‹ Abrégé de géologieChapitre 65 sur 175 · STRATIGRAPHIE · texte numérisé non relu

STRATIGRAPHIE

lequel il s'est déposé. Si donc, en un point donné du globe» on pouvait percer un puits vertical jusqu'à la croûte primitive et noter la succession des dépôts traversés, on connaîtrait, par cela même, toute la série des événements qui ont influencé, en ce point, la marche de la sédimentation. On verrait les grès céder la place aux argiles et celles-ci aux calcaires, ou réciproquement; on s'assurerait, par le genre des coquilles enfouies, que le dépôt s'était accompli tantôt sur un rivage, tantôt sous la haute mer, et parfois on constaterait que le régime marin avait, momentanément ou pour toujours, fait place à des formations d'estuaire, d'eau douce ou même continentales.

Lacunes. — Mais si l'on peut ainsi, en profitant des carrières, des tranchées de chemins de fer, des travaux de mines et des sondages profonds, dresser une énumération très exacte des phénomènes sédimentaires successifs, on ne saurait cependant se flatter d'en obtenir partout la série complète. Plus d'une foi», en effet, le jeu de l'érosion a pu faire disparaître, en un point donné, entre deux périodes de dépôt, une certaine épaisseur de sédiments, de telle sorte que la succession offrira des lacunes. De plus, il s'est produit peut-être des émersions plus ou moins prolongées, pendant lesquelles la sédimentation, même d'eau douce, a été interrompue. Encore à supposer qu'aucune émersion n'ait eu lieu, comme nous savons qu'il est des cas où le fond de la mer ne reçoit pas de dépôts^ il peut se faire que sans qu'un seul sédiment ait disparu, il y ait du moins une ou plusieurs lacunes dans la représentation sédimentaire de la série des événements, dont quelques-uns, très importants par leur influence sur les contrées voisines, n'auraient dans ce cas, au point considéré, rien qui leur correspondît.

Ce n'est donc pas à l'aide d'observations faites le long d'une seule verticale qu'on doit essayer de reconstituer l'histoire ancienne du globe. Il faut relever le plus grand nombre possible de ces séries verticales et les comparer entre elles, pour reconnaître la place qu'occupe chaque terme dans l'histoire de l'ensemble.

Principe de continuité. — Mais ici se présente une dif fi-

culte grave, qui tient au caractère essentiellement local de la composition minéralogique dans les sédiments. Toute région de sédimentation est un ancien bassin, maritime ou lacustre, qui était limité par des rivages et dont l'histoire a dû différer de celle des bassins plus ou moins éloignés. Même, dans l'intérieur d'un bassin donné, les dépôts changeaient soit avec la nature de la côte, soit avec la distance au rivage. D'après cela, une couche d'argile, par exemple, se transforme peu à peu, dans une direction déterminée, et passe latéralement à un sable ou à un calcaire. Un dépôt donné ne représente donc qu'un épisode local, La suite de ces épisodes, c'est-à-dire This-

Fig. 37. — Passage d'un sédiment vaseux 1 à un sédiment arénacé 2.

toire géologique, si on la déduit d'un puits percé en A (fig. 37), à travers une couche puissante d'argile, différera sensiblement de celle qu'on établirait à l'aide d'un sondage fait en B, où l'argile alterne avec du sable, et plus encore en C, où l'élément arénacé domine sans partage. Aussi importe-t-il de trouver certains caractères qui permettent d'établir le synchronisme des dépôts de natures diverses, ou, comme on dit, des faciès divers que peut revêtir une même époque sédimentaire.

Le premier de ces caractères est la continuité des assises. Partout où leur transformation latérale peut être suivie pas à pas, il est permis d'admettre que le dépôt a été simultané. Malheureusement l'état de la surface, presque toujours masquée par la végétation, rend cette constatation souventimpossible et elle est très ditticile dans les pays disloqués, où fréquemment des cassures interrompent les assises et les font buter contre d'autres tout à fait différentes (fig. 38). Une cas-

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