‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 67 sur 78 · MALADIES DES ORGANES URINAIRES · texte numérisé non relu

MALADIES DES ORGANES URINAIRES

La suppression d’urine peut provenir de plusieurs causes. Elle accompagne, en général, la colique venteuse , et elle est mal -à -propos considérée comme la cause de cette maladie; car, quand la colique est passée, le cheval urine librement. Dans les cas opiniâtres de suppression , lorsque le cheval a été deux ou trois jours sans pisser, il est nécessaire d’examiner la vessie, ce que l’on pept faire aisément en introduisant la main dans le rectum, ou boyau droit, au travers duquel on sentira aisément la vessie, quand elle est distendue par l’urine : si l’on trouve la vessie dans cet état , 011 excitera une prompte évacuation , sans laquelle l’animal est exposé à périr. Dans les jumcns , il n’y a aucune difficulté à introduire un tube creux dans la vessie , au moyen duquel on expulse l’urine. Dans les chevaux, cette opération n’est pas praticable , à cause de la grande longueur et courbure du passage : on a recommandé cependant, dans ces cas, d’introduire une bougie, sonde longue et douce, dans le passage, assez avant pour qu’elle parvienne a la partie où existe la principale courbuie; c’est-à-dire, deux ou trois pouces au-dessous de l’anus. La sonde est tenue fermement dans cette situation, par un assistant, et le vétérinaire fait, avec précaulion , une incision à l’extrémité de la sonde , pour ouvrir le passage. Après quoi , il introduira facilement un

tube creux et même le doigt, , dans îa vessie pour la vider.

En faisant cette incision, on duit tenir la peau d’un côté , afin que quand l’opération est termiminée, et burine évacuée , les ouvertures de lurètre et des autres parties qui la couvrent ne correspondent pas entr’eîles , et que l’ouverture de la première soit complètement recouverte. Sans ce procédé, il resterait probablement, pendant la vie de l’animal ; une ouverture fis taie use , et même, de quelque manière que l’opération soit exécutée , on doit craindre ce résultat* mais heureusement , ces cas obstinés de suppression d’urine sont très rares.

Quand h l’examen de la vessie au travers du rectum, ou la trouve vide, on qu’on ne la sent pas du tout, la suppression doit provenir d’une maladie des reins. Lorsque ces organes sont très enflammés, ils cessent de sécréter l’urine, ou ne la produisent qu’en petite quantité ; mais la cause la plus commune est une destruction graduelle des reins. (Voyez Inflammation des reins, page 46.) C’est ce qu’on reconnaît à la maigreur cl à la faiblesse progressive du cheval, s’il a déjà été attaqué de cette maladie , mais moins fortement • si l’on remarque qu’il se sert moins librement de ses jambes de derrière, en trottant, et qu’il plie les reins lorsqu’on lui passe la main dessus Quand il est clairement reconnu que la suppression d’urine provient de cette cause, et sur-, tout, si le cheval est vieux et extrêmement faible, jî n’y a pas d’espoir de guérison, et la mort termine bientôt ses souffrances. I! peut cependant activer que les reins cessent de remplir leurs fonc-

tions , ou ne le fassent qu’imparfahement , par d’au 1res causes , sans avoir souffert d’altération ou de destruction dans leur organisation ou dans leur structure. Dans ce cas , s’il n y a pas de symptômes d’inflammation , on donnera la boisson suivante , et on la répétera tant qu il sera né— cesssaire.

Beaume de copaliu . % once.

Eau de menthe . 12 onces.

Mêlés , pour une dose.

Il est quelquefois nécessaire d’augmenter la quantité du baume ; mais il est convenable de commencer par une petite dose, et d’en surveiller soigneusement l’effet. S’il semble augmenter la douleur de l’animal , sans provoquer d’évacuation , il y a lieu de soupçonner qu’on s’est trompé sur la cause de la suppression ; on examinera donc de nouveau les symptômes. Il a été observé cidevant, que la suppression d'urine est communément occasionnée par un spasme dans le col de la vessie , et quelquefois par un amas d’excré— crémens durs dans le rectum. Dans le premier cas, le bol camphré (voyez page 82 ) procurera un prompt soulagement 5 dans le dernier, ou expulsera les excrémens durs avec la main, les Javemens et un laxatif.

On voit quelquefois des chevaux qui , malgré des efforts fréquens^ ne rendent que peu d’urine, et cela avec quelque douleur, ou qui la perdent. Ces symptômes proviennent d’une augmentation d ’irritabilité ou de sensibilité de la vessie , énsorie que, quand elle reçoit seulement une légère quan-

thé d’urine, elle se contracte immédiatement pour l’expulser. Ils peuvent aussi être l’effet d’une urine plus forte ou plus âcre qu’à l’ordinaire. Dans l’un ou l’autre cas ? on fera prendre le breuvage sui- Yant au cheval malade, et on lui donnera l’eau à discrétion : s’il refuse de boire , on lui fera prendre souvent, avec une corne, de l’eau de gruau, une décoction de graine de lin, de guimauve ^ etc. S’il est constipé , employez l’huile de licin et les lavemens. Cette maladie est souvent produite par des vésicatoires, lorsque les cantharides qui les composent sont absorbés par la circulation.

Breuvage .

Camphre , de . i % à 2

Opium en poudre . i

Gomme arabique , dissoute dans

l’eau chaude . 4

Mêlés, pour une dose.

On le renouvellera environ douze heures après, si les symptômes continuent , et l’on fera prendre dans l’intervalle de la gomme arabique dissoute dans l’eau, une décoction de graine de lin, etc. Un cheval rend quelquefois une urine sanguinolente après un grand effort Dans ce cas , faites prendre des breuvages mucilagineux , composés de gomme , graine de lin , etc. On donnera en même temps le breuvage suivant , soir et matin, jusqu’à ce que l’urine reprenne sa couleur naturelle.

Ecorce de grenade

gros.

gros.

onces.

1 once

chopine.

ÏlÂl u. • •»•••»»•»•••«»•»»••«-• i

Faites bouillir environ une demilieu rr, passez la liqueur, et ajoutez :

Alun en poudre . . . . i once.

Pour une dose.

Si ce remède est inefficace , ajoutez-y un gros on deux d’acide sulfurique, et même plus , pourvu qu’il soit étendu avec l’eau ou la décoction de grenade ci-dessus , de manière à ne faire aucun mal à la gorge : on peut s’en assurer , en plongeant le doigt dans cette mixtion , et le portant sur la langue ; s’il est aigre au point d’occasionner quelque douleur , ou une sensation très désagréable, ajoutez - y une plus grande quantité d’eau.

Qnaud la maladie continue pendant quelque temps, il est à craindre qu’elle ne devienne fatale. On doit ranimer , dans ce cas,- les forces du cheval , par une bonne nourriture et des toniques, tels que le quinquina et l’opium. ( Voyez volume 2, Matière médicale-) On peut aussi essayer le sulfate de fer, frotter le dos ou les lombes avec des embrocations chaudes , ou y appliquer un emplâtre chaud , composé de térébenthine commune, de poix de Bourgogne et de cire jaune : quatre parties du premier article, deux du second et une du troisième. Quand l’urine prend une couleur brune ou de café, que le pouls devient très accéléré et faible , intermittent oti irrégulier, et que la faiblesse de l’animal augmente graduellement, il n’y a pas d’espoir cW guérison.

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