CRATERES
au moins à son sommet, lors des paroxysmes. Ainsi le cône du Vésuve est tantôt terminé par un véritable abîme cratéri* forme, de 700 mètres de diamètre avec une centaine de mètres de profondeur, au fond duquel la croûte qui recouvre la lave laisse s'élever des cônes secondaires, tantôt rempli jusqu'au bord par de la lave disparaissant sous une couche de scories, d'où s'échappent par plusieurs ouvertures des coulées débordant par-dessus le cratère. Parfois on a vu le sommet de
Fig. 15. — he cône central du cratèie du Vésuve, en 1688
l'ancien cratère, absolument rempli, servir de base à un plus petit cône (fig. 15), et même à deux cônes emboîtés l'un dans l'autre.
Le cratère terminal de l'Etna, également très variable, a été quelquefois entièrement démoli par une explosion, pour être reconstruit, tantôt simple, tantôt double, par les éruptions suivantes.
Quand le débordement des laves est le fait habituel, comme à l'île Bourbon, le cratère, au lieu de s'ouvrir au sommet d'un cône de débris projetés, est une ouverture qui s'est maintenue à travers une superposition de coulées successives (flg. 16), dont les tranches apparaissent sur les parois de la cavité. Au
fond bouillonne la lave, qui peut s'élever en temps d'éruption jusque par-dessus les bords, et dont les coulées visqueuses retombent, et se figent en partie sur les parois intérieures, en forme de stalactites simulant des draperies.
Certains volcans ne rejettent jamais que des laves et en construisent à la longue des montagnes de très grande hauteur, mais à faible pente, comme le Mauna Loa et le Mauna
Fig. 16. — Cratère du Piton de la Fournaise (île Bourbon).
Kea des îles Sandwich, qui s'élèvent à plus de 4200 mètres.
Fragilité des cônes de débris. — Les cônes de débris, quand ils ne sont pas consolidés par l'injection ultérieure de laves, restent dépourvus de cohésion et sont menacés de disparaître plus ou moins vite sous l'effort des agents atmosphériques, la pluie ayant beau jeu, malgré leur perméabilité, pour y creuser des rigoles dans tous les sens. Aussi dans les pays tropicaux, comme à Java, voit-on les cônes des volcans inactifs se ruiner peu à peu par ravinement. Cependant cette destruction ne marche pas en général avec une grande rapidité, comme en témoigne la fraîcheur de la plupart des cônes de la chaîne du Puy de Dôme, en Auvergne, dont la formation a précédé les temps historiques.
Mais s'il s'agit de volcans situés en mer, les vagues peuvent les disperser en quelques semaines. C'est ce qui est arrivé en