‹ Abrégé de l'histoire d'AngleterreChapitre 6 sur 39 · BRETAGNE ROMAINE · texte numérisé non relu

BRETAGNE ROMAINE

- leur apinien : les procès éloienl soumis à

leur décision , et la punition des crimes réservée à leur justice. L'exclusion des mystères éloit le châtiment de la désobéissance.

Les draides donnoient leurs leçons en Ters , et pour cela ils dévoient avoir quelque connoissance de la poésie : aussi trouvons-nous parmi eux une classe particulière , distinguée par je nom de Bardes. Le barde étoît à la fois musicien et poète , et toujours sa voix accompagnoit les accords de sa harpe : chaque capi-^ laine en conscrvoit un ou plusieurs à son service ; ils le suivoient daTns son palais, vantoient sa générosité et sa valeur, et chauloient les louanges et l'histoire de leur pays.

Ou sait peu de choses sur la forme de gou* veriiement adoptée par les tribus bretonnes : dans quelques unes; Tau tori té suprême parott avoir été partagée entre plusieurs chefs; dans la plupart, elle étoit confiée à un seul; mais dans toutes le peuple conservoit une grande influence. Quant an mode de succession, tantôt le père distribuoit ses domaines à ses en* fknts, tantôt le prince régnant laissoit sa couronne à sa veuve ; mais aucune loi n^ayantfixé Vordre des successions , il est probable que la force Vemportoit souvent sur le droit. On rapporte que les Bretons ëtotent querelleurs y avides , enclins à la vengeance ; des dissentions intestines tourmentoieut chaque Qation, et les prétextes ne manquoient jamais pour justi** fier l'oppression , quand elle pou voit être commise avec impunité. Ces querelles invétérées, qui se perpétuoielit entre les tribus , amené-

14 HISTOIRE d'aNGLETERRE.

rent, selon la remarque de Taqite^ le^ur aaaujettiteement à la puissance romaine , en les ' empêchant de se réunir pour la combattre.

Tels étoient ces Bretons, dont la bravoure et la persévérance firent échouer Les desseins

du premier et du plus belliqueux des Césars. Depuis lui jusqu'à Claude , durant quatrevingt-dix-sept ans y grâce aux guerres civiles des Romains, ils conservèrent leur indépendance originaire* Auguste manifesta trois fois Vintention de réunir la Bretagne à Tempire ; mais le danger fut détourné d'abord par une ambassade qui annonçoit la soumission des insulaires j et dans la suite par l'existence d'intérêts plus importants : au lieu d'exiger le tribut imposé par César, Auguste se contenta de lever des taxes sur le commerce établi entre la Gaule et la Bretagne. Cette mesure enrichit le trésor de sommes considérables, et les Bretons la supportèrent sans murmure.

Tibère, qui prétendoit que l'empire étoitdéjà trop étendu, laissa les Bretons en repos; (ap. J.-Ç* 40) Caligula, sonne veu et son successeur» . pour contraster avec ce système , donna au monde un de ces spectacles grotesques auxquels il l'avoit accoutumé. Adminius, fils de Cunobeline, le plus puissant dessuccesseurs de Cassibelan, exilé par son père, etréfugiéà Rome, regardant apparemment la Bretagne comme son patrimoine ^ déposa un acte de résignation de ses droits entre les mains de Caligula. Deux cent mille hommes reçoivent aussitôt l'ordre de se réassembler sur les côtes de Gesorianum (Boulogne); l'empereur arrive, range ses lé*

BftBtAGNfi AOMAINE. 1&

gi€W8iiir le riyagre » monte sur la galère impé» riale, revient à terre , et donne le signal du combat. Les soldats immobiles , 8tiipéfail3, demandent l'ennemi ^ Galigula lenr annonce

qu*ils viennent de conquérir TOccan, et leur ordonne de ramasser ses dépouilles» c'e&t«À« dire les coquilles du rivage i comme des preu- .ves de leur victoire.

Les horreurs d'une invasion véritable suivirent bientôt cette vaine et folie démonstration. Excité par Bëric, chef breton expatrié , Claude ordonna à Âulus Plautius de conduire quatre légions , et leurs auxiliaires » dans la Bretagne. Les Bretons , sous les ordres de Ca* ractacus et de Togidumnus , tous deux fils de Cunobeline» s'eilbrcèrent de iatiguer, plutôt que de repousser les assaillants. Les auxiliaires germains, plus propres à ce genre de guerre que les soldats des légions y repoussent l'ennemiy après avoir tué Togidumnus, sur la rive sep lentrionale de la Tamise. L'empereur prend alors lui-même le commandement deTarmée, s'avance jusqu'à Camalodunum ( Malden ) , et reçoit la soumission de toutes les peuplades voisines, confie la rive gauche de lu Tamise aux soins de Plautius, la droite à ceux de Ves* pasien, qui fut depuis empereur , et retourne à Rome , où il est reçu en triomphe. Ses lieutenants eurent à lutter contre la résistance la plus opiniâtre. Vespasien livra au moins trente batailles pour soumettre les Belges. Plautius , durant les cinq dernières années de son gouvernement y eut constamment k combattre contre CaraclacuSy chef des Cassiens et des Silures,

16 HISTOIRE d'Angleterre.

qui, maigre de fréquentes dëfafitesi rcflretioient sans cesse à la charge.' Plaulius n'obtint que rovaiioji* • '

Il eut pour successeur Oslorius Scapula (5 0) : celui-ci , pour réprimer les incursions des Bretons insoumis 9 éleva deux chaînes de forteresses I l'une au nord , le long de la rivière de rfVvon ; l'autre à rouesL , sur la rive gauche de la Severn. Les tribus subjuguées furent peu à peu gouvernées comme des provinces romaines : Findépendance de la Bretagne se " * réfugia chez les Silures,. peuple comparable aux anciens Sicambres, ennemisjurésdunom rômain. Dans le Shropshire s'élève une haute montagne appelée Caër-Caradoc , sur laquelle on trouve encore des restes d'anciennes fortifications ; c'est là que Caractacus et les Silures résolurent de s?«.uver la liberté de leur patrie ou de mourir: à leur aspect , Ostorius luimême hésite; mais, cédant au cri de ses légions, il donne le signal du combat; les Silures sont défaits; la femme et la fille de Caractacus tombent au pouvoir des vainqueurs ; ses frères se rendent; lui-même, chargé de chaînes, est livré à Ostorius par sa belle-mère Cartismandua , reine desBrigantes/ chez qui il s'étoit réfugié. Caractacus est emmené captif à Rome, et bien reçu par Claude ; en traversant la ville impériale , il s'étonna que des hommes qui possédoient des palais si superbes , les quittassent pour enlever aux liretons leurs misérables cabanes. Les Silures continuèrent de combattre ; seulement ils changèrent de tactique ; pour fatiguer Ten-

BRETAGNE ROMAIISK. 17

memi^ Us se oonientent de le harceler dans ses quartiers , de rompre ses commuiiicacions, de

surprendresesdetacliemeiits: s'ils éprouvèrent plus d^uue déiàiie, plus d'uiie victoire les rendit redoutc^bles. Ostoriusy épuisé de travaux ^ lassé de leurs importunes attaques, succond^a» iLii-oii y à ses chagrins*

Aulus Diditts ^ son sudcesseur y eut àne nou« vclle guerre à soutenir (5 2). Yciiusius, chef des Jugantes, avoit épousé Cartismaudua ; tous

- deux éloieni fidèles alliés des Romains; mais la reine , peu: du temps apircs son mariage y se sépara de Véiiusius pour suivre uii Breton^ nommé; Yellûcatus : des hostilités. a'^en suivi'rent. Cartismandua , en vertu de ses anciens *

• services, implora le secours des Romains; les JBrig'ant€&,. en haine de l'adultère, embrassé*: rent. le parti de Vénusius. Après plusieurs combats^ la reine fut contrainte d'abandonner le 4ràne à son époux , et de ii*ainer| dans TIim* miliation, le'reste de'sa vie, sous la protection, de ses alliés.

ADîdius succéda Yéranius^ età ce dernier Sueconius Paulinus, général habilé.et d^unâ grande réputation (Gl).'L'ile d^Anglesey, ber^ ceau et séjour principal des druides, leur avoit jusque-là û£tert une retraite sure ; pour la sé* diiire, il donnai' ordreasabavaleriedelraverseo le détroit à la nage , tandis que l'infanterie le passerait dans des bateaux. Eu approchant de rile sacrée , les Romains virent rangés survie rivage, non seulement des guerriers, mais des bandes dedx'uidc&des deuxsexes« Les premiers élirvant.ieu^nismes>veÊrs Je. ciiel ,* vouiaieiit les usurpateurs au dieu de la guerre; les 9uîrç»

18 ** HISTOIRE d'aNGLETEBHE.

'ea babils de deuil, lescbeveux&cRtants^ t^aaat dés tarcbes altomées, eouroient dans toulea l'esdirections. Au premiermoment, les Romains saisis d'une terreur superstitieuse, cefusèreut d'avancer. Mais la bonle et les reproches de leurs chefs, les provoquèrent à Tattaque, et leur facile victoire ne fut point sanglante. En ee jour, la puissance des druides reçut une atteinte mortelle ; leurs autels furent renversés, leurs bois sacrés tombèrent sous la hache des légions^ les prêtres etlesprétresses furent eoii«* wmés dans les flammes ^ qu'ils, aboient, allamées pour leurs captifs.

Le séjour de Sueibne dans cette île fut le :signald' une plusformidable insurrection. Prasutagus, roi des Icènes, avoit, en mourant, nommé l'empereur son héritier, conjointement avec ses propres filles. Mais ravarice romaine •ëtoit insatiable. Catus , procuratew impérial, Misit immédiatement toute la successions Boadieée, veuve de Prasuiagus, qui voulut s'en plaindre, fut châtiée comme une esclave; des officiers romains firent violence a ses fiUes. Le récit de ces outrages ra{qpela à chacun ses propresfioufirances. Bn peu de jours, la plupart des tribus conquises se trouvèrent sous les arues* Camalodunum, où Ton avoit érigé un fsmple à ht divinité de Claude , conquérant de la Bretagne, éprouva, la première, la fureur de ce torrent, ville ^ prise au premier assaut , fut réduite en cendres; les murs du temple protégèreiit, pour deuxjours seulement, le sort de la garnison. Petilius vint à sdn secours avec

)a neuvième légion^ qui fut écrasée par les iû^ ^ur^és.

Suétone étoit alors retourné à Londres , Tille déjà considérable et florissante par son com* itterce ; ne pouvant la défendre , il la BrAla ainsi que Vërulara. La rage des Bretons leur fit traiter en ennemis tous ceux qui ne s'étoientpaa joints à eux. SMls ne pértssoient pas par Icrî^) its étoient immolés aune manière bien plus cruelle en l'honneur d'Andraste, déesse de la victoire. Le massacre de aoixante^ix mille victimes , sans distinction de sexe ou d*âge^ de rang ou de pays, atteste Thorreur de la ven^^ geance.

Suétone fut contraint de faire face à Tennemi. Il avait rassemblé environ dix mille hom«mes , et ckoisi une position où il nepouvoit être aCtaqué qae de front. La bataille rat longue et courageusement soutenue. A la fin les Romains triomphèrent. Les Bretons laissèrent huit mille hommes sur le champ de bataille. Bondioée ne voulut point survivre k cette défaite , et se tua.

(62)Si cette briUaateaction rendit aux armes tomaines tout leur ascendant, elle ne mit pas fin à la guerre. L'opinion que T entêtement des Bretons provenoit de la crainte quUnspiroit la sévérité d^ Suétone , prévalut à la cour. U fut nippelé, et sous radmimstration plias douce de ses trois successeurs, Turpilianus, Trebellius, et Bolanusy les indigènes turent amenés peu à peu à se soumettre au joug. Jusqu^à Vespasieiion ne fit aucune tentative contre la partie indépendante de la Bretagne (70); mais alws commença une ère nouvelle.

Petilius Cerealis reçut ordre de soumettre les Brigaotes. Il employa cinq ans a cette coxiq^éte^ (76) JuUua Frontinua qui lui wocéda*.

dâns le cours de trois années; subjugua près* que en entier la nation guerrière des Silures.

(78) Cependant la réputation de tous ces gouverneurs fut éclipsée par celle de Cneïus Julius Àgricola. 11 rappela dans les camps Tarmée r^andue dans des quartiers d'hiver; soumit, . anéantît presque les Ordovices, réunit une se-^ conde fois l'île sacrée a Fempire, établit des garnisons dans tous les lieux importants, et ses succès continuels éteignirent les feux de la révolte. Du détroit de Forth à celui de laClyde, . il établit une ligne de forteresses qui assura une puissante frontière aux conquêtes romaines f et commanda la crainte aux insurgés les plus reculés vers le nord. Il consacra ses hivers aux arts moins éclatants , mais plus utiles de la paix. Il réforma l'administration civile , éta- . blitunsystème d'impôts plus équitable, écoula avec bofoiié les plaintes des habitants, et punit* sévèrement la tyrannie des officiers inférieurs. Les peuples charmes le proclame i cm leur bienfaiteur. L'usage de la toge l'emporta sur celui des manteaux bretons, et, dans leurs maisons> leurs bains et leurs temples, on reconnut Tarchitecture romaine. La langue latine fut enseignée aux enfants; mais Tesprit dUnnovation étouffa le besoin de IHndépendance, et ces fiers guerriers devinrent peu à peu des sujets mous et efféminés.

• .L'*ambition et la curiosité engagèrent alors Agricola à porter sa conquête au-delà des bornes quHl s'étoit prescrites. Il s'avança le long delacète orientale. Mais, pendant une nuit obseare, IcsBretons attaquèrent les quartiers de la neuvième légion, pénétrèrent dans le camp et

souûiireiit un combat doQleoK dans Im retran-

chementSy jusqu'à l'arrivie des autres légions. Cette campagne fut loin d'ajouter à la gloire de r empire. L'année suivante , Agricola rénnit toutes ses forces; trente mille Calédoniens sous les ordres de Galgacus, entreprennent de défendre le passage des monts Grampians. Us y réussirent'le premier jour; le lendemain ils succombèrent. Quatre centsRomains restèrent sur le champ de bataille et dix mille Calédoniens. Les au très se sauvèrent après avoir brûlé, leurs chaumières. -

Les Romains vainqueurs retournèrent dans leurs quartiers d'hiver. Âgritsota ne^el^m que les ornements et non la pompe du triomphe , se présenta devant Domitius , son -mSiîtrè , se perdit dans Tobscurité de la vie JMrWÎë'i et laissa le commandement à' Lucullusi '

La puissance romaine fut alors solidement établie dans ^ile; et les successeurs d'Agricola^ au lieu de mener les légions au combat^ s^èc^ cupèrent à protéger la tranquillité publique; à fixer les règles du gouvernement , eil^'assimiiant rétat de la Bi^tagne à celui des ûtttrès provinces, déjà incorporées à l'empire.'

Il y avoit un gouverneur qui ^ sous le titre de préfet ou de propréteur de Bretagne ^ eàerçoic un pouvoir suprême, révocable à la volonté de l'empereur. 11 commandoit Tarnriée'ét étoit investi de radmiAistra4ioMAde4a jiMI»ia^ Cet immense pouvoir ^dés pi^éfeis, qui de voit • souvent donner lieu à des abus, fut limite par Adrien ^ dans ses édits perpétuels des*tinés à créer une administration uniforme

22 HISTAIIVE I>*AHGI»BT£It1lE.

de la justice pour iout^les proviaces.de l'em*pire.

Le procurateur ou questeur étoit subordonné au préfet,, luais nommé par Tempereur. Il levait les laxjes et administroit les rbyenw de la proyince , provenant de divers impôts. ^11 remplissoit aussi le honteux office d'espion, .et aes. rapports reufermoient souvent des dé* tails exagérés sar la richesse, le pouvoir et l'ambition du préfet.

Le nombre des. troupes fixées en Bretagne * a dû varier. Quand Plautius entreprit la ré'--' ducliou de File, il étoit à la icLe de quatre légions avec leurs auxiliaires ; ce qui , suivant un calcul modéré, dépasseroit cinquante mille Jiommes* Dans les premiers temps de la conquête ^ les stations militaires , en général trèsrapprochées , nécessitèrent sans doute des troupes encore plus nombreuses. Mais à mesure que la puissance romaine s'afferiiiissoit d%q8^a Bretagne, il est/probable que plusieurs d^r^çes postes, furent abandonnés. Les Bretons ëtoient.aussi employés comme auxiliaires ; mais 4es l^oj^ain^, craignant qu ils n'usassent tôt ou tard de leurs armes pour reconquérir leur in* dépendance, ayoient soin de les expatrier.

Lp$ ^lamains divisèrent leurs conquêtes en sgss, prQVinees^ ii^régulières , confiées à des pré- {teuta çhoîais par le préfet. La plus riche des ^Qlirince3 JkiFiliuuiiuques renfermoit le vaste esjpAg^'cOni^nêitfli^tireréxtcémité occidentale du Gorni-Wall et la partie méridionale du Foré* land, daiis le comte de Keut. On lui donna Je nom de Bretagne première. La Bretagne se-

coude co«aprenoit la principauté âcluelle 4e

Galles. Plavia Caesariensis éioit la troisième province et la plus considérable en étendue. De deux c6tés elle éloU bornée par les p^éoédentes, et, de deux autres, par rHum])er, le DonetrOcéan germanique. Au nord dei'Huinber se trouiroit la province Mexima. Elle ét<>ii circonscrite par les deux rivières de Tyne et d'£den , et aux deux extrémités par les dei:ut mers de l'est et dei'oue^t. Les tribus placée au-delà des détroits la Clyde et du Forth formoient le sixième gouvernement de Vespa- >sien. Une longue chaîne de montagnes les.aéparoit des Catédom^ns; mais ils ne fpre&t soumis qu'un instant. Tout Breton de naissance étoitiiexclu , dAns .$on pays natal, des emplois td0> confiance .et d'taul^ité, et quiconque se trouvoil pourvu de quelque fonction semblable , perdoit U faculté d^épouser nm indigeue ou d'ucquérir 4es propriétés d«t)s

Les villes et les /^ijatian^ militaires y .étoieiat très nombrensisa^iliies' wies devoieiu leiir prigine aux BretoAs^^et les a^itres aux Romains. Elles étoieni /«divisées .en ><j[uatre classes. Le premier raugi'éliQÎ^ réclame par les coloQ^. •Pour le» former, Rome accprdoit à ses vétérans des portions de terré dans le pays conquis. .Chaque^ col^Hue^étoit, en petite, repréaentajâcoi de )a<mèreTpiiili:ie«,£Ue 6n, adoptpit jfs coutumes, étoit gouvernée parles mêmes IqU, jèt coi^éi^oii £^.ises magistrats ides titres ^em* -UljBbiélftffiTOO une tuéme a4t^ïité#. }1 y en a^oit

• netit en Bretagne , deux sous le gouvernement

sâilil r Sf plijiftiii^le.^jfiliei:newei^ . . Cçs

-24 uiÀtoiRE d'Angleterre.

deinières avoieiii des ra|ipori8 frappants à^ei; les institutions féodales. Le véiéranreccvoit sa terre de la inuriificence de rempereuri eVs^'n^* treignôit à enrôler ses fils, dès quUh seroi^nt tn âge. La disgrâce, les prisons , et même la mort y étoient les châtiments de ces jeunes gens quand iU refusoient de servir « Les pririléges des YiU€s*mt»niefipales ëgaloiefit^prasqtie et surpassoient quelquefois les avantages des colonies. Leurs habitants pouvoient se sou0-

- traire aux stuiots impériaux^ Revétos da4iti>e de citoyens romains, ils possëdoient le droit d'élire leurs decurions ou magistrats ^ et de suivre leurs propres lois. Il n^y en'àvoil'que deux en Bretagne, Vérulam et York. Quant au Jus Lalii, dix des villes britanniques Tavûieni obtétiû de différentfr^emperedrs^' fin vertu de ce droit, elles pouvoient élire leurs magistrats , qui, h l'expiration de Tannée , abdiauoient et r^clamoient le droite ambitjotiné deb ourgeoisieromaine. Lesautresvillesétoient stipendiaires, obligées à payei' tribut / et gouveriiéBs par 'des-ofticiers romains nommés par le ^réteùr/'Anfoniïl aecof dst te kii^oit dcf bMY-

•^oîsie à quiconque avoit un rang*etde In fortune. Caracalla l'étendit à iou^tala na^ioil/ ^

Les Gatédoiiiens diéfaitsy mais lioti Mbyte^ gués par Agricola, continuèrent d'insulter à la pmssance Tomainc; Leurs >suceès nombreux tlinitmèrent , da^ns les «cœtrrs ^de lebrs^ooiÂflttffiotes, l'alnourde Tindépendance. En n^oins de trente ansyla situation de la Bretagne étoit devenue très pt^écàire, et il fellut que^iVtti^-^ reur Adrien allât en personne flhtestirle^^irbares , et recouvrer ^les^^ovinces perdues.

DigitizGd by G

B11BTA6BIE ROBUIHE* 25

120). Ce fut lui qui, jugeant insuffisant e cordon de frontières éiabli par Âgricola^ ràoiut d'opposer une seconde barrière à leurs incursions , en faisant creuser un fossé et éleYer un rempart dans une longueur de plus de. soixante milles ^ depuis la baie de Solway, sur la cote occidentale , jusqu'à rembouchure de la Tyne, sur la côte orientale. Ce monument miliianre a, jusqu'ici , brarvé les rayages-du temps. : '

( 146) La tranquillité^ rétablie par Adrien, fut souvent, troublée sous le règne d'Anlo» nin y son successeur. LoUius Urbicus > nommé propréteur, réprima les Brigantes et les Maœtes y qui s'étoient révoltés; et, à rîmitation d* Adrien» construisit une au Ire muraille depuis Caërriden , sur le Forth , jusqu'à Alchuid y sur la Clyde ; et en l'honneur dé rempereur, il Tappela le rempart d'Antoninv (180.) Les hostilités étoient devenues habilucUes entre les Calédoniens et les Bo* mauns« EiLcités par Fanimosité nationalé et

parTaraoui du bu lin, les intraitables Barbares atta^uoieni U>us les ans la muraille Antonio, et re(lândoient. la- dévastation sur la province. Mais sous le règne de- Commode /leurs incursions prirent un caractère plus formidable^ etlè œéoonlentement des légions alarma remnerëiir sur .la s&reté de la> Grande-Bretagne. Ulpius Marcellus, soldat cFunCv valeur et d'une intégrité éprQi^véeSi futfait propréleur;ses^ervices funent payés d^ingratitude* Pour avoir rétabli' la discipline dans Tarmée , il encourut la haine des solcUt qiui voitljurënL mjème attenter à ses jour$; et M gloine excita la jal0asie de Coîtti-'

Dig

Biode, qui se contenta pourtant de le priver de son ûommaïuteiiieiit ^ et se fit violence en lai fauttstntla ne. Ccpendmnt les légions britanm* ques firent partir une deputatlon de quinze eents hommes , pour demander, ia téte du mi* nisbre Peremiis* Ces dangereux pédtiomittÎFes furent rencontrés ^ aux portes de Rome, par Commode lui-même. C'étoit peu de chose , pour on pardil monstre, que la vied'u&iiaMirorî. Perennis leur fut abandonné. Après Taistoir ijiMSUgé, ils lui tranchèrent la téte; sa femeie et ses Ailes furent iinm«Klëes "snr son eadavR;

i(ld0«*195 ) CSodius Albitrus reçut ensuite le gouvernement de la Bretagne. Commode , jj^mir Sraasurer de sa fidélité y ou plutôt pour epvoïKrer son ambition , lui <oflfrit ie rang et l'autorité de César , qu'il n'accepta point. Plus.tai:^ il l'accepta de l'empereur Sévère; mais oa ne tarda pas k décou^vrir que, sous une apparence d'amitié , Sévère étoit son mortel ennemL Sur Vavis de ses partisans , Albin vévét la pourpre impériale, et conduit en Gawle les légions britanniques. Les deux armées , composées de «deux cent mille hommes , en vienneni; aux mains à Trévoux j près de Lyon. Albin est vaincu, et paie de sa léle le crime de son ambition, ^vère^ pour qu'une semblable ^fuéveUe ne se renouvelât plus, |unv tagea la Bretagne en deux gouvernements ( 1 ) ; confia Tun à Héraclianus ^ et l^au* Use à. Varius Lupus. Ce dernier , incapa*ble , avec une armée composée de jaouvelles levées^ de^résister aux Maœtes et^aux Calédoniens , 'achète ' d'abord la- pail , €^ est earfin obligé de ^oUtciter la présence -de l'em*

^ereur et le secours^ d'une nombreuse armée, (207-21 1) SéTère, ^maifré son âge â^aiftoé^ ee

rendit, avec ses deux fils, Garacalla et Géta, aux instances de son lieutenant. Il partit d^York, après des préparalils immenses. Les nattirris * qui n'aToient cFauiane arme défensive qu'un étroit bouclier, une lourde épée suspendue à ]a ceinture , et une conrte lance à l'extrëittiie delaqneUe se balançoit une cloche, ne s'attén* dcHieut point a une si terrible invasion. Ils se défendirent cependant avec un courage et une adresse admirables. Cinquante mille Rramins périren t dans cette expédition. Sévère s'avança j usqu'*au détroit de Cromarty; dà| il condescendit à recevoir les offres de^ soumission cpx^il avoit d abord formellement refusées; et, pour se donner Tair de j>unir l'opiniâtreté des insulaires y il en en^ea- l'abandon «ominal d'une partie de lour territoire. Ce fut là tout l'avantage de la campagne. Revenu à York, etpersuadé qu'an rempart de gazon ne pouToit résîster^ux assau is de ces'Barbares actifs et per« sé^àrants, il fit élever une solide muraille de pieri*e, à quelque disjtan<^e, au nord, de celle d'Adrien» Elle étoit haut» de douze pieds, etses fondations vanoient de deux à trois verges; en a^ant, ou avoit creusé un fossé de la même dimension que -celui d'Adrien. La garde en fut confiée k une armée de dix mille hommes, qui occupojient dix-huit postes sur la ligne du mur. -Lesfvoyageurs admirent encore aujourd^iiui les débris de cetie étonnante construction.

Les Maintes reprirent les hostilités aussitôt ^ue les Homains eurent évalué leur territoire. Sévère ^ trop affoibli, donna le commandement

28 HISTOIRE d'aHGLBTBRRB.

de Tarmée à Caracalla qui , au lieu de la con* duire contre les Barbares ^ chercha à se Tatta*^ cher par F indulgence èt les largesses , pour exclure de la succession son frère Gëta. A peine son père eut^l expiré à York, qu'il ii-^ cencia Tarmée et retourna à. Rome.

( 211-284) Durant l'esrpace de soixante-dix ans, après la mort de Sévère, il n'est plus parlé des Bretons dans les annales. anciennes, d^où nous devons conclure que ces années s'écoa^lèrent pour eux dans une tranquillité et un bonheur relatifs, D/aprèsiesi monnoies trouTees dans rile^ on suppose que Posthumus y LoUia^ nus , Victorlnus , Tetricus , Bbnôsus et Alianus furentsuccessivementreconnus en Bretagne.

Il est probable qae ce pays suivit constam* ment le sort de la Gaule. L'état de désordre de l'empire inspira de i^uYeaux. projets aux Barbares connus souji le nom. dé Francs et de Saxons qui posscJolent toutes les cotes, depuis Tembouchure du BJhin jusqu'à l'extrémité de la Chersonèse cimbriqupr..Ii$ balayièrent de leurs ports tout le commerce des détroits, et insultèrent, par leurs pirateries i le littoral de la Gaule . et de ]a jRtelagiie.. ( 284 ) Les empereurs Dioclélien et Dfftxfinàieii dînèrent à Carausius, Ménapien de naissance, le commandement d/une 4otte puissante avec le titre de Comte ou gouyerneiir des riyes saxonnes* Mais Carausius se laissa gagner par les pirates , partagea les prises avec eux ; ,,et quand les empereurs voulurent Ten^punir, ]evâ»l(ei masr que, passa en Bretagne et se fit proclamer Auguste. Son règne fut heureui^ /et plein c|is Iploire. (293) Les' Calédopi<tis prirent, 1a fnite

BRETAGNE ROMAIMB. H

devant ses armes : la côte occidentale de la Gaule reconnut son autorité, et de nombreiut

vaisseaux portèrent la terreur de son nom jusqu'à rentrée de la Méditerranée. Ënfin les empereurs envoyèrent contre lui Constance. Carausius perdit Boulogne sans se décourager; mais tandis qu'il songeoil à se prémunir contre un péril éloigné, il périt victime d'une trahison domestique. AUectus, ministre ambitieux qui avoit trompé sa confiance , Tassassina dans la huitième année de son règne et jouit trois ans du fruit de sa perfidie. Constance metce temps à profit; divise sa flotte en deux escadres, dont TuBe, sous ses ordres, stationne devant Boulogne; et Tau tre, commandée par Âsclépiodoie, à l'embouchure de la Seine. Celle-ci^rt ia première. Au bruit de l'arrivée d'Âsclepiodote, Tusurpateur court à sa rencontre, est dé* faitet tué. Après quelquesautres succès, les habitants proclament Constance lui-même leur souverain et leur libérateur; et il rétablit immédîaiement l'autorité impériale. La Bretagne devint sa résidence favorite; et les insulaires jouirent d'une adihinistration douce et équita*ble, jusqu'à ce qu'une persécution religieuse vint troubler leur bonheur.

Après tant d'années , il est impossible de découvrir par qui le christianisme fut enseigné dans l'ilc II est certain que, dès les premiers siècles^ il existoit des chrétiens dans la Bre* tagne. Pomponia Gracina , femme du proconsul Plautius , le premier qui y eût fait des conquêtes durables , et Claudia , dame illustre de Bretagne, qui avoit épousé le sénateur Pudens, sont, avec quelque raison, considérées comme

JO HISTOIRE d'Angleterre.

aiyaat éêé cbr^tieuoes ; mais que ce Mit la pie lé die ceS' femmes , on celle de lout autre , qtii ait introduit chez les Bretons la doctrine du christianisme , elle ne tarda pas à pénétrer joa*^ qtr^aux extrémités de l'Ue , et à conquérir \ms peuples mêmes qui avoient échappé à la con- (^uéte des R<KmaiBS« On sait combien les traditions bretcmnea ont été embelliee ou défigurées par les fictions des Bardes. Néanmoins, après en avoir retranché tout ce qui parok ia^ vraisemblable i il est permis de croire que Tailtorité , conférée par Claude à Cogidunus^ fii t transmise à sa famille; que Lucius ^ un de ses wemieradefiiGendants> aurnomméZaieriitai^ M gramb lumUtig y eonnoissoit l'évangile ; qu'il envoya à Rome Fagau et Dervan pour se faire instruire plus parfaitement dans, la foi cbrétienne ^ et que les eitvoyés^ ayant reçu les ordres sacrés du pape Evarisle ou Eleuthère , accrurent à leur retour le nombre desprosélytes> et fondèrent Téglise bretonne. On a la prmre que ces prosélytes étoient nombreux, et qu'une hiérarchie régulière avait été instituée avant la fin. du troisième siècle. £n effets le» écri<vains contemporains placent Téglise bretonne au même rang que celles. dEspagne et des «Gaules ; et^ dana un des^ premiers conciles pcci* dentaux , celui d* Arles (314) , on trouve trois évéques bretons , Eborius d'York, Restitutus .de Londres*» Âdelphinade Richborougfa*

( — ^ ) Les persécutions ne comjnencèrent en Bretagne qu'au commencement 4iu quatrième siècle. Dioclétien et Maxi* mien» prescrivirent alors de détruire les églises dans chaque province; et firent» du refus d'a^^

ésyrer les dietu du pagannme , un crmie pu^

nissable de mort. Constance eut beao montrer personneilement qu'il étoit ennemi des persë*^ cniîonsTeligieiiBes; les subalterne» n'en agirent pas avec nioins de rigueur. Les églises Turent rasées en. j^usieurs di&tricts ^ beaucoup de chrétiens cBercb^rent un asile dbns les forêts et les monlagnes , cF au 1res souffrirent avec courage les tortures et la mon. C'est k cette épcque.ciuiil faut platcer le martyre de St.-M« bail , dont la mémoire fut long-temps honorée dans SSL. psuLLie^ et parmi les nations voisines; MûtVèn «lams de dieu années , Dioelétien et Mtzîinfel^quktèrent la pourpre; Constance et Galère prirent le titre d'empereurj et la liberté des cultes ramena le christianisme dans Tlle;

f#06^:^Clonstancé avoit épouse Hélène, née en Bithinie, selon quelques uns , fille d'un pffinfie breton , selon d'autres; et il en avoit eu un^^s y le célèbre Constantin , surnommé le Giund, Le jeune prince fui élevé comme uxk»i|<^»W otage, d'abord à la cour de Dioclé* tiràBfl Alirteissuiite à celle de Galère ; mais ;

apprenant que la santé de sou père déclinoit rapidement, il s'échappe à propos, coupe, à cbuaLC|ue relais , les jarrets des chevaux qui ne lui etoient pas nécessaires / afin de re larder ceuji: qui le poursuivoient, arrive à York peu de jours avant la mort de Constance , qui le recommande à raffection des soldats, et jprend, avec lenr approbation, le titre de César et d'Auguste. Devenu seul empereur, il sépara avec soin Fadministratipon militaire de rad* ministration civile. Par cet arrangement , la Bretagne se trouva placée sous la juridiction

du préfet des Gaules , dont Tautorité s'élen^ doit depuis la muraille d'Antonin jusqu'aux limites méridionales de la Mauritanie ïingilane. Son envoyé, revêtu du titre devicairç de la Bretagne ^ résidoit à York. Le gouverne'* ment intérieur des provinces étoit partagé entre deux cousulaires, k Valentia et a Maxima, et .trois présidents à Eiavia; dans la Bretagne première et dans la* seconde, on laissa les finances et la justice entre les mains des mêmes ministres. Xe commandement de Varmée fut divisé entre trois officiers : 1^ le duc deBk^etagne^ depuis la limite septentrionale jusqu'à l'Humber ; 2° le comte du rivage saxon , chargé .dé làisàie depuis THumber jusqu^à l'extrémité, du pays de Cornwall ; 3° le comte de Bretagne,

^ de qui dépendoient toutes les autres garnisons de l'île. '

Sous Constantin et ses fils , la Bretagne fut tranquille pendant plus de cinquante ans. La pruauté et l'avarice de Paulus, notaire espagnol , portèrent la première atteinte à la pros^ périté publique. L'empereur Vavoit chargé d'aller en Bretagne pour examiner la conduite

. qu'a voient tenue les officiers qui , pendant la défection générale des troupes occidentales , avoient reconnu l'usurpateur Magnence. Pau*» lus étoit efxpert dans l'art de la rapine et de la , chicane : il traita comme coupable quiconque possédoit des richesses. Constance loua sa iidé<!lijté;. Julien, en arrivant au tràne, le fit brûler vif.

Pendant que Julien administroit la préfect^ure des Gaules, un événement vint prouver, combien les ressources de la Bretagne étoient

. BRETAGHB ROMAINS* 33

grandes. Ses greniers offrirent un secours immédiat et puissant aux contrées de la rive gaucfaedu Rhin , qui v^oient d'être dévastées par une inondaiian de Barbares, heureusement repoussés par ce César; etcen'éloitpasseulement nn secours temporaire que Vile pouToit fournir en ce genre : elle exportoît annuellement de grandes quantités de blé sur le continent.

' C'est à dater de cette époque que les Calédoniens et les Maœtes cessent d^étre nommés par les historiens, et qu'on ne trouve plus à leur place que les Pietés et les Eeossois , peu^ pies venus originairement de l'Irlande. L'Irlande, ainsi que l' Angleterre, avoit été peuplée par des colonies d'aventuriers venus de différents pays , les uns de la Belgique et de la Germanie , les autres de l'Espagne : ces derniers étoientétablis sur divers points de la càte, tandis que des clans nombreux d'Ëcossois occnpoicnt rintéricur des terres. Dans le quatrième siècle, plusieurs d'entre eux s'unirent aux Attacottiens , pour dévaster les riches provinces des Bretons romains ; mais les Ecossois aspiroient à quelque chose de plus permanent que le pillage. Ils s'emparent bientôt de, la partie septentrionale de la Bretagne , prennent Vascendant sur les indigènes appelés Pietés, et donnent à tout le pays le nom d'Ecosse. Les deux nations se fondirent difficilement; au douzième siècle, on voit encore les Pietés distingués des Ecossois.

Sous lerègnedeConstance^ on voitles Pietés et les Ecossois pénétrer en grand nombre dans la province romaine. Le César Julien ne pou-

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▼oitqttttierle»<iaules; Lupicinus^ qu'il envoya comme sonrepréseniaui, n osa marcher contre les envahisseurs , que cette faiblesse ne fit que eshardir. Yalentinien , alarmé de leurs progprès, envoya Fallofaudes , qui périt par trahison : Nectar ides y comte de la c6t6 saxonne^ périt en eombattant. Il fallut donner le com* mandement à l'intendant du palais impérial , Joviiius I d'abord , puis Xhéodose« Ce der* nier^ après avoir divisé ses troupes en plusieurs corps, attaqua et défit les partis de Barbares qui se livroient au pillage^ entra à Londres en triomphe , et s'occupa de reconstruire l'ancien mécanisme du gouv erneiueiiL. II partit de la Bretagne au milieu d'uu concert d'actions de ^ces. Gratten monta sur le trône après son père Valentinien, et revêtit de la pourpre Théûdose-le-Jeune, fils du libérateur de la Bretagne, Maxime I qui s'y trouvoit alors of* ficier d'une grande habileté , mats d'une ambition plus grande, jaloux de l'élévation d'un homme qui ayoit été son égal , intrigue parmi les soldats , se fait nommer Auguste* Enhardi par ce premier succès , il convoite tout l'empire d'Occident ; s'embarque avec Tarmée bretonne ; fait voile vers les bouches du Rhin : la Gaule est dans ses mains. Valentinien fuit; et une grande partie de Tltalie reconnoit Maxime* 11 régna avec dignité et châtia sévèrement les Pietés et les Ecossois. Théodosc , qui Favoit d'abord reconnu , f u t enfin «éveillé par la honte et la crainte : il prit le& armes. Maxime reçut un premier échec en Pannonie. Bientét la ville d' Aquilée le vit dépouillé des ornements .

impériaux et décapÎLc par les ordres de son rivai viciorieux (388). Les Bretons qui avoieni mvii ses drapeaux ne revirent jamais leur patrie.

( 388 — 400) Les Pietés et les Ecossois pro* fiièrent de cette occasion ; ils pillèrent les proyinces. Les Bretons, fatigués de leurs invasions multipliées I mirent sous les yeux de l'empereur le tableau de leurs désastres. Stili* cho, le maître de la cavalerie et de l'infanterie, envoya aleur secours un corps de troupeS| qui repoussa les assaillants.

Mais alors le grand édifice de la puissance romaine étoit ébranlé de tous côtés par des nuées de Barbares , Goihs, Vandales , Alains, sorties des régions inconnues de Test et du nord. On fut contraint de rappeler les troupes des lieux éloignés , et entre autres celles qui étoient stationnées le long des murailles de la Bretagne. Les Picles profitèrent encore de leur absence (403). Alais^ victorieuses à PoUeuLia^ ces troupes retournèrent de suite à leurs an* ciens postes et les chassèrent, A peine deux ou trois ^ns s^étoient écoulés que les nations de la Germanie ayant inondé la Gaule^ les légions, de Bretagne, qui se trouv oient privées de toute communication avec l'empereur Honorius , choisirent pour empereur, Marctts, un de leurs officiers, qui périt bientôt dans unesédition. Ils lui donnèrent pour successeur Gralien, qui, au bout de quatre mois , éprouva le même sort, Coitstantin^ simple soldat^ s'offirtt^ux suffirages. de ses camarades : son audace lui réussit. Sou fils Constant fut nommé César et s'empara de Ffis* pagne ^ pendant que son père délivroit la pro*

36 UISTOIRE i>*A?iGLETERR£.

Tincc du fléau des Barbares (411V Leur prospérité fut courte : le Gjls fut tué à Vienne; et le père décapité à Arles , par Tordre de Constance, qui conimandoit les armées d'Honorius.

Pendant l'abscace de Conslantin; la Bretagne ctoit le théâtre d^une révolution impor<* tante. Lés habitants, las d'une autorité qui ne protégeoit plus, déposent les magistrats romains, proclament leur indépendance, |iren* nent les armes, chassent lesr Barbares. Quand celte nouvelle parvint à Ravenne, Honorius écrivit aux élals de la Bretagne quils eussent à pourvoir à leur propre sûreté, Cesétats étoient sans doute les villes dont nous avons parlé plus haut.

Ici les lumières cessent ; les historiens étrangers parlent plus de la Bretagne; les natio* naux ne font que des narrations fabuleuses. Sans doute les colonies , les municipes et les villes latines conservèrent encore quelque temps la forme du gouvernement auquel elles étoient accoutumées ; mais quelques chefs heureux surent aussi mettre à profit le besoin que Ton avoit d'eux, pour repousser les Pietés et les Ecossois, et les traces du gouvernement populaire disparurent par degrés. De là une foule de petits rois, les uns bretons, les autres d'ori«gine romaine.

Peu de .temps après que les Bretons eurent proclamé leur indépendance , leur pays , ainsi que le reste de TEurope, fut dévasté par la pestç et lu famine* Les Ecossois et les Pietés .mirent encore, à profit la confusion générale. Les Bretons sollicitèrent en ▼ain. la protection d^Aêtius, général romain tlans la Gaule. D'autres, sous la conduite de Yortigern, le plus

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puissant des rois bretons, recoururent à un expédient qai eut les résultats les plus funestes* Les Armoricains qui , à l'exemple des Bretons, aFoient brisé le joug romain , conservoient tranquillement leur indépendance , a?eclesecoursdes Saxons. Voriigem résolut de se servir de la même politique. Une escadre savonne croisoit dans le canal ^ cherchant aTcnture. Les deur frères qui commandoient, Hengist et Horsa , acceptèrent ses offres avec empressement. l\s abordèrent à Ebbslleet , et turent cantonnés dans Tile dé Thanet.

L'hérésie dePélage et celle de TEcossois Ceiesiin naquirentau milieu de ces troubles. Les prélats bretons , peu faits aux subtilités de la controverse, demandèrent Tassistance de leurs voisins , les évéques des Gaules. Germain d'Auxerre entreprit deus fois le voyage de Bretagne 9 la première en 429 et la seçonde en 4i6. Par son autorité,- la doctrine de Pelage Ait condamnée, et le prélat gaulois, qui s'éloit^distingué dans sa jeunesse par de grands traits de courage , en donna ici une nouvelle preuve. Il se met à la tète des Bretons, marche contre les Pietés et les Saxons , se poste dans une embuscade ; îi un signal convenu , \\ ordonne aux soldats de pousser tous ensem- JUe Jecri d'aîielm'a. Ce cri, répété par les échos des collines environnantes , effraie les ennemis; ils prennent la l'uit6,et un grand nombre périssent dans une rivière voisine. Ainsi la ' Bretagne dut sa délivrance à ce pieux et intrépide missionnaire, comme elle lui dut la conservation de sa foi.

HISTOIRE Jo'AMaJUEÏERXE^r .

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