EAUX AUX JAMBES
Nous ayons traité de cette maladie a la page 90.
Dans des cas invétérés , les talons sont souvent ulcérés, et quelquefois à un degré considérable. Les ulcères sont, en général, très douloureux, et surtout quand ils sont situés sur la partie postérieure du pâturon ; ils sont ausi plus difficiles à guérir dans cette situation , à cause des mouvemens fréquens de la partie. Dans le traitement de ces ulcères, nommés communément crevasses, il est fort important d’observer une grande propreté, et quand ils paraissent enflammés et douloureux, appliquez, pendant deux ou trois jours, un cataplasme mou, avec un peu d’eau de goulard. On peut ensuite faire usage de l’onguent suivant ( n*# 1 ), sur des étoupes, et assujéli avec un léger bandage.
Ces crevasses existent souvent sans enflure de la jambe, et sans l’écoulement pi oduit par les eaux . On les guérira facilement, dans ce cas, avec l’onguent astringent, et quelques doses de l’onguent diurétique. (Voyez Matière médicale, vol. 2.) Mais quand elles sont compliquées avec les eaux aux jambes , si elles sont profondes , l’exercice semble contraire à leur guérison ; et j’ai reconnu que la meilleure méthode, quand elles ne 11 sont pas accompagnées d’enflure considérables,1 était de laisser le cheval à l’écurie, jusqu’à ce qu’elles soient à peu-près guéries, et de panser la plaie avec l’onguent n°. j , en appliquant un bandage pour tenir la partie ferme 5 autant que
possible. Quand on adopte ce traitement, il est nécessaire de maintenir au cheval une nourriture rafraîchissante et relâchante et de lui faire de fréquentes frictions sèches aux jambes : on lui donnera aussi quelques poudres altérantes diurétiques. Si la chair, que l’on appelle baveuse, se manifeste dans les ulcères , c’est-à-dire , que la chair nouvelle s’élève au-dessus du nivau de la peau , il faut arrêter ses progrès avec les caustiques ; tels que le vitriol bleu en poudre ou dissous dans l’eau ehaude , ou la pierre infernale. Lorsqu’on néglige ce point, elle prend quelquefois beaucoup d’accroissement, et une consistance approchant de celle de la corne. Dans ce cas, on lui donne communément le nom de grappes. Si après l’application du cataplasme, l’ulcère continue d’ètre sordide, et ne présente pas cette apparence vermeille qui est un signe de guéiison, on appliquera une solution chaude de vitriol bleu , et on répétera le cataplasme : il en résultera la séparation des parties sordides , ou de ce que l’on nomme bourbillon y après quoi la plaie paraîtra vermeille et saine , exhalera une matière blanche , et sera remplacée graduellement par une chair nouvelle qui, si elle s’élève au-dessus de la surlace , doit être réprimée par un caustique.
Dans les cas récens d’eaux aux jambes, lorsque les talons sont enflammés et engorgés , qu’ils évacuent une matière blanchâtre , j’ai vu obtenir un bon effet de longues fomentations d’eau chaude , mêlée avec un peu d’eau de goulard, et l’application immédiate d’un cataplasme de go-ulard. Dans les cas opiniâtres , quand la matière est très épaisse, le cataplasme fermentatif est utile $ c’est-à-dire.
un cataplasme de graine de lin , d’eau chaude et de levure de Lierre détruit aussitôt l’odeur , et provoque une matière plus saine et moins âm e. On a également prescrit, pour le même sujet, du charbon de forge ou de la braise de boulanger.
Il est nécessaire, dans ces cas invétérés, d’insérer des sétons à la cuisse , et de les employer toujours avant toute application astringente. Ce remède désagréable n’est nécessaire , cependant , que lorsque la maladie a existé pendant quelque temps. Dans les cas récens , le cataplasme de goulard et les purgatifs doux réduiront bientôt l’inflammation, et des lotions astringentes, un exercice régulier et un régime convenable, suffiront pour achever la guérison et pour prévenir le retour de la maladie : il est encore utile de faire de héquentes frictions aux jambes, et de faire usage de temps en temps de la poudre diurétique. Les chevaux qui ont les jambes de derrière blanches, sont plus susceptibles que les autres de les avoir engorgées. On aura soin de les bander pendant quelque temps, et surtout après un travail outré, et de tenir continuellement le bandage humide , avec une solution aqueuse d’alun. Dans ces engorgemens durs et habituels , qui sont quelquefois un reliquat des eaux, j’ai vu essayer plusieurs fois les vésicatoires et le feu, sans succès : le meilleur palliatif, dans ces cas, est îe bandage que nous venons d’indiquer.
L’inflammation semble quelquefois s’étendre au tissu cellulaire sous-cutané, et occasionner une douleur et une boite* ie plus considérable que quand elle est superueieUe. Cette inflammations
se termine ordinairement en un abcès aux talons * qui crève et forme un ulcère profond et de mauvaise apparence ; après quoi , l’engorgement général de la jambe diminue et l’animal semble éprouver un grand soulagement. L’ulcère, cependant, est extrêmement irritable et difficile à guérir , surtout si le cheval prend de l’exercice 5 mais on parviendra , par degrés , à en opérer la cure, en appliquant des cataplasmes et l’onguent digestif chaud j le cheval doit en même temps être mis au repos.
Onguent »
JNK 1.
Saindoux frais . . 4 onces.
Blanc de plomb, réduit en poudre fine. . . • . 1 once.
Mêlez.
Onguent astringent .
Saindoux . .
Huile de palmier . . .
Huile d’olive fine . .
Fondez au bain-marie, mêlez ensuite.
Plomb liquide . .
Remuez jusqu’à ce que le mélange froid.
4 onces.
2 onces.
1 once.
1 once soit presque
Quand les ulcères des talons ne paraissent pas disposés à guérir , on remplacera l’onguent cidessus par un autre plus stimulant, et on lavera
avant
la plaie avec une solution de vitriol bleu de l’appliquer.
Onguent stimulant .
Onguent de résine jaune .
Huile d oîive .
Précipité rouge en poudre fine. ,
Mêlez,