‹ Abrégé de géologieChapitre 32 sur 175 · NEIGES. AVALANCHES · texte numérisé non relu

NEIGES. AVALANCHES

Tatmosphère est telle, que la chaleur de la saison chaude ne parvient pas à fondre la totalité des neiges tombées pendant la saison froide. Dans ces conditions, les neiges deviennent per^ sistanies ou perpétuelles et peuvent s'amonceler en quantités considérables.

Cette permanence des neiges se manifeste à partir d'une certaine ligne dont l'altitude, variable avec les contrées et l'abondance des neiges, est de 2 800 mètres en Suisse, de 3 500 à 4 300 mètres au Caucase, tandis qu'elle s'abaisse au niveau de la mer, dans l'hémisphère méridional, dès le 62<^ degré de latitude. Plus le climat est exempt de variations, plus la limite des neiges persistantes est nette et stable. Sous les tropiques, elle forme, entre 4 700 et 5 000 mètres d'altitude, une ligne horizontale d'une netteté absolue. Au contraire, sa position varie beaucoup dans l'hémisphère nord, à cause de la grande différence entre l'hiver et l'été.

Avalanches, névé. — Quelle que soit l'abondance des chutes de neige, l'accumulation d'une matière aussi meuble a nécessairement une limite. Quand cette limite est dépassée, des paquets de neige tombent sur les pentes, formant les avalanches, si redoutées des montagnards, non seulement à cause de leur masse, mais à cause de la quantité de pierres et de blocs qu'elles peuvent entraîner dans leur chute.

Ou bien les avalanches glissent sur une pente qui ne permet pas leur concentration et, dans ce cas, la neige, après avoir accompli son œuvre et déposé sa charge de matériaux solides, alimente en fondant les torrents voisins; ou bien l'excès des neiges persistantes est dirigé, par la convergence des cimes, vers un réservoir en forme de grand cirque, où il s'emmagasine et devient, après avoir subi diverses transformations, la source d'un glacier. Ce réservoir est donc, pour le glacier qu'il alimente, un bassin de réception des neiges, équivalent du bassin de réception des torrents.

Au moment où la neige tombe sur les hautes montagnes, elle est à l'état de petits cristaux en forme d'étoiles. Bientôt ces cristaux subissent, sous l'action des rayons solaires, un commencement de fusion et deviennent des granules plus ou moins arrondis, dont l'ensemble forme une sorte de poussière

blanche très mobile. En s'accumulant dans les grands cirques, cette poussière de neige commence à s'agglomérer, Feau qui provient de la fonte superficielle des grains se congelant dans leurs interstices. De là résulte un amas peu cohérent de granules, parsemé de bulles d'air, qu'on appelle le névé.

Formation des glaciers. — Les couches inférieures du névé sont de plus en plus compactes à cause de la pression qu'elles supportent, pression qui suffit pour les transformer en glace à toutes les hauteurs. D'ailleurs le cirque dans lequel les neiges se sont emmagasinées débouche toujours dans une gorge plus ou moins encaissée, où le névé, sollicité à la fois par son poids et par la pression d'amont, est forcé de descendre. De cette manière, le névé finit par arriver dans une zone de moindre altitude, où la température est au-dessus de zéro. La fusion partielle qui en résulte augmente la compacité de la masse, et ainsi, de la poussière neigeuse des cimes, on passe à cette glace cohérente, translucide, parsemée de fissures capillaires et parfois de veines bleuâtres, qui caractérise les glaciers proprement dits.

Un glacier peut donc être qualifié : un appareil naturel qui a pour fonction de débiter l'excès des neiges persistantes, tombées sur toute l'étendue d'un cirque montagneux.

En tout cas, de même qu*un fleuve est surtout alimenté par les pluies, de même un glacier a besoin, avant toute chose, d'abondantes chutes de neige, et comme celles-ci résultent de la condensation de la vapeur atmosphérique, des vents humides sont par-dessus tout nécessaires à la production des glaciers. Le froid tout seul n'en saurait faire naître, et c'est pour cette cause que les glaciers sont si rares dans le Tibet, où l'air arrive sec, s'étant dépouillé de son humidité sur le flanc de l'Himalaya, et en Sibérie, où Tair est aussi sec que froid.

Crevasses. Regel. — La glace étant inextensible et à peu près dépourvue de plasticité, elle se fissure sans cesse lorsque, dans son mouvement de descente, elle subit des compressions ou des dilatations. Mais les crevasses ainsi produites sont bientôt comblées par des chutes de neige ou de menus fragments de glace, autour desquels les eaux d'infiltration,

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