CHAPITRE IL
ANGLO-SAXOHS.
Vers le milieu du deuxième siècte , les
Saxons , obscure tribu de Barbares , occupoient le territoire situé entre l'Ëlbe et Tfiyder y sur Tistbme de la Chersonèse cimbrique.^ Pendant plus de deux, cents ans , on a compris sous la même dénomination j toutes les nations placées entre Textrëmité de k pénin-^ suie et le Rhin, et sur les bords du Véser et de TEms. Le pillage sur la terre et la pirate*^ rie sur mer étoient leur unique occupation» La flotte romaine les avoit souvent tenus en échec ; mais leur audace s'accrut quand la puissance de l'empire commeïiça à décliner. Leurs expéditions devinrent plus fréquentes et plus destructives : du pillage cependant ils en vinrent à la colonisation j et les même» hommes qui avoient dépeuplé la Bretagne ,.fu« rent ceux qui la repeuplèrent. Les Angles étoient leurs voisins du coté du nord à peu près jusqu'au territoire occupé par la ville ac- ^ tuelle de Fiensburgh ; au-delà des Angles résidoient les Jutes ^ dont la contrée n^avoit d^autrès bornes que TOcéan..
D'après le langage des Saxons, leurs institutions et leur stature gigantesque , il est évident qu'ils descendent des, Goths : leur
lempsetoit al ternativemen t partagé en ire le vol et la paresse; ils regardoient comme indigne d'nn homme libre d^acquérir par le traTail ee ça'il pouvoit se procurer par la force. Chez eux la culture des terres ^ lesoiii des troupeaux éloient l'occupation des femmes et des escla* Tes; chaque guerrier s'aLtacliolt à la fortune de quelque chef favori , et le suivoit dans ses expéditions déprédatrices. Ces chefs prési* doient les conseils de la tribu; et, dans les temps de danger, on choisissoit parmi eux un général^ qui exerçoit la souveraine puissance , que Ton honoroil du titre de Conyng ou King (roi). Son autorité n'étoit que temporaire; elle expiroilavec l'événement quiravoii créée.
D'abord mal armés, les Saxons, dans le cours de leurs hostilités avec les Romains, apprirent à suppléer à ce qui leur manquoit; ils portoient un bouclier au bras gauche , et employ oient, pour Tattaque, le dard, l^épée et la hache de bataille ; ils combattoient d'abord à pied ; mais, après leur établissement en Bretagne, leurs chefs et les plus riches de leurs partisans , parurent dans les camps , montés sur des chevaux. En privant ces animaux belliqueux du sens de Fouie , ib prétendoient \e8 consacrer au dieu de la guerre ; et ils avoient dès lors pour eux une sorte de vénération.
Dans Tenfance 4e la puissance navide de» Saxons, rien de plus grossier que leurs vaisseaux ; mais au cinquième siècle, ieurs chiules ( ou yabseaux de guerre ) , avoien t déjà la plus formidable apparence. C'est dans ces navires que les Saxons sortoient fréquemment de leurs ports ; tantôt se dirigeant vers un point déter-
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