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CONDITION

Ce terme condition n’indique pas seulement un air d’embonpoint et de santé dans le cheval, mais aussi un degré convenable de vigueur, qui le rend propre à un travail extraordinaire sans être trop fatigué. Toute imperfection dans la condition doit provenir soit de maladie , soit d’un mauvais pansage : dans cette dernière expression nous comprenons la nourriture , l’exercice et le régime général de l’écurie ; dans la premièie nous renfermons les différ entes maladies que nous décrirons rapidement , en indiquant les moyens les plus efficaces de les guér ir.

En traitant de l’anatomie et de la physiologie des organes internes, nous avons expliqué ce mer-

veîlleux procédé qui assure la nutrition du corps, et le rend propre à accomplir ses diverses fonctions avec régularité; par là on reconnaîtra que, pour produire cette appaience de vigueur et de san ié générale qui constitue la bonne condition , il est nécessaire que ces organes soient sains, et puissent faire leurs fonctions sans efforts ; mais comme il en arrive quelquefois autrement , nous indiquerons les diverses imperfections qui forment des obstacles à la bonne condition .

i°. Bouche tendre qui empêche le cheval de mâcher aisément. 11 arrive quelquefois que les dents molaires jou màchelières s’usent si irrégulièrement qu’elles forment des bords tranehans et blessent l’intérieur delà joue : la douleur que l’acte de la mas ication occasionne dans ce cas porte le cheval à avaler, sans lesavoir broyées, dessubstances qui, étant d’une digestion difficile, passent souvent au travers du corps sans subir d’altération. Ce vice a surtout de l’inconvénient pour les chevaux qui ne sont séparés des autres que par des barres (i), comme cela arrive dans les caset nés, où les chevaux les plus actiis ont la facilité de partager la ration de ceux qui se trouvent piès d’eux.

On peut remédiera cette incommodité en rasant les bords tranehans des dents avec des limes fabriquées à cet effet. On applique sur la partie entamée la mixtion suivante.

Alun en poudre . ^ once.

Miel . . 2 onces.

(i) Voyez plus loin les remarques sur les barres , dans la section suis?ante concernant récurie.

Acide sulfurique concentré .... 12 gouttes.

Infusion de roses . 5 onces.

Mêlez.

Jusqu’à ce que ce défont soit complètement disparu, il faudra donner au cheval de l’avoine broyée, qu’il digérera plus aisément. On a, quelquefois, été obligé d’anacher la dent saillante avant que le cheval puisse être soulagé; il existe, à cet effet, un instrument à dent très fort.

Quand les jeunes chevaux font leurs dents , la bouche quelquefois s’enflamme et s’attendr it : c’est un autre inconvénient qui peut gener la mastication ; mais il est facile de le faire disparaître en lavant souvent les parties enflammées avec la mixtion ci-dessus: s il sur vient un léger degré de flevre, saignez modérément et donnez une dose de poudre fébrifuge: l’avoine doit être amollie par infusion dans l’eau bouillante , ou broyée dans un moulin.

On prétend que le lampas est un autre empêchement à la nourriture ( voyez Lampas ), et c’est pour cela qu’ri faut le guérir avec le fer chaud : mais on pratique Cette operation beaucoup plus souvent qu'il n'est nécessaire.

2°. Faiblesse de tJ estomac ou des intestins . Les chevaux qui ont acquis la mauvaise habitude de mordre la mangeoire souffrent une grande incommodité de la perte de salive quYllc occasionne; l’estomac étant en grande partie privé de cette humeur , remplit ses fonctions d’une manière imparfaite, de là provient la colique venteuse ou tranchées, l’émaciation générale et la débilité. Pour triompher de celte habitude on fait ordinairement usüge d’une bande de cuir bouclée, serrée

autour du cou , immédiatement au-dessous de la mâchoire; mais ce moyen est, en général , insuf- jfisant. Une meilleure méthode est de couvrir les bords de la mangeoire et toute autre partie qu’il peut atteindre , avec des peaux de mouton ( le côté de la laine en dehors) jusqu’à ce que l’habitude soit détruite. D’autres causes peuvent allai— Mir 1 énergie de l’estomac, au nombre desquelles sont une fatigue excessive, une mauvaise nourrhure, une imperfection dans la respiration, ou la respiration d’un air vicié, trop de nourriture ou de liquides à— la— fois ou à des temps iuoppomuis , les oestres et la fievre. Enfin , l’estomac est un organe si important dans l’économie animale , qu’aucune partie ne peut être matériellement affectée sans qu’il n’en souffre lui-même jusqu’à un certain point, et toutes les fois qu’il est offensé, tout le système semble sympathiser et partager le mal qu’il éprouve. On rétablit quelquefois très aisément la faiblesse de l’estomac, et les efforts de Sa nature suffisent dans certains cas pour lui redonner du ton. Mais dans d’antres cas aussi , la maladie est extrêmement rébelle, et résiste aux remèdes les plus actifs ; cette différence dépend de la variété des causes qui ont produit cette faiblesse. Quand l ’estomac est chargé d alimens qui ne lui conviennent pas et qui contiennent à peine quelque substance nutritive, telle que la paille , et lorsqu’il n été long-temps nourri de cette manie- e, on doit graduellement substituer des alimens plus J nutritifs. Quand on opère ce changement , il est J presque toujours nécessaire de Dire prendre une ou deux médecines laxatives avec des ai ornâtes.

( Voyez Laxatifs, j Pour prévenir Pinflammatioû

des yeux , des poumons ou des talons , ou , pour parler le langage des palfreniers , pour empêcher les humeurs de se manifester , si l’appétit parait manquer, le bol cordial donné de temps en temps produira tin bon effet. Quand une fatigue excessive est la came d la faiblesse, ce qui arrive souvent apres une longue chasse , rien n’est meilleur que le bol cordial , particulièrement pour les vieux chevaux : il excite promptement leur appétit et les rend de nouveau propres au travail; quand on desire un effet prompt, le bol peut être délayé dans une pinte de bonne bierre. ^

Si , après une transpiration produite par l’exercice ou par toute autre cause , on laisse boire au cheval une trop grande quantité d’eau froide , l’estomac en éprouve une débuté subite , et tout le système en est affecté. De là proviennent la colique venteuse, la suppression d’urine, les fric sons, l’accélération du pouls et les autres symptômes delà fievre. (Pour les remèdes, consultez l’Index. )

L’estomac s’affaiblit quelquefois par degrés et sans cause apparente ; ce qui s’annonce par une perte d’appétit, qui est aussitôt suivie d’une débilité générale, d’émaciation et d’une apparence morbide dans la peau : les remèdes les plus efficaces dans ces cas sont les bols toniques, une nourriture substantielle avec des rations d’avoine faibles mais frequentes, et surtout un peu de drèche.

L’écurie doit être bien aérée, sans être froide ' un exercice régulier est aussi très bienfaisant et ne doit jamais être négligé. Il n’est point nécessaire d’ajouter cependant que , quoique l’exercice tende

à rétablir les forces, s’il est porté au-delà des facultes de ranimai, il devieni une cause de débilité. ü e>t doue bien important de veiller à ce qu’on cheval qui est en é^at de laiblesse ne prenne qu’un exeniee modéré.

Les vers dans l’estomac et dans les intestins, sont une cause fréquente de maigreur et de débilité , et tans qu’ils existent, on ferait de vains effo rts pour rétablir la condition. ^ Voyez Vers.) Lue imperfection dans les organes de la respiration , produira ans i la faibles e et l’amaigri-, sement. Si le sang ne po sédait pas ce p incipe vivifiant qu’il tire de l’air, dan 1 acte de la respition , il en résulterait un degré de dél ilité plus ou moins considé* able. ( )n peut ainsi toujours observer que l’estomac et les in te tins d s chevaux poussifs manquent de ton . et qu’ils sont également défectueux dans la p issance musculaire en général. Lf,s mêmes incunvéniens résulteront du séjour d’un cheval dans une écurie trop fermée, où l’air rie contient pas une propos t on ordinaire de ce principe,

3°. Imperfection du foie ou du pancréas , ou obstruction dans les tubes ou conduits par lesquels leurs sucs respectifs sont portés aux intestins. (Vovez Anatomie des organes internes.) Le foie du cheval n’e-t pas souvent attaqué de maladie, à moins que ce ne soit par suite d’inflammation interne. Quand, par exemple, la surface interne des intestins ou de l’estomac est attaquée d’inflammation, si cette maladie n’est pas comprimée promptement par la saignée, elle peut s’étendre à la surface du foie et autres parties internes. Si le cheval meurt, ce qui arrive souvent

( lS9 ) ^

lorsqu’il n’est pas bien traité, on trouve le foie enflammé ou gangrené dans toute sa substance ; mais, ceci est une maladie aiguë, et qui, par conséquent, est étrangère au sujet que nous traitons. (V oyez Inflammation du foie . ) Il arrive quelquefois, cependant, que le cheval devient faible et maigre, soit par défaut ou abondance de bile. Dans le premier cas , la digestion est imparfaite et le cheval constipé j il a moins d’appétit, est languissant et assoupi, et dans un amaigrissement général, la peau paraît rude et maladive. Le meilleur remède est de lui donner de petites doses de ealomelas, de savon et d’aîoës , comme nous Pavons recommandé dans la jaunisse, de manière à maintenir les intestins dans un plus grand état de relâchement 5 ou, si la maladie a résisté depuis quelque temps, donnez d’abord un purgatif mercuriel et ensuite l’altérant suivant.

Calomelas . . . scrup.

Aloes . . . i gros.

Cascarille en poudre et rhubarbe,

de chaque . 2 gros.

Gingembre . . . i gros.

Savon de Castille . 3 gros.

Sirop, quantité suffisante pour un bol , donné tous les matins , pendant cinq ou six joins, à moins qu’il n’occasionne la diarrhée, auquel cas on doit le discontinuer pendant deux ou trois jours.

La nourriture du cheval doit être légère et substantielle, telle qu’avoine, carott' s, drèche , etc. Un exercice régulier et , dans le printemps ou Pété , le pâturage sont très utiles Quand la bile est trop abondante elle occasionne un relâchement des

intestins, qui produit la faiblesse et l’amaigrissement. Cette maladie résulte d’une augmentation d’action dans le fuie qui se ralentit, en général, assez promptement, sans le secours d’aucun médicament. Si la diarrhée continue de manière à affaiblir l’animal, on lui donnera la médecine suivante, avec une nourriture légère et substantielle, et un exercice tr ès modéré.

Columbo en poudre . 2 gros.

Cascarille en poudre ....... 1 gros.

Natron préparé . 2 gros.

Opium . . I gros.

Tous les matins.

11 n’existe point d’apparences extérieures pour reconnaître, avec certitude, l’état de maladie du pancréas, quoiqu’il soit probablement, quelquefois, une cause de mauvaise condition . Il y a lieu de croire que le défaut de condition dépend, dans quelques cas, d’une action irrégulière des lactés, vaisseaux délicats qui portent le chyle ou les parties nutritives des alimens dans le sang. Toute la sur face interne des intestins est couverte d’orifices très petits, qui servent d’embouchures aux lactés, et qui sont supposés toujours ouverts pour recevoir les parties des alimens digérés, destinés à l’entretien du système. Il n’est pas improbable que çespetf sonfîces puissent quelquefois etre obstrués ou les lactés manquer d’énergie- on peut donc soupçonner cette cause, quand le cheval continue d’etre maigre et en mauvaise condition , sans aucune cause appar ente , et les succès que nous avons souvent éprouvés dans ces cas, en donnant un purgatif mercuriel, joint à un stimulant modéré

ou médicament stomachique, semblent justifier cette ! opinion : on peut dans cette occasion employer la formule suivante.

Aloës des Barbades . l/2 once.

Rhubarbe. . , . 2 gros.

Calomélas . 1 gros.

Gingembre . 1 gros f.

Huile de carvi . / . . 10 gouttes.

Savon de Castille. . * . 2 gros.

Sirop , suffisante quantité pour un bol.

J’aurais dû d’abord observer que l’on rencontre quelquefois des chevaux , et surtout ceux de l’es- £ pèce sanguine, qui ont un relâchement, ou diarrhée < presqu’liabituel, et d’autres qui ne peuvent sup- ( porter un travail modéré , ou même boire beau- ) coup d’eau, sans éprouver un relâchement des intesi tins , qui les affaiblit considérablement.

On remarque, en général, que ces chevaux 1 transpirent beaucoup à la suite de l’exercice le plus 1 modéré , et même quand ils restent à l’écurie. Cette f maladie est purement temporaire , et arrive plus 1 communément dans le commencement du piini temps, ou vers les mois de septembre et d’octobre, 3 temps auquel il survient, en général, quelques altérations dans la peau, qui irritent et affaiblissent les intestins et souvent tout le. système, Dans ce cas, les symptômes disparaissent avec la cause; mais, comme un cheval reste dans cette situation pendant un temps considérable , et qu’alors il est ; impropre au travail, il est convenable d avoir recours à une purgation : la première médecine à ; donner est un laxatif stomachique, et ensuite le I bol tonique. Le cheval doit être modérément cou-

vert , et exposé le moins possible à un courant d’air ; mais l’écurie doit être bien aérée ; et l’eau à la température d’été, c’est-à-dire, environ cinquante degrés au thermomètre de Fahrenheit : il ne doit faire qu’une seule promenade pour tout exercice; mais on peut le soi tir deux lois par jour, si le temps est favorable. A l’égard des chevaux qui sont habituellement faibles, ou mous , suivant l’expression commune, et qui se relâchent par un travail modéré, ou autres causes légères, il n’y a pas grand espoir d’une cure radicale; mais une médecine et du foin leur feront beaucoup de bien j et les rendront souvent capables de faire leur travail avec courage et sans beaucoup d in- » convéniens. Les conducteurs de chevaux qui se trouvent dans ce cas , doivent toujours être pour- • vus du cordial suivant, qu’ils donneront, non- l seulement au moment du relâchement même et de la faiblesse, mais encore toutes les fois qu'ils ont besoin de leur faire faire un exercice plus qu’ordinaire; s’ils veulent aller en voyage ou à la i chasse, ils doivent leur faire prendre un bol quel- • que temps avant de partir, et un autre à leur lî retour. Si le cheval est très jeune, il peut valoir : la peine qu’on tente une cure radicale, en le pla- ♦ çant à l’herbe pendant long-temps. Les chevaux r; de cette espèce exigent un grand soin de la part I des palfreniers; ils ne doivent jamais être exposés î à l’air sans être couverts, excepté dans les beaux J jours d’été; leur eau doit toujours être à la tempe- il rature de l’été. Il est nécessaire qu’ils boivent 1 souvent , mais peu à la fois. Leur nourriture doit i être d’une digestion facile ; il est bon que l’avoine jj et les féveroles soient broyées ou écrasées.

Ils feront quatre ou cinq repas par jour; on ne leur donnera que du foin de bonne qualité : un foin gâté leur est très-contraire. On excitera une circulation active dans la peau et les extrémités, en bouchonnant souvent le corps et en Faisant des frictions aux jambes : on leur fera faire un exercice modéré , et on aura soin de les panser aussitôt qu’ils reutrent à l’écurie. (Voyez le chapitre suivant.)

Purgatif stomachique .

Àloès des Barbades . . . 3 gros.

Rhubarbe . 2 gros.

Gingembre . 1 gros.

Cascarille . 2 gros.

Huile de camomille . îo gouttes.

Natron préparé . 3 gros.

Sirop, suffisante quantité pour un bol d’une dose.

Bol tonique .

Sel d’acier . f once.

Racine de calumbé . 3 gros.

Ecorce de Cascarille . 2 gros.

Opium. . . î scrupule.

Sirop , suffisante quantité pour former un bol d’une dose.

Remarque, L’arsenic est un excellent tonique, mais il doit être donné avec précaution et h petite dose. ( Voyez le second volume de l’auteur, ou Matières médicales , où on a donné une grande variété de formules toniques. )

Bol cordial.

Graine de carvi fraîchement ré¬

duite en poudre . 2 gros.

Canelle blanche en poudre. . 3 gros.

Craie préparée . 2 gros.

Opium . | gros.

Huile volatile' d’anis . 20 gouttes.

Sirop en suffisante quantité pour former un bol d une duse.

Après avoir donné une indication succinte des maladies ou imperfections qui nuisent à la condition du cheval, il nous reste à faire connaître quel est le mode de régime des écuries ou pansage le plus propre à la lui faire acquérir* et, comme la disposition d’une écurie est la première chose è considérer, parce qu’elle a généralement une grande influence sur la santé et la condition des chevaux , on ne trouvera sans doute pas superflu que nous disions quelques mots sur ce sujet.

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