‹ Abrégé de l'histoire d'AngleterreChapitre 4 sur 39 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Daîss le court espace (le trois Années, J. César av oit parte ses arinesnviQtQrieuses , du pied des AJpes à V^mboucbm?^ du Rliin* Des côtes du pa^s des lUtof iusi le cdnc| uéjrAO t des Gaules avoit aperçu les blanches falaises de Vile voisine, et •ii'aspiroità ranger li^ JSrei^gne sous la domina* lion romaine.: Il ne lui Mïçii plus qu'un prétexte: il le trouva. Les Bretons avoientportédu secoutsau x Veiiè tes se^ len ti eni i s . 1 1 en trepri t de JesèJD'pomr; (2,6 aoù(aiiï: 4^**Gm quitte Cariais, met à la voile avec Tinfanterie de deux légions; enpeu^d'heur.eaMdéirQH.esti^rauchi^ et Ton jetteiëanea^eaiifîeu maintenant occupé par

la ville de Déal. Les naturels, sans s'effrayer, accottren t^d e tou tes p^r ts , Oj^^er vèn 1 1 ous les mou* TeteentS'tlelarflo&tef ponsseni audacieusemem leurs chevaux jusque dans les vagues, etparleurs gestes y par leurs, crisi ila défient leurs env&diis-

3 msToiili: !>^AirGt.ETERmr*

seurs. L'aspect de ces Barbares presque nus, la crainte d^offenser les dieux de ce sol étranger,

frappent d'abord les Romains d'une terreur momentanée. Mais bientôt l'intrépidité d'un porte-enseigne la dis'sipé. Cet homme coura* geux, appelant à lui ses compagnons, saute dans la mer avec son aigle ; les autres s'élancënt dès YiiUseaiu&flès plus proçb^; ^ up instant lé rivage est cènqùis ^ et là taleùr inexpérimentée des indigènes a cédé aux armes et jt la discipline de leurs ennemis. , ^

Les Romains, si habiles dans la guerre, ignoroient Tart nautique. La quatrième' nuit après leur arrivée , un vent fui^ieu:^ fait gonfler les vagues, comme dans une marée de printemps. Les vaisseaux tirés sur le rivage se remplissent d'eau; la mer entraîne ceux qui sont à l'ancre. Un convôi venant des Gaules ést dispersée; la consternation est au camp. Des chefs l}retons , quis'y étoient rendus pour solliciter la paiX|<na l'ontpas plutôt remarqué, quU}s*S'i64^éiârbatsq-

parement sous divers prétextes, se cachent en embuscade avec leurs troupes dam les boi^ vdi- ^ins, et quand César est instru it de leuM projets» la septième lé^on étbit déjà etttouréeét presqite détruite. L'arrivée du reste de l'arméepréserva seule ie$ survivants d-une p^rté ceruineu -Mais lès Bretons r fetme^ dain^kein^ pUn , idépàcbèiit aux tribus voisines. Un assaut général et sutifit contre le camp¥omaiil ,>qilôiquesans^qccès , fèrce Gésar 4- tèûéiMff btir 'te Idmi^èv idé^ 'M tua tien, sirificléltïdThtc^. de l^sai^<yn' vénoità interr G mprésës^omm unica tknls avec les «Gaules , et à lecoftfine^y l^tver, «atiei r^iifovEiifttnijpFoviisons, sûr un rivbge<=etr£mger. Pour'5a«avèr»i^

réputation, il accepte de grand cœur une promesse illusoire die soumission, faite par un petit nombre d^ndigènes, et se hâte de regagner les Gaules, après une expédition de trois mois, dontil eut peu de motifs de se Tan ter. A Aome^ on rendit aux dieuxde» actions de grâces pendant >ringt jours.

L'hiver &uiv|int(av^J.-C. 54), onfait, départ et d'autre 9 les dispositions les plus actiTes* Au printemps, cinq légions et deux mille chevaux quittent les cotes de la Gaule sur une flotte de plus de huitcentsTaisseaux. Alavuedecetim* meuse armement, les Bretons se retirent dans leurs forêts, et les envahisseurs descendent sans opposition à la même place qu'ils avoient déjà occupée Uannëe précédente. César marche immëdiatement à la poursuite des naturels ; maïs il est rappelé, le jour sulvanti par la nouvelle d'un second désastre. Une tempête s'étoit élevée dans la nuit; elle avoit totalement détruit quarante vaiss^eaux , et en avoit jeté un plus grand nombre sur le rivage. Après s'être précautionne contre le retour d'un pareil fléau, il reprend le cours de ses exploits. Chaque jour étoit marqué par quelques rencontres partielles , dans lesquelles il paroît que les naturels obtenoient fréquemment de l'avantage. César eut besoin de tout son talent pour frapper sérieusement un ennemi si actif. A la fin , trois légions étant au fourrage, avec tous les hontngies de cheval, leur désordre apparent de* vient un attrait perfide pour les Bretons, ils descendent des hauteurs, s'élancent de toutes parts, pénètrent jusqu'aux enseignes. Les 7étérans les reçoj.vent avec sang-froid. La retraite

4 HISTOIRE d' ANGLETERRE.

leur est ODupée , et. an petit nombre regagne

les montagnes et les bois. Plnsieurs des tribus confédérées se découragent et se retirent. Cassihelan, roi de Cassie, le chef des alliés, ac« cep te seul tout le poids de la guerre. Abandonné de ses confédérés , il se retire sur son propre tèrritoire, et tente de mettre la Tamise ^ entre les assaillants et lui. Il commande qu^à l'endroit du gué des pieux pointus soient en* foncés dans le lit du fleuve , fait garnir la rire de palissades, et se poste derrière avec son principal corps d'armée. Tout fut inutile. La cavalerie romaine entre sans hésiter dans le fleuve; rin&nterie la suivoit, quoiqu'elle eut deTeau jusqu'aux épaules ; et les Bretons intimidés par l'intrépidité de leurs ennemis, s'enfuient dans les bois. Il parott qu'un éléphant contribua beaucoup à la victoire par la terreur qu'il inspira aux indigènes.

Cassibelan ne se décourage pas. Pour arrêter les progrès des vainqueurs, il ravage son propre payS| incendie les maisons, emmène les troupeaux*, détruit les provisions ; lua-méme^ suivi de quatre mille chariots^^il épie avec soin tous les mouvements de l'ennemi. Mais cet infortuné capitaine, outreses ennemis étrangers, avoit encore à lutter contre la jalousie et 'les ressentiments de ses propres concitoyens. Il avoit jadis soumis les Trinobantes, nation voi« sine de la sienne ; leur roi , Immanuentius , avoit été tué dans le combat, et son' fils, Mandrubatius, actuellement exilé, servoit dans ÏMmée des envahisseurs. Les Trinobantes offrent de se soumettre, à condition qu'ils se? ront gouvernés par le fils d'Immanuentius^

* Plusieurs tribus imitent cet exemple, etsolliciteot la protection à€ César. Il esi concliiifc^ par elles vers la capitale dé Cassibelan, située sur le lieu où depuis a ëtë conslr.uite la petite riUe de Verulam. Les retraDchements en sont aisément franchis par les Romains ; et les trou» peaux de Cassibelan, son principal trésor, sont là -proie des conquérants. Cassibelan se dé ter • mine à solliciter la paix. César qui redontbit' l'approche de Téquinoxe , se contente de lui prescrire quelques légères conditions; telles que de remettre des otages j de yïvtê amica-' , lement avec les TrinobanLes, et de payer sa portion d'un tribut annuel, qu'il imposoit à la Bretagne. Les Romains regagnent immédiate-* ment la .côte , et retournent dans les Gaulés Ters le mois de septembre , sans conserver un seul- pied de terrain sur le sol Jireton : ce qui n'empêche pas les citoyens de Rome de célébrer avec enthousiasme les victoires de leur général favori. -

César, dans. sa description des habitants de la Bi ela^e, ne parle, comme étant de sa connoissance personnelle, que des tribus qui habitoien t les bords de la Tamise ; et il nous apprend qu^eUes descendoîent des Belges. Leurs ancêtres, à une époque qui n'étoit pas encore très éloignée I avoient envahi cette ile, chassé des c6tes les premiers habitants; et, tranquilles dans leurs nouveaux établissements, ils avoient conservé les noms des états qui leur avoient donné naissance. Plus loin existoient d'autres^ tribus moins civilisées. Quand on deniandoit * à celles-ci leur origine, elles répondoient que leurs- ancêtres avoient été spontanément pro

duilsparla terre. Des découvertes plus récen tes • mMiUYèrent qu'elles éloieni Celtes, et qu'elles • deacendoient des premières colonies qui peuplèren t la Bretagne. Lapopulation de toute Tile étqit divisée en plus de quarante tribus • dont I>lurieui«, 4al conservoient leurs noms primitifs, ayoient été privées de leur indépendance, tandis que d'autres s' étoient emparées du pouvoir et de la prééminence, au milieu des révo* làtions de deux ou trois siècles. Le vaste pays qui sépare la Severn de la Tamise , étoit inégalomont partagé entre dix nations, parmi lesquelles on remarquoit celle des Cantiens , k . présent le pays de Kent; les Belges, ou les habitants des comtés actuels de Hampshire et Wilts; et les Damnoniens, qui , de la rivière d'Ex , s'é* toientétendusjusqu au promontoire de Touest. Desdeux côtésdubras de mer, que Ton nomme aujourd'hui le canal de Brktoli étoit placée la puissante tribu des Silures. Des rives de ia Wye, leur position originaire, ils avoient porté leurs armes vers la Dé^t TOcéan. Leur suprématie étoit reconnue des Ordovices et des Dimètes, habitants des montagnes du nord et de Touest du pays de Galles. Sur la côte orieutaie de l'île » entre la Tamise et le S tour, 9e trouvoient les Tririobantes, dont la ville de Londres étoit la capitale; et, du Stour à l'Hum* ber, s'étendoient les deux nations alliées des Icènes, nommées les Cenimagnes et les Coi* tannes. Les Dobunes et les Cassiens, soûs les ordres de Cassibelan , se prolongeoient sur la rive gauche de la Tamise, de la Sevem aux Trinobantesi et au-delà résidoient les Carnobiens ^t plusieurs daios de peu de conséquence.

BRETAGNE ROHAlffCi . 7

LesBrigantes passoieut pour les plus puissaùu entre toute» les nations Dretxnmes. Ils éloiem

limités au sud par l'Huniber , au nord par la Tyne;^ et ils a voient subjugué les Volanceset les Sistuwoes de la cètede roûest«:An nord des Brigantes , on comptoit cinq tribus sous la dé^ nomination générale de Maœtes; et plus Ipin erroient, au' n|ilteu des lacs et des montagnes, divers clans, parmi lesquels les Calédoniens se larguoient d'un courage supérieur et d'une férocité sans égale*

Tons les habitants de la Bretagne sont indistinctement appelés Barbares par les auteurs romains. Cependant les tribus belges pou« voient être considérée^ comme grandement civilisées en comparaison de celles du nord. Leurs yétements étoient tissus dans leurs pro<près fabriques. Un manteau carré recouvroit

un habit et des pantalons, ou une tunique de lin plisséetavec un soin extrême. Ils portoient une ceinture ; des anneaux omoient le second ^ doigt de chaque main , et une chaîne de fer ou de cuivre étoit suspendue à leur cou. Leurs cabanes ressembloientà celles des Gaulois. Des fondations en pierres soutenoient une muraille circulaire en bois de charpente et en roseaux, sur laquelle étoit posé un toit conique^ propre à« recevoir la ^lumière et à faciliter la sortie de la fumée. Ils étoient fort habiles en ^agriculture^ savoient fertiliser la teiTc par des engrais y recueilloient plus de blé qu'il ne leur en falloit, et le conservoient jusqu'à la moisson suivante ) en le déposant dans des cavités ereusé^es -dans le roe.-Mais au-delà des frontières de$ tribus méridionales, ces foibles traces de ci-

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