INFLAMMATION DÈS POUMONS
C’est une maladie très dangereuse , et à laquelle les chevaux sont très sujets: sa fréquence est occasionnée par un mauvais régime , et non par un vice naturel dans la constitution de l’animal , les soins du palirenier peuvent donc l’en garantir. Les auteurs qui ont écrit sur la médecine humaine font une distinction entre l’inflammation des poumons et celle de la plèvre , membrane qui enveloppe ces organes ; ils appèlent la première pneumonie , et la secondé pleurésie : cette distinction n’est pas nécessaire dans la nosologie vétérinaire , puisqu’on ne trouve jamais dans le cheval ces parties affectées séparément (1). Cette maladie 1
(i) En examinant les cadavres des chevaux morts de cette maladie, on trouve toujours la plèvre et les poumons attaqués : il est probable, cependant, que rinflammation commence ordinairement par la plevre, et s’étend par d«grc* jusqu’aux poumons»
fait des progrès très rapides; et si l’on n’employe pas, dès son début, les remèdes convenables, elle se se termine souvent d’une manière fatale.
Son invasion s’annonce parles symptômes suivans :
Perte d’appétit , air abattu , et aversion pour l’exercice, battement précipité des flaucs , chaleur delà bouche, et quelquefois toux: si "l’emploi d’un traitement peu convenable ou insuffisant laisse faire des progrès à la maladie , tous ces symptômes augmentent d’intensité , la respiration deviendra extrêmement accélérée et laborieuse, le pouls plus fréquent et faible en même temps ; le cheval exprime s par son attitude , la souffrance et l’anxiéte, les naseaux sont ouverts , les yeux fixes et la tète tombame , les jambes et les oreilles deviennent froides , et la faiblesse est si considérable , qu’il ne peut se remuer qu’avec une grande difficulté , il ne se couche jamais à moins qu’une extrême faiblesse ne le rende incapable de se tenir debout»
Les progrès de cette maladie ne sont pas toujours aussi rapides que nous venons de les décrire 9 et souvent on peut observer une remission considérable qui est probablement occasionnée par un épanchement de sérosités ou d’eau dans la poitrine ; celte remission est quelquefois si remarquable que l’on est porté à en tirer un favorable pronostic ; le cheval commence à reprendre de la nourriture et le pouls devient moins fréquent , mais cette apparence est souvent trompeuse ; la maladie reparaît bientôt avec une nouvelle violence , et termine la vie de l’animal.
J’ai vu des cas où la saignée n’ayant pas été assez copieuse , l’inflammation n’avait été arrêté©
qu’en partie, et se terminait par une abondan effusion d’eau dans la poitrine ; lorsque ce ci an îve , le cheval reprend de la nourriture, para plus vif et, en peu de temps, les symptômes d la hevre disparaissent en grande partie;il conserve nonobstant , une respiration accelétée, ordinal rement accompagnée de toux ; ses jambes dl deniere enflent , et il se couche très rarement t| fca peau rude , présente une apparence morbide et semble collée aux côtes. L’animal est dans ut état permanent de faiblesse; après quelque temps ,
1 inflammation revient ordinairement, et achevé bientôt la vie de l’animal.
S il arrive que l inflaromaLion se termine par suppuration, dans ce cas , la fievre diminue et le cheval commence à reprendre un peu de nourriture ; mais il est encore très faible, conserve une; toux légère et Jette par les narines une matière; fétide ; enfin , la maladie reprend de nouveau un caractère de gravité et met bientôt un terme à ses souffrances.
La première chose à faiie quand on remarque cette dangereuse maladie e t de saigner le cheval jusqu’à ce qu’il commence à s’affaiblir; j’ai vu tirer environ sept pintes (litres) de sang dans une seule saignée, ce qui produisit le meilleur effet : on triomphera quelquefois complètement de la maladie en pratiquant ainsi, dès son début , une saignée abondante. Si le cheval était constipé, ou même si les intestins étaient dans un état naturel , il serait convenable de lui faire prendre une chopine ( demi-litre ) d’huile de ricin et d’administrer un lavement d’eau de gruau. Il sera nécessaire alors, pour détourner l’inflammation de cet organe
important , dc placer des sétons à Ja poitrine et au ventre et de larges vésicatoires sur les côtés. On don rappeler la chaleur des jambes par des ni lions seches presque continuelles, surtout ne jamais oublier l’emploi des couvertures. *
Rien n est plus pernicieux, dans cette maladie,
. lUe de forcer 1 à respirer l’air impur et les
, tapeurs excitantes d’une écurie trop close: c’est
T I"*® f.'Constantf qn’ü ne serait pas ,’écesaire den faire mention, si ce n’était pas une imique commune parmi les palfieniers, dans fc f®0" > de toucher toutes les ouvertures . .f'ent un Pa“age à l’air pur , et qui facilite-
[ Si la, maIadie ne Paraît pas diminuer dans les ^ouze heures qui suivent la saignée, et surtout,
' elie a ?ugmente de violence , il faut la répéter ,USS1 coptensement que 1. première fois , ‘sans
' J qUe- 3 P"'16 d unf aussi grande quantité
lompher de l’inflammation qui cause la fïevre et I vonser le rétablissement des forces de l’animal.
On s est rarement trouvé dans la nécessité de ligner plusieurs Ibis très abondamment, mais il ut se rappeler que si la fïevre a duré quelque i mps et a presque épuisé les forces du cheval ;",
gnef n est F«que jamais salutaire : je crois au cntraire quelle a quelquefois hâté la mort. ’ ^uand la suppuration s’établit dans les poumons, miqu ,1 y an peu de probabilité de sauver l’ani-
UvemTe P1 êl,e Pi0l0Dgée e“ lui 'donnant «vent de bonne eau de gruau et une infusion
de drèclie : on peut encore faire usage de l’opium, du sel de corne de cerf et autres cordiaux. J'ai souvent fait prendre le bol suivant dans ces cas, et quoique je n’aie jamais vu de cheval se rétablir après que la suppuration avait eu lieu dans les poumons , ces remèdes procuraient un très grand
soulagement.
Sel de corne de cerf. ............ i g*ros %.
Opium . . . . î gros %.
Semences d’anis pulvérisées . % once.
Sirop simple , quantité suffisante pour former un bol d’une dose.
Quand ce mode de traitement a été adopté avant que la maladie ait fait de grands progrès , il doit , en général , réussir comp! element. Une faiblesse considérable succède ordinairement a la üevre; mais elle se dissipera aussi par degrés , si Fon soumet le cheval à un régime et un exercice convenables. Lorsque son appétit commence à revenir, il sera bon de lui donner en petites quantités de l’avoine infusée dans l’eau bouillante ; une bonne eau de gruau contribuera an rétablissement de ses foi ces; on lui choisira le foin le plus délicat , mais peu à la- fois : la drèclie est dans ce cas un excellent fortifiant, mais* on ne doit en ; donner qu’avec discrétion . Quand le temps est favorable , il faut faire faire au cheval , tous les joins, une comte promenade, ou si S’on a à sa disposition un petit enclos, et que la saison le j permette , on peut l’y laisser torn les jours quel- j ques heures lorsque le soleil est sur i’iiodson ,.ij ayant soin de le bien couvrir j de cette manière, il recouvrera ses forces par degrés.