MONTAGNES VOLCANIQUES. TUFS
1831, à l'île Julia, qui avait pris naissance subitement, par . projection de débris, au sein de la Méditerranée. Si l'île Saint- Paul, dans l'océan Indien, a mieux résisté, bien que la mer ait libre accès dans son cratère inactif, c'est que les laves ont pris une grande part à sa formation. Bon nombre de cônes de débris ont été ainsi rasés par les vagues dans l'océan Pacifique et se sont changés en plates- formes sous-marines, propres à servir d'assiette aux constructions coralliennes.
Fonuatioii des montagnes volcaniques. Tufs. — A force de se répandre autour de l'ouverture, les coulées successives, mêlées aux débris projetés, exhaussent peu à peu le massif. Il en résulte à la longue des montagnes considérables, comme les volcans du Kamtchatka et du Japon, hauts de plus de 4 000 mètres, ou comme l'Etna, qui dépasse 3 300 mètres.
Cette dernière montagne offre une gibbosité principale, constituée par un enchevêtrement de laves et de débris en couches, que domine le cône terminal, haut d'environ 300 mètres. Par suite de leur peu de consistance, les cônes de débris, ébranlés par les explosions, se fendent sous l'effort de la lave en pression dans la cheminée, et la matière fondue tend le plus souvent à s'échapper latéralement. C'est donc à la base du cône de débris que doit se former, par l'accumulation des coulées, un massif de moindre pente, tel que la gibbosité de l'Etna.
En outre, les pluies abondantes dont la chute accompagne les éruptions entraînent, sous forme de déluges de boue, des cendres et des pierres, et le tout s'agglomère au pied de la montagne en donnant naissance à des tufs volcaniques. Ce sont des formations qui participent, à la fois, des roches éruptives par leur nature et des terrains sédimentaires par leur mode de dépôt. Des tufs se forment encore, et avec une stratification plus parfaite, quand les débris projetés sont venus tomber dans un lac ou dans la mer. Tel est le cas des tufs sous-marins avec coquilles des environs de Naples, de certains tufs ponceux et de beaucoup de cinérites ou amas stratifiés de cendres, grises ou blanches, avec ou sans empreintes végétales.
De cette manière, un volcan normal doit offrir : 1<> au pied, une pente très faible, formée de tufs; 2° au milieu, un bom-
bernent plus accentué, où dominent les laves; 3** au sommet, la pente raide et régulière du cône terminal de débris.
Modes divers d'épanchement des laves. — Les laves offrent deux manières d'être distinctes : dans la première, elles ont coulé à Vair libre, soit par déversement, soit par une fente, et alors elles forment des nappes plus ou moins larges, d'une épaisseur assez uniforme, compactes à la base, celluleuses ou scoriacées en haut. Les coulées ont en général une inclinaison faible ; cependant on a vu des laves couler et se solidifier sans irrégularités sur des pentes supérieures à 30 degrés. Dans le second mode, les laves, après avoir commencé par s'élever dans la cheminée, ont fini par y acquérir une pression considérable, qui a suffi pour les injecter dans les fissures du cône ou même dans celles du terrain qui porte ce dernier. Ce cas est fréquent à l'Etna, où l'on voit des fentes remplies par de véritables filons de lave, souvent verticaux et qui demeurent en saillie sur les escarpements (c'est ce qu'on appelle des dykes), lorsque l'érosion a fait disparaître en partie les matériaux meubles au milieu desquels la lave s'était introduite. Mais les fentes d'injection ou àUntrusion ne sont pas nécessairement verticales, et il peut très bien arriver que, la cheminée centrale ayant été remplie par une haute colonne de lave, la matière liquide trouve à s'échapper entre deux couches de débris, en partageant leur inclinaison. Alors la lave injectée se consolide sous la forme d'une nappe, qui semble avoir coulé librement sur la pente même du cône, mais qui reste compacte dans toute sa masse à cause de la pression sous laquelle s'est opérée sa solidification.
Enfin les volcans à débordement de lave dont le cône a une très forte pente, comme le Gotopaxi, donnent naissance à des coulées discontinues. La lave, trop visqueuse pour pouvoir se concentrer en un courant défini, se solidifie par portions et on la retrouve, au pied du cône, à l'état de traînées de gros blocs.
Cumule- volcans. — Un mode particulier d'émission de laves est offert par certains volcans, tels que celui de Santorin, dans l'Archipel grec. Les explosions et les coulées, d'ailleurs très intermittentes, y ont toujours été précédées