NAPPES ALPINES
(le laminage ayant fait disparaître le flanc inverse), apparaît, à la suite d'une longue érosion qui n'en a laissé subsister que des lambeaux, sous forme de paquets, dont la composition contraste étrangement avec celle de leur substratum actuel.
Chacune de ces nappes s'est avancée, vers le nord, un peu plus loin que la précédente, à la manière de vagues, qui
Plaine Suisse
Préalpes
flg. 159. — Schéma transversal de la superposition des nappes alpines. A, A, plis autochtones; 1, 2, nappes à racines externes; 3, 4, nappes à racines internes ; G, gneiss de la bordure piémontaise.
déferlent les unes par-dessus les autres en arrivant sur un rivage. Leur disposition réciproque peut être exprimée par le schéma de la figure 159.
Le caractère commun à tous ces plis couchés est d'être noyés au sein du flysch oligocène, dans la masse duquel ils ont été poussés, et que l'érosion a plus ou moins décapé par la suite, ainsi que la mollasse, qui est venue le recouvrir après la mise en place des nappes. De celles-ci, les premières, telles que 1 et 2, ont leurs racines dans la partie extérieure de la chaîne, celle qui regarde le Jura, tandis que les dernières, telles que 3 et 4, ont leur racine dans la partie inté^ rieare ou piémontaise. Les premières sont dites nappes à racines externes y et les autres, nappes à racines internes^.
Distribution des faciès dans les nappes. — Si l'on déve-
1. La flgure ne représente que quatre nappes en tout; mais cela ne veut pas dire qu'on n'en puisse distinguer un plus grand nombre. '
M LAPPARIMT. — ASRioi, 6« ÉDIT. 26
402 PQÉNOMENES OROGENIQUES
loppe par la pensée les sédiments de ces plis successifs, tels qu'ils devaient être avant la déformation des assises, on reconnaît que les couches des nappes externes doivent appartenir à une zone de sédimentation voisine de celle où se formaient les dépôts demeurés en place, et plissés ultérieurement scuis déplacement horizontal sensible ; de sorte que la région AÂ, qui peut être appelée région des plis autochtones, représente le bord septentrional du bassin de sédimentation helvéUque, dont la limite méridionale serait marquée par Tancien emplacement du synclinal compris entre 2 et 3.
Ainsi les terrains des nappes externes ont le faciès helvétique, caractérisé, en ce qui concerne le crétaciqne, par la présence du calcaire barrémien et aptien dit Schraitehkalk.
Au contraire, les sédiments des nappes externes, telles que 3 et 4, ont le faciès méditerranéen, exprimé, par exemple, par la présence du trias fossilifère de type alpin. De plus, les nappes les plus internes, formées de sédiments qui, à l'origine, garnissaient le bord méridional du synclinal alpin, étant appliquées contre un substratum archéen, ont emporté avec elles, comme noyau anticlinal, des fragments plus ou moins complets de ce substratum. De la sorte, dans ces nappes, dites des Alpes orientales, se montrent, à travers le manteau plus ou moins discontinu de calcaire triasique, des masses de gneiss et même de granité, comme celles des Hohe Tauern.
Souvent d'ailleurs une nappe interne est interrompue par des lacunes dues à Térosion, et ces lacunes constituent des regards ou fenêtres, laissant apparaître une nappe sousjacente. Ainsi la fenêtre du Prœttigau laisse voir la nappe des schistes lustrés sous celle du Rhœtikon, et les mêmes schistes lustrés reparaissent, dans la Basse Engadine, à la faveur d'une fenêtre ouverte dans la nappe des Alpes orientales.
Localisation des diverses séries de nappes. Klippes. — C'est à partir du Chablais que se montrent les nappes charriées, et elles forment la totalité des Préalpes, jusques et y compris le Sentis, de sorte que le front autochtone de la chaîne est presque constamment couché sous les nappes de recouvrement.
De plus, si l'on suit la chaîne de l'ouest à l'est, on remarque