‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 52 sur 78 · ÉCURIES · texte numérisé non relu

ÉCURIES

Dans la construction d’une écurie , il n’y a peut-être pas d’obiet plus digne d’attention, que de ménager des ouvei turcs pour admettre facilement un air frais et laisser échapper celui qui a été vicié par la respiration $ il est vraiment extraoi el inaire qu’on en appO'te si peu h une cil constance si impos tante : les palfreniers en général, se font un scrupule de boucher tontes les ouvertures qu’ils peuvent trouver , et si quel-

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quefois ils sont obliges d’ouvrir une fenêtre , elle est ordinairement si peine et si mal placée qu’elle n’e^t que d’une faible utilité. Que l’on place plusieurs chevaux daus une écurie fermée, l’air se corrompra continuellement par les vapeurs qui s’exhalent de la litière , ou qui sont produits par la transpiration , et par l’air vicié qui s’échappe des poumons. Alors on ne doit pas être surpris de la longue série de maladies auxquelles ces précieux animaux sont exposés , en respirant un air aussi mal sain ; si quelqu’un doutait encore du danger que présentent les écuries non aérées, et où il n’existe pas de moyens su ffi sans de renouveler l’air, qu’il y entre de bonne heure le malin , à leur première ouverture ? et il éprouvera une sensation si pénible dans les yeux et une toux si violente, qu’il en retirera la preuve la plus convaincante des dangers d’une pareille atmosphère. Cependant telle est l’opiniatreté et l’ignorance des palfreniers en général , qu’on ne peut les déterminer à abandonner leur mauvaise routine; les écuries sont même à present trop basses et dépouivues des moyens propies à renouveler l’air.

Une écurie doit être autant élevée que possible, au moins de douze pieds ; le mauvais air circulera alors dans les parties les plus élevées, et l’animal ne respirei a pas constamment un atmosphère mal sain, ce qui arrive quand le plancher n’est, pour ainsi dire, pas plus haut que sa trie. On doit pratiquer aussi dans le plafond des ouvertures qui communiquent au deliois par des tuyaux de bois carrés , ajustés cependant de manière à 11e pas admcttie la pluie dans l’écurie; l’air vicié et lté

autres vapeurs mal saines s’échapperont alors facilement , tandis qu’on pourra admettre par les fenêtres une quantité suffisante d’air frais. Il est une circonstance à laquelle on doit ensuite faire attention , qui a un rapport médiat avec le renouvellement de l’air, et qui n’est pas moins importante ^ c’est de cbnstruire une écurie de manière à pouvoir régler sa température, ou maintenir l’air au degré de chaleur que l’on juge convenable. On s’accorde, en général, sur l’utilité d’une température uniforme dans une écurie, et il est certain qu’un grand nombre des maladies des chevaux sont occasionnées par des changemens subits à cet égard: de légères variations même de température, si elles sont fréquentes, sont dangereuses ; cependant on trouve peu d’écuries où on se soit mis en garde contre cet inconvénieut. Pour atteindre ce but désirable on doit placer les fenêtres de difféf ens côtés , de manière que quand un vent froid soufle d’un point , on puisse s’en garantir, tandis que Pair frais sera admis par les fenêtres opposées : il doit être piatiqué plusieurs ouvertures dans le plafond, afin qu’à l’aide des fenêtres et de ces ouvertures que l’on ferme de temps en temps, en tout ou en partie, on puisse, en toute saison , facilement régler la température , selon le temps ou l’état de santé du cheval, mais avec plus de soin si l’on y conserve un thermomètre, instrument qui est un accessoire indispensable dans une écurie bien tenue. Si, durant les jours froids d’hiver, l’on trouvait les moyens que nous venons d’indiquer iasuffisans ponr élever la température de l’écurie au point désiré , on pourrait facilement y parvenir au moyen de poêles placés en dehors avec des

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tuyaux en fonte que l’on ferait traverser f écurie.

La Juw ère ew, aussi un point m s important à considérer dans ta construction d’une écurie, et pour qu'elle frappe partou , les fenêtres. doivent être larges et convenable ment lacées

Il est cer-ain que leo yeux des chevaux sont souvent affectés dans de - éc ries obscures: quand un cheval quitte un lieu sombre , il est aisé de s’apercevoir qu'a î sitôt l’éclat de la lumière irrite ses yeux et lui fait mal; et ceci est pi us remarquable quand il est subitement conduit nu so eil : on ne doit point être surpris qu’un organe aussi débeat que l’oeil , souffre matériellement de la répétition fréquente de ce changeur nt subit.

Quoiqu’on d ive denier une écurie éclairée, il lâut éviter que les rayons du soleil ne frappent les .yeux du chevai lorsqu’il est en place. Les murs ni les planches ne doivent pas être i d’une couleur blanche, parce que , dans ce cas ,

! la réflexi >n cause trop d’irritation sur les yeux et ! ks affaiblit. Q tiand on considère combien les chevaux sont sujets aux maladies de cet organe, et combien souvent elles se terminent par la perte de la vue , on reconnaîtra l’importance de s’r.ppesaatir sur toutes les circonstances qui tendent à les préserver. Quant à la couleur la plus favorable des murs et du plafond, on doit peut-être préférer le gris-blanc , qui se compose d’un mélange de noir d’ivo re avec la détrempe commune.

La porte deit être plus haute et plus grande qu’elle ne l’est communément; car les chevaux sont tès sujets, en passant par une porte basse ou étroite, à se blesser les hanches ou la tète : j’ai vu des accidens fâcheux en arriver; d’ailleurs,

quand il n’y aurait que le poil enlevé autour des hanches, on suppose que crest une tache, parce qu’il peut arriver qu’il ne repousse pas, ou, s’il se reproduit, qu’il soit blanc.

En préparant l’intérieur d’une écurie, on doit faire une attention particulière à la grandeur des stalles, qui ne doivent pas avoir moins de six pieds de large , et les côtés suffisamment élevés pour empêcher toute espèce de contact ou de communication entre les chevaux. Je sais qu’on m’opposera que ce sont des animaux sociables, et qui prospèrent mieux en compagnie qu’isolés: cela est certainement vrai; mais , d’un autre côté , je suis convaincu par une longue expérience, que les chevaux ne se croient pas dans la solitude quand ils sont ainsi dans l’impuissance de toucher leurs voisins ou de jouer avec eux. Que l’on considère les nombreux accidens auxquels ils sont exposés dans des stalles basses, par la facilité de se battre, de se mordre, ou de se blesser de toute autre manière , et l’on ne balancera pas à reconnaître ja supériorité des stalles élevées. Je soigne, dans ce moment , une belle jument qui, en ruant très haut , engagea sa jambe de derrière sur la stalle et se fit une blessure profonde et étendue qui lui sera probablement fatale. Les stalles doivent aussi être très profondes, afin qu’un cheval ne puisse pas, v en se reculant , frapper ceux qui sont dans le,$ stalles adjacentes. L’usage de séparer les chevaux par le moyen de barres suspendues par des cordes est, je crois, très irréfléchi; le seul avantage qu’il puisse avoir est la faible dépense qu’il exige et la facilité de placer un grand nombre de chevaux dans l’écurie. Je- suis convaincu , cependant, par

les observa Lions que j’ai faites pendant le temps que j’ai eu l’honneur de servir dans le5 dragons royaux, qu’elles sont à la fin plus dispendieuses au gouvernement que ne seraient les stalles , puisqu il se passe à peine un our sans qu’il n’en résulte quelqu’accident : elles ont occasionné un grand nombre de blessures dangereuses, et quelques-unes fatales. J’ai vu un cheval se rompre la colonne vertébrale en cherchant à se relever de dessous la barre, et plusieurs autres, mordus à l’oeil , perdre la vue. Mais l’inconvénient le plus sérieux, peut-être, qui résulte des barres, est l’impossibilité ou sont les chevaux de manger avec égalité : les uns mangent très lentement , les autres si précipitamment qu’ils dévorent en peu de temps, avec la leur , une grande partie de la ration de leurs voisins, ajoutez à cela la facilité avec laquelle les maladies contagieuses se communiquent, le dérangement qu’un cheval fatigué peut en éprouver, et la difficulté de reposer tranquillement.

L’aire de la stalle doit être construite en brique dure , afin d’obtenir une surface plus unie que celle qu’on pourrait former avec du caillou; elle doit, en même temps, présenter une pente douce pour l’écoulement de l’urine; et comme une pente considéiable pourrait occasionner de grands inconvé * mens, en donnant, sans nécessité, de l’effort aux muscles de la jambe de derrière, et en tenant les ligamens constamment tendus , on recommande de faire la tranchée au milieu de la case , de manière h ce que les pieds de devant et de derrière soient d’aplomb. De quelque manière, néanmoins, que l’écurie soit construite , elle doit être soigneusement nétojée une fois par jour, afin de prévenir

le dégagement de l’ammoniaque qui résulterait nécessairement de l’accumulation des exci émeus, et éviter ainsi les vapeurs acres qu’un reucontie si abondamment dam les écuries mal tenues et peu aérées.

Un râtelier de fer est préférable à un ratelû r de Lois, parce qu’on peut le nétoyee plus aisément, quil ne présente pas, comme le râtelier de Loss, des éelats qui blessent quelquefois la bouche d^s chevaux. La mangeoiie doit être construite de ma* nière à glisser dans la muraille comme un tiroir, a tin que les chevaux n’aient rien à prend e avec la bouche durant le pansage ; ce q i les habitue sou-; vent à mordre leur mangeoire. La plus grau le é évalion du râtelier et de la mangeoire, doit être telle, que le cheval mange avec facilité; le premier est quelquefois si «levé, que le cheval pour y atteindre est obligé d allonger considérablement les muscles du cou. Cette construction n'a été fane que dans l’idée qu’elle dispose les chevaux à porter leur tète plus élégamment; i! est plus piobable, néanmoins , que le seul effet qu’elle produise e^,t de g< uti les chevaux tandis qu’ds mangent On a aussi conseille dernièrement de placer le râtelier de niveau avec la mangeoire, afin que le cheval puisse manger, comme il le fait dans l’état naturel; mais je suis convaincu , par expérience , que cette forme est, à ious égards, moins commode et plus dispendieuse que celle du i atelier commun.

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