‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 100 sur 146 · ÉVÉNEMENTS MILITAIRES AU TONKIN · texte numérisé non relu

ÉVÉNEMENTS MILITAIRES AU TONKIN

La concomitance des derniers faits à travers toute rindo-Chiue — quelquefois leur dépendance entre eux — ne nous a pas toujours permis de les exposer avec une précision chronologique parfaite. C'est ce qui nous arrive pour le Tonkin où diverses opérations ont eu leur grande importance et ont puissamment contribué à la pacification du pays. Nous allons résumer les plus importantes et exposer aussi quelques faits relatifs à la délimitation des frontières.

Le 29 mars 1 886, la colonne de Maussion entre dans Lâo-Kay et ouvre la voie commerciale du Fleuve Rouge, de la mer au Yun- Nan. Des postes intermédiaires sont établis pour assurer la sécurité des transactions.

Le 19 août 1886, une délégation française de la commission de délimitation est attaquée par des pirates et des réguliers chinois licenciés. Les pirates avaient dressé une embuscade à 32 kilomètres en amont de Lao-Kay ; ils tirèrent à bout portant sur la première jonque d'escorte, tuant deux ofQciers, cinq légionnaires, blessant six tirailleurs. Les opérations de la commission n'en continuèrent pas moins avec activité; mais, entre Paris et Pékin, il fut convenu que, dans le cas de nécessité, on délimiterait sur carte.

Dans la nuit du 24 au 25 novembre 1886, M. Haitce, membre de la commission de délimitation envoyé en mission par le président à llâi-Ninh, fut attaqué et se défendit deux jours avec quelques hommes. N'ayant plus de munitions, il fit une sortie pour gagner Akoi, mais fut tué. Des troupes envoyées pour rét<îbiir l'ordre dans la région, trouvèrent, le 14 décembre, Mon-Cay et Ilâi-iNinh évacués par les pirates.

Le 17 janvier 1889, la colonne dite de Chor-Mm, commandée par le général Borgnîs-Desbordes, eut une très chaude aflaire au-dessus de Thâi-Nguyên. Les Chinois, solidement retranchés, se retiraient de position en position ; après un combat de six heures, ils finirent

toujours une voie de retraite, ce qui lui permet aussi de toujoui's recommencer. La dispersion d'un adversaire qui se passe de train ne signifie rien du tout, il faut le cerner et le prendre. Ce moyen seul diminue ses forces et peut ameuer^uue iio rapide]de la campagne.

par être dispersés. Nos pertes s'élevèrent à 1 officier tué et 6 blessés, 12 hommes tués et 60 blessés.

Le Tonkin était dégagé partout jusqu'à la frontière, mais il aura encore durant des années à combattre de minuscules et insaisissables bandes qui échappaient d'autant mieux que les habitants n'osaient pas les dénoncer de crainte d'horribles actes de vengeance. Mêlés à la population, les pirates se ravitaillaient à volonté, étaient renseignés sur le moindre mouvement des troupes et, serrés de trop près, se transformaient en paisibles laboureurs. Au lieu de les traquerpartout sans relâche, de les fusiller aussitôt pris bu de les déporter à la Guyane, on crut mieux faire, à un moment donné, de composer avec eux. Ce furent des primes à la piraterie, qui la firent durer quelques années de plus. Les successeurs de M. de Lanessan en ont éprouvé les désagréables conséquences.

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