‹ Abrégé de géologieChapitre 145 sur 175 · DISLOCATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

DISLOCATIONS DIVERSES

Ténergie des refoulements et Uampleur des phénomènes de chevauchement, il en est d'autres, comme celui qui trouve sa réalisation dans la grande Cordillère américaine, en bordure du Pacifique.

En dehors de sa partie septentrionale, cette chaîne n'offre que des plis assez réguliers, peu pressés, et exempts de nappes charriées. En revanche, tandis que la chaîne des Alpes est remarquablement pauvre en manifestations éruptives contemporaines de sa formation, toute la chaîne des Andes abonde en tufs andésitiques {porphyritiques)^ qui se sont formés depuis le début des temps jurassiques jusqu'à nos jours. Ces tufs attestent Tancienneté du phénomène éruptif qui se signale encore, tout le long de la Cordillère, par le nombre et l'importance des appareils volcaniques.

Ainsi, tandis que le type alpin correspondrait aux mouvements d'une fosse synclinale toujours serrée entre deux massifs rigides, on peut penser que le type des Andes conviendrait au contour de la grande dislocation qui, dès les premiers temps, a déterminé l'affaissement de l'une des moitiés de la calotte terrestre et son occupation par les eaux du Pacifique. Et comme la séparation des deux moitiés a dû s'accomplir suivant une ligne de rupture, on conçoit que cette dernière ait toujours offert une issue privilégiée aux produits de l'énergie interne du globe.

Les dislocations de la Cordillère revêtent une netteté particulière dans la région côtière de la Californie. Au pied de la Sierra Nevada s'étend, à l'ouest, une dépression où coulent, exactement en sens inverse, les deux rivières de San Juan et de San Joaquin. Cette dépression est séparée du littoral par les chaînes côtières, que l'émissaire des deux cours d'eau franchit à angle droit, engendrant la baie si découpée de San Francisco, qui trahit une succession de rides et de vallées parallèles à la côte. De la Punta Arena jusqu'au Mont Pinos s'étend, sur 600 kilomètres, une dislocation linéaire jalonnée par des accidents caractéristiques, et dont la moitié septentrionale a été le siège du tremblement de terre du 18 avril 1906. A cette occasion les deux lèvres de la cassure ont été affectées d'un mouvement différentiel manifeste.

410 PHÉNOMÈNBS OROGÉNIQUES

Effondrements. — Au nombre des accidents qui penvenl survenir dans l'écorce, il faut comprendre les grands effondrementSj tels que celui qui a fait naître la vallée du Rhin, ou celui qui a donné naissance à la mer Morte. Hais il convient de remarquer que la plupart de ces acci('onts résultent de la i chute d'un compartiment de Técorce, situé précisément à la clef dune voûte en voie de formation. Ainsi les Vosges et la Forêt Noire constituaient un massif homogène soulevé en masse, et dont la partie culminante s'est rompue sous reflbrt qu'elle subissait, laissant s'écrouler un voussoir, dont la chute a fait naître la vallée du Rhin. De même, la mer Morte occupe remplacement d'une faille très nette, survenue au sommet d'un pli anticlinal remarquablement rectiligne, qui comprend avec cette mer la vallée du Jourdain. La faille se poursuit en se coudant par les coupures du Wadi-Arabah et du golfe d'Akaba et atteint la mer Rouge, dont elle détermine l'alignement jusqu'à Massouah, pour se continuer ensuite sous la forme d'une falaise qui fait la limite orientale de l'Ahyssinie et que prolonge, jusqu'à Zanzibar, une ligne de fracture où s'échelonnent d'immenses cônes volcaniques. Ainsi les efifondrements alignés rentrent dans la formule générale du phénomène orogénique. Chacun d'eux indique un maximum (k tension, que l'écorce solide n'a pu supporter sans se rompre, en laissant s'écrouler le sommet de la voûte rompue.

D'autres effrondements sont ceux qui se produisent à la suite d'un grand effort orogénique, et comme contre-partie d'un soulèvement qui aurait, en quelque sorte, dépassé la mesure. C'est ainsi qu'après l'époque tortonienne, presque toute la région méditerranéenne s'était laissé entraîner dans les airs par la surrection de la chaîne alpine. Mais alors des tassements se sont produits, et une suite d'effondrements, progressant de l'ouest à l'est, ont constitué tour à tour la fosse tyrrhénienne, la fosse adriatique, la fosse sicilienne, enfin la mer Egée. Tous ces effondrements étaient limités par des cassures, où s'installaient immédiatement des volcans. Ainsi le Vésuve, les îles Lipari et l'Etna jalonnent la cassure qui définit le compartiment tyrrhénien effondré. L'équilibre de ces compartiments est d'ailleurs de temps en

Page 1