‹ Abrégé de l'histoire d'AngleterreChapitre 18 sur 39 · EDOUARD LE CONFESSEUR · texte numérisé non relu

EDOUARD LE CONFESSEUR

< L'béritier légitime de la couronne étoi^ )e fils d'Edmond Bras-de-Fer exilé en Hongrie ; mais Edouard, son oncle, frère utérin de Hardicanute, étoit présent: sou caractère, ses malbeurs plaidoient en sa faveur. Les in-

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digènes demandoient hautement un.roi de la raoe de Cerdic, et les murmures des Danois * fu renié touffes par Pextrême influence de Godwin. Le nouveau roi monta sur le trône, aussitôt après la mort de 'son prédécesseurV ' Edouard ayôit alors près de quarante ans , et il en avoir, passé vingt-sept en exil. Il avoit consolé les heures de son bannissement en Normandie y par les plaisirs de la chasse et les exercices de la religion , et il porta sur le trône les habitudes de modération et de paix qu^il avoit prises dans la vie privée. Cé fut un bon.^ij>lutôt qu'un grand roi. Il con^wra la paixV propagea la religion, donna dUpfa force aux anciennes lois, et diminua les char-* ges de son peuple. Tels furent les principaux soins de son gouvernement ; mais il manquoit de cette fermeté nécessaire pour réprimer les violences des nobles indociles, dont41étoit entouré, et pour commander le respect.

Edouard , k son avènement, trouva près du trône trois chefs puissants ; Godwin , Léofrin et Siward. Sous les Danois, ils avoient pris le titre de comtes, qualification que ceux-ci avoientapportée en Angleterre ; ils jouissoient dans leurs gouvernements, qui étoient immenses, de toutes les prérogatives de la royauté , et leur puissance étoit telle , qu'ils pouvoient aisément balancer Tautorité du roi, s'ils s'étoient réunis contre lui. Il fut heureux pour Edouard qu'au commencement de son règne , ils sacrifiassent tout sujet de dissention privée à leur zèle commun pour le service du roi. k la faveur de cet accord, fit dans la nation les épurations néces-

iùbVAkù Le eôNlPÈssBtià.' AA$ Saii es atî maintien de l'ordre ; on chassa les familles dauoise$ dont la fidélité étoit ëqui- "roque y ou dont la tyrannie passée méritoit punition; la reine-nu fut du nombre des proscrits } et ses biens furent pillés par une de ces expéditions armées en «usage chez les Saxons. Accusée de partialité pour les Danois, ce qui la rendoit odieuse aux indigènes, elle s'étoit attiré l'animadversion d*£douard et de ises autres enfants du premier lit, à cause de la prédilection marquée qu'elle avoit toujours montrée pour ceux du second. Réduite à son douaire , elle se retira à Winchester^ où elle mourut en 1052.

Mais un concurrent terrible pour Edouard s'élevoit alors dans le nord. C'étoit Magnna qui y après la mort de Hardicanute y avoit sùocédé au trône de Danemarck , qui déjà avoit conquis 1^ Norwége , et qui convoitoit encore l'Angleterre. N'ayant rien pu obtenir par la persuasion, ses envoyés firent des menaces, et Edouard songea à se mettre en mesure : ses préparatifa furent inutiles ; Magnus mourut sur ces entrefaites; et Sweyn , fils d'une sœur de Canute, lui succéda.

Edouard épousa Edithe, fille de Godwîn. Les mœurs et la conduite de cette princesse ne laissent apercevoir aucune trace de cette barbarie que Ton remarquoit dans le caractère • de son père et de ses frères : e etott , selon les anciens chroniqueurs, la rose qui fleurit an milieu des épines. Les qualités de son esprit relevoient encore les perfections de sa personne. On a fait un graind éloge de sa douceur^ ^e sa piété et de sa générosité; «t, ce qui étoit

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alors fort rare chez le^ femmes , elle kvxÀi des connoissances littéraires assez étendues. £douard , avant de Tépauâer ^ lui déclara qu'il s'étoit lié pour la TÎe par un yœu de continence ; mais il lui offrit de la placer a ses côtés sur le trône, à condition que son serment resteroit inviolable (1044).

Les Godwins (ils étoient cinq, fribres , que leur orgueil et leurs violences avoient rendus odieux à la nation) , jaloux des faveurs .que le roi avoit accordées à plusieurs des Normands qui l'avoient accompagné à sbn retour en Angleterre i^ur en t rimprudence de braver l'autorité royale. En 1051, Ëustache , ,comt9>de Boulogne, qui avoit épousé la sœur a Edouard, vint visiter son beau-frère : sa suite se prit de querelle av^ec les bourgeois de Douvi^es , ville qui appartenoit à- Godwin. Eustache, dcmt Godwiii ëtoit Tennemi, s'empressa de porter plainte au roi, et Godwiu- reçut Tordre,, de châtier Tinaolenco de ses gens. U dé4a4gDa d* obéir. Ses fils applaudirent a la résolution de leur père, et résolurent de saisir cçtte occasion pour exciter ranimosité de la nation contre les favoris étrangers. Troi3 armées, levées dans les trois comtés de Godwin, de Sweyn et de Harold, s'avancent vers le Glocestershire,,'pour punir, à ce qu'ils disqient, les déprédations commises sur les terrta d^'Ha-* rold, parla garnison françoise de Hereford. Edouard ne. fut point dupe. de. ce piège gro$sier^ ctse trouva promptemeDt.en mesure ^'intimider ses adversaires, La n^odération du roi Tavoit J(ait consentir à ce qui^ les cpnte^taUi^ns qu*il, avoit mec ses >puissant& .vassaux fuiis^t

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décidées par le Wittana-GeDOl; mais les rebeU les n'osèrent courir les chances de ce jugement solennel; et Godwin, sa femme et irois de ses fils, Sweyn, Toslig et Gurib, allèrent se pla* cer sous la protection du comte de Flandre. Harold et son frère Leofvvin, partirent pour Bristol ; la reine elle-même partagea leur dis* grâce y et fut conduite, avec une pompe tont^ royale , au monastère désigné pour sa résidence. Edouard avait cru devoir solliciter le secours de Guillaume, duc de Normandie; • mais la tranquillité étoit rétablie quand ce prince arriva. 11 reçut du roi des présents magnifiques, et se retira après avoir visité quelques unes des maisons royales. ^

Bientôt Godwin et Harold paroissent dans la Manche, chacun avec une escadre , pillenjt la côte, enlèvent les vaisseaux de différents porls, renionteiit la Tamise, et passent sous Varche sud du pont de Londres. De là, Godwin envoie sa soumission à Edouard , qui l'accepte , après quelques difficultés que l^dresse de Stigand, Fun de ses chapelains , parvint à surmonter. Les favoris étrangers prirent alors la fuite* Uu arrêt du grand conseil les proscrivit; Godwin et Harold recouvrèrent leurs comtés; et Ëdithe, rappelée de sa prison, remonta sur le trône. Sweyn y qui s'étoit rendu coupable du meurtre de ses cousins , trouva seul le roi inexorable , et fut ohligé de^ sesoumettreà la discipline des canons ecclésiastiques* Il se rendit à pied ^ squs Thabit de pèlerin , de Flandre en Palestine , ^t finit, à son retour, sa pénitence et sa vie dans la province de Lyoia« Stigand fut récompensé cles servi- I. 7

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ces qu'il avoit rendus aux Godwins , et par* vint, sans autre mérite que Tintrigue, aux plus haïucs dignités de Tcglise d'Angleterre. Le vieux Godwin ne survécut pas long- temps à la disgrabe de ses ennemis ; il mourut subitement lejourde Pâques de l'année 1053, en assistant à un banquet royal. Son comté fut donné à Harold j et celui de Harold à Alfgar^ fils deLeofric* * Les derniers troubles avoient interrompu la tranquillité générale ; mais ils n'avoient causé au peuple aucun tort considérable. Les grandes calamités du règne d'Ëdouard furent la peste et la famine. L'agriculture étoit encore dans l'enfance; chaque saison défavorable étoit suivie d'une année .de disette; et comme le commerce entre les nations ctoit difficile et peu sûr.; l'abondance d'un peuple ne^ponvoit suppléer aux besoins de l'autre. Les chroniqueurs du temps se plaignent fréquemment de l'inclémence des saisons ^ des tremblements de terre , de la détresse causée par la rareté des vivres, des maladies conta*»* gieuses qui affligèrent non seulement les troupeaux, mais encore la race humaine* La sensibilité d'Ëdouardiui fournit plusieurs moyeua de soulager les malheurs publics. ; : • • , Il n'eut pas d'autre guerre étrangère à soutenir que celle qu'il entreprit contre le fameux Macbeth , assassin de Duncan> roi d'& cosse , en faveur de Malcolm , fils de ce malheureux prince. . Cette guerre se continua quinze ans sans aucun résultat; enfin. Macbeth fut tué, et la couronne rendue au légitime* héritier. Bientôt quelques discordes, civiles , dont Harold paroit avoir. été l'artisan , et dana le^^uellçs les Gallois s'étoient faits les aùxU

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Uaires d'Alfgar^ accusé de trahison , éclaté* rent; et se terminèrent par la défaite entière de ces farouches montagnards. Harold, que cette expédition couvrit de gloire , les pour-* suivit jusque dans les retraites les plus inac* cessibles de leurs montagnes; les força, pour obtenir la paix', de lui envoyer la tôle de Grîffith, leur prince; et telle fut la terreur qu'il leur imprima, que, pendant les quatre règnes suivants, ils n osèrent mettre le pied sur le*territoire anglois.

♦ La coutume des pèlerinages e^isfoit parmi les Anglo-Saxons , depuis Tcpoque de leur conversion au christiamisme. Durant ce règne , il ne se passa point d'années que des cvéqucs, des abbés, des thanes , n'allassent à Rome pour faire leurs dévotions aux tombeaux des apôtres. Edouard, plein de Tes^ prît qui animoit ses sujets, avoît fait vœu de visiter, comme Canu te et Ëthelwulf, la chaire apostolique ; mais les witans s'y opposcrent, par le motif que le roi n'ayant pas d'enfants, les dangers delà route pouvoient exposer la nation à tous les maux qu'en* traîne une succession royale disputée. Cette objection rappela à Edouard un neveu qui porloit le même nom que lut, le fils* exilé dé son frère Edmond. If le fit revenir avec Agathe, son épouse, princesse de la famille de rempe<reur, et leurs enfants, Ed^ar, Marguerite et Ghristine.*Le peuple le reçut avèc joie ; mais ce prince mourut aussitôt après son arrivée y et sa n^ort fut attribuée à Harold qui, sins ctpateil ayDit regardé comme un obstacle trop, dangereux au succès de ses projets futùrs, Api^ès la mort d Edouard , il ne rc&tbit plus

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entre le trâue et lui qu^un seul individu , Edgar, le fils de ce même Ëdouard qui venoit de mourir I jeune prince ^ aussi foible de corps que d'esprit, incapable^ à la fois, de régner et de taire valoir ses droits à la succession de son oncle. Harold avoU , dans Guillaume de Nor-* mandie, uncompétiteurbien autrement redoutable* NiTun ni Tautreu avoient de droits, par leur naissance , à devenir rois d'Angleterre : Guillaume étoit fils naturel de Robert , frère d'Emma ; Harold n*étoit allié à la famille royale ' que par le mariage de sa sœur avec Edouard. Leur puissance et leur ambition étoiont leurs seuls titres; mais Guillaume étoit le plus puissant des deux. Malheureusement pour Harold, un jour qu'il revettoit par mer de Bosenham , le vaisseau qui le portoit échoua par accident sur la cote opposée, à l'embouchure de la rivière de Maye, dans le comté de Ponthieu. Une coutume Ijarbare avoit investi le seigneur de ce canton du prétendu droit de s emparer^ non seulement des débris des naufrages , mab encore des personnes qui y survivoient. Harold et ses compagnons, saisis sur le rivage , furent conduits au comte Guy, qui les renferma dans son château de Beanvais, et finit par les livrer à Guillaume, pour qui cette circonstance étoit réellement un coup de fortune. Harold fut traité à la cour du prince normand avec respect et générosité; mais on ne lui laissa que Tapparen^Q de la liberté > et il eut bientôt lieu de regretter lea^onjom de Beauvais. Guillaume, devant une assemblée de ses barons, contraignit SQn prisonnier à>ja»> rer qu'il emploiroit tous ses efforts h faire ad% mettre ses prétentions à lt\cguronnÇi.d' Angle-

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