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DE L’AGE DU CHEVAL

On peut connaître l’àge d’un cheval par des marques certaines aux dents de devant de la mâchoire inférieure et aux crochets jusqu’à huit ans, âge auquel elles sont ordinairement usées. Une personne expérimentée peut encore , après ce temps , juger de l’àge jusqu’à un certain degré d’exactitude, par l’habitude générale de l’animal, autant que parla longueur- de ses dents et la forme de ses crochets.

Le poulain commence à perdre ce qu’on appelle ses dents de lait de deux à trois ans ; elles sont remplacées par d’autres plus grosses , d’une forme et d une couleur différentes. Les dents de lait sont petites, d’une couleur presque blanche, quelquesunes sont parfaitement unies à la surface supérieure : d’autres ont , sur cette surface, une cavité légère et étroite, mais qui diffère beaucoup des marques des dents permanentes qui servent à indi-

quer l’âge. Les dents de devant sont au nombre de douze, six à la mâchoire supérieure et six à la mâchoire inférieure. ( Nous ne parlons pas des dents molaires ou mâchelières , parce qu'elles ne. concernent pas ce sujet. ) A trois ans, un poulain a perdu les quatre dents de lait de devant, et elles sont remplacées par quatre autres d’une apparence différente, c’est-à-dire plus grandes, d’une couleur plus foncée , avec une cavité considérable sur la surface supérieut e , et une petite rainure sur le devant ; on les appelle dents de cheval ou dents permanentes. De trois à quatre ans, les quatre dents voisines se perdent et sont remplacées de la manière que nous venons d’indiquer, par les dents de cheval : ainsi, quand un poulain a accompli sa quatrième année, 011 peut observer huit dents de cheval et, seulement, quatre dents de poulain , une à chaque extrémité ou, comme on dit, à chaque coin. Vers la moitié de la cinquième année elles tombent aussi,* et elles sont remplacées par les dents de cheval. Les dents du coin et, surtout, celles delà mâchoire inférieure diffèrent de toutes les autres ^ elles sont plus petites et ont l’apparence d’une coquille ’ leur cavité est interne et leur surface supérieure se termine en pointe ; mais vers la fin de la cinquième année, elles sont plus grandes ! et ont plus de ressemblance avec les autres. Les crochets ou défenses commencent à paraître de quatre à cinq ans , même quelquefois plutôt. Ils 1 sont au nombre de quatre, situés à environ un pouce des dents du coin ; d’abord ils sont petits, se terminent en une pointe aiguë, et sont presque convexes à leur surface extérieure , mais ils renferment deux cavités ou rainures séparées par un

filet. Ces rainures subissent , ainsi que les dents , une altération dans leur forme, elles s’allongent, se remplissent et perdent leurs cavités. Vers la septième année , la concavité diminue considérablement , et chez les vieux chevaux la surface devient convexe , le crochet prend une forme ronde, et l’extrémité, au lieu d’être aigue , est tout-à-fa:t émoussée , comme si la pointe avait été cassée, la nouvelle surfice s’unit ensuite. Nous allons repailer des dents dont nous avons décrit l’apparence jusqu’à l âge de cinq ans révolus. Après cette période, on juge de l’àge par la grandeur des cavités de la surface supérieure de la dent : car , le frottement auquel cette surface est presque constamment exposée Fuse par degrés, et , à la -fin, la cavité ou marque est totalement effacée. Les marques des dents supérieures se conservent jusqu’à douze ans, quelquefois plus long-temps* mais celles des dents de dessous se trouvent usées vers la fin de la huitième année ; nous bornerons, maintenant, notre description à la mâchoire inférieure.

Comme les deux dents de devant paraissent les premières, il est évident que leurs marques doivent s’effacer plutôt que celles des autres deius; et si l’on examine la bouche d’un cheval qui vient I de compléter sa cinquième année , on trouvera ti qu’elles sont presque et quelquefois tout à fait effa- * cées; celles adjacentes sont à peu-près à moitié ;f de la giandeur qui f ur est naturelle, tandis que ilj celles cîes dents du coin ou du fund sont entière- ,|ment formées. A la fin de la sixième année , les >1 seules cavité* apparente s sont dans les dents du coin, ? et celles-ci sont environ à motié de leur grandeur 11 primitive. A cet âge, îa dent a perdu sa ressetu- jl

blance à une coquille , et ne diffère des autres dents c|iie par une marque ou cavité à sa surface supérieure. À la (in de la septième année, les marques des dents du coin sont également effacées 9 et on dit alors que le cheval est hors d’àge. Il arrive, cependant, que ces marques des dents dut coin ne sont pas totalement effacées à cette période : on remarque une petite tache foncée jusqu’à environ la fin de la huitième année. Après ce temps, il n’existe point de règle pour s’assuier de Page du cheval; mais on prétend que les marques des dents supérieures fournissent les moyens de juger de l’âge jusqu’à treize ans, haut usées quand il prend huit ans, celles adjacentes à dix ans , et les dents du coin à douze; mais je n’ai pas été à même d’apprécier jusqu’à quel point celte supposition est fondée.

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