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II. MÉDECINE

Lorsqu’on purge les chevaux , il faut y apporter beaucoup de soin et d’attention, leurs intestins étant excessivement irritables et sujets à Finflamination. Les médecines ordinaires sont certainement trop fortes, et je suis convaincu que beaucoup de chevaux ont été détruits par les doses immodérées qui ont été prescrites par des auteurs sur la maréchalerie. Dans ces cas , le mal est attribué à la falsification de la médecine, et le pharmacien est injustement blâmé. Un auteur moderne s’est ingénieusement servi de ce préjugé pour expliquer les J violens effets que ses prescriptions cathartiques I avaient quelquefois produites. Je dois présumer , cependant, que ces effets étaient plutôt occasionnés

par la quantité excessive , que par la mauvaise qualité des ingrédiens purgatifs.

Le seul purgatif certain et sur pour les chevaux est Yaloès j et parmi les differentes espèces d alors, celui des Barbades est indubitablement le meilleur. Le suecotrin , que Fou considère comme le plus doux et le plus certain dans son effet , est trop faible et si incertain et variable dans son opération, que Ton ne peut s’en servir sans être souvent désappointé. Les praticiens semblent maintenant convaincus de la supériorité de Faloès des Barbades, puisqu’il a été vendu dernièrement presque le double du suecotrin.

Si le lecteur desire avoir de plus amples rensefgnemensà ce sujet, il est invité à consulter le second volume de Fauteur ( ou Matières médicales vétérinaires).

On doit disposer un cheval à prendre une médecine, en lui donnant, pendant un ou deux jours, du son mouillé qui relâche doucement les intestins, en expulse tous les excrémens endurcis et facilite, en même temps , l’opération de la médecine.

En \iron un quarteron de son, divisé en quatre repas, sera suffisant pour vingt-quatre heures 5 et comme il convient de ne donner qu’une petite quantité de foin, je crois utile d’ajouter à chaque fois environ une chopine au plus d’avoine broyée, qui servira à conserver ses forces et sa condition . On lui offrira souvent de Feau , mais peu h la fois.

Quand on purge un cheval pour la première fois, il est prudent de lui faire prendre une médecine très douce ; si l’on donnait la dose ordinaire à un cheval dont les intestins seraient Faibles et

irritables, il y aurait danger non-seulement de produiî e une grande débilité et , par là , de contrarier le but de la médecine , mais aussi de faire périr Panimal en excitant une inflammation des intestins, ce qui arrive assez fréquemment. Si le premier bol n’opérait pas suffisamment, on peut en donner un plus fort après un intervalle de quelques jours fij. Le matin est le meilleur temps

(î) M. Jean Lawrence prescrit depuis une once et derail jusqu’à quatorze gros d’aloès sucootrin comme une dose modérée pour les chevaux de course , dose qui , j’en suis sûr, serait souvent pernicieuse. Et comme un remède pour cette espèce de colique ou tranchée, qui survient souvent d’une médecine trop forte ou d’un défaut de soin durant son opération, il indique, dans les cas légers, un bol cordial , et dans les cas plus sérieux, du camphre dissous dans une petite quantité d’eau-de-vie, avec de l’huile d’ambre, du baume de copahu et du baume du Pérou, qui sont tous de forts stimulant propres à produire dans des cas semblables l’inflammation des intestins.

Toutes les fois qu’un cheval parait malade et tranché après avoir pris médecine , ou , comme l’auteur ci-dessus l’indique judicieusement , penche sa tète , refuse la nourriture , paraît gonflé 9 a le mouvement des flancs laborieux et relève souvent la queue sans pouvoir évacuer , ou devra éviter toutes les médecines irritantes, vider avec la main le rectum, et lui administrer ensuite des lavemens d’eau de gruau avec l’huile d’olive ou l’huile de graine de lin. On lui fera boire souvent de l’eau chaude ou de l’eau de gruau claire , et s’il refuse de boire , il sera absolument nécessaire dé lui en faire prendre plusieurs fois par jour à l’aide d’une corne. Ces moyens, secondes par la promenade, détermineront bientôt une évacuation, et le cbeval sera soulagé. On suppose souvent que ces symptômes fâcheux sont causés par la mauvaise qualité del’aloès, tuais je suisconvaiucu, par une longue expérience, qu’il n’en est pas ainsi, et j’oserai affirmer qu’ils sont toujours occasionnés par une trop forte dose d’aloès, ou payee que le cheval a été mal soigné après l’avoir pris#.

pour donner un purgatif, après avoir fait jeûner le cheval deux ou tiois heures. S’il est disposé à boire après avoir pris le bol , présentez-lui un peu d’eau chaude pour en hâter la solution dans l’estomac et, conséquemment, en activer l’effèt. Pendant le jour , on doit le retenir a l’écurie et lui donner pour nourriture du son mouillé et peu de foin. On peut aussi lui laisser boire abondamment l’eau chaude , et s’il la refuse chaude il faut la lui offrir presque froide. Le lendemain matin, il faut lui faire prendre de l’exercice , et alors la médecine commencera à opérer. Si la purgation paraît suffisante, il ne sera pas nécessaire de le sortir de nouveau ; mais quand on n’obtient pas promptement l’effet désiré , un exercice au trot pourra le provoquer. On lui donnera soigneusement, le même jour, du son mouillé et de l’eau chaude. Il ne faut pas négliger de le couvrir chaudement, et surtout, quand on le sort de l’écurie. Le jour suivant, la purgation doit orclinahement avoir fait son effet, et alors on lui donnera un peu d’avoine. Quand une médecine

Une autre circonstance peut quelquefois y contribuer; c’est quand l’estomac du cheval est chargé d’alimens au moment où il prend la médecine, et, particulièrement, si ces aiimens manquent de molesse. Mais ceci ne peut jamais arriver si l’on observe strictement les règles que nous avons tracées.

J’ai employé pendant plusieurs années l’aloès des Barhades en grande quantité ; j’en ai souvent donne de 3o à 5o doses dans le cours d’une semaine , et j’ai trouvé que une demi-once à une once peut être considérée comm® une dose convenable. Pour un cheval sanguin et délicat, une demi-once suffira ; pour un cheval de selle commuu , tinq ou six gros 5 pour cheval de voiture, une oc.c

»fopère pas dans le temps ordinaire, que le cheval paraît malade et tranché , on lui procurera du soulagement par un lavement d’eau de gruau , en lui fusant boire largement de l’eau chaude et prendre de l’exercice. Quand la purgation continue son effet plus long-temps qu’à l’ordinaire, et que le cheval paraît considérablement affaibli par l’évacuation, donnez-lui un bol astringent.

On observera peut-être que nous avons omis dans les formules suivantes quelques ingrédiens que l’on juge communément nécessaire d’employer dans une médecine; mais il est prouvé que ces ingrédiens sont tout-à-fait inutiles.

Le jalap même, à îa quantité de quatre onces, -produira très peu d’effet purgatif sur un cheval; les sels ou crème de tartre n’en produisent pas davantage ; la rhubarbe , quelque forte qu’eu soit, la dose n opérera pas comme purgatif, quoi- i qu’elle puisse être utile , à des doses modérées t comme stomachique.

Ne. i.

Aloès des Barbades . 5 gros»

Natron préparé . 2 gros.

Poudre aromatique . î gros.

Huile de earvi . îo- gouttes.

Sirop, quantité suffisante pour bol d’une dose*

JO

Aloès des Barbades . 7 gros.

Savon de Castille . % once.

Gingembre en poudre . 1 gros.

Huile de earvi . io gouttes.

Sirop , quantité suffisante pour bot d’une dose- i

I once.

AToès des Barbades

Natron préparé . . 2 gros.

Poudre aromatique . i gros.

Huile de graine d’anis . 10 gouttes.

Shop, suffisante quantité pour bol d’une dose.

Le bol n°. 2 m’a, en général , toujours parut suffisant pour de forts chevaux , et je n’ai presque jamais eu l’occasion d’aller au-delà du n°, 3. Si on desirait, cependant, augmenter la force de la médecine, on pourra le faire aisément en ajoutant au bol n°. 3 un ou deux gros d’aloès , ou un gros de calomelas ; mais je ne dois pas oublier d’observer qu’il me paraît très dangereux de faire cette addition.

Depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, j’ai eu beaucoup de peine à me procurer de l’aloès succotrin pur, ce qui m’a souvent désappointé : j’ai donc été forcé de me servir de celui des Barbades, et je puis maintenant le recommander avec confiance de préférence à toute autre espèce. L’aloës des Barbades est de couleur brune foncé tirant sur le noir, d’une odeur forte es désagréable, opaque et peu fragile.

DIURÉTIQUES.

Ce sont des médreamens qui, en stimulant Ie& reins , augmentent la sécrétion de l’urine. J’a£ tmployéj à ma satisfaction, les formules suivantes.

Savon de Castile . 4 onces.

Résine et nitre en poudre, de

chaque . . . . 2 onces.

Huilé de genièvre . . . /2 once.

Poudre de graine de lin et sirop , quantilé suffisante pour lui donner une consistance convenable, à diviser en six bols pour les loris chevaux^ ou huit pour ceux qui sont faibles et délicats.

Savon de Castille . . . 4 onces.

Térébenthine de Venise . 2 onces.

Graine d’anis en poudre, suffisante quantité pour lui donner une consistance convenable pour être divisée en six bols.

ÀITÉRÂNS.

Ce sont des médicamens qui produisent leur effet presqu’insensihlement.

Poudres altérantes -

Antimoine pulvérisé.. . . 6 onces.

Fleur de souffre . b onces.

Mêlez pour huit doses.

Résine en poudie . . . 4 onces.

Nitre . . 5 onces »

i once.

• Antimoine tar ta rise .

Mêlez pour huit doses.

Chaux d’antimoine , non lavée. . . 2 onces.

Calomelas . 2 gros.

Graine d’anis en poudre . 4 onces*

Mêlez pour huit doses.

Si l’on préfère un bol à une poudre, on en opérera facilement le changement , au moyen de sirop et de poudre de graine de lin.

On fera prendre une dose de poudre altérante tousles matins avec lavoine, jusqu’à ce que les huit onces soient employés ; mais la poudre n°. 5 ne sera pas continuée aussi long temps à cause du calomelas qu’elle contient, à moins qu’on ait très grand soin du cheval et qu’on ne surveille attentivement les effets du médicament , et toutes les fois qu’on s’apercevra qu’il rend le cheval malade , qu’il lui occasionne des tranchées , une perte d’appétit, ou le dévoiement, on devra le discontinuer sur-le-champ jusqu’à ce que les symptômes soient disparus.

LAXATIFS.

Par cette expression on entend les médicamens relàchans , qui opèrent très doucement , et produisent sur les intestins un stimulant si doux qu’ils hâtent simplement l’expulsion des matières qu’ils contiennent, sans augmenter leurs fonctions; l’huile de ricin semble être la meilleure médecine de celte espèce, quoique l’huile d’olive au de

graine rie lin produisent presque les mêmes effets. La dose de la première est d’environ une chopine, mais la dernière peut être portée jusqu’à une chopine et demie.

Lorsqu’on aura besoin d’un bol laxatif, on pourra employer celui qui suit :

Aloès succotrin . f once.

Savon de Castille . 5 gros.

Sirop, quantité suffisante pour boi d’une dose.

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