BLESSURES DES GAJNBS OU MEMBRANES QUI ENVELOPPENT LES TENDONS
Elles exigent presque le même traitement que nous venons d’indiquer j mais quand elles proviennent d’une piqûre légère , elles sont plus promptement guéries par un usage judicieux du cautère actuel , que par tout autre remède. Ces blessures produisent aussi une matière semblable à la synovie ou huile d'articulation , et , si on les laisse ouvertes, elles occasionnent des douleurs tiès vives et une inflammation. Quand elles sont i ii étendues qu’elles rendent insuffisante l’applica- t tion du cautère , elles doivent être fermées le plus promptement possible , et maintenues en cet état par un emplâtre agglutinatif et un bam*
dage. Cette méthode est également applicable aux blessures semblables des articulations; et si elle est employée à temps , on en reconnaîtra l’efficacité : lois même que le cautère actuel a été appliqué , et la blessure cautérisée de manière à se fermer y l’emplâtre agglutinatif activera la guérison et empêchera qu’on ne soit obligé de répéter l’application du cautère, J’ai vu guérir une blessure dans l’articulation du genou, par l’emploi seul de l'emplâtre agglutinatif. Les ten-4 dons les plus su’ets h être blessés , sont les nerfs postérieurs : ils sont enfermés dans une forte gaine tendineuse qui , comme l’articulation, contient une petite quantité de fluide visqueux pour rendre leuis mouvemens faciles , et empêcher la cohésion des parties. Vers l’articula lion du boulet, ou plutôt au-dcsiiis de cette articulation , sont de petits sacs , ou vessies , unis avec le tendon et les ligamens , qui contiennent aussi un fluide visqueux et servent à faciliter le mouvement dans ces parties. Quand un cheval est employé à un travail trop dur, il se forme dans ces vessies plus de fluide ou synovie qu’à l’ordinaire , elles paraissent - gonflées et produisent les molettes. Si ces petites vessies reçoivent une blessure, elle est ordinairement suivie d’une douleur violente et d’inflammation; et, quand elle est mal traitée * il peut en résuLer une claudication très obstinée. Dans ce cas, rien n’est plus utile que l’emplâtre glutineux, pourvu que les bords soient proprement mis en contact avant de l’appliquer : mais si la blessure est produite par une piqûre légère , on commencera par employer le cautère actuel. Ce cas j néanmoins ; exige beaucoup de soin; car, u
le fer n’est pas appliqué très légèrement, et sa pointe bien adaptée à ia grandeur de la blessure, il peut faire beaucoup de mal. Les vésicatoires sont les meilleurs remèdes contre tout engorgement qui reste après une blessure des gaines des tendons ou des articulations; et, si un vésicatoire est insuffisant, on réussit ordinairement en répétant le remède. La dernière espèce de blessure que nous ayons à décrire, arrive plus fréquemment qu’aucune autre , et la cure en est plus facile ; c’est la blessure d’une veine. Quand une veine est proprement ouverte et ensuite soigneusement fermée de la manière ordinaire , avec une épingle et un peu de filasse, elle guérit presque toujours par la première intention ; mais quand elie est ouverte avec une flamme ou une lancette rouillée et émoussée, et, particulièrement, quand l'instrument est poussé avec une telle violence que nonseulement il coupe, mais qu’il traverse la veine , faisant ainsi deux ouvertures , elle guérit rarement aussi promptement ; l'inflammation , au contraire,
•se manifeste dans l’intérieur de la veine , et se développe par degrés jusqu’à ce' que la blessure soit fermée ou la veine efl’tcée par la matière coagulante qu’elle produit. Si l’inflammation s’étend au cœur , l’animal périt à l’instant ; plus communément, cependant, la veine est bientôt bouchée et cesse de porter le sang ; mais, mémo j dans ce cas , la maladie est très douleui euse , par i la raison que les veines jugulaires sont les i principaux canaux par où le sang retourne de 1 la tète au cœur. Cette obstruction au retour du sang cause l’engorgement des parotides 5 et il ers jésuite souvent un dépol.
Quelquefois l’œil est aflècté d’inflammation , e4 j’ai yu des symptômes d apoplexie , ou de vertigo produits par cette cause. Si un cheval est mis à l’herbe, dans cette situation le mal augmente considérablement , la position de la tête , en paissant, étant peu favorable au retour du sang. Le mal qui résulte de la perte d’une veine jugulaire 11’est cependant pas permanent ; les veines plus petites s’augmentent par degrés , et après quelque temps elles rapportent le sang aussi promptement que la veine jugulaire. Quand cet accident arrive, on peut s’eu apercevoir le second jour après la saignée, quelquefois le jour qui suit celui de l’opération. Lorsque l’orifice de la veine est large, et particulièrement si la blessure dans la peau n’est que très peu fermée , ou si le cheval parvient à détacher l’épingle en se grattant, la blessure saignera beaucoup; et quoiqu’elle soit attachée de nouveau , le sang repart souvent après quelque temps. J’ai vu un cheval saigner à difféi entes reprises, pendant trois ou quatre jours, quoique la blessure ait été plusieurs lois fortement attachée. On y remédiait aussitôt par le cautère actuel ; mais la veine fut effacée dans cette partie , et il s’établit un nouveau trajet par en-haut et par en-bas, ce qui causa l’engorgement de la parotide. Quand l'orifice dans la veine est étroit, ou quand la veine n’est pas transpercée, mais qu’elle enfle parce que l’oiifice dans la peau n’a été fermé qu’imparfaitement , ou parce qu’il est resté des poils ou du sang entre les bords de la blessure , les premiers, lymptômes sont un engorgement et une manifestation d’humidité. Dans ce cas, la veine est souvent préservée y et la maladie bientôt guérie, paa?
l’application légère du cautère actuel , et le repos du cheval. 11 ne faut pas supposer, néanmoins, que dans tous les cas d’engorgement , après la saignée, la veine soit enflammée : un léger engorgement se manifeste souvent, immédiatementaprès l’opération, parle simple épanchement du sang dans la membrane cellulaire sous la peau ; et quelquefois il est suivi d’un léger suintement d’humidité de la blessure ; mais on rétablit bientôt cette partie, en la frottant avec un liniment de savon. Quand la veine est réellement enflammée, le sang s’échappe quelque temps après l’opération , et si cela n’arrive pas , l’engorgement s’étend à la parotide , et rend toute cette partie extrêmement sensible et douloureuse, ce qui empêche quelquefois le cheval de mâcher et d’avaler. Quand la maladie est mal traitée ou négligée, il se forme des sinus au côté de la veine , de manière qu’on peut passer la sonde dans plusieurs directions , ordinairement en- haut vers la glande, quelquefois en dedans parmi les muscles du cou.
Le cautère actuel est d’abord, sans aucun doute, l’application la plus efficace ; mais quand on a laissé faire à la maladie les progrès que nous venons d’indiquer , il est nécessaire de tenir l’oriilce ouvert, pour laisser une libre sortie à la matière; et par 1 injection d’une solution de vitriol bleu ou blanc , on parvient, par degrés, à opérer la guérison de la partie la plus intérieure.
Quand la parotide e^t très enflée et très dou- il loureuse , on appliquera un cataplasme ; mais H quand l’engorgement est dur et non sensible, il vaut mieux faire usage d’un vésical oire.
En abandonnant ce sujet, sur lequel quelques- •
uns de mes lecteurs jugeront peut-être que je me *uis trop étendu, je dois faire observer que les blessures, en général, et notamment, celles des cavités circonscrites, exigent tant de soin et d’importance , pour être traitées avec succès, que j’ai pu être convaincu de l’utilité d’en donner une description détaillée,