‹ Abrégé de l'histoire d'AngleterreChapitre 8 sur 39 · HISTOtBK d'âMOLSTEIIRB · texte numérisé non relu

HISTOtBK d'âMOLSTEIIRB

miné y tantôt s'abandonnant au gré des vents; mais toiqours dans le but invariable surprendre et de piller les habitants inofTensifs de quelques parties des côtes de la Bretagne ou des Gaules.

Nous avons déjà dit qu*Hengist et Horsa, . deux chefs de Saxons , furent invités , en 449, par Vortigern , à partager les périls de ses combats; ils le servirent pendant six ans avec fidélité. Les Pietés furent forcés an respect , et les Bretons désirèrent vivement récompenser leurs alliés. Hengist obtint la permission de demander des renforts dans son propre pays. Ses messages sont bien reçus ; les capitaines saxons conduisent successivement leurs troupesàThanet : l!ile est couverte d'étrangers; les Bretons en conçoivent de la crainte et de la jalousie. On leur demande un surcroit de provisions; ils refusent; la guerre s'ensuit. Les Saxons marchent vers le Rï^dway, et les indigènes se placent à Aylesford (445). Les étrangers triomphent. Une seconde bataille , livrée plus à Test f sur les rives de la Cray 5 est encore plus désastreuse pour les Bretons. Quatre de leurs généraux restent sur le champ de bataille; les débris de leurs troupes s'enfuient vers Londres; tout le pays de Kent est aux envahisseurs (463)* Huit aus plus tard, les Bretons éprouvèrent encore un échec plus sanglant. La dernière victoire d licngist porte la date de 473. Le conquérant vécut encore quinze ans, et mourut en 488, laissant à son fils JEsca la paisible possession de Kent. *

Ce petit état étoit protégé au nord, à l'est et au sud par la Tamise et la mer. Du cdté de

Yôuest/il é toit défendu contre les attaques

des indigènes par rinlerposition d'une nou- Telle troupe d'aventuriers ^ commandée par ifiUa et ses trois fils ; en 47 7 , ces pillards saxons avoîeiit pris terre à Cymensore, dans Vile de Selsey. Ils défirent ^ il est vrai, les Btetons; mais leurs progrès furent lents. Ce ne fut qu'en 490 qu'ils pénétrèrent jusqu'à la ville d'Anderid, regardée comme une cita*délie imprenable; mais qu41s prirent pourtant, malgré les efforts multipliés et extraordinai* res des Bretons. Anderid fut réduite en cen* dres, tous les habitants passés au fil de Tépée. .Cette Tietoire assura à iGlla ses conquêtes antérieures, et il devint ainsi le fondateur du royaume de SussexJ

(4SS) Cinq ans après , une flotte de cinq chiulcs , commandée par Cerdic f parut dans le détroit, et débarqua pluâ à Touest^ dans mt lieu nommé depuis Cerdicsora. Natan-^ leod, roi de ce disuict, s'opposa à Tinva* sVon avec courage > et quelquefois avec succès; il défit même Cerdic en â08; mais tandis qu'il le poursuivoit y il fut attaqué lui« même par Kenric, et périt sur le champ de bataille, avec cinq mille Bretons. £n âl4 il reçut un renfort considérable par l'arrivée de ses deux neveux, Stuffa et Whitgar, étendit ses conquêtes^ et, en Ô19, la grande bataille de*Charford, livrée sûr l'Avon, le rendit maître définitif du royaume de Wessex , ou des Saxons de l'ouest. 11 associa son fils Kenric à la royauté, donna à ses neveux la souverain i^eté de l'île de Wight, dont il resta le suze* rain , et mourut en 534 ,

43 HISTOIRE d'aNCLETERKÉ.

Les succès de ceS'aTenturiers engagèrent les; Saxons à former de nouvdles eokmies. Lés

plus entreprenants de leurs chefs cherchèrent 4es climats plus h eureuix et lurent suivis de leurs partisans (530). Toute ht câte orien^le ^ depuis le détroit de Forth jusqu'à Tembou-' chure de la Tamise y fut visitée par des hordes, die Barbares. «En ÀdO, Erkenwin s- étoit appro^ prié la souveraineté de TEssex , ou des Saxons de Test. Plusieurs divisions d'Angles débar* quèl'ent et se fixèrent vers! le nord d«s Saxons de Test; elles se choisirent pour roi Uffa^ dont les successeurs furent appelés Uffingas^ Leur poissance étoit si iprande, qit'en màne temps qii^eUes poursuiToienl leurs conqfnélea sur les Bretons, elles fournissoient des hommes pour une expédition étrangère contre Hadigis j roi des Varniens^ qui kafaitoîent la rire septentrionale du Rhin; Radigis avait promis d'épouser une princesse, fille d'un de leoies dhefs; mais il Ta voit ensuite négligée pour épouser sa belle^mère , fille du franc Théodebert. L'affront fut puni. Les Yarniens furent défaits; leur pays saccagé. Radigis , chargé de chaînes, fut amené aux pieds de la dame d'Est- Anglie, forcé de répudier la so&ur de Théo^ debert > et de Téponser.

(547) Le nombre toujours croissant des Angles les poussoit d'eux-mêmes vers le nord. Ida, avec une flotte de quarante chiulesi après de rudes combats , réussit à s'établir ' en un lieu qu'il appela Bebbanburgh , en mémoire de Rebba^ son. épouse : crée roi en 547 , il régna douze ans sur le royanme de Bernicie. Ses états étoient bornés au midi p£tr

AMGLO-S^XOIffS. 4S

llb iMftw hé» Bretons, nonmm Deîriemy occu^ pôienfc la ri^e droite de cette rivière; Seonril

tes assaillît avec ses Angles , les mit en déroute; et nu de ses descendants, nommé Sella , par*' Tint, etï &êOj à posséder cette contrée, sans compétiteurs. Son royaume garda son nom breton deBeirau

En 6869 une autre colonie, commandée par Cridda, passa la rivière, expulsa les Bretons de la cote, porta ses conquêtes jusqu'au centre âe Vile; lear payâ é toit marécageux (maraliy)v oe qm leur fit donner le nom dé MaMNens.

Dans une période de cent cinquante ans^ depuis Tarrivéc d'Hengist jusqu'aux dernierssuccès de Cvidda , les naturels , ayant sncceih sîvement laissé le champ libre aux ennemis^ hait rojFaumes s'éioient formés. Durant cette kinc;iie suite d'années , les Bretons , malgré leurs continuels désastres, avoient donné de grande preuves de courage et de résolution. Senls parmi tant de peuples conquh par fem^ pire , ils profitèrent , pour essayer de se mettre en liberté, de la lutte engagée entre les forces injpérialeset les Barbares. Si pendant la guerre ils perdirettt la pk» belle partie de Vile, bt cause réelle doit en être cherchée dans le défeirat d'union f et non dans le manque de courage. Leurs écrrrains parlent de rois qui , à cette époque, ont étendu leur pouvoir sur . toute la Bretagne ; mai& aucune trace d'une semblable autorité ne se* retrouve dans une histoire digne de foi. Les Romains et les Saxons^ plus tard, n'éprouvèrent que des réiiiftfa^jrw^ locales-: les autres tribus s'inquié*^ toient peu du danger qui ponroil» menacer un

DigitizGd

44 HIStOIRE D^ANGLETERRE.

point deTlle différent de celui qu'^Ues habitoient. Pendi^nt que les Barbares fondoien t des

royaumes au sud-ouest de File, douze mille Bretons y sous les ordres de Riolhamus, fai<^ soient Yoile de la côte de Cornoûaille vers l'embouchure de la Loire , et remontoieiit celte rivière pour combattre les Visigoths dans le yoisinage de Bourges.

On cite parmi les chefs qui se distin^èrent entre les Saxons, Aurélius Ambrosius, Romain d'origine , brave i modeste ^ fidèle guerrier» ILparott avoir combattu contre Hengist. Nathanîéod, antagoniste de Cerdic, qui périt glorieusement au lieu qui a conservé son nom^ dans le Hampshire* Le Nord monti^e encore le territoire d'Urien,etle théâtre de ses exploits. Il se signala contre Ida et ses Angles, et perdit la Tie par la. jalousie d^un chef allié, nommé Morcant. Mais la renommée d* Arthur a éclipsé celle de tous les autres. On dit qu'il livra et gagna douze batailles. Ses exploits ont été célébrés parles bardes , qui ontpeut*"étre« comme . tous les poètes, exagéré un peu son mérite. On Tenterra à Giastonbury , où ses restes furent découverts sous le règijie de Henri IK

Les conquêtes des Saxons replongèrent Tile dans la barbarie. Dèsquelarésistantesembloit inifitileaux indigènes, ils se réfugioient dans les forêts et les montagnes; c'est là que luttant contre la pauvreté, engagés dans des combats continuels, ils oublièrent promptement le peu de politesse et de civilisation qu*ils avoient ac^

auîses, et retombèrent dans plusieurs habitues de la vie sauvage. D'autres, sous la couduite de leurs prélats et de leurs chefis , abandonné*

ANGLO-SÀXODI8. 4&

tent leur patrie. TravcrsatitrOcéan , ils dëbar. quèrentsur les places désertes deTArmorique^ enchainèreni 1 indépendance des villes voisin neSf et donnèrent au pays qu'ils avoîent subjugué le nom de leur mère-patrie. Elle est encore appelée la Bretagne^ Le reste de la nation fut réduit à l'esclavage le plus rude. Les captifs , sans distinction d'âge , de sexe, de rang, de profession y furent, ainsi que les terres, parla-* gés entre les conquérants. Us devinrent la propriété, les biens, les troupeaux d'un seigneur, sujets à ses caprices et vendables à sa volonté. Les archives de Doomsday attestent que le même sort fut réservé à leurs descendants, et que, jusqu'au onzième siècle, la majeure partie de la population de l'Angleterre resta dans J'esciavage.

Sans suivre en ligue directe ou collatérale l'histoire des huit dynasties, dont nous avons parlé, on peut acquérir une connoissance exacte de l'époque qui précède la domination des rois saxons de ÏE&t , en considérant les rè^ grnes des monarques les plus puissants. Dans le nombre il s'en trouvoit fréquemment un , dont l'autorité étoit reconnue par tous, ou par la majorité de ses contemporains. On iedésignmt sous le nom de Bretwalda, gouverneur ou souverain de la Bretagne. On en compte sept d'à* près Bède.

iELLA , I" BRETWALDA.

(480) Nous avons déjà parlé dePtiruption^

des succès dVElla, sur la icôte méridionale.' Le f oyauma de âussex^ qu- il fonda , éloit ]aL moins

AlSTÛHIfi D^AINGLETERRE.

oîasanie îles noiiYelles principavlës. Ce «foi

fait que Ton ignore par quels moyens il acquit

devoit-il à quelque prérogative doat il jouis-

soit dans sa patrie , ou à quelques exploits dont le 8ou¥eair aura péri.

CEAWUN) 1I« 3R£TWAU>A.

(ÂfiA) Ceawliiiieut pour compétiteur Ethel* bert, quatrième . roi de Kentf que, dès Tàge de seize ans, Ton avoit entretenu dans Tidée que y comme représentant d'Hengist^ il avait droit à la dignité de Brel^alda. Le roi de Wessex, petit-fils de Cerdic, en triompha à Wimbleton. Il triompha de même desBretons, à la bataille dé Cuthvirin (â 7 1 ) ; et six. ans après , la victoire de Derham en Glocestershîre (577), £ut marquée par la chute de trois rois bretons , Conmail , Condidan et Farinmail , et>suivie de la reddition des importantes cites de Glocester, Cirence^ter et Bath. (5Ô4) Nouvelles conquêtes sur les Bretons. A la mort d» Cissa , fils d'iEUa , roi de Sussex , Ceawlin joi* gnit ses états a ses domaines; mais la fortune rabandonna au faite de la puissance. Ses sujets rebelles le déposèrent (581 )• Il ^nourut eaâ93.

ËTHELBERT , llle BR£TWALDA.

A la mort de Ceawlin, Ethelbert, roi de

nous ignorons, la dignité de Brelvvalda, dont

Ujottit pendant toute ladt^réed'un règneleng

et prospire. Tous les prmces saxons do midi

Jle J'Humber reconnoissoient son autorité.

(.^^6) Vers c^le époque, il reçut quaraate misiaoïninires , que lui env^yoit le pape Grégoire-le- Grand , pour convertir les païens. Eitbelbert avoit sans doute dès lors quelques Botâûos iiu ehristianisme. Il reçut Augustin et ses jcoUègues sous un chêne. Ses prêtres lui aYoîent dit qu'eu pleiue campagae les endiumlem^ts des magiciens étrangers perdroient leur influence. Augustin fut amené près, du roi: ou portoit devant lui une croix d'ai^nt et :une bannière reprësmtant le Rë* dempteur. Ses compagnons le sui voient en procession; l'air retentissoil de cantiques pieux. Wwterprète expliqua les motifs de Tambassade* Ethelbertrépondit qu'il ne ponToit quit-ter le culte de ses pères pour une adoration nouvelle et .douteuse; «mais que, l'intention de ces éitrangers iui paroissant bienveillante , îfls pouvoient prêcher sans craindre d'être inquié-

iTii

roi de Paris Charibert, avoit déjà pris soin de préparer une résidence aux nouveaux, apôtres. La. cttciosité attira xl'abofid les Saxons ; ils admirèrent les cérémonies du nouveau culte, comparèrent les mœurs et la conduite des prêtres chrétiens à celles des prèlKres païens. La grâce acheva le reste. A la fête de la Penteeête , de Tannée 597 ^ Etheibert reçut le baptême ; isn jour de suivant, dix miUe^de ses su^ jets imitèrent son-exemple. ht ièle pnidenadli rojal néophyte , les vertus des missionnaires, Iftnoojpéi^oit se^utenuoduSaîntrSiége, eurent

48 HISTOIRE d'aMGLETEARE.

lessuci^les plus heureux et lesplusrapides.La

foi s'étendit jusqu'aux frontières du royaume, et les temples païens se changeoient en autant d'églises. Augustin conféra la dignité épiscopale à Justus, qui fixa sa résidence à Roches ter. ' (604) Le royaume d'Essex étoit alors gouyêmé par Saberet, neveu d'£thelbert. L^oncle usa de son influence pour introduire dans les conseils du jeune prince un missionnaire, ^ Fabbé Mellitus. Saberet reçut le baptême. MciUituSy sacré évéque, fut installé a Lon* dres, ville dès lors populeuse et commerciale. Après ces succès , Augustin réforma la discipline de l'Eglise bretonne , qui , pendant tant de siècles, au milieu de tant de révolutions , avoit dût s'aûoiblir; mais il ne put jamais obtenir trois choses : 1^ qu'ils adoptassent le Compiit catholique pour la féte de Pâques; 2^ qu'ils suivissent le Rit romain dans Tadministration du baptême; 3<> qu'ils permissent, leur coopération , etc.

Ethclbert régna, cinquante-six ans. Avanlsa moiit, il publia un code qui régularisoit l'admi* . n^ration de la justice. On dut cette améliora* tion aux conseils des missionnaires. Dans ce eedei le principedela compensa tion pécuniaire adopt^é par toutes les nations- du Kord, éloit sagement conservé. Le vol , dans ses divers degré^y le meurtre»; le sacrilège, l'attentat à la chasteté des femmes , les infractions tà la paix du roi et à celle de VEglisc : tous ces crimes étoie^t punis. d'une amende. qui croissoiten proip(Mrtion de; l'importance du personnage of» tense.

(Ithelbert mourut en 6i6. Eadbald,, son ilis »

Itfi^sueeède. ^Ge jeuMe^prinGe , dom tué 4es ^sâiom fougueuses, épouse «a beUe^mère,

veiîve d'Ethelbert. Les Tnis»ionnaires entreprennent de lui iaire ponapreee mariage illégal) il anme «mieiK cfuilterQa religion lAvétiemie, et replonge ainsi toute la nation dans TidoMtrie.Vers le-méme temps ^ les trois filsde&aberei relèvent les autels des dieux. Mellitus et Justos se réfugient clans les Gaules. Laurentius , successeur d^Auguslin , se disposoit à prendre le mÂme pavii;; mais il ve^t teiitet «m dernier effort. Son éloquence triomphe d'Eadbald. Le Tol répudie sa belle-'mère ^ rappelle des prélals; et jec^ristiamsine^soiiteira par son inflaMee, prend un ascendantqu'il conservera désormais.

RËDrWiiLD , m BftËTWALDÀ.

Le fils d'Ethelbert ne fut point ^Bretwalda. Cette dignfité passa des Pieies aux nations pins puissantes des 'An^gles. Hedwald, le secoqd

Uffmga, occupoit alors le trône de West-An- ^lie. Il a^t d'abord embrassé le cbrîstia^ lïisme à la solKeitation d'Ëtlielbert ; puisai par foibiesse , assailli des importunités de sa femme, tourmenté deToppositicmde son peuple , il avoit été ébranlé dan» ses résolutions. -Seulement, pour apaiser le cri de sa cons- <^ienee, iWoulujL'réunîr les deux cultes; et, ^ns le même cemple > pi^cf de'la»>«|atae de Woden , il consacra un autel èî^ Dieu des chrétiens*'U' eut à soutenir uné^^uerre longue et sanglante cenweiBàîMtiA ^ peiSt-fils d'Ida, roi "de Northumbrie, prince entreprenant et sanrguinaipe. La dernière^i^aFtaille^see donna sur la 1. 3

j|0 HISTOIHS B^AlIGUtBRRE.

rive gauche de l'Idel, dans le Nouinghamshire* ËdiUrid y fut tué en combattant avec cou-^ rage ; ses enfanta se sauTèrent dans le nord de l'île, et les Berniciens se trouvèrent heureux de se soumettre au fils d'iEUa. Redwald , après avoir placé aon ami sur le trône de dettx royaumes, rentra en triomphe dans ses états*

EDWIN , V BRETWi^LD^.

(616) On ignore par quels degrés Edwin , roi de Northumbrie , s'éleva à la dignité de Bretwalda , et comment il réussit à la transmettre k ses successeurs immédiats. Bcde nous a- conservé T histoire de la conversion de ce prince. (625) Il avoit épousé, dans la neuvième année de son règne, la fille d'Elhelbert I roi de Kent^ depuis long* temps décédé. On avoit stipulé que la princesse pratiqueroit sa religion; et le roi avoit promis d'approfondirles dogm.e;s de la croyance chrétienne * Paulînus , évéque et missionnaire romain , ao- ' campagnoit la reine. Edwin tint fidèlement sa • parole ; mais quoiqu'il ne fltaueun cifort ppur altérer la foi d'EdUbergé , il ne montroit luimême aucun penchant à embrasser sa religion. Ce fui en vain que Paulinus l'y exhorta , qu'il en fut prié piar la reine., que le. pap^ Banlface lui écrivit et lui envoya des présents : I^dwin pariQÎssi^ili i,nv^ri,ablemej:it , attaché, au culte de seApèdpes; * - ^ >

(626) Le, ^royaume die Wessex. étoit. ^loirs gouverné par deux pcinçes jaloux de la supériorité d' Edwin 9 qui voulurent le faire^ asr sassiner. Sans le dévouemeitt du fidèle Lille,

c'en éloit fait <le aa yîe. Le poignard tra* :veTsa départ en parlcei infortuné senrileur^ et

blessa encore le prince îui-méme. La nuit précédente^ Edilberge avoit mis au monde une fille y et Ëdwin adressa publiquement des actions de grâces à ses dieux pour l'avoir ainsi préservé, et pour jia santé de sa femme. Paulinus saisit cette occasion d'attribuer ces deux événements à la protection du Christ, dont la reine avoit, le jour même, célébré larésurreotion« Ce discours fit impression sur le roi , qu i lui permit de baptiser sa fille et promit de se faire chrétien , s'il revenoît vainqueur de l'expédition qu'il méditoi^contre le royaume deWesses. II marche eneffetcontresesennemis avec une puissante armée, les défait et saccage la eonurée. Paulinus lui rappelle alors sa pro* messe. De ce moment, il renonça bien au culte de ses dieux ; mais il hési toi t encore à embrasser le christianisme. Il consultoit alternativement ses prêtres et les. missionnaires, et examinoit, dans Va solitude, leurs arguments opposés. Il prend enfin sa résolution, convoque ses conseiMers et enjoint à chacun d'eux d^eïposer son opinion. Coiffi, grand-prétre des dieux, conseilla le premier Tadoption du culte nou* veau, sur un motiC singulier» Il disoit que personne n'avoitservilesdieuxavec plus de zcle que iui-méme, etque, cependant, personne nWoit été moins heureux; que, las de ces divinités si ingrates et si indifférentes, il chercheroit volontiers un meilleur sort dans leseind'une nouvelle religion. Ace profond théologien me* cède un thane, dont le discours, qui prouve le bon sens de lauteur, ofire en même temps une

peinture frappante 4es mœur$ de ce temps. II cherehoit à coiinoi tre l'origiae et la destinée de l'homme. « Souvent, disoit-il, ô roi! dans ' * « le cœur de Thiver , lorsque vous vous réjouis- « ftez avec vos thones^ que le feu briUe dans ke «€ .foyer an milieu du palais , y^us avez aperçu

. Hi:un oiseau, pressé par Torage, entrer par une « ^potte etS'éebapper par l'autre. Tandis qu'il paraoit, onpouveitlevoir: maisd^oiiTeiioii-ily -« où alloit-il?.... Vous l'ignorez. Télle est, ce «me eemble, la vie de l'honmie. ii réside sur la « ienpe pendant quelques années; mais'nousife

, « ponvons dire ce qui précède sa naissance ni ce « qui suit sa mort. $ans doute, si la nouvelle re* « ligion pmttîexpliquerees importants secrets, « elïedoilétre digne de toute notre attention. » A la demande générale, Paulinus ^st introduit* Coiffi 6e<léolate ohrétien , et, peur prem* ver sa sincérité, il offre de mettre le feu au temple voisin de Godmundham. Il demande un oheval et des armes, deux choses interdites aux prêtres chez les Angles : il court ; la foule le croit dans un accès de folie ; mais, au grttnd étonwemeni;, il porte un défi aux dieux de ses pères , enfonce sa lance dans le mnr -du temple. Le peuple s'attendoit à voir les feux dti eiel ^pger le saoriiége ^ mais 4'iii^Umté ^e Tapostst dissi]ie 4es alarmes , et >Ie |)e uple , entraîné par son exemple et ses discoors, tfttume des flammes qui dévoren4>4 la^léis et le

tem|îte>M-la dirinlté. • * *

- Le zèle d'Edwin ne sft contenta pas de la cmversfand>eeespropressujets. Onlevit, bientAt»pvès,tpr0fiter>d'ttneoocusionikvorablepour jjeter tes pi-emièri» semences du christiaîfiisme

AJSGJUQhSAXOMS» h\

parmi les EsUÂngles , et préparer leur conTer* *

s\on réservée à Sigebert., son frère, à ses successeurs, et à Félix y prélal bourguignon*

(631) L'empire d'Edwin fut plus* étendu que celui des Brclwalda, ses prédécesseurs. Les lies d'Anglesey et de Man étoient souiui-' ses à soa auttorké; tous les priiiees bcetoDa lui pay oient tribut. Comme symbole de sa prééminence, ilsWrogea une distinction îacoEuroe aux Savons». 11 fatsoât porter devant lui', lorsqu'il paraissott en public , le tuia , enseigne militaire d'origine romaine. 11 éui* blît partout sûreté pouv les biens et pour le» personnes^ et poussa l^umanii» jusqu'à faim placer sur les grandes routes, à de certaines distances, des citernes destinées à reeeToir les eaux des fontaine^; et y fit attacher dea coupes de cuivre , afin que les vovageurs pussent s'y rafraîchis : bieniail qui lui attira les fouanges et la reconnoîssance du siècle.

Après la mort de Georl, roi de Mercie, Penda, fils de son prédécesseur , sans prendre le titre de roi, en eut l'autorité^ Ligué avea Ccadualla, roi de Gwynezou dcNord-Walles, il leva rétendard de la révolte contre Ëdwin, dcmt il supportoil impatiemment le joug de« puis sept ans. Edwin périt dans cette guerre. De ses deux fils, l'un perdit la vie dans une; bataille ^ l'autre fut assassiné : Edilbèrge el Paulinus s'échappèrent , etaeiréfugièreni dans le royaume de Kenu

a4 HISTOIRE a'AMGLEXfiARE.

OSWALD , VP BRETWALDA.

La famille d'iEUa conserva la suprématie

chez les Deiriens. Le sceptre fut confié, non pas à Id vérité aux enianis d'£dwin, mais à letir cousin Osric. Après la mort d'Osric , ce fut à Oswald, le plus jeune des fils d'Edilfrid , qu^échut le devoir de venger sa famille et son pays» Il s'en acquitta bien. Ayant surpris les Bretons négligemment campés dans le voisinage d'Hexham, il ordonne de dresser une croix de bois (car il n'avoit point imité l'apostasie de son frère) , fait fléchir le genou à ses soldats et demande la victoire au Dieu des armées. Elle devint la récompense de leur valeur et de leur piété. Céadwalla fut tué , son armée anéantie. Oswald , du consentement unanime des Berniciens et des Deiriens , prit k eommandement des deux nations.

Oswald étoit pieux; il avoit demandé des missionnaires pour instruire son peuple. Corman , moine d'un caractère sévère et mélancolique, lui fut d'abord envoyé, n'eut aucun succès et se retira. Mais lorsqu'en présence de la conmunauté, il accusa d'ignorance et de barbarie les habitants de la Northumbrie , il reçut cette réprimande vive et judicieuse t «Mon frère, dit une voix, n'accusez que vous r vous exigez des païens plus que leur foiblesse ne peut accorder. Vous deviez d'abord descendre jusqu^à eux 9 et graduellement élever leur esprit aux sublimes vérités deTEvangile. » En entendant cette voix, tous les yeux se fixqprent sur l'orateur, simple moine nommé Aidan ;

ANGLO-SAXONI^. hh

ilW suffrage unanime on le donne pour successeur à Corman ; et avec un lel maître , le cltrisiianismc devint bientôt la religion domi- ' liante de la Northumbrie.

Comme Edwin , Oswald eut a combattre Penda et les Merciens : comme lui aussi , ilsuo comba dans celte lutte. Entouré d'ennemis » il fut tué. « Que Dieu y dit en tombant ce prince pieux y ait pit&é des ames de mon peuple, n La férocité de Penda n'épargna pas^ même son cadavre : il lui coupa la tête et les bras, et les suspendit à une poteiicé (642). «

OSWIO , VU" BRETWALDA.

Penda, après avbiir inutilement tente d'abord de prendre , puis de brûler la ville de Bamboroughi se'retira mécontent et confus. ^ Sa retraite donnà kuiL thànesr northumbres le loisir d'élire le sùccesseur d'Oswald . Leur choix tomba sur Oswio , sou frère , qui hérita aussi de ses talents, et qui^ pour affermir son trône , épousa Eanfled , fille d'Edwiii. *

(644) La seconde année dé son règne, îl fut effrayé des prétentions- d'un compétiteur dangereux, Oswin, fils d'Osric, de ta maisdn d'i£iJa. La prudence et la nécessité ramenèrent à. consentir un compk-omis, par lequel il céda Deira à son rival, eh se resertantla Bernicie et le pays conquis dans le nord. Après sept ans d\ine apparente amitié, la guerre éclate. Oswin, se voyant trahi de la fortune, licencie son armée et se relire chez Tealdorman Hunwald. Ce perfide thane le livre à ses ennemis , et sa mort seW* put satisfaire

56 HISTOIAB d'aHOLETERIIK.

la cruelle politique d'0&wix>«r Le fils d' 0&w^U<i, Oidilwaid, soutenu sans dpu^par l'mfluefii^

supérieure de Penda , se place sur le irôue d^ Deira. . - •

(652) Penda, rerj» eette époque , fit de nouTeaux efforts pour arriver à. la dignité de Brelwalda; luais O&wio,) instruit par 3ort de ses ppédécesseoirs iminédiats^ fit- teti$ ses efibris pour calmer la colère de son formidable ennemi. Il lui fit porter des présents^ du plus grand prix ; son second filjs i £gfrid » fut envoyé comme otage à la reine j épouse de * Peuda , et AlchiVid , son fils aiiié , fut marié à Cyneburga, fiUe d^ Mercien. L'alliance des deux familles engagea Péada, fils de Penda , à se rendre à la cour de Norihumbrie, pour visiter sa sûBur» Il y vît et admira AIch(lèd§, fiilf; d'Oswio ; mais La différence m religion eût op> pose à leur uûion un obstacle insurmontable^ si A.Lchfri4 n'qùt obtenu de son ami qu'ilse fît instruire. .et qu'il embrassât la religion^ ahré«tienne. Quana on Tinterrogea sur sa sincérité, il répondit avec chaleur que nulle considérar . tion pas même la* volonté d'Alchflède , ne le forceroit à retourner au culte de WoJen. Il fit instruire les Mcrciei)Sj|.e4le;yiei|x roi^ lout<eu pei'sévérant danssc^cxrpyaoGes^ i^moigjaa siHi admiration pour TEvangile et permit de Ven- &€|igner à ses sujets. Sigeberet , roid'Essax^ suivit r exemple- 4^ Penda» grâces aixx soins d'Oswio, et fui baptisé par Finan^ àiWan))ottle en Northumbrie (653).

. L année suivante (.âMV^^^^i^^^^^'^^^i^^ prirent encore, «les armts.^ Vainement , Os^lo

essaya de sesoq[str^ireat| dang/er^ en luiiOffran.i

Le sacrifice de sou indépeadance et un tribut. Le Mercien lui* déclara que' sou projet étoit d exterminer toute sa nalioii. Le désespoir ra* nime alors le courage d'Oswio : il passe une nuit entière %n prière ^ Toue iElflède» la plus jeune de ses filles*, a la profession monastique y et , plein de confiance en Dieu , accompagné de son fils Alchflid et d'une poignée de gens résolus ,«il s'ayance sans erakite contre la mul** titude de ses ennemis. La valeur et le désespoir des Morthumlu*es remportèrent. Penda ue survécut point à son armée. Ce vétéran , blanchi dans les combats^ qui avoit atteint sa quatre-vingtième année , qui avoit trempé so^ épée dans le sang de trois rois des £st- Angles et àc deux rois des Northumbres, avoit été entraîné hori> du champ de bataille par une troupe de fuyards*; mais il fut pris et mis à mort par ceux qui le poursuivoicut. Oswio parcourue rapidement la Mercie etrEst-Auglie, subj^igua leshabitauts stupéfait^ et leur rendit les maux qu'ils avoient si souvent fait éprouver aux autres. Pour accomplir son vœu^. il confia à l'abbesse Uilda sa fiUe iËlfiède , à peinfi âgée d'un an. ^

Delà sorte, Oswio se trouva bretwalda dansle sens- Je plus, étendu. La réunion de la Mepcie à la Northumbrie avoit mis sous sa domination beaucoup plus de terres qu'aucun de ses prédécesseurs n'en avoit possédé. Les princes bretona et saxons se soumirent unanimement a son autorité ; et la plus grande partie dés Pietés et des Ecossois évitèrent d'encourir son inimitié en payant un tribut annuel.

Vers la fin de son règne , Oswio quitta la

58 HISTOIRE d'aNGLETERRE.

politique et s^occupa de ce qui concernoit la religion. ( 664) Il régla deux questions importantes, Tune relative a la fête de Pâques, que les Saxons chrétiens célébroient à des époques différentes , selon qu'ils ayoient été instruits par des missionnaires écossois, romains ou gaulois ; Tautre , relative à la tonsure ecclésiastique I que les Ecossois portoient en forme de croissant sur le devant du front, au lieu que les Romains se rasoient une couronne sur la téte. Oswio déclara quHl préféroU les institutions de saint Pierre , et cette décision toute catholique fut applaudie par l'assemblée.

Dans la même année , la vingt-deuxième du règne d'Oswio , le commencement du mois de mai fut remarquable par une éclipse totale de soleil* L'été fut d'une extrême sécheresse , et une peste des plus calamîteuses , nommée la peste jaune , dépeupla Tîle. Elle fit sa première apparition sur les côtes méridionales , d'où s'avançant graduellement vers le nord , elle avoit, avant l'hiver , désolé les cantons de Deira et de Bernicie. Durant vingt ans, ce fléau parut et reparut successivement dans toutes les provinces Je la Bretagne et de Tlrlande. Un ancien écrivain porte le nombre des victimes y dans ce dernier pays , aux deux tiers des habitants.

Oswio mourut en 670. Avec lui disparurent le titre et l'autorité de bretwalda. La puissance de la Northumbrie baissoit , tandis que le royaume de Mercie grandissoit en forces, et que celui de Wesse» réussissoit par des progrès lents, mais sûrs, à préparer Vassujettissement des Bretons. - ^

Page 1