‹ Abrégé de l'histoire ancienne de Rollin (volume 2)Chapitre 5 sur 49 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

sont établis ; par quels degrés et par quels moyens ils sont arrivés à ce point de grandeur que nous admirons ; ce qui fait leur solide gloire et leur véritable bonheur , et quelles ont été les causes de leur décadence et de leur chute.

2 u génie \\ n'est pas moins important d'étu-

et le caracte- t I JL

re des peu- dier avec soin les mœurs des peuples ,

pies et des . 1 • i

grands hom- leur génie , leurs lois, leurs usages •

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leurs coutumes , et surtout de bien remarquer le caractère , les talens , les vertus, les vices mêmes de ceux qui les ont gouvernés , et qui , par leurs bonnes ou mauvaises qualités , ont contribué à l'élévation ou à rabaissement des Etats qui les ont eus pour conducteurs et pour maîtres.

Voilà les grands objets que nous présente l'histoire ancienne , en faisant passer , comme en revue , devant nous tous les royaumes et tous les empires de l'univers , et en même temps tous les grands hommes qui s'y sont distingués de quelque manière que ce soit ; et en nous instruisant , moins par des leçons que par des exemples , sur tout ce qui regarde Fart de régner , la science de la guerre , les principes du gouvernement , les règles de la politique,

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ïes maximes de la société civile et de la conduite de la vie pour tous les âges et pour toutes les conditions.

, On y apprend aussi, et ce ne doitne3et^ri^ point être une chose indifférente pour&rè* des^*

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quiconque a du goût et de la disposi- cestion pour les belles connaissances ; on y apprend comment les sciences et les arts ont été inventés , cultivés , perfectionnés ; on y reconnaît , et Ton y suit , comme de Fœil i leur origine et leurs progrès ; et Ton voit avec admiration que plus on s'approche des lieux où les enfans de Noé ont vécu , plus on y trouve les sciences et les arts dans leur perfection : au lèeu qu'ils paraissent oubliés ou négligés à proportion que les peuples en ont été dans un plus grand éloignement ; de sorte que , quand on a voulu les rétablir i il a fallu remonter à forigine d'où ils étaient partis.

Je ne fais que montrer légèrement tous ces objets , quelque importans qu^ils soient , parce que je les ai traités ailleurs (i) avec étendue.

Mais un autre objet infiniment plus vef prmdpL intéressant doit attirer notre attention; l^portàS car , quoique l'histoire profane ne nous lel,gloa parle que de peuples abandonnés à

(i) De la manière d'étudier. Tomes 3 et 4.

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toutes les folies d'un culte superstitieux , et livrés à tous les déréglemens dont la nature humaine , depuis la chute du premier homme , est devenue capable, elle annonce partout la grandeur de Dieu, sa puissance, sa justice, et surtout la sagesse admirable avec laquelle sa providence conduit tout l'univers.

Si (i) l'intime conviction de cette dernière vérité élevait, selon la remarque de Cicêron, le peuple romain audessus de tous les peuples de la terre , on peut assurer de même que rien ne relève plus l'histoire au-dessus de beaucoup d'autres connaissances , que d'y trouver empreintes , presque à chaque page , des traces précieuses et des preuves éclatantes de cette grande vérité , que Dieu dispose de tout en maître souverain ; que c'est lui qui fixe et le sort des princes et la durée des empires ; et (2) qu'il transporte les royaumes d'un peuple à un autre , pour punir les injustices et les violences qui s'y commettent.

(1) Pietate ac religione , atque hâcunâ sapientiâ quôd Deorum immortalium numine omnia régi gubernarique perspeximus, omnes gentes nationesque superavimus Or do Arusp. respons. n. 19.

(2) Regnum à génie in gentem transfertur proptei injustitias et injurias et contumelias et diversos dolos Eccles. to, 8.

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Il faut avouer qu'en comparant laBnDJS*$Sï manière attentive, bienfaisante, sen-df^u^. sible dont il gouvernait autrefois son?16 peyple , et celle dont il conduisit toutes^ les autres nations de îa terre, on dirait que celles-ci lui ont été indifférentes et étrangères. Dieu regardait la nation sainte comme son domaine propre et comme son héritage ; il y demeurait comme un maître dans sa maison , et comme un père dans sa famille. Israël était son fils , et son fils premier-né. II avait pris plaisir à le former dès son enfance , et à l'instruire par lui-même. Il se communiquait à lui par ses oracles ; il le gouvernait par des hommes miraculeux ; il le protégeait par les merveilles les plus étonnantes. À la vue de tant de glorieux privilèges , qui ne s'écrierait avec le Prophète : ce Ce n'est que dans Israël w que Dieu fait éclater sa grandeur et13****3 2; x> sa magnificence ! Solummodo ibi » magnifiais est Dominus nostei\ ^

Cependant ce même Dieu , quoi-, Maisilv^-

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qu'oublié par les nations, et quoiqu'il peuples de ia parût les avoir oubliées , exerçait toujours sur elles un empire souverain f qui , pour être caché sous le voile des événemens ordinaires et d'une condui-

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