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DISCORDANCES

lement anciens, ce qui apporte la preuve du retour de la mer sur des territoires qu'elle avait depuis longtemps abandonnés. Mais les discordances de stratificatioriy comme on les appelle, sont loin d'avoir la généralité qu*on s'était plu dans le principe à y attribuer. A une certaine distance des points où on les

Fig. 39. — Grèfl dévonion dd\ reposant en discordance sur des schistes siluriens a.

observe, la série redressée montre, en profondeur,. une inclinaison de moins en moins grande (fig. 40) et son allure finit par devenir tout à fait concordante avec celle des couches qu'elle supporte. Le phénomène de dislocation qui a produit Ja discordance a donc été local. C'est une date importante dans

l'histoire de la région; mais cette date est sans signification pour les régions tant soit peu distantes, absolument comme les événements survenus en Europe peuvent passer inaperçus dans une autre partie du monde.

Lorsqu'une lacune a été causée par une émersion, il arrive assez souvent que le fait se révèle par l'état de la surface des

dépôts. Cette surface est usée, corrodée, perforée par des mollusques lithophages, c'est-à-dire appartenant à des espèces qui ont l'habitude de se creuser un logement, au niveau de la mer, dans les rochers qui forment le rivage. C'est donc l'indice d'une exposition plus ou moins prolongée à l'air.

Les discordances paléontologiques ont une signification plus étendue. La succession des formes organiques ayant été parfaitement ordonnée, si, entre deux sédiments de même faciès, formés dans des conditions analogues, par exemple entre deux calcaires crayeux ou deux argiles schisteuses, on remarque une grande différence de faunes, on en pourra conclure avec certitude que les deux dépôts, fussent-ils stratigraphiquement concordants, ont dû être séparés par un assez long intervalle, correspondant au temps qui a été nécessaire pour que le renouvellement progressif des êtres vivants pût se produire.

Valeur relative des divisions. — Par l'application de ces diverses règles, on est parvenu à établir, dans l'histoire de la série sédimentaire, des divisions de plusieurs ordres, depuis celles qui correspondent à de simples épisodes locaux, et dont la signification est alors purement régionale, jusqu'aux groupes qu'on peut reconnaître sur toute la surface du globe.

Les premières divisions ont pour base la distinction des lits, couches, ou strates, qui se caractérisent au point de vue de la faune par une ou plusieurs espèces dominantes, formant un horizon paléontologique. Ensuite viennent les assises ou zones fossilifères, se groupant elles-mêmes en étages ou sous-étages; les étages à leur tour composent par leur association des systèmes, dont chacun embrasse une période et la réunion de plusieurs systèmes forme un groupe, auquel correspond une des grandes ères de l'histoire terrestre. Quelquefois, entre les systèmes et les étages, on est conduit à intercaler une division en séries.

Plus une division est d'ordre élevé et plus grande est l'étendue sur laquelle on peut la reconnaître; mais aussi ses limites deviennent de moins en moins nettes ; non qu'elles ne puissent être précisées en chaque point; mais parce que ces limites locales, justifiées individuellement par le changement des sédiments et des faunes, ne coïncident pas toutes ensemble et

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