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MALADIES DES INTESTINS

Il est heureux pour les chevaux et pour lest propriétaires 9 que l’on n’administre plus aussi i héquemment des médecines très fortes. Parmi les nombreux inconvéniens qui résultaient des violens purgatifs prescrits par les auteurs sur la maréchallerie , tels que douze à quatorze gros d’aloès, seul ou avec le calomelas, (1) il en est

(1) Je fus requis, il y a quelques semaines, de traiter tm cheval malade ; il paraît que le palfrenier lui avait donné une once d’al®ès du Cap , qui avait opéré avec une grande violence, et avait continué d’agir pendant deux ou trois jours. Quand j’arrivai , il n’était plus temps de sauver ranimai, il mourut peu de temps après d’une inflammation des intestins. L’aloès du Cap est certainement le plua faible. J’ai vu plusieurs chevaux détruits par de plus fortes doses, telles que dix, douze ou quatorze gros, et aussi souvent, et peut-être plus, de l’aloès succotrin ’que selui çl«s Barbades- ( Voyez la cote de la page *72- )

un que nous n’avons point encore indiqué et que nous allons décrire.

Quoique ces médecines ne détruisent pas un cheval , elles l’affaiblissent souvent au point qu’il a besoin de plusieurs semaines pour recouvrer ses forces* mais il est arrivé plusieurs cas où le violent effet d’une médecine avait rendu les intestins tellement irritables , qu’ils devenaient sujets à des maladies, même dangereuses. Nous avons déjà fait mention d’un cas de cette espèce. ( Voyez page 206 , note. ) Elles occasionnent quelquefois une constipation opiniâtre 5 d’autrefois ,, une disposition continuelle à la diarrhée et à la colique. Quand un cheval dont les intestins ont été ainsi affectés , est attaqué de coliques ou de tranchées , les forts remèdes que Pon emploie communément, tels que le genièvre et le poivre, etc. , ont souvent une suite fatale en excitant une inflammation. La boisson suivante produira un bon effet: donnez souvent de l’eau de gruau , mais peu à la fois , ajoutez une infusion de graine de lin , ou tout autre liquide mucilagineux , et injectez un lavement de la même espèce. Le seul moyen de guérir radicalement l’irratibilité et la sensibilité des intestins , est éviter toute substance cFune qualité irritante ? ainsi que l’eau froide , jusqu’à ce que Panimal ait pu recouvrer ses premières forees.

Breuvage.

Huile dementbe poivrée .

Teinture d’opium .

üomme arabique dissoute dans

2o gouttes.

% once.

2 onces.

une pinte d’eau chaude. . . .

Mêlez pour une dose.

La constipation produite par l’usage ci-dessus mentionné , occasionne des symptômes qui trompent souvent le pratricien sans expérience ; le cheval paraît souffrir, fait souvent d’inutiles efforts pour évacuer; il y a quelquefois suppression d’urine , particulièrement quand les remèdes convenables n’ont pas été employés a temps ; il se manifeste un peu de fîevre , et à la fin des coliques. On peut faire disparaître promptement tous ces symptômes , en tirant la matière fécale avec la main ; on donnera ensuite un lavement et le laxatif huileux ; mais j’ai vu donner, dans cette maladie , des breuvages chauds , et quand on reconnaissait que loin d’apporter du soulagement ils augmentaient la douleur, on saignait copieusement l’animal. Lorsqu’on remarquait la suppression d’urine , on donnait des diurétiques. La maladie se guérit dans certains cas par un effort de la nature ; mais quelquefois elle fait des progrès au point de produire l’inflammation des intestins.

Laxatif huileux .

Aloès des Barbades. . . . 2 gros.

Alkali préparé. . i gros.

Eau de menthe . 8 onces.

Huile de ricin. . . . , . 8 onces.

Mêlés pour une dose.

GRAS FOWDURE.

C’est aussi une maladie des intestins, et qui ?

en général, provient de quelqu’affection dans la constitution : les chevaux bien nourris et peu exercés y sont très sujets. Quoiqu’ils paraissent gras et qu’ils aient le poil lisse, ils ne sont point propres à un travail pénible ou long-temps continué , à moins qu’ils n’y soient préparés par degrés. Quand donc ils sont tout-à-coup employés au travail dans cet état, et surtout qu’on s’en sert pour la chasse ou pour autre exercice violent, il en résulte souvent une fievre qui provient d’une inflammation générale, ou d’une augmentation d’action de tout le système artériel. Dans cette maladie, la nature fait quelquefois un effort pour s’en débarrasser , c’est-à-dire qu’il s’établit un grand dévoiement; le mucus, qui se forme continuellement sur la surface intérieure des intestins pour les lubrifier et les protéger contre l’action de toute substance acrimonieuse qui viendrait à s’y introduire , est alors plus abondant , et souvent semble une graisse mêlée aux excrémens. Quand on extrait du sang d’un cheval en cet état, on découvre à sa surface une grande quantité de la croûte inflammatoire. ( La lymphe coagulable , ou gélatine jaune, ci-devant décrite.) (1) (Voyez Saignée. )

(i) Selon M. Jean Lawrence, le gras fondure consiste dans une coliiquation on fonte générale de la graisse du corps , dont une partie est absorbée et reportée dans la ruasse du sang et dans les intestins, d’où elle s’échappe avec les excrémens. M. Blaine, dans son traité sur la médecine vétérinaire , a appelé cette explication de la maladie une absurdité! Et., quoique je ressente tout le respect du aux efforts de Gibson, Bracken et Bartlet, et à leur commentateur et panégyriste, M. Jean Lawrence , je suis forcé , par expérience et par les instructions que j’ai pui-

Le gras fondure ne doit donc pas être considéré comme une maladie distincte ; mais comme un symptôme qui se manifeste quelquefois dans finfîammation générale ou dans la fîevre, mais plus souvent encore dans cette dernière maladie. Quand un cheval est attaqué de la flevre ou d’une inflammation générale , quelques-uns des organes internes sont plus affectés que les autres. Une respiration pénible, un mouvement des flancs plus accéléré qu’à l’ordinaire , et les naseaux développés indiquent une affection des poumons. Lorsque le gras fondure se déclare, on peut s’apercevoir que la membrane muqueuse des intestins est spécialement affectée quelquefois ces deux parties sont attaquées à la fois. Le principal remède de cette maladie est une copieuse saignée, suivant l’àge, la force et les autres ci/constances. (Voyez Saignée

sées sur l’économie animale dans des auteurs d’un mérite distingué, docteur Baillie , MM'. Cline, Abernethy et Cooper, d’avouer que la description de M. Lawrence est réellement une absurdité, et fournit une preuve convaincante de son incapacité, soit à enseigner, soit h pratiquer l’art vétérinaire.

Je suis fâché de me trouver dans l’obligation de faire cette remarque; mais comme une opinion aussi erronée tend à égarer les vétérinaires, je crois de mon devoir de la présenter, et je dois demander la permission d’ajouter que les observations ultérieures de M. Lawrence sur la maladie, son explication de ce qu’il appelle une inexactitude d'inadvertance dans sa description , ses remarques satyriques sur M. Blaine, et ses efforts pour démontrer que M. Blaine, dans son explication de la maladie, a eu le dessein de la présenter à l’univers comme une découverte qui lui appartenait, tandis qu’Qsmer, qui éeriviten i ^65, l’avait devancé, me semblent une forte confirmation des connaiésanees profondes de M. Blaine sur l’économie animale, et de l’ignorance absolue de M. Lawrence sur ce sujet. ^

et Fievte.) Il est souvent nécessaire de répéter cette opération; on employera les laxatifs huileux , et on placera des sétons a la poitrine et au ventre , si les poumons sont le siège principal de la maladie ; on peut encore placer des vésicatoires sur les flancs, ou frotter, avec l’embrocation de moutarde, les flancs et le ventre. Dans le cas de gras fondure, ou quand les intestins sont lésés, il s’établit un dévoiement abondant; il ne faut faire aucune tentative ponr le supprimer, mais l’exciter, au contraire, en faisant prendre souvent au cheval d’une décoction de graine de lin , de gomme arabique dissoute dans l’eau , d’amidon ou de fécule d’arrow-root bouillie dans l’eau. Si les scdîes sont peu abondantes , mais fréquentes , et qu’on y trouve de petits durillons, donnez une chopine d’huile de ricin , et une seconde, s’il est nécessaire, environ deux jours après. Il sera bon aussi , dans ce cas , de faire une friction sur le ventre avec l’embrocation de moutarde. Si la maladie résiste à ces remèdes, et s’il y a une grande irritation vers l’anus, si les selles continuent d’être peu copieuses et fréquentes , et si l’animal par ait éprouver des souffrances vives, donnez le lavement narcotique. Si, au lieu de diminuer, il semble augmenter la douleur et l’irritation , répétez la dose d’huile de ricin 'et le lavement , composé seulement d’eau de gruau avec un peu d’huile (1). M. Blaine, dans

(i) Il est nécessaire, dans cette occasion, d’administrer le lavement avec un soin particulier , parce que le rectum est si irritable et si sensible que , si la canule est rude et introduite sans précaution, il en résultera plus de mal que de bien : il faut donc adoucir la canule , en la frottant d’huile ou de lard, et l’introduire doucement. Il est pro-

«on traité de médecine vétérinaire , décrit cette maladie avec quelque différence , et l’assimile à la dyssenterie du corps humain. Je dois avouer , cependant, que durant une longue pratique de dix ans, je n’ai jamais rencontré un seul cas qui ressemblât à la dyssenterie décrite par les auteurs en médecine. J’ai souveut observé, dans le cours des progrès de la fievre symptomatique , une inflammation interne, un mucus mêlé aux matières fécales, qui ressemblait quelquefois, en partie, a un de ces longs vers blancs que l’on rencontre si souvent dans les intestins du cheval , et quelfois a une membrane. J’ai fait la même observation sur des chevaux qui paraissaient en bonne santé, ou après l’opération d’une forte médecine* j’ai vu aussi beaucoup d’exemples où il y avait du tenesme } ou irritation du rectum. Les selles étaient douloureuses, fréquentes et peu abondantes; mais c’était toujours, soit un symptôme de quelque maladie plus importante , et dont on triomphait aisément, ou l’effet d’une médecine, très différent de la dyssenterie. (Voyez Inflammation des poumons et des intestins, et Fievre symptomatique. )

Lavement narcotique.

Opium . 1 gros %.

Eau chaude . . . 2 onces.

Mêlés. . ••

Ajoutez- y une bouteille d’eau d’amidon , c’està-dire de l’amidon bouilli dans l’eau de la ma-

baUe qu’un tube en os, environ trois fois gros et long comme les canules employées pour l’homme, serait préférable à ceux dont on se sert communément.

nihre ordinaire et d’une consistance convenable pour un lavement.

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