L'AIR
L'atmosphère, ou la couche d'air, qui entoure la Terre, lui sert d'enveloppe protectrice contre la déperdition de la chaleur nécessaire ; du reste, l'air est constamment réchauffé par les rayons du soleil. — L'homme a pu s'élever dans l'air jusqu'à une trentaine de mille pieds ; au delà de cette hauteur, l'oxygène est trop raréfié pour qu'il puisse y vivre. Toutefois, on a réussi à faire monter des ballonssondes jusqu'à une altitude d'environ 55,000 pieds, et Ton a pu de la sorte étudier quelle est la composition de l'air à ces hauteurs. Ce qu'on ignore encore, c'est l'épaisseur totale de l'atmosphère.
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L'air peut exercer sur les roches, d'abord, une action CHIMIQUE, en les décomposant. Mais on sait encore peu de chose de la manière dont s'exerce cette action. Le changement de couleur est l'un des phénomènes que subissent les roches au contact de l'air, et celui que l'on peut constater le plus facilement.
Ensuite, et principalement, l'air peut exercer une action MÉCANIQUE et causer de la sorte, à la surface des terrains, des modifications profondes. Cette action mécanique résulte des mouvements de l'air qui constituent le vent. C'est de sa vitesse que dépend la puissance effective du vent. On dit qu'il y a une tempête quand il est d'environ 70 pieds à la seconde, et un ouragan lorsqu'il attent la vélocité d'environ 100 pieds à la seconde. S'il arrive qu'il souffle à la vitesse de 125 pieds par seconde, ses effets peuvent être terribles. On cite le fait d'un palmier, dont la tige avait un pied et demi de diamètre et fut coupée net par une planche de sapin projetée contre elle au cours d'un ouragan qui eut lieu à la Guadeloupe, en 1825. Les cyclones et les trombes, où la vitesse formidable des vents est jointe à des mouvements tourbillonnants, sont des phénomènes auxquels rien ne résiste, ni les navires, ni les constructions, ni les plus gros arbres.
U origine du vent est dans les différences de température qui se produisent constamment dans l'atmosphère. Voici, par exemple, telle région exposée au soleil du midi : l'air s'y échauffe, et, devenu plus léger à mesure qu'il se dilate, il s'élève en laissant une sorte de vide à sa place ; pour combler ce vide relatif, pour rétablir l'équilibre entre cette portion de l'atmosphère et les régions où l'air est resté froid et plus compact, il s'établit aussitôt des courants atmosphériques, qui sont les vents.
Les effets des vents ordinaires sont l'érosion et l'édification du sol. — 1°, Les vents enlèvent facilement les parties les moins résistantes du sol et les transporte au loin : c'est en cela que consiste le phénomène d'ÊROSiON. C'est ordinairement le sable sec qui est ainsi enlevé par le vent ; et quand il est projeté de la sorte et d'une façon continue, il
GEOLOGIE
peut user et polir les roches qui en subissent le frottement.
2°, Les sables et autres matières emportées par le vent sont parfois arrêtés par un obstacle quelconque et s'accumulent de diverses façons. Soit dans les déserts, soit sur les plages, la surface du sable prend souvent l'aspect de rides, de flots ou de vagues qui se solidifieraient et garderaient leurs formes. — Mais ce sont les dunes qui sont le phénomène le plus important que le vent puisse produire sur le relief des terrains.
Les dunes. — On donne le nom de dunes à des collines de sable qui, soit sur les rivages, soit dans les déserts, tendent à s'étendre dans la direction des vents dominants.
Fig. 22. — Dunes du Sahara.
Fig. 23. — Dunes maritimes.
Les dunes du bord de la mer, en particulier, menacent toujours l'intérieur des terres, par l'apport continuel du sable soulevé par le vent. La formation des bancs de neige, durant nos hivers canadiens, peut nous donner une idée de la formation des dunes, de leur accroissement et de leur progression sur le sol. On cite les dunes de Gascogne (France) qui s'avançaient autrefois de 60 à 75 pieds par année, et qui ont enseveli une église et un village. Dans notre Province, on peut juger du travail des sables poussés par le vent : sur les côtes de Natashquan, de Tadoussac, de la pointe aux Alouettes (Baie Sainte-Catherine), et surtout
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sur la rive nord-est du lac Saint-Jean, où il y a des dunes hautes d'une centaine de pieds. Quant aux dunes qui se forment dans les déserts, comme au Sahara, où il y en a de grands massifs, elles atteignent parfois des hauteurs de 1000 à 1200 pieds.
Dans certains pays, notamment en France, on a jugé utile de fixer les dunes, c'est-à-dire d'arrêter leur marche vers l'intérieur des terres. Pour obtenir cet effet, on a commencé par y semer des plantes appropriées aux terrains siliceux et dont les racines immobilisent les grains de sable ; puis, sur le sol ainsi fixé, on a planté des pins à croissance rapide et qui, outre qu'ils brisent l'effort des vents, sont aussi une source de richesse par le bois et la résine qu'ils fournissent.