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RELIEF TERRESTRE

Un autre trait caractéristique du globe est l'existence d'une série de golfes ou de mers intérieures qui, dans l'hémisphère boréal, partagent en deux les masses continentales : ainsi le golfe du Mexique, qui sépare les deux Amériques; la Méditerranée, entre l'Europe et l'Afrique; le golfe Persique, les mers indiennes et polynésiennes, entre l'Asie et ses dépendances méridionales; comme s*il y avait eu dans l'écorce terrestre, à peu de distance de Téqnateur, quelque cause de faiblesse, capable de déterminer par affaissement la formation d'un sillon presque continu.

Enfin, tandis que l'océan Pacifique, sur tout son pourtour, est bordé par des chaînes de montagnes, comme la Cordillère des Andes, ou par des chaînes d'îles, telles que celles de l'Asie orientale, qui représentent les sommets de Cordillères en grande partie submergées, rien de pareil ne se montre sur les côtes de l'Atlantique, dont le tracé paraît indépendant de toute ligne directrice. Pour compléter cette différence, une ligne continue de volcans entoure le Pacifique, tandis que l'Atlantique n'en présente que dans son axe. Et en dehors de ces régions, c'est aussi dans la dépression méditerranéenne, elle-même intimement liée au parcours des chaînes des Alpes, de l'Himalaya et des Antilles, que les autres volcans paraissent concentrés.

Valeur du relief. Signification de l'aplatissement du globe. — Nulle part la surface de la terre ferme ne dépasse d'une grande quantité le niveau de l'océan; car même les plus hautes montagnes (8 800 mètres dans l'Himalaya) ne représentent pas la sept-centième partie du rayon terrestre. Aussi est-il impossible de les rendre sensibles aux yeux sur un dessin à petite échelle de notre globe. Il y a d'ailleurs à peu près parité de valeur entre l'altitude de ces cimes culminantes et la plus grande profondeur des mers (9 500 mètres dans le Pacifique). Si le relief des continents était uniformément réparti sur toute leur surface, l'altitude moyenne de la terre ferme serait d'environ sept cents mètres. Quant à la profondeur moyenne des mers, elle est d'à peu près quatre mille mètres, de telle sorte que le volume total de la masse océanique (en tenant compte des superficies réciproques) est égal à environ

quinze fois celui des terres émergées. Néanmoins, si Ton réfléchit qu'une profondeur de 4 000 mètres ne représente que la seize-centième partie du rayon terrestre, on aura le droit d'en conclure que, malgré son importance relative, la nappe océanique ne forme en réalité qu'une. mince enveloppe au-dessus de la partie solide du globe, dont la surface diffère peu, par conséquent, de celle de l'océan. D'ailleurs, en vertu des lois de l'équilibre d'une masse fluide soumise à un mouvement de rotation, la surface libre des mers, sollicitée par la force centrifuge, est aplatie au pôle et renflée à l'équateur où elle fait, au-dessus d'un globe idéal supposé sphérique, une saillie évaluée à 21 kilomètres, soit à peu près un trois-centième du rayon.

Il résulte donc de la coïncidence signalée que la terre ferme, elle aussi, affecte une figure d'équilibre, et comme une telle figure est le privilège des corps fluides, cela donne une grande probabilité à l'hypothèse d'après laquelle notre globe aurait traversé un état initial de fluidité.

Complication des continents. — La répartition des détails du relief est aussi très intéressante à étudier. Il s'en faut de beaucoup que ce qu'on appelle un continent soit une unité homogène, où l'altitude croisse régulièrement depuis les rivages maritimes jusqu'à une partie centrale culminante, formant soit un massif, soit une arête allongée. C'est ce dont il est aisé de se rendre compte en consultant, non plus les anciennes cartes géographiques, où les lignes de relief étaient figurées très arbitrairement par des hachures de convention, mais les cartes hypsométriques des nouveaux atlas, où des courbes de niveau réunissent tous les points de même altitude, en même temps que les zones d'égal relief moyen sont accusées par une teinte uniforme.

Si l'on procède ainsi pour l'Europe, par exemple, on verra que ce continent débute, dès le détroit de Gibraltar, par un plateau de 700 mètres d'altitude moyenne, le plateau ibérique, dont la partie culminante est justement appuyée au rivage méditerranéen, si bien que, pendant quelque temps, la ligne de partage des eaux, entre l'Atlantique et la Méditerranée, est obligée de suivre presque exactement ce rivage. Ensuite, cette

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