POUSSE
On s’accorde assez généralement à regarder cette maladie comme incurable, quoiqu'elle soit susceptr le de recevoir un grand adoucissement, et qu’on puisse la prévenir si l’on en découvre de bonne heure les symptômes
Les chevaux qui y semblent les plus sujets sont ceux d’un appétit vorace , qui mangent même leur litière, et se maintiennent en bon état avec une quantité modérée d’avoine. 11 en est de même de ceux qui sont abondamment nourris et qui ne prennent pas en même temps assez d’exercice.
Un auteur moderne a observé (î) « que l’ap- )) parente la plus commune des poumons dans.i » les chevaux poussifs, est un épaississement gé-4
(i) Recherches sur la structure et l’économie animale du cheval , par Richard Lawrence , Chirurgien-Vétérinaire, Birmingham, 4°' » ouvrage d’un grand mérite.
» néral de leur substance, qui détruit en grande )) partie leur élasticité et augmente leur pesanteur » spécifique, en même temps que leur capacité » pour l’air est diminuée. Pendant la vie, les )> poumons remplissent entièrement la cavité de i) la poitrine , de manière a ne laisser aucun » espace entre leur surface extérieure et celle )) intérieure des côtes. ( Voyez Structure des pouy> mous, ) Ainsi ils se dilatent et se contractent, en » suivant par leur propre élasticité faction des 7) côtes et du diaphragme. Si l’on perce la poi- )> trine d’un sujet mort , fair s’y précipite et les )) poumons s’affaissent 5 mais si le cheval était » poussif, les poumons ne s’affaissent pas. Cet » état des poumons explique suffisamment la diffi- » eu té de la respiration ; car comme leur faculté X» de dilatation est détruite , les côtes ne peuvent » se développer sans former un vide dans la )) poitrine qui prévient la pression de fair exté- )) rieur; ce que l’on peut facilement reconnaître » dans un cheval poussif, car alors les muscles » intercostaux sont tellement reserrés qu’ils for— » ment un sillon profond entre chaque côte, et D une dépression dans les flancs. C’est pour cela » que fair est repu dans les poumons avec beau — » coup de difficulté ; mais son expulsion s’opère » plus aisément , par la raison que le retour des )) côtes et du diaphragme le chasse naturelle- )) ment par leur pression. Ainsi,, dans les chevaux )) poussifs, /’ inspiration est très lente, mais fex- » pi/ation est subite et rapide , comme on peut » le remarquer par le retour des flancs accom- < » pagne cfune secousse. '>
il me semble que les observations de M. Law-
' . " zi-
rence sur ce sujet, ne sont pas exactes. Les poumons des chevaux poussifs que fai examinés étaient en générai plus développés qu’à l’ordinaire, avec de nombreuses bulles d’air sur leur surface. Ceci doit provenir de la rupture de quelques-uns des conduits aériens • car, dans ce cas, une partie de l’air qui est inspiré s’introduit nécessairement dans la membrane cellulaire des poumons, et se dilate jusqu’à ce qu’il arrive à la surface. C est alors qu’il élève la plèvre de manière à former les bulles d’air que l’on observe. (T) Telle est la raison pour laquelle les poumons des chevaux poussifs ne s’afiàissent pas quand la poitrine est percée; et ceci ^ert à expliquer le mouvement particulier de leurs flancs , qui ne consiste pas, comme l’affirme M. Lawrence , en une expiration précipitée et une inspiration très lente, mais en une opération tout-à-fàit contraire. L’air arrive très promptement dans les poumons, ce qui se manifeste par une chute soudaine des flancs , mais il est expulsé lentement et avec une. grande difficulté \ comme on peut facilement le reconnaître par l’effort long-temps continué des muscles abdominaux, (i)
l(i) Voyea la description des fonctions; des poumons , etc» , ci-dessus page 5..
(a) Il y a peu de temps qu’un cheval complètement poussif me fut donné pour faire des expériences relatives à la Morve» maladie qui., pendant plusieurs années, a fixé mon attention. Après avoir détruit ranimai et examiné les poumons avec grand soin , ils me parurent très peu 1 endommagés , bien loin d’etre- épaissis et dans l’état décrit par M. Lawrence, ils étaient spécifiquement plus légers que dans l’état naturel ; et quoiqu’on n’aperçût point de bulles d’air à la surface, il y avait évidemment une grands
Quand la membrane qui revêt intérieurement le canal aérien et toutes ses ramifications a été affectée d’inflammation, elle s’épaissit alors, et la capacité des. poumons diminue ; ceci occasionne un mouvement de vitesse dans la respiration, mais non pas ce mouvement irrégulier et inégal qui caractérise la pousse. La maladie que produit cette inflammation est communément appelée respira tion court?) et le cheval qui en est affecté, si on les fait mai cher rapidement, imite le sifflement de la respiration d’une personne asthmatique , et est irm propre à tout exercice violent Je crois que cette maladie est souvent une cause de L pousse, car la membrane est très épaissie; quelques ramuscules du canal aérien sont probablement pins ou moins obstrués. La toux violente qui accompagne cetto
quantité d'air répandu dans leur tissu cellulaire , ce qui avait dû être occasionné par la rupture d’une ou de plusieurs des vésicules, aériennes ou ramuscules du canal aérien , parce qu’il n’existe pas d’autre source qui ait pu le produire. Alors c’était un cas de pousse simple, qu’on, peut aisément distinguer , non par un mouvement des flancs plus précipité qu à l’ordinaire, mais par un mouvement inégal. Les flancs d’un cheval poussif sont quelque temps à s’enfler ou à se contracter , ce qui annonce la difficulté qu’il éprouve à expulser l’air de ses poumons ou à expirer; mais quand ce mouvement est effectué, les flancs se distendent tout-à-coup, ce qui démontre que l’air entre dans les poumons, ou que l’animal inspire avec beaucoup plus de facilité qu’il n’expire.
Il arrive souvent, cependant, que la pousse est compliquée avec la respiration courte, et, comme je l’ai cidevant observé, elle est quelquefois occasionnée par cette dernière maladie; ce qui a probablement donué lieu à l’opinion que nous avons essayé de réfuter.
( Voyev/i’oux, Asthme et Respiration courte. Appendix.^
maladie est, dans cette circonstance, très sujète à rompre quelques-unes des cellules aériennes. Un trop grand exercice , quand Feslomac est distendu par les ali mens et l’eau, peut produire le même effet. Je crois cependant qu’une pléthore on plénitude de complexion , est le plus communément la cause éloignée de la pousse. Dans ce cas, il y a généralement afïlnx de sang aux poumons, ce qui augmente la sécrétion dans les vaisseaux aériens, et lui donne peut être un c; rtain degré d’acrimonie et de viscosité qui produit une toux violente et fatigante. (1) Quand on découvre queîqu’imperfec— tion dans la respiration d’un cheval , s’il tousse fortement lorsqu’il prend de l'exercice, et qu’il s’y joigne un mouvement accéléré des flancs, et si, en même temps, il parai ouir d’une bonne santé, mangeant de bon appétit et buvant avec ardeur , ii faut le saigner modérément et lui faire prendre un bol laxatif. Par ces moyens, secondés d’une nourriture de son et d un exercice régulier, il éprouvera bientôt du soulagement dans les poumons, et la toux , si elle n’a pas complètement disparu , sera
(t) Il n’est pas très invraisemblable que l’air soit quelquefois celé ou formé dans le tissu cellulaire des poumons} dans ce cas , un cheval serait poussif sans aucune rupture des cellules aériennes. J’en ai vu un devenir poussif presque subitement et sans quil eût éprouvé de toux. fViobnte. J’ai aussi vu les symptômes de la pousse dispaxaltre lorsque le cheval sortait de l’écurie; mais i la reparaissaient quand il y rentrait. Et je me rappelle d'un cheval qui quelquefois respirait très facilement, et dans ( l d’autres momens paraissait complètement poussif. Ces ^ circonstances peuvent faire supposer que la cause de la pousse est quelquefois un amas morbide d'air dans ’ membrane cellulaire des poumons.
beaucoup diminuée. Donnez ensuite le bol suivant tous les malins pendant huit jours, sans jamais négliger un exercice régulier. Il faut aussi avoir soin de l’empêcher de trop manger ou de trop boire. On lui présentera de l’eau cinq ou six fois par jour, en petites quantités. L’habitude que l’on a de limiter l’eau à un cheval, quand on suppose que sa respiration est défectueuse , est certainement préjudiciable. On lui fera une distribution modérée d’avoine, parce qu’un excès d’alimens tend à aggraver le mal. Le son mêlé avec l’avoine est une nourriture bienfaisante , et si l’on peut se procurer des caroi tes ou tout autre végétal succulent , on en éprouvera un très bon effet.
Les vapem s qui s’exhalent du fumier et Fair d’une écurie trop close, sont extrêmement dangereux. Des chevaux placés dans un enclos pendant le jour , loisque le temps était beau, en ont éprouvé, à ma connaissance, beau coup d’améliora lion. Quand la toux et les autres symptômes sont disparus, on doit continuer le meme traitement, autrement la maladie reparaîtrait probablement. Un exercice régulier et long-temps continué est le moyen le plus sur d’en pi évenir le retour ÿ mais i! doit être modéré ; un exercice trop f.tigant serait très cou* traire. S ii y a constipation , donnez un lavement et du son mouillé ; et si le cheval est enclin à manger sa li:iè e, on doit l’en empêcher au moyen d’une
muselière.
Bol.
Scille en poudre ......... 1 gros.
Gomme ammoniaque . f once..
Semence d’an is on poudre . 5 gros*
Faites bol avec sirop pour une dose*