‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 8 sur 78 · DE L’INFLAMMATION · texte numérisé non relu

DE L’INFLAMMATION

Le célèbre Boërhave , ei d’autres physiologiste» de son temps , ont supposé que l ’inflammation provenait d’une viscosité du sang qui l’empêchait de circuler dans les vai seaux capillaires , ce qui occasionnait les obstructions, et les symptômes qui caractérisent la m dadie. Cette opinion néan moins a obtenu très-peu de crédit parmi les physiologistes modernes , et elle est maintenant universellement abandonnée , parce qu’il a été prouvé que le sang tiré d’un animai attaque d une inflammation est pi us fluide et conserve plus longtemps sa fluidité que celui qui est extrait du même animal en santé.

Je crois que l’opinion la plus répandue maintenant sur l’inflammation est qu’elle consiste dans une augmentation de l’action du cœur et des altères , quand elle est générale. Par là , le sang circule avec une vitesse extraordinaire , et dérange tout le système ; et quand elle est locale, ou qu’elle n’aflècte qu’une pat tie (1) , l’accrois-

(i) Dans rinflammation locale, quoique les artères les plus grandes de la partie lesee aient plus d action , il est probable que leurs dernières ramifications , qui sont, k cause de leur petitesse , appelées artères capillaires, sont dans un état de faiblesse et distendues par le sang dont elles ne peuvent se débarrasser; les plus grandes artères

senient d’action se borne de la même manière aux vaisseaux de cette partie.

Quand une partie est enflammée , il s’y manifeste un degré de chaleur plus élevé que dans l’état naturel , généralement suivi d’une tension et d’un engorgement considérables , et il en résulte une augmentation de sensibilité , et une irritabilité qui n’existaient pas auparavant. Dans les os et les tendons, par exemple, en état de santé , on découvre a peine quelque sensibilité; mais quand ils sont enflammés j elle s’élève â un degré allarmant , et il peut en résulter les plus funestes conséquences.

L’inflammation a quatre modes de terminaison. Le premier nommé résolution , lorsque la maladie après avoir duré un certain .temps , disparaît par degrés; le second appelé suppuration ,

agissant avec une force et une vitesse qui n’est point habituelle, poussent plus de sang qu’à l’ordinaire dans ces vaisseaux délicats, de manière à les dilater au-delà de leur ton et à les rendre incapables de contracter. Ceci explique l’engorgement , la chaleur et la rougeur de la partie enflammée, et démontre l’utilité, dans ce cas, de tirer du sang avec les sangsues , parce que ces vers n’attaquent que les artères capillaires , en extraient le sang superflu et les rendent propres à recouvrer leur force de contractilité ordinaire. Ceite doctrine démontre encore l’elficacité de la saignée générale et d’un purgatiflors d’une inflammation locale : on parviendra ainsi à modérer l’action des plus grandes artères, et à empêcher qu’ils ne versent dans leurs rameaux plus de sang qu’elles n’en peuvent transmettre aux veines. Nous avons cru convenable de nous étendre beaucoup sur la théorie de l’iiiflammation, parce qu’elle peut conduire à une pratique meilleure que celle qui est communément adoptée dans le traitement des maladies inflammatoires des chevaux.

lorsque la matière est formée , ou un abcès produit * le troisième nommé effusion , indique une extravasation de sang, de lymphe coagulable , ou de serum ; et le quatrième prend le nom de

• gangrène , ce qui indique la mort de la partie enflammée.

L inflammation des parties externes est ordinairement occasionnée par quelque cause mécanique , telle que les blessures, lés contusions ,

! etc. Elle pent encore provenir d’une inflammation interne , ou fievre symptomatique , et doit être considérée alors comme un effort de la nature pour guérir la maladie interne. Ainsi , dans les fiev res , il survient quelquefois sur la surface du corps des abcès qui diminuent la fievre ^ et procurent, en général , une terminaison favorable»

L inflammation est souvent produite par une pléthore , ou surabondance de sang. Dans ce cas , elle est quelquefois générale , tout le système artériel ayant augmenté d’action. Elle peut encore être considérée comme un effort de la nature pour S?i ^arrasser du sang superflu , et , dans ce cas, elle doit être secondée par une saignée abondante.

Il arrive plus communément que le sang superflu se fixe sur un point particulier, et occasionne une inflammation locale qui affecte très-souvent quelques-uns des organes internes , et surtout les poumons. De là , certainement , proviennent les uevres les plus dangereuses. Quand un cheval devient pléthorique , les yeux ont aussi beaucoup de dispositions à en être affectés ; et c’est à cette Muse, je crois, que l’on doit attribuer toutes les maladies de cet organe délicat.

Dans le traitement de l’inflammation externe.

on doit s’efforcer de provoquer la terminaison la plus favorable , c’est-à-dire la résolution , à moins qu’elle ne provienne d’un effort de la nature pour guérir une maladie interne ; il est préférable alors de l’amener promptement à suppuration. Les remèdes que l’on doit employer pour résoudre finflâmination sont : une saignée locale ou géné * raie (voyez l’Index, Saignée,), les purgatifs, les fomentations, les cataplasmes , ou les lotions d’extrait de saturne ( acétate de plomb liquide ) \ d’autres applications froides ont été employées avec succès , telles que le sel ammoniac ( muriate d’ammoniac) dissous dans le vinaigre, l’eau de genièvre , etc.

Quand l’inflammation affecte les parties tendineuses , ou les articulations , le cataplasme avec extrait de saturne est un remède qui produit en général un bon effet , et dans ce derniér cas , j’ai souvent trouvé les vésicatoires extrêmement efficaces. Comme , dans ces cas , l’inflammation est plus incommode, et comme la douleur qu’elle occasionne est souvent si forte qn’elle produit la fievre symptomatique , il devient nécessaire d’employer , sans perdre de temps , les moyens les plus prompts et les plus actifs pour la résolution ( voyez Blessures et Articulations. Appendix. ). Pour cet effet , on excite une inflammation artificielle dans la peau et le tissu cellulaire contigu, par ties d’une bien moindre importance dans l’économie animale , que les articulations ou tendons , et capables de un degr é considérable d’inflammation coup d’inconvénient pour l’animal. On emploie ; les sétons et les vésicatoires pour déterminer cette j|

supporter \ sans beau- •

inflammation artificielle, et Ton doit parvenir ainsi à diminuer d’une manière sensible celle qui se déclare sur une par ie plus importante.

Si l’on échouait dans ses efforts pour résoudre l’inflammation , elle se terminera probablement en suppuration. Lorsque la maladie n’éprouve pas d’amélioration par l’usage des remèdes que nous venons d’indiquer, des fomentations et des cataplasmes souvent répétés hâteront la suppuration, et procureront beaucoup de soulagement à l’animal. L’inflammation, ou plutôt l’engorgement qu’elle occasionne, arrivé k ce point, prend le nom d'abcès. Quand la suppuration est achevée et l’abcès bien formé, on peut sentir une fluctation en pressant alternativement avec deux doigts; ce point étant reconnu , on fera une ouverture avec une lancette ou un bistouri, de manière a ce que la madère puisse s’évacuer complètement et à prévenir un nouveau dépôt; la plaie doit être pansée, alors , avec un liniment ou un onguent digestif. Lorsque ce traitement a été suivi pendant quelque temps , si elle ne paraissait pas disposée à guérir / si elle répand une matière fétide et claire, et ne présente pas cette apparence vermeille qui est un signe de guérison , une lotion détergente fera bientôt disparaître ces mauvaises apparences, le pus deviendra plus blanc et plus épais, la régénération de la chair nouvelle se manifestera par des granulations vermeilles. Si ces granulations, cependant, deviennent abondante? et constituent ce qui est communément appelé chaïr baveuse s on doit en arrêter l’excroissance par le moyen de la poudre caustique. Lorsqu’une partie est enflammée ou engorgée, au lieu d’abcéder elle dégénère

quelquefois en une tumeur dure et presque indolente; ceci arrive lorsque l’inflammation s’est terminée par effusion de la lymphe coagulable, on doit faire usage , dans ce cas, des embrocations irritantes ou des vésicatoires.

Quand Finfla ruination parvient à un haut degré, comme il arrive quelquefois dans le cas de fortes contusions ou de blessures profondes et étendues avec dilacération, elle peut dégénérer en gangrène ou mortification , généralement dangereuse. Dans ce cas, le pus qui découle, au lieu d’etre blanc et épais, est noirâtre et fluide, d’une odeur particulière et infecte; la constitution est, en général 3 affectée, le pouls est prompt, faible, et quelquefois irrégulier; l’appétit se perd, et il survient un grand degré de débilité. (1)

L’inflammation d’une des parties internes produit généralement la fievre, dont la violence dépend de l’importance de l’organe enflammé, ainsi que de l intensité et du degré de l’inflammation ; quelques-unes des parties internes étant plus essentielles à la vie que les autres, et leur inflammation produisant un plus grand dérangement dans le système, la seule terminaison favorable à laquelle cette inflammation puisse être amenée, est la résolution; et les moyens les plus énergiques doivent être employés pour la solliciter. Le meilleur remède dans ce cas est une saignée copieuse, et plutôt elle sera employée plus elle sera efficace ; on provoquera ensuite, par l’emploi des sétons et des vésicatoires, une inflammation artificielle extérieure ; la poudre

(j.) Voyez BUsaure# avec dilacération et coufcusion. Appendix.

fébrifuge et quelques lavemens procureront un bien sensible.

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