ÉVÉNEMENTS EN COCHINCHINE
Cette fois nous allons quitter un instant les faits d'ordre politique pour parler d'un phénomène cosmique qui a été vu dans la direction de Saigon Tày-Ninh, le 25 octobre 1887, vers huit heures du soir. Un globe de feu à vive lumière blanche violacée se mouvait dans le le ciel suivant une direction Ouest-Est. C'était un bolide de dimensions extraordinaires qui, après avoir touché la terre dans une rizière du village de Thanh-Birc (cant. de Triém-Iloà, pfov. de TAy-Ninh), ricocha pour aller se noyer dans les mers de Chine. L'empreinte laissée sur le sol avait 32 m. de long, 6 m. de large et 2 m. de plus grande profondeur. Le poids de sa masse a été évalué à 2.895 tonnes.
La lettre du chef du canton deTrièm-Hoâ rapportant le fait à l'administrateur est assez curieuse pour être citée, en voici la traduction :
Monsieur l'Administrateur,
J'ai l'honneur de vous faire connaître qu'au village de Thanh-Bfrc, \t 9 du 9« mois annamite, un animal inconnu s'est contraint en un endroit. Ce jour là, il y a eu de la pluie et des tonnerres. Cet animal . s'en est allé au ciel ; la terre s'est éboulée sur une longueur de 20 mètres, 5 mètres de largeur et 4 mètres de profondeur. C'est pourquoi je dois vous informer de cela.
Signé: Hu^nh-Vàn-Nhu
Le 3 janvier 1888, on inaugurait à Saigon le bassin de radoub construit par la maison Hersent et dirigé sur place, de 1884 à 1888, par M. Baruzzi ingénieur. Le marché avait été passé le 10 décembre 1883 moyennant une somme de 7.200.000 francs.
Le 15 janvier 1888, M. Piquet, lieutenant-gouverneur de la Cochinchine, s'embarque à bord de Y A va et rentre en France pour raisons de santé. M. Navelle, secrétaire général de la Cochinchine, prend les fondions de lieutenant-gouverneur sous la direction personnelle du gouverneur général.
Le 22 avril 1888, M Constans part en France à bord du Natal, U. Ricbaud, résident général en Ânnam et au Tonkin, est chaîné dfes fonctions par intérim de gouverneur général ; il arrive à Saigon le 8 avril 1888 et prend le service le jour même. Un décret du 12avHl1888 supprime la fonction de secrétaire général de Undo- Chine et celle de lieutenant-gouverneur (cette dernière est rétablie ^ar le décret du 16 mai 1889).
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lyi. RICHAUO
Affaires ell Indo-Chine AFFAIRES EN IHPO-CHJIjIE
En Cochinchinc et au Cambcxige a lieu un gr^^nd irema,nieme«t dans l'organisalîon judiciaire. Le 29 octobre 1888 sont promulgués dans tonte retendue des deux pays les décrets des 9 décembre 1886, 15 novembre 1887 et 5 juillet 1888 relatifs à l'organisalion de l'administration de la justice et de Tordre judiciaire, ainsi que le décret du 26 juillet 1885.
Le décret du 9 décembre 1 886 crée en Cocbincbine sept justices de paix à compétence étendue (Bà-R|a, Bièn-lloà, Cnn-Xho-, Long- Xuyèn, Rach-Gia, Tay-Ninh et Trà-Vinb).
Le décret du 5 juillet 1888 réduit les cours crimiDelles à trais (Saigon, My-Tho et Vîuh-Long sièges des trois tribunaux de première instance).
Le 8 septembre 1888, M. Ricbaud est titularisé daus ses fonctions.
En Annam-Tonkin, il y a lieu de signaler l'arrêté du 19 juillet 1888 instituant une municipalité à ilà-NOi et une autre à Hâi-Pbong. Cet arrêté était exécutoire à partir du jour de la promulgation sauf les dispositions relatives au budget qui n'ont reçu leur application qu'à . partir du 1" janvier 1889. (Les deux villes avaient déjà des commissions municipales créées par arrêtés du 8 janvier, du 1er et du 29 mai 1886).
Une ordonnance royale du 1" octobre 1888 érige les territoires des deux villes clé Ilà-Nçi et de Hâi-Phougen concessions françaises, cédées eu toute propriété au gouvernement français par le gouvernement annamite ; celui-ci renonçant à tous ses droits sur les territoires cédés.
Une autre ordonnance, de même date, accorde aux citoyens et protégés français le droit de posséder des propriétés foncières au Tonkin et dans les ports ouverts de FAnnam.
A partir du 1er janvier 1889, le Journal officiel de la Cochinchine française disparaît, et il est créé m\ Journal officiel de V Indo-Chine française paraissant simultanément à Saigon (première partie Cochinchine et Cambodge) et à Hà-NOi (deuxième partie Annam et Tonkin).
Le 28 janvier 1889, meurt à Rui le roi fiong-Kbânh à la suite d'une atteinte de paludisme et d'un accès pernicieux ; le roi n'avait été alité en tout qu'une quinzaine, il fut soigné durant les deux derniers jours par le D^ Coste de l'hôpital de Thu^n-An.
Le successeur du roi défunt fut le jeune prince Bfru-Lûn, fils de Duc-fiirc, qui règne actuellement sous le nom de Thành-Thâi. Durant la minorité du nouveau roi (il avait 10 ans), le gouvernement fui confié à un conseil de régence composé : du prince Iloài-fiirc président, Nguyen-TrQUg-Hiçp et Tru-o-ng-Quang-Bâng.
Le 27 mai, 1889, M. Richaud prend le Calédonien pour se rendre en France. Il est remplacé par M. Piquet (nommé le 10 mai 1889) qui arrive à Saigon par YAva le 31 mai et prend ses fonctions aussitôt. Le même jour, M. Richaud décède à bord du paquebot d'une attaque de choléra, son corps est immergé.
Nous voici rendu à l'extrême limite où nous avons cnu pouvoir aller. Nous avons exposé les faits tels que nous les comprenons ; ainsi rapportés et commentés, ils ne plairont peut-être pas à tout le monde, nous ne saurions cependant nous arrêter à ce détail. L'Histoire, nous l'avons dit, n'est pas un roman, elle ne doit pas chercher à plaire, mais à instruire, et c'est le but que nous avons poursuivi tout le long du livre. Nous voudrions l'avoir atteint.