‹ Abrégé de géologieChapitre 75 sur 175 · SYSTÈME DÉVONIEN 1* DÉVONIEN INFÉRIEUR OU SÉRIE ÉODÉVONIENNE · texte numérisé non relu

SYSTÈME DÉVONIEN 1* DÉVONIEN INFÉRIEUR OU SÉRIE ÉODÉVONIENNE

Données générales sur le système déTonien. — Un changement considérable marque l'ouverture de la période dévonienne. Une importante chaîne de montagnes, la chaîne calédonienne, vient de surgir, de l'Ecosse à la Scandinavie. Toute l'Europe septentrionale émerge, et la terre ferme gagne du terrain dans les régions arctiques comme dans l'Amérique du Nord, tandis qu'elle en perd sur l'emplacement du bassin des Amazones.

Ce n'est donc plus dans le nord de l'Europe qu'il faut aller chercher les formations marines de l'étage; c'est sur la bordure du continent boréal qui vient de se constituer, dans les régions de l'Ardenne et du massif rhénan, ou bien encore dans le sud et Test de la Russie, où la sédimentation n'a pas été troublée, comme dans l'ouest de l'Europe, par le voisinage trop iii^njiédiat dçs îlots cjui subsistaient.

Eii bordure de là chaîne calédonienne se sont formées de puissantes couches de conglomérats et de grès, renfermant en aboiidance des restes de poissons. Ces restes appartiennent, en grande partie, à la famille des ganoïdes (flg. 50) ou poissons

Fig. 50* — OsteolepiSf poisson ganoïde dévonien.

cuirassée à hageôire caudale dyssymétrique, dont le corps était revêtu d'une véritable carapace écailleusé.

Les ganoïdes ne sont plus représentés de nos joiirs que par Un petit tiombre d'espèces habitant les rivières de l'Afrique, de l'Aiuérique du Nord et de l'Australie ; d'oîi Ton peut inférer que les conglomérats dévouions qui les contiennent ont dû se déposer dans des eaux douces ou saumâtres.

Plus loin, dans le domaine maritime, on retrouve des trilo-

Flg. 51. — Cryphasus Michelini (tôte et abdomen).

Fig, 52. — Spirifer Verneuili.

bites, tels que Phacops et Cryphœus (fig. 51), mais surtout des brachiopodes, particulièrement des spirifères (fig. 52) e1 des stringocéphales.

Au nombre des céphalopodes se trouvent maintenant les goniatités (ûg. 53), c'est-à-dire les premiers représentants de la grande famille des ammonoidés, dont les cloisons, d'abord

FAUNE DEVONIENNE

trèâ simples (fig. 54), iront se compliquant de plus en plus, sans que le stade goniatite cesse d'être traversé, dans Fétat embryonnaire, par ces animaux plus différenciés. Grâce aux ammonoïdés, céphalopodes nageurs, moins sensibles à la variété des conditions extérieures locales, la détermination du synchronisme des séditaents marins va pouvoir disposer d'un moyen d'inforination supérieur à tous les autres.

A la faune dévotiienne appartiennent encore de nombreux crinoïdes et des polypiers à opercule, du genre Calceola

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Fig. 53. — GoniatUei îlg. 54. — Ligne de Suture Fig. 55. — Calceola retronus, de Gûniatites {Gephyroeeras, sandalina.

Mantieoceras) intumescens.

(fig. 55), très caractéristique de la partie moyenne du système.

C'est avec la période dévonieiine que commencent à apparaître, sur une grande échelle, les calcaires construits par Tactivité deâ organistnes. Les polypiers proprement dits et lès foraminifères n*y ont que peu de part; la construction est surtout le fait des Stromatopores et autres organismes inférieurs, de la famille des hydrozoaires, dont Taccumulation donne naissance à des massifs réguliers de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur.

Divisions du système déTonien. — Le système dévonien est partagé d'habitude en six étages; mais ces divisions se groupent naturellement en trois, que nous considérerons

successivement en les qualifiant simplement de dévonien inférieur, dévonien moyen et dévonien supérieur. Ce sont, jusqu'à présent, les seules qui puissent être aisément suivies sur toute la surface du globe. Commençons par le dévonien inférieur ou la série éodévonienne.

C'est à Gédinne, en Ardenne, qu'on a pris le type de l'étage inférieur ou gédinnien. Les environs de Goblentz ont fourni celui de l'étage suivant ou coblentzien, caractérisé par le grand épanouissement du genre Spirifer, D'un autre côté, la première apparition des goniatites, qui coïncide avec le début du dévonien, permet de faire intervenir la considération des céphalopodes cloisonnés, à l'aide desquels le dévonien inférieur peut être partagé en une première zone à Tornoceras inexpectatum, et une seconde à Agoniatites fidelis et Anarcestes prœcursor,

Europe septentrionale. — Le soulèvement de la chaîne calédonienne a déterminé la formation, en Ecosse et dans le nord de l'Angleterre, de grands estuaires ou de lagunes allongées, impropres à la vie marine. Là, l'érosion continentale, marchant sans doute de pair avec le soulèvement de. la contrée, a entassé des milliers de mètres de grès bruns ou rouges, de conglomérats, de schistes et de marnes, constituant ce que les Anglais ont appelé old red sandstone ou vieux grès rouge. Des concrétions subordonnées au grès renferment les restes des poissons qui fréquentaient les estuaires, et la partie de Vold red qu'on peut attribuer au dévonien inférieur est celle dite série de Gaithness, où se montrent les genres Dipterus, Coccosteus^ Cephalaspis, Pteraspis, Elle passe d'ailleurs insensiblement aux grès qui terminent le gothlandien. Son épaisseur, en Ecosse et en Irlande, n'est pas inférieure à 3 000 mètres; et un grès semblable, avec Pteraspis, apparaît au Spitzberg.

Massifs ardennais et rhénan. — Bien différente est la série ardennaise, à la fois épaisse, variée, et assez riche en fossiles. Elle s'est déposée dans un détroit, resserré entre le continent du Brabant et quelques îlots méridionaux, et ses couches se déploient, très disloquées, sur les flancs de la vallée de la Meuse,

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