fig. 158). On dit alors que les différents paquets chevauchent les uns

PHENOMENES OROGENIQUES

sur les autres, par rintermédiaire de ces plans de charriage ou failles de chevauchement ^ bien différentes de celles qui sont principalement dues à Taction de la pesanteur. En effet, daof ces dernières, quand la surface de rupture n'est pas absolument verticale, il y a descente le long de cette surface, ce qu'on exprime en disant que le toit a glissé en descendant sur le mur (revoir fig. 38 p.

135). Au contraire, dans les cas de plans de charriage, c'est le toit qui a remonté sur le mur, d'où le nom défaille inverse ou failk de chevauchement. Ces phénomènes prennent dans les Alpes un développement considérable.

Notion des nappes alpines. — Le trait capital de la chaîne alpine est l'existence d'une série de plis, couchés jusqu'à l'horizontale, parfois même renversés, presque toujours vers

Fig. 15X

Fig. 158. — Exemple de structure imbriquée ; E, E, failles d'étirement du flanc inverse.

le nord, et constituant comme autant de nappes superposées, dont chacune, venant du sud, a subi un transport capable d'atteindre de 80 à 100 kilomètres*. De la sorte, la tête de ces nappes, le plus souvent séparée de sa racine, et formée presque exclusivement par le flanc normal de l'ancien pli

4. La notion des nappes alpines, introduite par les travaux de MM. Marcel Bertrand, Suess, Schardt, Termier, Lugeon, a reçu de ce dernier savant son expression définitive.

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