‹ Abrégé de géologieChapitre 46 sur 175 · CUMULO-VOLCANS · texte numérisé non relu

CUMULO-VOLCANS

par une période d'intumescence se traduisant par l'apparition, au milieu de la baie de Santorin, d'îlots formés par des blocs à demi incandescents d'une lave visqueuse, très siliceuse. On doit admettre que, vu la faible fusibilité de la lave, sa solidification se fait à moitié dans la cheminée, où elle forme une sorte de tampon de matière pâteuse. A chaque éruption, l'effort des gaz intérieurs doit soulever ce tampon comme une ampoule, avant de s'y ouvrir un chemin qui permette les projections violentes de scories et de cendres ainsi

Fig. 17. — La nuée ardente du 25 janvier 1903, descendant dans la vallée de la Rivière Blanche. (Photographie de M. Lacroix).

que les vraies coulées de lave. C'est probablement un phénomène de ce genre qui a donné lieu, en 1902, à la désastreuse éruption de la Martinique.

C'est à cette catégorie d'appareils éruptifs, qualifiés de cumulo-volcanSf qu'appartient essentiellement la Montagne Pelée de la Martinique, dont l'éruption de 1902-1903 a été si désastreuse. Il s'est formé dans l'ancien cratère un dôme d'intumescence, qui a dépassé de 300 mètres l'altitude primitive du sommet, sans donner lieu à aucune coulée.

Emprisonnés sous cette carapace, les gaz en pression

s'échappaient de temps en temps, par les déchirures de Tenveloppe, sous forme de jets horizontaux de nuées denses. Ces nuées descendaient le long du cône (fig. 17) comme des pro-

Fig. 18. — Nuée ardente arrivant à la mer.

jectiles de vapeurs et de cendres, s*épanouissant peu à peu jusqu'à atteindre au moment de leur arrivée à la mer, une hauteur de 4 kilomètres (fîg.18). C'est la première de ces nuées qui a foudroyé en quelques instants la ville de Saint-Pierre. Modes divers de l'activité volcanique. — L'activité des volcans comporte des manifestations très diverses. La plus habituelle consiste dans une succession irrégulière de paroxysmes, séparés par des périodes de repos, et d'autant plus violents, en général, que ces intervalles ont été plus longs. Ainsi les deux plus fortes éruptions du Vésuve furent celles de 79, où périt Pline et qui était la première révélation du volcan depuis les temps historiques; ensuite celle de 1631, précédée par plusieurs siècles d'inaction.

CRATÈRES d'explosion 77

Il y aussi des volcans en éruption constante, comme le Stromboli, mais où les explosions et les épanchemcnts de lave ne dépassent jamais un certain degré d'intensité, si bien que cet état d'activité modérée, mais permanente, a pu être qualifié de mode strombolien. Aux îles Sandwich, la lave ne cesse de bouillonner tranquillement dans la chaudière de Kilauea, bien que celle-ci se vide parfois pour un temps et que son niveau subisse de grandes oscillations. Mais les projections et les explosions font absolument défaut. Au contraire, à Java et dans les îles voisines, il n'y a pas d'émissions de lave liquide; mais les projections sont d'une extrême violence. L'explosion du Timboro, en 1815, a jeté, sur un rayon de 500 kilomètres, une masse de débris évaluée à plusieurs centaines de kilomètres cubes. Celle de Krakatoa, survenue en 1883, a projeté en deux jours 18 kilomètres cubes, et l'effondrement qui en a été la conséquence a fait naître dans la mer une immense vague de 15 à 25 mètres de hauteur, pénétrant sur les côtes de Sumatra et de Java jusqu'à 3 kilomètres dans l'intérieur des terres et causant la mort de trente à quarante mille habitante. Cratères d'explosion et d'effondrement. — Ces explosions extraordinaires rendent facilement compte d'une structure propre à certains volcans et qui consiste dans l'existence

d'une sorte de rempart circulaire plus ou moins complet, entourant à quelque distance le cône principal.

Le type de ces remparts est

Fig. 19. -- Le Vésuve et la Somma. réalisé, aU VéSUVC par la

Somma (fig. 19), à l'île Bourbon par V Enclos du Piton Bory (fig. 20), aux îles Canaries par la célèbre chaudière ou Caldeira de Palma.

De telles ouvertures doivent être considérées comme le résultat d'explosions gigantesques, parfois accompagnées d'effondrements, ayant fait sauter comme à la mine le sommet d'un ancien volcan, plus grand que le cône actuel, lequel a été ultérieurement édifié par des projections de l'ouverture béante. Cette explication pourrait convenir à la formation du grand cirque de Santorin. C'est aussi par explosion que

paraissent avoir pris naissance les célèbres cratères-lacs oa maare de TEifel, la cavité du lac de Tazenat en Auvergne, peut-être enfin les lacs d'Albano et de Nemi, dans le Latium. Pour quelques-unes de ces cavités, le fait de l'explosion n'est pas douteux ; car elles sont ouvertes au milieu de terrains qui n'ont rien de volcanique et l'on trouve disséminées sur leurs bords quelques scories, parfois des pierres vitrifiées prove-

Fig. 20. — L'Enclos et le Piton Bory.

venant du terrain sous-jacent. Il est donc évident qu'elles ont pris naissance à la suite d'explosions et qu'on peut les regarder comme des volcans avortés, oii la projection des gaz et des pierres n'a pas été suivie par l'émission de laves.

D'autres fois, des cavités arrondies se seront produites par simple effondrement, une coulée de lave s'étant solidifiée audessus d'un terrain peu cohérent, qui s'est écroulé plus tard ; ou bien encore, comme aux îles Sandwich, une lave très chaude, injectée à travers les fentes d'une ancienne coulée, l'aura partiellement refondue, entraînant l'effondrement de la surface.

Fumerolles. — Pour terminer l'énumération des phénomènes qui sont sous la dépendance immédiate de l'activité volcanique, il reste à parler des émanations gazeuses tranquilles qui accompagnent et suivent la sortie des laves, faisant naître, sur les fentes, les dégagements de fumées auxquels on a donné le nom de fumerolles.

Ces émanations ont une importante capitale. Par la façon dont elles s'accomplissent, elles attestent l'union intime des vapeurs et de la matière fondue. Les premières ne doivent donc pas être considérées comme un hors-d'œuvre accidentel, dû à la réaction de la lave qui monte sur les fluides que l'in-

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