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DE LA FIEVRE

Les fievres auxquelles les chevaux sont sujets , ont tiès peu d’analogie avec celles qui affectent le corps humain , et exigent un traitement différent. Les auteurs qui ont traité de la maréchalerie ont décrit un grand nombre d’espèces de flevres, mais leurs observations paraissent avoir été extraites des ouvrages de médecine humaine, et leurs raison— nemens semblent entièrement appuyés sur Fanalogie. Je ne distingue que deux espèces de fievre; l’une est une maladie idiopathique ou primitive , et c’est pourquoi elle est , avec raison , appelée simple ; l’autre dépend d’une inflammation interne et est très convenablement nommée fievre symp* tomatique. Par exemple, si les poumons , les intestins, ou l’estomac étaient enflammés, tout le système serait dérangé , et il s’en suivrait un© fievre symptomatique; mais s’il y a affaissement des vaisseaux perspiratoires , le sang s’accumule dans les parties intérieures du corps,, et quoique l’inflammation n’en soit pas le résultat, la distribution inégale du sang occasionnera seule ce dérangement dans le système, qui constitue la

Serre simple (x). Elle n’est pas aussi fréquente que la fievre symptomalique et n’a rien d’aossi effrayant dans ses symptômes; cependant, il faut y apporter la plus prompte attention , car, à moins que la nature ne reçoive des secours opportuns , elle sera quelquefois incapable de se débarrasser du fardeau qui l’accable ^ et le sang s’accumulera dans les parties intérieures du corps , jusqu’à ce que l’inflammation affecte quelques-uns des viscères, et constitue une maladie dangereuse. Les symptômes de la fievre simple sont : frisson , suivi de perte d'appétit, air abattu, accéîéiation du pouls, ardeur de la bouche, et débilité; le cheval est ordinairement constipé et urine avec difficulté. La maladie est souvent accompagnée d’accélération dans le mouvement de la respiration et, quelquefois, de douleurs dans les intestins.

Aussitôt qu’un cheval est attaqué de cette maladie , il faut le saigner copieusement, et si la constipation est au nombre des symptômes , faites prendre une chopine (demi-litre) d’huile de ricin cm d’huile d’olive , et administrez un lavement d’eau de gruau tiède (2). Après l’effet du laxatif, on

(ï) La fievre est souvent précédée ou plutôt commence par des frissons; il paraît raisonnable d’inférer de cette ♦circonstance qu’une interruption de fonctions de la peau e*t ou une cause de fievre, ou a une connexité matérielle avec elle.

(2) J’ai découvert dernièrement que le breuvage suivant était un laxatif très utile dans ces occasions.

Preue* aloës des Barbades pulvérisé ... 3 gros.

Alcali préparé . 1 gros 1/2.

Huile de ricin . 4*6 onces.

Eau de menthe simple et eau pure ,

de chaque . > 4 once».

Mêlez pour une dose.

donnera la poudre fébrifuge de douze en douze heures , et on continuera jusqu’à ce qu’on ait obtenu une forte évacuation d’urine. On offrira souvent au cheval, mais peu à-la-fois, de l’eau chaude et du son mouillé , on le couvrira chaudement, on lui fera de fréquentes frictions sèches et sa litière sera abondante. Si la fievre augmente il est bon de placer des sétons à la poitrine et au ventre, afin de prévenir une inflammation interne. Quand la maladie semble disparaître, que le cheval paraît moins abattu et reprend de l’appétit , on lui fera faire de courtes sorties lorsque la température est douce, et on lui donnera de temps en temps une infusion de drèche pour rétablir ses

forces.

Poudre fébrifuge .

Nitre en poudre . 1 once.

Camphre et tartre d’antimoine, de

chaque . 2 gros.

Mêlez pour une dose.

Nitre pulvérisé . . . i once.

Antimoine diaphoré tique non lavé.. 2 gros. Mêlez pour une dose.

Poudre antimoniale . . . 5 gros.

Camphre . . . i gros.

Mêlez pour une dose.

Nota. Les additions faites par l’auteur à ce sujet, s« trouyeat dans l’Appcudix.

riEVRE SYMPTOMATIQUE.

La fîevre symptomatique est généralement occasionnée par un excès de nourriture, par (les écuries privées d’air et par le défaut d’un exercice convenable; quelquefois , cependant, elle est certainement produite par une transition subite d’une température froide à une température chaude; à cet égard elle diffère de la fievre simple,, qui, comme nous Pavons déjà observé , peut se manifester lorsqu’un cheval accoutumé à une écurie chaude , est tout-à-coup exposé à un air froid. Les chevaux qui reviennent des camps ou qu’on retir e de l’herbe et qu’on place de suite dans des écuries chaudes, sont très-sujets à ces inflammations internes qui occasionnent la fievre symptomatique , et plusieurs milliers ont succombé à cet usage.

La fievre symptomatique ne se déclare point par des frissons, et elle n’attaque pas aussi subitement que la fievre simple ( 1) , mais quand elle n’est pas maîtrisée par une prompte application de remèdes, les symptômes augmentent graduelle ment de violence jusqu’à ce qu'ils présentent une apparence dangereuse : cependant, lorsqu’elle est occasionnée par un exercice violent et long-temps continué, elle se déclare ordinairement subitement, avec des symptômes effrayans*

La fievre symptomatique a plusieurs caractères

(i) La fîevre qui débute par le frisson se termine souvent par une inflammation fatale de* poumons , quand elle a été négligée ou mal traitée.

communs avec la fievre simple , tels que perte de l’appétit, vitesse du pouls , air abattu , chaleur de la bouche, et débilité j et si la difficulté de respirer et un mouvement accéléré des flancs , la froideur des jambes et des oreilles, se joignent a ces symptômes , on peut conclure qu’elle est produite par l’inflammation des poumons. Si le cbeval laisse tomber sa tête dans la mangeoh e ou tire follement sur ses longes, s’il paraît plongé dans un profond assoupissement, s’il a les yeux larmoyans et enflammés , il est pr obable que îa fievie est occasionnée par un amas de sang dans les vaisseaux du cerveau, et que le vertigo doit bientôt survenir. Dans ce cas, cependant, le pouls n’est pas toujours accéléré, je l’ai trouvé même, que’quefois , plus lent qu’à l’ordinaire (i).

Quand , avec les symptômes de la fievre , les yeux et la bouche affectent une couleur jaune, c’est 1 indication d’une inflammation du foie j lorsqu’elle est produite par une inflammation des intestins y le cheval a de violentes tranchées. Une inflammation des reins cause également la fievre : elle se 3 distingue par une suppression d’urine et une seni sibilité des lombes qui les rend incapables de soufj fiir aucune pitssion. Quand îa fievre est occaï sionnée par une inflammation de la vessie , le : cheval pisse fréquemment et ne rend que de petites quantités d’urine a^ec beaucoup de douleurs. Les blessures étendues, et pai ticulièrement celles des

(i) Des symptômes à-peu-près semblables se manifestent quand l’estomac est oppressé ou chargé et incapable de digérer. ( Voyez Vertigo et Maladie dy festooaaç. Appendix.

articulations produisent aussi la fievre symptomatique.

Plusieurs parties internes sont quelquefois enflammées en même temps, et alors, quand l'inflammation est chronique , elle se borne rarement à l’organe qu’elle a affecté dans l’origine* la maladie s’étend à un autre viscère, et si plusieurs organes sont attaqués , les symptômes sont compliqués. Les remèdes essentiels sont, cependant, toujours les mêmes, c’est-à-dire une saignée prompte et abondante , avec des sétons , etc.

Après avoir donné la desciiption généiale de la fievre symptomatique, je vais traiter séparément les cas que j’ai indiqués ci-dessus succintement.

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