DISLOCATIONS
ont été signalés sur la côte du Chili ainsi que dans Tlnde.
Seulement il n'est pas du tout prouvé que les déplacements verticaux alternatifs, comme celui dont les colonnes de Pouzzoles portent la trace, soient le résultat de phénomènes mécaniques brusques. Il est fort possible que des nappes de lave, injectées souterrain ement dans les profondeurs du terrain, subissent dans leur volume des variations qui doivent déterminer, tantôt le soulèvement en masse, tantôt Taffaissement du sol qu'elles supportent.
En revanche, des mesures précises, récemment effectuées dans la région d'Agram comme au Japon, tendent à prouver qu'à la suite de certains tremblements de terre, la position géographique et l'altitude des points affectés par le phénomène peuvent subir des modifications permanentes, notablement supérieures aux erreurs d'observation admissibles.
Propagation des secousses. — Divers systèmes ont été imaginés en vue de déterminer le mode de propagation des secousses ou mouvements sismigues^ et l'on est arrivé à dresser, pour chaque tremblement de terre, des cartes qui rendent sensible aux yeux le développement progressif du phénomène. Le résultat de ces constatations a été de montrer que les tremblements de terre sont des vibrations du sol, déterminés par un ébranlement initial survenu au-dessous de la surface et se propageant comme tous les mouvements vibratoires, c'est-à-dire avec une vitesse influencée par la nature des terrains et leur état de dislocation. En arrivant à la mer, la vibration s'y transmet suivant les lois ordinaires de l'ébranlement des liquides, et une vague immense, dite vague de translation, se propage à travers toute la masse océanique. Sa vitesse, variable avec la profondeur d'eau, oscille entre 150 et 300 mètres par seconde dans le Pacifique ; tandis que, sur la terre ferme, la vitesse de propagation des vibrations ou ondes séismiques peut dépasser 1 000 mètres, les solides transmettant les ébranlements beaucoup mieux que ne font les liquides.
Recherche des causes des tremblements de terre. — Il reste maintenant à déterminer la cause de ces ébranlements. Pour y arriver, nous commencerons par laisser de côté tous ceux qui peuvent s'expliquer par des circonstances purement
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locales; par exemple les tremblements de terre produits, dans les pays accidentés, comme la Suisse, parle changement d'assiette de certains massifs de terrain, quand les infiltrations ont délayé ou dissous les couches (argile, sel, gypse, etc.) qui leur serraient de support. Nous négligerons également les désordres occasionnés, dans le voisinage immédiat des volcans, par la violence des éruptions, désordres dont la cause est suffisamment visible.
L'expérience prouve qu'il n'y a pas de liaison nécessaire entre les tremblements de terre importants et les éruptions volcaniques. Nulle part on ne peut mieux le vérifier qu'an Japon, le pays du monde où les secousses sont le plus fréquentes, et qui, de plus, offre de nombreux volcans actifs. Les paroxysmes de ceux-ci sont presque toujours indépendants des sismes; et, parmi ces derniers, ceux qui ont exercé le plus de ravages n'ont coïncidé avec aucune éruption.
En général, les grands tremblements de terre, ceux qui affectent des étendues de pays considérables, s^ montrent tout à fait indépendants de l'action volcanique, tandis que leur mode de propagation est lié aux accidents principaux du relief, tels que les montagnes et les lignes de dislocation. Aussi a-t-il paru naturel à plus d'un géologue de les considérer comme l'indice de mouvements généraux du sol, déterminés par le défaut d'équilibre de la croûte, de telle sorte qu'il y faudrait voir les phénomènes précurseurs des mouvements orogéniques, c'est-à-dire de ceux qui sont destinés à se résoudre dans la formation de chaînes de montagnes.
De fait, on connaît à la Nouvelle-Zélande, ainsi qu'au Japon, des exemples de tremblements de terre ayant fait naître des crevasses de 60 à 150 kilomètres de long, et dont les deux bords présentaient une dénivellation sensible, parfois même un rejet horizontal. La fréquence de ces ébranlements dans la Méditerranée, dont on sait aujourd'hui que les différentes fosses résultent d'effondrements peu anciens, plaide en faveur de la même manière de voir. Ainsi chacun d'eux indiquerait, soit l'ouverture d'une crevasse dans la profondeur, soit un tassement qui ferait glisser un compartiment de l'écorce le long d'une fente.