LE DÉVONIEN INFÉRIEUR EN EUROPE
Le gédinnien y débute par le poudingue de Fépin, véritable arkose. Les éléments de cette assise proviennent en partie de la destruction d'un massif de pegmatite, dont il serait malaisé d'indiquer la place originelle. L'étage, dont le fossile principal est Spirifer Mercuri, continue par des quartzophyliades chargés de fer oligiste, des schistes rouges et des psammites bigarrés.
Le coblentzien qui lui succède, épais de 1 500 à 2 000 mètres, laisse voir une succession de grès, parfois verts, de schistes décalcifiés ou grauvackes, de schistes rouges et de conglomérats {poudingue de Burnot), Les Spirifer primœvus et S. paradoxus y dominent, avec un polypier très caractéristique, Pleurodictyum problematicum.
Dans le massif du Rhin, les quartzites gédinniens du Taunus {taunusien), avec schistes à séricite en bas, supportent la puissante assise de la grauwacke à spirifères de Coblentz. La roche dominante est un schiste décalcifié, entremêlé de quartzites en plaquettes. Comme en Ardenne, les ma3ses calcaires font défaut dans cet ensemble, produit d'une sédimentation assez troublée, quoique bien moins variable que dans la vallée de la Meuse.
Europe orientale. — En suivant la formation vers l'est, on la voit passer peu à peu au faciès tout différent qu'elle affecte en Bohême, où elle est entièrement à l'état de calcaires, riches à la fois en trilobites (Bronteus, Harpes, Phacops), en brachiopodes et en massifs de polypiers. C'est le faciès Hercynien de l'étage, qui se prononce de plus en plus à l'est, pour acquérir tout son développement dans l'Oural méridional, avec les calcaires à Hercynella bohemica et à pentamères, supportant d'autres calcaires à Anarcestes. En revanche, en Pologne et en Podolie, on voit s'opérer le passage entre le grès à spirifères et les grès rouges à Pteraspis et Coccosteus, marquant le bord du continent russe. Les sédiments de ces deux faciès s'entremêlent, et c'est cette association des poissons de Vold red anglais avec les mollusques du dévonien marin qui a permis de trancher la question, longtemps controversée, de l'ûge du vieux grès rouge.
Massif armoricain. — Plus éloigné du continent boréal que l'Ardenne, le massif du Cotentin et de l'Armorique offre une
série dévonienne fort différente et exempte de conglomérats. Débutant par l'assise gédinnienne des schiste^ et qaartzités de Plougastely qui passent insensiblement au gothlandien, le dévonien inférieur continue par le grès de Landévennec, à Orthis Monnieri, après quoi, la sédimentation s'étant régularisée, dans les eaux devenues plus claires, il s'est formé un calcaire (celui de la rade de Brest), qui apparaît au milieu du schiste, étant caractérisé par le brachiopode Athyris undata et des trilobites, Phacops, Cryphœus, C'est ce calcaire à Athyris undata, en petits bancs mélangés de plaquettes schisteuses, qui se montre à Néhou (Manche)^ toujours superposé au grès à Orthis (grès de Gahard). Quelques apparitions sporadiques de grès micacés à Orthis, dans le tnassif d'Ecouves, montrent que le dévonien inférieur a dû occuper de grandes surfaces dans le massif armoricain-normand. C'est l'érosion qui Ta réduit à ne plus apparaître qu'en lambeaux, pinces dans les plis ou synclinaux du silurien supérieur.
Europe niéridiondle, Asie, reliions arctiques. — Le type breton du dévonien inférieur a une grande extension; car on le retrouve, sans changement notable, et avec la même fauUej dans les Asturies, en passant par les Pyrénées, et dans l'Aragon. Sans doute un bras de mer passait de la Bretagne à la péninsule ibérique, d'où, par la Méditerranée, la mer rejoignait les Alpes Carniques, sur l'emplacement desquelles le dévonien inférieur, franchement marin, montre à la fois, à la base le niveau à Tornoceras et, à son sommet, un calcaire semblable à celui de la Bohêthe.
Le faciès hercynien se poursuit en Sibérie. On retrouve des gisements éodévoniens dans le Turkestan russe, la Chine et le Cachemire.
Quant aux régions arctiques, si bien baignées par la mer gotlîlandienne, le dévonien ne s'y montre que sous la forme du grès rouge.
Amérique, Afrique. — Le dévonien inférieur de l'Amérique du nord diffère assez de celui de l'Europe pour qu'il soit difficile de les paralléliser dans le détail. Commençant par un calcaire àpentamères, il continue par des grès et des schistes, avec brachiopodes des genres Tropidoleptus et Lepiocoelia^ très