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DÉPÔTS MARINS ORGANIQUES

par le débordement de ces derniers. Dans ce cas, c*est la fibre et Técorce du bois qui se décomposent, et si le produit final n'a pas exactement la même texture que la tourbe de mousses, du moins il en diffère très peu par sa teneur en carbone, hydrogène et oxygène.

Même dans les pays chauds, où Fardeur du soleil empêche, par l'évaporation qu'elle protoque, rétablissement des tourbières, un combustible fossile peut encore se former dans les deltas des grands fleuves. Tantôt c'est par le dépôt des troncs d'arbres et autres plantes, flottés en temps de crues; tantôt c'est par l'enfouissement périodique, sous de nouvelles alluvions vaseuses, des végétations de roseaux, de cyprès, même de chênes verts, qui avaient réussi à se développer, dans l'intervalle de deux crues exceptionnelles, sur des atterrissements de récente formation. Ce phénomène s'est répété fréquemment à l'embouchure du Mississipi, et il est probable qu'à d'autres époques géologiques ce mode de dépôt a dû jouer un rôle plus considérable.

Dépôts marins formés par les foraminifères et les diatomées. — Tandis qu'à la surface des continents, les végétaux, et surtout ceux d'ordre inférieur, s'appliquent non seulement à fixer dans le sol des éléments, carbone, hydrogène et oxygène, primitivement contenus dans l'air, mais encore à emmagasiner dans l'écorce du globe, sous forme de combustibles, une partie de l'énergie solaire qui les avait fait croître, un travail également remarquable s'accomplit dans les océans, sous l'influence des animaux les moins élevés en organisation. Par eux les sels de chaux en excès dans l'eau de mer sont décomposés et employés à construire des enveloppes calcaires, dont l'accumulation fait naître à la longue de puissantes assises dites zoogènes.

Près des rivages, cette fonction est souvent remplie par des algues calcaires, dites nullipores. Loin des côtes, dans ces espaces pélagiques où nous avons vu que la sédimentation mécanique ne pouvait plus s'exercer, les e^ux superficielles nourrissent, surtout dans les régions chaudes, une abondante population d'êtres microscopiques, appelés foraminifères. Parmi eux dominent les globigérines^ munies d'enveloppes cal-

d'hui que dans la zone tropicale), les récifs prospèrent an voisinage des côtes, s'exhaussant en moyenne de 1 à 2 millimètres par an, jusqu'à ce qu'ils aient atteint le niveau de la basse mer ; car les polypiers ne peuvent supporter une éraersion trop prolongée. A ce moment le travail des organismes prend fin et le récif se signale à haute mer par une ligne de brisants. Mais la conquête du massif au profit de la terre ferme n'est pas encore complète. C'est aux vagues de tempêtes à achever l'œuvre, en détachant, du bord du récif, de gros fragments de roche corallienne, déjà perforés par des mollusques liihophages, et en les projetant à la surface. Par là le récif s'élève peu à peu et parvient enfin à dépasser en quelques points le niveau des hautes eaux. Bientôt le vent et la mer y apportent des semences végétales, et il ne reste plus à l'homme qu'à prendre possession de ces îlots.

On constate que les coraux et, avec eux, les récifs, se développent mieux du côté de la haute mer, c'est-à-dire là où ils reçoivent les chocs les plus violents. Suivant les circonstances, les récifs sont collés à la côte qui a fourni la plate-forme nécessaire à leur premier établissement {récifs frangeants), ou séparés d'elle par un canal assez large (récifs-barrières), ou enfin tout à fait annulaires et enfermant une lagune intérieure {atolls). De toutes manières, en même temps qu'ils représentent une conquête opérée sur la mer par les êtres vivants, ils forment, autour des îles qui leur servent d'appui, une ceinture protectrice, amortissant le choc des vagues, sous l'effort desquelles beaucoup de ces îles, composées de matériaux peu cohérents, n'eussent pas tardé à disparaître.

Roches cûTalliennes diverses. — Tandis que le bord des récifs est constitué par un mélange de coraux en place et de menus débris, cimenté en un calcaire compact, les parties tournées vers l'intérieur, et auxquelles a manqué le choc violent des vagues, donnent naissance à un calcaire plus tendre, les interstices des coraux ne pouvant être comblés que par une sorte de vase crayeuse. La plage même est occupée par des sables coralliens, composés de menus morceaux roulés. Souvent les infiltrations, aidées par la puissante évaporation des contrées tropicales, amènent, autour de ces grains de

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